vendredi 19 mai 2017

Sayed Ali Khamenei : Israël est une page sombre de l'histoire qui va se refermer



Allocution du Guide Suprême de la République Islamique d’Iran à la sixième conférence internationale de soutien à l’Intifada palestinienne

Téhéran, le 21 février 2017




Vidéo sous-titrée à venir

Transcription :

Avant de commencer mon discours, je voudrais rappeler au public que c’est aujourd’hui l’anniversaire du martyre de Malcolm X, un leader musulman américain. Je voudrais demander à tous les participants de réciter la sourate Al-Fatiha (L’Ouverture) et la sourate Al-Tawhid (L’Unicité) pour l’âme de ce martyr.

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux,

Toute la louange est due à Dieu, le Seigneur des Mondes, et que la paix et les salutations de Dieu soient sur le Maître de tous les peuples, Muhammad al-Mustafa, ainsi que sur sa famille pure et sur ses compagnons choisis

Dieu, le Très-Sage, a dit dans le Livre Manifeste [Le Saint Coran] : « Ne vous découragez pas ! Ne vous affligez pas ! Car vous aurez bientôt la victoire, si vous avez la foi. » [Le Saint Coran, III, 139]. Et selon le plus puissant des orateurs : « Ne soyez pas pusillanimes en implorant la paix à l’ennemi alors que vous êtes les plus forts et que Dieu est avec vous. Dieu ne vous frustrera jamais du fruit de vos œuvres. » [Le Saint Coran, 47: 35].

Pour commencer, je vous accueille comme il se doit, chers invités, responsables honorables des organisations islamiques, dirigeants de divers groupes palestiniens, intellectuels, universitaires et personnalités exceptionnelles du monde de l’Islam et d’autres personnalités qui luttent pour la liberté. Je vous souhaite la bienvenue et vous remercie pour votre présence dans cette importante conférence.

L’histoire tragique de la Palestine et la tristesse extrême causée par l’oppression infligée à cette nation patiente, endurante et résistante, affligent profondément tout individu aspirant à la liberté, à la vérité et à la justice, et provoquent une souffrance et une douleur déchirantes dans le cœur de chacun.

L’histoire de la Palestine est pleine de hauts et de bas, marquée par l’occupation cruelle de cette région, qui a rendu des millions d’individus sans domicile [réfugiés et déplacés], et la Résistance courageuse de ce peuple héroïque. Une recherche historique intelligente montre qu’aucun peuple dans aucune ère de l’Histoire n’a jamais été soumis à une telle douleur, une telle souffrance et une telle cruauté. Jamais auparavant un pays n’a été occupé dans un complot suprarégional, jamais un peuple entier n’a été chassé de sa maison et de son pays afin qu’un autre groupe de gens venant de contrées lointaines du monde soit apporté pour remplacer cette nation. Il n’a jamais été observé qu’une entité réelle soit ignorée et qu’une fausse entité prenne sa place.

Mais c’est une autre page honteuse de l’histoire qui se refermera avec l’autorisation et l’assistance d’Dieu l’Exalté, comme d’autres pages honteuses de l’histoire [qui ont déjà disparu]. « Certes, la fausseté est vouée à disparaître. » [Coran, 17, 81]. Et Il dit également : « Mes pieux serviteurs hériteront de la Terre. » [Coran, 21, 105]

#SaltWaterChallenge : soutien mondial aux prisonniers palestiniens en grève de la faim

Reportage RT sur la grève de la faim des prisonniers palestiniens qui dure depuis plus d'un mois, et sur le soutien populaire qu’elle reçoit en Palestine occupée et dans le monde.



lundi 8 mai 2017

Le patriarche melkite catholique Grégoire III rejoint la grève de la faim des prisonniers palestiniens

Déclaration du Patriarche d'Antioche Grégoire III Laham, le 5 mai 2017

 

Transcription : 

Dans la génération du Messie qui a dit : "Si je suis prisonnier, vous venez à moi, si je suis assoiffé ou souffrant, vous êtes avec moi, à mes côtés. Et de même, le Concile de Vatican II a déclaré que la souffrance et l'espérance des hommes sont la souffrance et l'espérance de l'Eglise.

