dimanche 11 février 2018

Ali Khamenei : Les USA sont plus barbares que Daech

Discours prononcé le 8 février 2018 par l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei, Guide suprême de la Révolution Islamique, lors d’une réunion avec les commandants et le personnel de l’armée de l’air de l’armée de la République Islamique d’Iran.

La réunion s’est tenue dans la Husseiniya de l’Imam Khomeiny à l’occasion de la commémoration du serment d’allégeance historique des officiers de la Force aérienne à l’Imam Khomeiny le 19 Bahman 1357 [8 février 1979].




Transcription:

 
[...] L’oppression de l’Arrogance (impérialisme) doit être publiquement dénoncée. Aujourd’hui, le régime le plus cruel et le plus oppressif du monde est le gouvernement américain. Il est plus oppressif que tous les autres. Vous avez vu à quel point Daech était néfaste, oppressif et sauvage. Le gouvernement américain est encore pire qu’eux. Le gouvernement américain est l’appareil même qui a créé les semblables de Daech – et pas seulement Daech. Il leur facilité les tâches. Il a agi comme cause.

Ce n’est pas seulement nous qui l’affirmons, ils l’ont eux-mêmes reconnu. L’individu qui est actuellement le Président des États-Unis avait l’habitude de souligner constamment, durant sa campagne électorale, que la création de Daech était une mesure adoptée par les démocrates – le parti adverse. Il répétait cela incessamment et il avait raison. Il y avait beaucoup d’indices et de preuves soutenant cette affirmation. À l’heure actuelle aussi, il y a de telles preuves. Ce sont eux qui ont créé Daech. Ce sont eux qui l’ont renforcé. Ce sont eux qui ont offert à Daech armes et soutien financier, entre autres. Très probablement, ce sont eux qui lui ont enseigné certaines méthodes.

Ces organisations américaines sauvages qui dépendent de l’administration américaine – comme Blackwater et autres – exécutent elles aussi les mêmes tâches. Ils connaissent ces méthodes à la perfection. Ils sont experts dans ces actes sauvages contre l’humanité. Très probablement, ce sont eux qui ont enseigné de telles méthodes à Daech. Sinon, comment tel misérable venant du fin fond du Caucase saurait-il comment torturer un individu, comment torturer les gens en les noyant graduellement (waterboarding) et comment les brûler petit à petit ? Probablement, ce sont eux qui leur ont enseigné ces méthodes.

Malgré le fait que les Etats-Unis sont le gouvernement le plus cruel et le plus impitoyable du monde, ils se présentent, dans leur propagande, comme défenseurs des droits de l’homme ! Des défenseurs des droits des opprimés, et même des défenseurs des droits des animaux ! Eh bien, ils devraient être marqués du sceau de l’infamie par le monde entier. Ces choses devraient être dites. Ces choses devraient être répandues au niveau international.



Voyez l’oppression qu’ils ont commise contre la Palestine. À l’heure actuelle, les Palestiniens sont soumis à l’oppression et à la cruauté au quotidien. Cela fait maintenant une, deux, dix, vingt, soixante-dix années que cette oppression se poursuit et que les Américains la soutiennent. À l’heure actuelle, ils la soutiennent toujours. Eh bien, cela devrait être de notoriété publique.


Un autre exemple est leur oppression contre les Yéménites. À l’heure actuelle, le Yémen est bombardé quotidiennement. Le peuple est bombardé, divers endroits sont bombardés, les marchés sont bombardés, l’infrastructure du pays est bombardée. Par qui ? Par les alliés des Etats-Unis, qui sont approuvés par les Américains. Ce sont les Américains qui leur fournissent des armes. Ce sont eux qui les aident. Ils regardent la scène avec délices et ils ne soulèvent pas la moindre objection, pas le moindre froncement de sourcils n’apparait sur leurs visages. Bien sûr, il y a des gens parmi eux – par exemple, des intellectuels – qui font des objections, mais l’administration américaine n’y prête aucune attention. Et ce tandis qu’ils vont exposer des morceaux de ferraille avec une totale impudence, prétendant que ces pièces viennent du missile donné aux combattants yéménites par l’Iran !