Et en tant que pasteur, je me trouve solidaire de ces hommes, mes frères, surtout que j'ai passé 26 ans en Palestine, à Al-Quds (Jérusalem), et j'ai vécu toutes les épreuves vécues aujourd'hui par mes frères, les souffrances, les problèmes, la soif, les manifestations, les pierres, etc. Et c'est pourquoi j'ai estimé qu'il était mon devoir de garder les liens avec mes frères, et de ne pas oublier que je suis aussi le patriarche d'Al-Quds.

Je suis donc aussi le patriarche de ces prisonniers qui font la grève de la faim, et c'est pourquoi j'ai voulu annoncer ma solidarité avec eux en faisant la grève (de la faim) à leurs côtés, à ressentir (leurs souffrances) avec eux.

Je les aime et je leur dis : nous sommes avec vous, et le monde entier, qui est monde de l'amour, vous manifeste son amour profond et il est avec vous.

Hassan Nasrallah soutient la grève de la faim des prisonniers palestiniens et dénonce l'hypocrisie internationale


Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 2 mai 2017, à l'occasion de la Journée du blessé

Cette journée en l'honneur des blessés de guerre, civils et combattants, est commémorée le 4e jour du mois de Cha'ban, qui a vu la naissance d'Abu Fadhl al-Abbas b. 'Ali, mutilé et tué lors de la bataille de Karbala en défendant l'Imam Hussein.



Transcription : 

[...] Deux mots sur la situation générale (au Moyen-Orient). 

La première chose sur laquelle on doit s'arrêter quant à la situation générale dans la région est la lutte pour la liberté et la dignité que mènent 1500 prisonniers palestiniens et... nous sommes aujourd'hui au 16e jour de leur grève de la faim, avec une réaction de soutien de la rue palestinienne, à l'intérieur (de la Palestine occupée) et à l'extérieur, envers ce mouvement.

Comme toujours, naturellement, nous les soutenons et nous unissons à eux, et nous annonçons notre solidarité ferme et totale avec cette action de djihad et de résistance très forte que mènent les prisonniers palestiniens pour leurs revendications légitimes et naturelles. Mais nous voulons tirer les enseignements de ce qui se passe là.

Dans ce premier point concernant la situation de la région, j'ai deux points (à développer). 

Premièrement, je veux tirer l'enseignement sur lequel nous pourrons construire une voie politique permanente. Eh bien, en face, Israël fait la sourde oreille... Ils ne sont prêts ni à négocier, ni à répondre aux revendications. Les revendications des prisonniers ne sont pas la libération de la Palestine, ni la libération d'Al-Quds (Jérusalem). Les revendications des prisonniers concernent des droits naturels de tous prisonniers, des droits humanitaires. Israël fait la sourde oreille, et comme d'habitude, mise sur l'écoulement du temps, la lassitude, et le recul des prisonniers palestiniens, espérant que ce mouvement ne soit donc qu'une vaine éruption sans aucun résultat. 

On ne peut rien attendre d'autre d'Israël, l'ennemi usurpateur, terroriste, occupant. Mais regardez donc le (reste du) monde. Regardez le (reste du) monde. Où sont les régimes arabes ? Où sont les peuples arabes ? Où est l'Union des pays arabes ? Où est l'Organisation des Etats Islamiques, l'Organisation de Coopération islamique ? Où est le monde ? Où est l'Europe ? Où est l'Occident ? Où est l'ONU ? Où est le Conseil de Sécurité ? Tous ceux qui se mettent souvent en colère pour les histoires les plus triviales qui se produisent dans tel ou tel endroit du monde, où sont-ils ? Nous sommes au 16e jour, et rien ne se passe dans le monde, rien de rien.

Pour la commémoration des dirigeants martyrs, j'ai un peu remué le pot aux roses, lorsque j'ai dit qu'ils nous ont amené, le monde arabe et la région au point où la Palestine est devenue la cause oubliée. En voilà une preuve. 

Aujourd'hui, dites-moi donc où sont les rois et les présidents arabes.Demain, on dira que le Sayed (Nasrallah) s'en prend au rois et présidents arabes. Où sont les régimes arabes ? Où est l'Union des pays arabes ? Où est la réaction sérieuse, où sont les pressions réelles ? Les pressions sur vos amis américains, les pressions sur vos amis européens ?... Où sont les organisations de défense des droits de l'homme ? Où est la voix arabe ? Où sont les médias arabes ? Où sont les chaînes TV arabes ? Où sont les plumes arabes ?