C’est une affirmation dénuée de fondement. Les combattants yéménites et les moudjahidines sont assiégés. Il n’est pas possible de leur donner quoi que ce soit. Si c’était possible, nous leur donnerions des centaines de missiles – et pas seulement un ! Mais il n’est pas possible de leur donner quoi que ce soit. Ils sont opprimés: « Soyez un ennemi de l’oppresseur et un soutien de l’opprimé. » [Imam Ali, Nahj al-Balagha]. Si vous pouvez aider les opprimés, vous devez le faire. Nous sommes fermes sur la question de la Résistance. Les Américains ont décidé d’écraser la Résistance en Asie occidentale [Moyen-Orient] et ils étaient convaincus qu’ils accompliraient cette tâche. Nous sommes restés fermes et nous avons dit que nous ne les autoriserions pas à le faire. Aujourd’hui, le monde entier reconnait qu’ils voulaient le faire, mais ils ont échoué. Et ce que nous voulions faire, nous avons réussi à le faire. Le monde entier a compris cela.



Il faut faire face à l’injustice. J’ai parlé de l’injustice des puissances étrangères, mais il en va de même pour l’injustice domestique (à l’intérieur de l’Iran), qui est peut-être une plus grande priorité pour plusieurs raisons. [...]

Ali Khamenei: US regime's barbarity is worse than ISIS'

Speech delivered on February 8, 2018 by Ayatollah Khamenei, the Supreme Leader of the Islamic Revolution, in a meeting with commanders and personnel of the Air Force of the Islamic Republic of Iran Army. 

The meeting was held in Imam Khomeini Hussainiyah on the occasion of the historic pledge of allegiance of Air Force officers to Imam Khomeini on the 19th of Bahman of 1357 [February 8, 1979].





Transcript:

[...] The oppression of arrogance should be clarified. Today, the cruelest and the most oppressive system in the world is the US government. It is more oppressive than everyone else. You witnessed how bad, oppressive and savage ISIS was. The US government is even worse than them. The US government is the same apparatus which created the likes of ISIS – not just ISIS itself. It facilitated the tasks for them. It acted as the cause.
 
This is not just our claim, rather they themselves have acknowledged this. The person who is the US President in the present time used to constantly highlight the fact, in his electoral campaign, that the creation of ISIS was a measure adopted by the Democrats - the opposite party. He would repeat this over and over again and he was right. There was much evidence and proof for this claim. In the present time too, there is such evidence. It was they who created ISIS. It was they who strengthened it. It was they who offered ISIS their weapons and their financial support and the like. Most probably, it was they who taught certain methods to them.

Those savage American organizations which are dependent on the US administration – such as Blackwater and the like – are carrying out the same tasks as well. They know these methods to perfection. They are experts at these savage acts against humanity. Most probably, it was they who have taught such methods to ISIS. Otherwise, how does such and such a poor creature from the Caucasus know how to torture an individual, how to torture  people by drowning them gradually (waterboarding) and how to burn them little by little? Probably, it was they who taught them these methods.

Despite the fact that the US is the cruelest and most merciless government in the world, it is an advocate of human rights in its propaganda! It is an advocate of the rights of the oppressed, it is an advocate of animal rights! Well, they should be disgraced. These things should be said. These things should be promoted at an international level. Notice what oppression they have committed against Palestine. In the present time, the Palestinians are subject to oppression and cruelty on a daily basis. It is one, two, ten, twenty, seventy years now that this oppression has been continuing and the Americans have been behind it. In the present time, they are behind it as well. Well, this should be explained.

Another example is their oppression against the Yemenis. In the present time, Yemen is being bombarded on a daily basis. The people are being bombarded, various places are being bombarded, markets are being bombarded, the infrastructure of the country is being bombarded. By whom? By the US allies who are approved by the Americans. It is the Americans who provide them with weapons. It is they who help them. They watch the scene delightfully and they do not raise the slightest objection and do not show the slightest frown on their faces. Of course, there are some people among them – for example, writers – who make some objections, but the US administration does not pay any attention to them at all. That is while they go and display some pieces of scrap iron with complete shamelessness and say that these pieces come from the missile given to the Yemeni fighters by Iran!