Si ce qui se passe, ô mes frères et soeurs, si cela se passait dans un pays qui ne soit pas allié ou aligné avec les Etats-Unis, allié ou aligné avec l'Occident, vous auriez vu le monde entier s'élever (d'indignation) sans se rasseoir. Je ne dis même pas si cela se passait en Iran, en Syrie ou je ne sais où, non. Dans n'importe quel pays qui ne soit pas aligné avec les Etats-Unis et l'Occident, qui ne soit pas soumis à leur volonté et à leur diktat, qui ne soit pas partie prenante de leur projet, vous auriez vu le Conseil de Sécurité, l'ONU, la Maison Blanche, les ministres des affaires étrangères, les organisations des droits de l'homme et le monde entier se lever. Non pas le 16e jour, dès la première heure. Et l'Etat ou le gouvernement qui refuse de négocier avec ces prisonniers et de répondre à leurs revendications aurait été accusée d'agression, de cruauté, de traitement inhumain, d'oppression, de torture, de tyrannie, etc. 

Mais il s'agit d'Israël, l'enfant gâté des Etats-Unis, la base militaire avancée de l'Occident dans notre région... (Alors) non !... Laissez-donc Netanyahu faire ce qu'il veut. Qu'il prenne ses aises, il a tout son temps. Aucun problème. Tout comme il avait absolument tout le temps du monde pour les guerres contre Gaza. Il a tout son temps encore une fois, que ce soit pour la question des prisonniers ou toute autre ; pour la question des colonies ou toute autre.

Eh bien, si nous cherchons à recueillir des preuves comparables, que ce soit il y a moins d'un an ou depuis 2003, en Irak, depuis 2003, des organisations terroristes takfiries ont réalisé des milliers d'opérations suicide, sans parler des autres opérations, et ils ont tué des chiites, des sunnites, des Arabes, des Kurdes, des Turkmènes, ils n'ont épargné personne dans le peuple irakien. Et des massacres quotidiens, au point que les voitures piégées sont devenues en Irak un événement quotidien normal et naturel. Et le monde (entier) reste silencieux. Et le monde sait bien qui les soutient, qui les finance, qui les protège, et qui les aide médiatiquement jusqu'à présent : il y a des chaînes arabes qui, dans cette bataille de Mossoul, sont avec Daech. Elles ne sont pas avec le gouvernement irakien ou les forces irakiennes. Et le monde (entier) ne dit rien de tous ces soutiens, assistants, supporters, protecteurs médiatiques, financeurs et facilitateurs (de Daech). Pourquoi ? Parce qu'il faut soumettre le peuple irakien, l'humilier, le faire taire et l'intégrer à ce projet (américain).

Eh bien, (considérons) le Yémen. Il y a quelques jours, le Secrétaire Général de l'ONU a lu un discours de deuil, disant qu'alors qu'on parle, 50 enfants yéménites meurent. Eh bien, le monde entier parle de millions de personnes menacées par la famine au Yémen. Alors que le monde entier sait qui assiège le Yémen, qui bombarde le Yémen, qui affame le Yémen. Quelqu'un ose-t-il ouvrir sa bouche (à ce sujet) ? Quelqu'un ose-t-il parler ? 
Et si je me mets à décrire les choses telles qu'elles sont, on me dit que je mets en péril le tourisme au Liban. Si je dis ce que le monde entier sait, à savoir que l'Arabie Saoudite et ses alliés assiègent, affament et tuent le peuple yéménite, chaque jour et chaque nuit, c'est moi qu'on accuse de mettre en péril le tourisme au Liban. Une simple parole de vérité (me vaut cette accusation). Mais un monde qui reste silencieux face à des millions de personnes qui meurent de faim, qu'importe la mort de milliers de personnes tuées et bombardées, et des centaines de milliers de personnes blessées ? Que nous importent-ils ? Bien que le monde entier et l'ONU reconnaissent cette situation. En toute simplicité, c'est parce qu'il s'agit de l'Arabie Saoudite, l'allié des Etats-Unis, de l'Occident, qui paie des fortunes, des centaines de milliards de dollars qu'elle paie aux Etats-Unis. Et Trump vient maintenant pour leur prendre l'argent qui leur reste.