They make a groundless claim. Yemeni fighters and mujahids are under siege. It is not possible to give them anything. If it was possible, we would give them a hundred missiles – not one! But it is not possible to give them anything. They are oppressed: "Be an enemy of the oppressor and helper of the oppressed" [Imam Ali, Nahj al-Balagha]. If you can help the oppressed, you should do so. We are standing firm. On the issue of the Resistance, the Americans decided to uproot the Resistance in Western Asia [Middle East] and they were confident that they would accomplish this task. We are standing firm and we have said that we would not allow them to do so. Today, it is proven to everyone in the world that they wanted to do so, but that they failed and what we wanted to do so and we succeeded. Everyone in the world has understood this. Injustice should be confronted. This was about foreign injustice, but the same is true of domestic injustice (within Iran) and it is perhaps of higher priority because of a number of reasons. [...]

dimanche 4 février 2018

Norman Finkelstein: Pourquoi Trump a reconnu Jérusalem capitale d'Israël ?

Interview de Norman Finkelstein sur Democracy Now, le 10 janvier 2018 








Transcription:

Amy Goodman : Avant de parler plus longuement de Gaza, je voulais vous demander brièvement ce qui a selon vous motivé le Président Trump à reconnaitre Jérusalem comme capitale (d’Israël), déclarant qu'il déplacerait l'ambassade américaine de Tel Aviv, et ce que vous pensez de la réponse massive à l'ONU après que cette reconnaissance ait été annoncée, le vote écrasant contre les États-Unis, et le fait que les États-Unis ont menacé ceux qui ont voté contre eux.

Norman Finkelstein : Eh bien, le fonctionnement de la politique américano-israélienne est une question un peu compliquée. Mais en général, on pourrait dire que lorsque des intérêts nationaux majeurs sont en jeu, le lobby israélien a très peu de pouvoir. Nous l’avons vu, par exemple, lors des négociations sur l’accord avec l’Iran. C’était un intérêt national majeur pour les États-Unis. Le lobby y était radicalement opposé. Netanyahou y était radicalement opposé. Mais l’accord est passé. Et de nombreux partisans d’Israël – Dianne Feinstein, Nancy Pelosi, l’ensemble du gang – ont soutenu l’accord. Mais quand un intérêt majeur des États-Unis n’est pas en jeu, le lobby est assez puissant.

Donc dans ce cas particulier, il était clair que les Saoudiens, qui constituent un intérêt majeur pour les États-Unis, se fichaient de ce que les États-Unis feraient de Jérusalem. Ils ont donné le feu vert : « Si vous voulez la donner à Israël, ça ne nous pose pas de problème, on s’en moque ». Donc, aucun intérêt national américain n’était en jeu, et Trump a donc fait ce que tout le monde fait : il a récompensé ses donateurs. Dans ce cas, c’était Sheldon Adelson, le magnat des casinos milliardaire, qui soutenait fortement la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale indivise d’Israël. 

Mais nous devons garder à l’esprit que ce n’était pas seulement Trump. Vous savez, parfois les médias veulent accabler Trump. Et ils oublient qu’il ne s’agit pas seulement de Trump. Charles Schumer, l’actuel leader de la minorité sénatoriale, Schumer attaquait constamment Trump, juste après son élection : « Pourquoi ne reconnaissez-vous pas Jérusalem comme la capitale indivise (d’Israël) ? » Quand Trump l’a reconnue, Schumer, Charles Schumer,  a dit : « Il l’a fait grâce à moi, c’est moi qui l’ai poussé à reconnaître Jérusalem capitale d’Israël. » Voilà les propos du chef de la minorité sénatoriale.

Et pour la même raison, si vous regardez l’argent de Schumer, il l’obtient principalement des Juifs conservateurs de droite et de Wall Street, les mêmes sources d’argent que Trump, les mêmes financeurs. Et sur ces questions, beaucoup de démocrates, y compris Schumer – ou plutôt surtout Schumer, devrais-je dire – sont pires que Trump. 

Par exemple, après l’incident du Mavi Marmara en 2010, quand Israël a tué les passagers à bord du navire humanitaire, le Mavi Marmara, ils ont tué 10 passagers, Charles Schumer s’est rendu devant un groupe de Juifs orthodoxes et a déclaré : « Les habitants de Gaza ont voté pour le Hamas, ils ont voté pour le Hamas, et par conséquent, la strangulation économique est la voie à suivre. » Ayez bien conscience du fait que nous parlons d’une population, dont plus de la moitié est composée d'enfants, qui vit sous un siège médiéval. Et ce qu’il dit en substance, c’est que nous devrions continuer à les affamer, jusqu’à ce qu’ils votent contre le Hamas ou se débarrassent du Hamas. Que dire d’un tel personnage ?

Vous savez, Charles Schumer était dans le même lycée que moi, tout comme Bernie Sanders du reste. Je ne le connaissais pas. Il avait, je crois, quatre ans d’avance sur moi. J’ai assez bien connu sa sœur, Fran. Extrêmement intelligente. Vous savez, même maintenant, près d’un demi-siècle plus tard, je m’en souviens toujours aussi bien. Une jeune femme extrêmement brillante. Ils étaient décents, en fait. Chuck – on l’appelait Chuck –, son père était un exterminateur. Vous savez, c'est très marquant. C’était un spectacle impressionnant. C’était quelqu'un d'extrêmement brillant. Il était major de sa classe, et il était très en avance sur tout le monde, comme Fran, vous voyez ? Mais que dire de ce qu’ils sont devenus ? 

Il a grandi à Kings Highway à Brooklyn, tout près de l’endroit où Bernie [Sanders] a grandi. Je passais devant sa maison tous les jours, en allant à la piscine en vélo. Que peut-on dire d’une personne qui recommande d’affamer des enfants ? C’est ce qu’il a préconisé, vous savez. C’est un monstre moral. Et il faut reconnaitre ce fait. C’est un monstre moral. Et pourtant, tout le monde veut cracher sur Trump. Que dire de personnes comme Schumer ?

Amy Goodman : Eh bien, nous allons faire une pause, et ensuite, nous parlerons de la situation que vous décrivez à Gaza. Votre nouveau livre s'intitule Gaza: une enquête sur son martyre. Nous parlons avec l'auteur et chercheur Norman Finkelstein. Le livre vient tout juste d'être publié. Restez avec nous. [...] 

Traduction des deux dernières parties sur Gaza à venir sur dailymotion.com/Sayed_7asan.

Hassan Nasrallah to Trump: There is no such thing as 'Islamic' Terror

Speech of Hezbollah Secretary General, Hassan Nasrallah, on January 20, 2018

In this extract, Nasrallah also evokes Trump's use of the expression "Shithole countries".

Translation: www.unz.com/sayedhasan



Transcript:


[...] I also want (to raise) another point about this, (that is) the persistent conceit, morgue, arrogance, contempt and racism of the United States through the Trump administration and the statements that we have heard. As for Muslims and Islam, he has spared them no insult during the presidential campaign and after he won the elections. And his insistence on using the term "Islamic terror" is one of the most blatant evidence of his great hostility to Islam.

There is no such thing as "Islamic terror". For example, would it be acceptable on our side, that a Muslim proclaims that the use of atomic weapons in Japan by the United States, in Hiroshima and elsewhere constitutes "Christian terror"? All the killings in the past and up to now by the United States in many parts of the world, because they are Christians, can we say that it is "Christian terror"? We refuse to characterize the US terrorism as "Christian terror". We refuse it (categorically). [In another speech, Hassan Nasrallah said the same thing about Israel, reminding that Hezbollah always denunces "Zionist terror" and not "Jewish Terror"].

This is not excessive zeal to please the Christians. If we said that this was Christian terror, we would be unfair to Christians and the Christian religion. (I do not say that) to please the Christians. But Christians must also reject the term ("Islamic terror"), and I claim that Trump deliberately describes terrorism as "Islamic". He does not say, for example, the "takfiri terror" or "Wahhabi terror", because they are his agents, his allies. He does not say "terrorism x or y", he keeps saying (on purpose) "Islamic terror" to smear Islam, Muslims and the Prophet of Islam, describing them as (inherently) terrorists.