Mais quant au pauvre peuple yéménite, il n'a pas d'argent à payer aux Etats-Unis, il n'a pas d'argent à payer à Trump, il n'a pas d'argent à payer au Premier ministre britannique ni au Président français pour qu'ils se bougent et disent ça suffit, on va mettre fin au siège, à la guerre et à l'agression contre le Yémen. 

Eh bien, considérons donc la Syrie. Il y a quelques jours, un massacre a été perpétré contre les habitants de Fou'a et Kafraya qui quittaient leurs villes assiégées dans le quartier d'Al-Rachidin situé à l'entrée de la ville d'Alep. Un kamikaze sanguinaire est venu avec une camionnette, et s'est attaqué au convoi de bus. Qu'y avait-il dans le convoi ? 5 000 civils, une majorité écrasante de civils dont la plupart étaient des femmes et des enfants. En bref, l'attentat a causé des centaines de martyrs, de blessés et de disparus. Qu'a fait le monde ? Qu'a-t-il fait ? 

Que Dieu nous en préserve... Car dans l'accord conclu, l'Etat syrien et nous-mêmes, nous avons garanti la sécurité des évacués (des enclaves terroristes de) Madaya, Zabadani, Biqqin, Sarghaya, Blodan et Borj Blodan pour qu'ils soient convoyés vers un point sûr au-delà de la ville d'Alep. Imaginons qu'une personne (il n'y a pas de kamikazes dans notre camp), par erreur, ait pris une mitrailleuse et fait feu (sur leur convoi), ou ait tiré une roquette de RPG sur un bus et ait tué un certain nombre de personnes. Qui donc nous aurait épargné (ses condamnations) ? Qui aurait épargné l'armée syrienne, le Hezbollah et les parties qui ont garanti cet accord ? Le Conseil de Sécurité, les USA, Trump et le monde entier seraient entrés dans une grande colère, et auraient peut-être même lancé une attaque aérienne (contre la Syrie). 

Voyez donc la situation existante, la situation actuelle réelle. Bien sûr, je n'apporte là rien de nouveau. Je ne veux que confirmer une idée établie de longue date, mais dont chaque jour, chaque jour, chaque jour, nous avons une nouvelle confirmation, face au point de vue adverse (qui rejette le notre), dont on aimerait bien qu'ils nous apportent la moindre preuve, le moindre élément (qui confirme leur vision).

Mais en revanche, lorsque l'événement de Khan Cheikhoun s'est produit, et que le régime a été accusé d'avoir utilisé des armes chimiques, eh bien, les gars, faites donc une enquête, mais ils ne veulent pas faire d'enquête. Mes chers amis, qui a prouvé que le régime a vraiment utilisé des armes chimiques ? Oui, il l'a fait (affirment-ils). Eh bien, quelle est la preuve ? Personne ne présente de preuves. Eh bien, ces images qui ont circulé, sont-elles fabriquées ou est-ce la vérité ? Personne ne le sait. Eh bien, envoyez donc une commission d'enquête, avec par exemple la Russie, l'Iran, d'autres pays du monde... Oh, on demande simplement une commission d'enquête, mais les USA ne veulent pas de commission d'enquête. Ils n'acceptent pas d'enquête ! Nous voulons simplement connaitre la vérité, afin de condamner le criminel qui a utilisé des armes chimiques, qui qu'il soit. Mais ils refusent toute commission d'enquête.

Au contraire, dès les premiers instants, dès les premiers instants, Trump et l'administration américaine, comme d'habitude, se sont institués procureur général, enquêteur, juge et bourreau, et ils sont venus frapper l'aéroport de Chu'eirat, et ont considéré avoir réalisé un grand exploit. Et les félicitations ont commencé à fuser de toutes parts, d'Arabie Saoudite, de Turquie, de certains pays du Golfe, de forces politiques (qui se sont éxclamées) "Bravo, Dieu te bénisse et te récompense, t'accorde une belle fin et augmente tes ressources." N'est-ce pas ce qu'ils leur ont dit ? 

Eh bien, sur quelle base ? Car celui qui est ici visé (Bachar al-Assad) n'est pas un collabo, un suiveur ou un soumis, on veut le soumettre, l'humilier et le briser. Telle est l'équation. 