Well, today I say more regarding Muslims: in addition to the insult addressed at 1.4 billion Muslims and hundreds of millions of Christians with the issue of Al-Quds (Jerusalem, recognized capital of Israel), (Trump) starts insulting African countries and Haiti, with the degrading words he used against these peoples ["Shitholes countries"]. 

This is a continuation of the fatuity and morgue, of the arrogance of the United States, which some consider the (power) that solves problems in the world, that guarantees respect for law, justice and human rights... If the President of this country is a racist, hateful, arrogant man, contemptuous of the human kind, the children of Adam, because of their color, language, religion or geographical region, on whom do these pro-American rely? [...]

Hassan Nasrallah répond à Trump : Il n'y a pas de terrorisme « islamiste »

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 19 janvier 2018, à l’occasion de la commémoration du décès du père des martyrs Jihad, Fouad et Imad Moghniyeh

Dans cet extrait, Nasrallah réagit également au propos de Donald Trump selon lequel certains pays africains et Haïti seraient des « pays de merde ».



Transcription :

[...] (Je tiens) également (à évoquer) un autre point à ce sujet, (à savoir) la persistance de la fatuité, de la morgue, de l'arrogance,du mépris et du racisme des Etats-Unis à travers l'administration Trump et les déclarations que nous avons entendues. En ce qui concerne les musulmans et l'Islam, il ne leur a épargné aucun affront durant la campagne présidentielle et après qu'il ait remporté les élections. Et son insistance à employer l'expression « terrorisme islamiste » est l'une des preuves les plus flagrantes de sa grande hostilité pour l'Islam.

Il n'y a pas de « terrorisme islamiste ». Par exemple, serait-il acceptable que de notre côté, un musulman proclame que l'emploi de l'arme atomique au Japon par les Etats-Unis, à Hiroshima et ailleurs, constitue du « terrorisme chrétien » ? Est-ce que tous les massacres perpétrés par le passé et jusqu'à présent par les Etats-Unis dans de nombreuses régions du monde, parce qu'ils sont chrétiens, pouvons-nous dire que c'est du « terrorisme chrétien » ? Nous refusons de caractériser le terrorisme américain comme du « terrorisme chrétien ». Nous le refusons (catégoriquement). [Dans un discours précédent, Nasrallah a affirmé la même chose à propos d'Israël, rappelant que le Hezbollah dénonçait toujours le terrorisme « sioniste » et non pas « juif »].

Je ne dis pas ça pour flatter les chrétiens. Si nous disions que c'était là du terrorisme chrétien, nous agresserions injustement les chrétiens et la religion chrétienne. Ce n'est pas pour faire plaisir aux chrétiens (que je dis cela). Mais les chrétiens doivent eux aussi rejeter cette expression (« terrorisme islamiste »), et je vous affirme que Trump fait exprès de décrire le terrorisme comme « islamiste ». Il ne dit pas, par exemple, le « terrorisme takfiri », ou le « terrorisme wahhabite », car ce sont ses agents, ses alliés. Il ne dit pas le « terrorisme x ou y », il dit (sciemment) le « terrorisme islamiste », afin de salir l'Islam, la religion musulmane et le Prophète de l'Islam en les décrivant comme (intrinsèquement) terroristes.

Eh bien aujourd'hui, je vous dis davantage en ce qui concerne les musulmans : en plus de l'insulte adressée à 1,4 milliard de musulmans et des centaines de millions de chrétiens avec la question d'Al-Quds (Jérusalem, reconnue capitale d'Israël), (Trump) se met à insulter les pays d'Afrique ainsi qu'Haïti, avec les termes dégradants qu'il a utilisés à l'encontre de ces peuples [« pays de merde »]. 

C'est là une continuité de la fatuité, de la morgue,de l'arrogance des Etats-Unis, que certains dans le monde considèrent comme (la puissance) qui règle les problèmes, qui garantit le respect du droit, de la justice et des droits de l'homme... Si le Président de ce pays est un homme raciste, haineux, arrogant, méprisant à l'égard d'êtres humains, des enfants d'Adam, du fait de leur couleur, de leur langue, de leur religion ou de leur région géographique, sur qui comptent donc ces pro-américains ? [...]

jeudi 1 février 2018

Hassan Nasrallah : Trump utilise Daech pour légitimer l'Occupation du Moyen-Orient

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 19 janvier 2018, à l’occasion de la commémoration du décès du père des martyrs Jihad, Fouad et Imad Moghniyeh







Transcription:

[...] Quant aux questions régionales, j'ai deux mots à dire et je ne serai pas long. Ce qui s'est passé durant les derniers jours prouve de manière irréfutable tout ce que nous et d'autres avons dit au début des événements dans la région (en 2011) au sujet des objectifs américains.

Eh bien, hier, le Secrétaire d'Etat américain, Tillerson, a annoncé– bien sûr, il ne s'agit pas d'un Tweet de Trump : Tillerson s'est exprimé posément après une réunion avec son entourage, une réflexion poussée, etc., ce n'est pas un simple Tweet ; car pour sa part, Trump peut publier des Tweets (inconsidérés) –, (Tillerson) a annoncé que les forces américaines resteraient en Irak, et que les forces américaines resteraient en Syrie (durablement). Eh bien, pourquoi est-ce que vous voulez rester en Irak et en Syrie ? Alors que lorsque vous avez créé la coalition internationale, et que vous êtes venus en Irak et en Syrie, à l'époque, vous avez déclaré que vous n'aviez pas l'intention de rester – voyez donc l'hypocrisie des Etats-Unis –, que vous n'aviez pas l'intention de rester, mais que vous étiez seulement venus pour faire reculer Daech. Et les personnes qui ont le moins contribué à faire reculer et vaincre Daech, c'est bien vous, les Américains !

Eh bien, que dit maintenant (Tillerson) ? Il dit que les forces et les bases américaines resteront en Irak et en Syrie pour empêcher le retour de Daech. Magnifique. Je veux rappeler ce que nous avons dit il y a quelques années – vous pouvez consulter les archives. Lorsque nous avons dit – et pas seulement nous, beaucoup l'ont dit dans la région – que les Américains ont créé Daech pour avoir un prétexte et une excuse pour le retour de leur forces armées dans la région, et surtout en Irak, après que le peuple, le gouvernement et la résistance héroïque d'Irak les aient fait sortir, et que les Irakiens aient refusé que les Américains aient des bases militaires et que leurs soldats et officiers reçoivent une immunité diplomatique, (après quoi) Obama a pris la décision de se retirer. 

Eh bien, comment les Américains veulent-ils revenir en Irak ? Ils ont besoin d'un prétexte pour revenir en Irak. Ils ont donc créé Daech, pour revenir en Irak. Et aujourd'hui, au prétexte de Daech, ils veulent rester (durablement) en Irak. De même, au prétexte de Daech, ils sont venus en Syrie, et au prétexte de Daech, ils veulent rester (durablement) en Syrie. Alors que le monde entier sait bien, comme l'a reconnu Trump, que ce sont les Etats-Unis qui ont créé Daech.

Aujourd'hui, je peux dire aux Américains, pour qu'ils ne trompent pas l'opinion publique : vous voulez que Daech ne revienne pas ? Il suffit que vous ne le fassiez pas revenir, et Daech ne reviendra pas. Ne demandez pas à vos alliés du Golfe et de la région de lui donner de l'argent et des armes, et Daech ne reviendra pas. Ne demandez pas à différents pays du monde d'accorder des facilités aux takfiris pour qu'ils rejoignent Daech, et Daech ne reviendra pas. Empêcher Daech de revenir en Irak et en Syrie ne nécessite nullement de bases américaines ni de forces américaines. Les Irakiens se chargeront d'empêcher Daech de resurgir. Et les Syriens se chargeront d'empêcher Daech de resurgir. Et ce que prétend le Secrétaire d'Etat américain n'est que mensonges, hypocrisie, duperie et imposture à l'encontre des peuples de la région, il façonne de toutes pièces des prétextes spécieux pour maintenir les forces et les bases américaines dans la région, qui est le véritable objectif. Aujourd'hui, cela est clair et évident.