Aujourd'hui, si on venait dans n'importe quel coin d'un pays non aligné avec les USA, et imaginons qu'il y ait une ville complètement assiégée, avec des centaines d'hommes et de femmes debout sous le soleil, jour et nuit, afin de protéger un homme pur, grand savant au Bahreïn, Son Eminence l'Ayatollah Cheikh Issa Qassem, et ce depuis 7 ou 8 mois, bientôt un an, dans une région très sévèrement assiégée. C'est une chose oubliée, qui n'intéresse personne dans le monde. Car ces gens-là se trouvent dans un pays soumis, aligné, faisant partie du projet (américain), et donc aucune pression ne sera exercée sur lui. Pourquoi lui demanderait-on quoi que ce soit ? On le félicitera plutôt pour le beau kôhl de ses yeux, et on lui dira "Très bien, continue."

Voilà donc. Il n'est pas nécessaire que je multiplie les exemples, j'ai été assez long comme ça, mais la conclusion qu'il faut en tirer est celle-ci : ô nos frères, ô nos soeurs, ô notre peuple (et nous nous exprimons avec l'expérience, et ces exemples ne font que confirmer l'idée, qui est la nôtre depuis le début), aujourd'hui, si notre territoire est libéré, si nos prisonniers dans les geôles israéliennes sont revenus (il reste des dossiers en suspens), si notre pays est libre face aux menaces israéliennes, personne n'y a joué aucun rôle, ni le Conseil de l'ONU, ni les USA, ni l'Occident, ni l'Union des pays arabes, ni les résolutions internationales ni rien du tout. 

C'est grâce à vous seuls, les nobles gens, l'Armée, le Peuple et la Résistance, les martyrs, les blessés. Aujourd'hui, si le Liban jouit de la liberté, de la dignité et de la sécurité, c'est grâce à vos âmes élevées, à vos corps ensanglantés, au sang pur de vos martyrs, et au sang de vos corps (blessés) qui a été versé sur la terre de ce pays et dans cette région. Seulement, seulement, seulement (grâce à vous et personne d'autre).

N'attendez pas de ce monde, de cette communauté internationale, de l'Amérique et de l'Occident, ni justice, ni impartialité, ni reconnaissance du vrai, n'attendez rien de tel. Cela ne signifie pas que nous ne leur demandions pas, mais nous ne nous attendons à rien. Et de toute façon, nous ne déplorons pas qu'ils nous ignorent, qu'ils ne prennent pas la position requise et qu'ils n'exercent aucune pression (sur les oppresseurs). Car à la base, ils sont l'ennemi, donc prenez garde à eux ! La base de nos maux, c'est eux. Ceux-là mêmes à qui nous demandons des prises de positions, des déclarations et des mesures, c'est eux le problème à la base. Quant aux autres, ce ne sont que des instruments, ils ne font que suivre, ce ne sont que les pions d'un jeu d'échecs qui servent les projets de domination de nos pays. Que veulent-ils donc, les amis ? Ils veulent piller nos choix, nos ressources, notre pétrole, notre gaz, et ils veulent maintenant nous piller davantage. Nous n'avons pas le temps de parler de la nouvelle politique américaine : le pillage plus manifeste, le pillage explicite. 

Il faut donc que nous comptions sur notre présence sur les places et les champs (de bataille), sur notre force. Ce que je vous ai toujours dit, aujourd'hui, tous les événements et développements qui se produisent, je vous le redis encore : nous vivons dans un monde de loups. Il n'y a pas de loi internationales, il n'y a que la loi de la jungle. Le fort mange le faible. Si nous sommes faibles, nous serons mangés.  Si nous sommes plus forts, le monde nous respectera.

Lorsque nous avons un poids sur les équations et sur les intérêts... Ce monde recherche des intérêts, il ne recherche pas des principes ou des valeurs. Par conséquent, notre force est là, nos intérêts sont là, et notre destin et notre avenir s'arrêtent à notre force, à notre unité, à notre présence, à l'endurance de notre peuple, à la conscience de notre Communauté (islamique). 

Voilà les enseignements que nous devons tirer de tout ce qui se passe maintenant. [...]

mercredi 26 avril 2017

Pourquoi nous faisons la grève de la faim dans les geôles israéliennes, par Marwan Barghouti


Le 16 avril 2017







HADARIM PRISON, Israël – Ayant passé les 15 dernières années dans une prison israélienne, j’ai été à la fois témoin et victime du système illégal d’arrestations arbitraires massives d’Israël et de ses mauvais traitements infligés aux prisonniers palestiniens. Après avoir épuisé toutes les autres options, j’ai décidé qu’il n’y avait pas d’autre choix que de résister à ces abus en faisant une grève de la faim.


Quelque mille prisonniers palestiniens ont décidé de participer à cette grève de la faim, qui commence aujourd’hui, le jour que nous observons ici comme le Jour des prisonniers. La grève de la faim est la forme la plus pacifique de résistance disponible. Elle inflige des souffrances uniquement à ceux qui y participent et à leurs proches, dans l’espoir que leur ventre vide et leur sacrifice aideront le message à résonner au-delà des limites de leurs cellules sombres.


Des décennies d’expérience ont prouvé que le système inhumain d’occupation et d’occupation militaire d’Israël vise à briser l’esprit des prisonniers et la nation à laquelle ils appartiennent, en infligeant des souffrances à leur corps, en les séparant de leurs familles et de leurs communautés, en utilisant des mesures humiliantes pour les contraindre à l’assujettissement. Malgré un tel traitement, nous ne nous y soumettrons pas.


Israël, la puissance occupante, a violé le droit international de multiples façons depuis près de 70 ans, mais s’est cependant vu octroyer l’impunité pour ses actions. Elle a commis des violations graves des Conventions de Genève contre le peuple palestinien; les prisonniers, y compris les hommes, les femmes et les enfants, ne font pas exception.


J’avais seulement 15 ans quand j’ai été emprisonné pour la première fois. J’avais à peine 18 ans quand un interrogateur israélien m’a forcé à écarter les jambes alors que je me tenais nu dans la salle d’interrogatoire avant de frapper mes organes génitaux. Je me suis évanoui de douleur, et la chute qui en a résulté a laissé une cicatrice permanente sur mon front. L’interrogateur s’est moqué de moi ensuite, disant que je n’aurais jamais d’enfants parce que les gens comme moi ne donnent naissance qu’à des terroristes et des meurtriers.


Quelques années plus tard, j’étais de nouveau dans une prison israélienne, meneur d’une grève de la faim, lorsque mon premier fils est né. Au lieu des bonbons que nous distribuons habituellement pour célébrer de telles nouvelles, j’ai distribué du sel aux autres prisonniers. A peine âgé de 18 ans, il a été arrêté et a passé quatre ans dans les prisons israéliennes.


L’aîné de mes quatre enfants est maintenant un homme de 31 ans. Pourtant, je suis toujours ici, à poursuivre cette lutte pour la liberté avec des milliers de prisonniers, des millions de Palestiniens et le soutien de tant de personnes dans le monde. Qu’y a-t-il donc avec l’arrogance de l’occupant et de l’oppresseur et ses partisans qui les rende sourds à cette simple vérité : nos chaînes seront brisées avant que nous le soyons, parce que c’est la nature humaine que de répondre à l’appel de la liberté, quel que soit le prix.


Israël a construit presque toutes ses prisons à l’intérieur d’Israël plutôt que dans les territoires occupés. Ce faisant, il a transféré illégalement et de force des civils palestiniens en captivité et a utilisé cette situation pour restreindre les visites des familles et pour infliger des souffrances aux prisonniers par de longs transports dans des conditions cruelles. Cela a transformé les droits fondamentaux qui devraient être garantis par le droit international – y compris ceux obtenus après maintes souffrances par les grèves de la faim antérieures – en des privilèges que leur service pénitentiaire décide de nous accorder ou dont il décide de nous priver.


Les prisonniers palestiniens et les détenus ont subi des actes de torture, des traitements inhumains et dégradants et des négligences médicales. Certains ont été tués en détention. Selon le dernier chiffre du Club des Prisonniers Palestiniens, environ 200 prisonniers palestiniens sont décédés depuis 1967 à cause de telles actions. Les prisonniers palestiniens et leurs familles restent également une cible privilégiée de la politique israélienne d’imposition de punitions collectives.


A travers notre grève de la faim, nous cherchons à mettre un terme à ces abus.