Bien sûr, en Syrie, le gouvernement syrien a annoncé sa position, et il est évident que les forces américaines ne se sont pas coordonnées avec les Syriens. Mais en Irak, on ne sait pas si le gouvernement américain a conclu un accord avec le gouvernement irakien pour le maintien de ces bases. Nous n'avons pas d'informations à ce sujet. Ou est-ce que les Américains se contentent d'informer l'rak et les Irakiens qu'ils vont rester sur leur territoire, sans leur consentement ou leur accord, qu'ils le veuillent ou non. Je considère que cela fait partie des grands défis auxquels doit faire face le gouvernement irakien, le peuple irakien et les dirigeants et forces politiques irakiens, le fait que les Etats-Unis veuillent imposer à nouveau, à leurs conditions, leur bases aux Irakiens au prétexte de Daech. [...]

lundi 29 janvier 2018

Hassan Nasrallah: Trump uses ISIS to legitimize US Occupation of the Middle East

Speech of Hezbollah Secretary General, Hassan Nasrallah, on January 20, 2018

Translation: http://www.unz.com/sayedhasan

 


Transcript:

[...] As for regional issues, I'll be brief. What happened during the last days proves conclusively what we and others have said during the early events in the region (in 2011) about American objectives. Well, yesterday, the US Secretary of State, [Rex] Tillerson, announced - it is not a Tweet from Trump: Tillerson spoke after a well-planned meeting with his entourage, an assessment of the situation, etc., this is not a mere Tweet; Trump himself may indeed publish (inconsiderate) Tweets -, (Tillerson) announced that US forces would remain in Iraq, and that US forces would remain in Syria (indefinitely). 
Well, why do you want to stay in Iraq and Syria? In fact, when you created the international coalition, and came to Iraq and Syria at the time, you said that you did not intend to stay - see the hypocrisy of the United States -, you said that you did not intend to stay, that you were only coming to push back ISIS. And the people who have contributed the least to push back and defeat ISIS are you, the Americans. Well, now, what does (Tillerson) say? He said that the US forces and bases will remain in Iraq and Syria to prevent the return of ISIS. Magnificent.

I want to remind what we said a few years ago - you can check the archives. When we said - not just us, many have said it in the region - that the USA have created ISIS to have a pretext and an excuse to return their armed forces in the region, and especially in Iraq, after the people, the government and the heroic resistance of Iraq kicked them out, and after Iraqis refused that the Americans keep military bases and their soldiers and officers receive diplomatic immunity, (so) Obama decided to retreat. 
Well, how do the Americans want the return to Iraq? They need an excuse to return to Iraq. They created ISIS to return to Iraq. And today, on the pretext of ISIS, they want to stay (indefinitely) in Iraq. Similarly, under the pretext of ISIS, they came to Syria, and on the pretext of ISIS, they want to stay (indefinitely) in Syria. As the whole world knows, as Trump himself acknowledged, it's the United States that created ISIS. 
Today I can say to the Americans, so that they do not mislead the public: you want ISIS not to come back? It is sufficient for you to not bring it back, and ISIS will not return. Do not ask your Gulf allies in the region to give ISIS money and weapons, and ISIS will not return. Do not ask countries around the world to provide all kinds of help to the takfiris to join ISIS, and ISIS will not return. Preventing ISIS to return to Iraq and Syria does not require US bases or US forces. Iraqis can take care of preventing ISIS to resurface. And the Syrians will take care to prevent ISIS to resurface. And the claims of the US Secretary of State are only lies, hypocrisy, deceit and deception against the peoples of the region, he fabricates spurious pretexts from thin air in order to maintain US forces and bases in the region, which is the real goal. Today, it is clear and obvious.
Of course, in Syria, the Syrian government announced its position, and it is clear that US forces did not coordinate with the Syrians. But in Iraq, it is unclear if the US government has an agreement with the Iraqi government to keep these bases. We have no information about it. Or is it that the Americans merely inform Irak and Iraqis that they will stay in their territory, without their consent or agreement, whether they like it or not? I consider it as one of the great challenges facing the Iraqi government, the Iraqi people and the Iraqi leaders and political forces :the United States want to impose again, on their conditions, their bases to the Iraqis under the pretext of ISIS. [...]