Au cours des cinq dernières décennies, selon le groupe des droits de l’homme Addameer, plus de 800 000 Palestiniens ont été emprisonnés ou détenus par Israël – soit environ 40% de la population masculine du territoire palestinien. Aujourd’hui, environ 6 500 sont encore emprisonnés, dont certains ont la triste distinction de détenir des records mondiaux des plus longues périodes de détention de prisonniers politiques. Il n’y a pratiquement pas une seule famille en Palestine qui n’ait pas subi les souffrances causées par l’emprisonnement d’un ou de plusieurs de ses membres.


Comment rendre compte de cet état des choses incroyable ?


Israël a mis en place un double régime juridique, une forme d’apartheid judiciaire, qui offre une impunité virtuelle aux Israéliens qui commettent des crimes contre des Palestiniens, tout en criminalisant la présence et la résistance palestiniennes. Les tribunaux d’Israël sont une parodie de justice, clairement des instruments d’occupation coloniale et militaire. Selon le Département d’Etat, le taux de condamnation pour les Palestiniens dans les tribunaux militaires est de près de 90 %.



Parmi les centaines de milliers de Palestiniens qui ont été emprisonnés par Israël, se trouvent des enfants, des femmes, des parlementaires, des militants, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme, des universitaires, des personnalités politiques, des militants, des passants, des membres de la famille de prisonniers. Et tous dans le même but : enterrer les aspirations légitimes d’une nation entière.



Au lieu de cela, cependant, les prisons israéliennes sont devenues le berceau d’un mouvement durable pour l’autodétermination palestinienne. Cette nouvelle grève de la faim va démontrer une fois de plus que le mouvement des prisonniers est la boussole qui guide notre lutte, la lutte pour la Liberté et la Dignité, le nom que nous avons choisi pour cette nouvelle étape dans notre longue marche vers la liberté.



Israël a essayé de nous désigner tous comme des terroristes pour légitimer ses violations, y compris les arrestations arbitraires massives, la torture, les mesures punitives et les restrictions drastiques. Dans le cadre de l’effort d’Israël pour saper la lutte palestinienne pour la liberté, un tribunal israélien m’a condamné à cinq condamnations à perpétuité et à 40 ans de prison dans un procès politique-spectacle qui a été dénoncé par les observateurs internationaux.



Israël n’est pas le premier pouvoir occupant ou colonial à recourir à de tels expédients. Tout mouvement de libération nationale dans l’histoire peut rappeler des pratiques similaires. C’est pourquoi tant de personnes qui ont lutté contre l’oppression, le colonialisme et l’apartheid se tiennent à nos côtés. La Campagne internationale pour libérer Marwan Barghouti et tous les prisonniers palestiniens que l’icône anti-apartheid Ahmed Kathrada et ma femme, Fadwa, ont inaugurée en 2013 depuis l’ancienne cellule de Nelson Mandela à Robben Island a bénéficié du soutien de huit lauréats du prix Nobel de la paix, de 120 gouvernements et de centaines de dirigeants, de parlementaires, d’artistes et d’universitaires à travers le monde.


Leur solidarité expose l’échec moral et politique d’Israël. Les droits ne sont pas accordés par un oppresseur. La liberté et la dignité sont des droits universels qui sont inhérents à l’humanité, et dont doit jouir chaque nation et tous les êtres humains. Les Palestiniens ne seront pas une exception. Seule la fin de l’occupation mettra fin à cette injustice et marquera la naissance de la paix.

Marwan Barghouti 


dimanche 23 avril 2017

Bachar al-Assad : Les attentats en France n'auraient pas pu être empêchés



Interview du Président de la République Arabe Syrienne Bachar al-Assad par le journal croate Vecernji List, le 6 avril 2017 (Extrait)




Transcription :

[...]
Journaliste : Monsieur le Président, je dois vous poser une question : s'il y avait eu une coopération en matière de sécurité entre le gouvernement syrien et les États européens, auraions-nous évité les opérations terroristes qui ont frappé la France, la Belgique, etc. ? Je pose cette question parce qu’après les opérations terroristes à Paris, l'ancien chef des services secrets français a déclaré que vous leur aviez fourni des noms et des documents sur les terroristes, et qu’ils ont refusé de les accepter. Ont-ils vraiment refusé de les accepter ? Et s'il y avait eu une coopération, aurait-on pu éviter ces opérations terroristes ?

Président Assad : Non, il parlait probablement de la coopération avant la guerre, car après le commencement de la guerre et la position française de soutien aux terroristes, la Syrie a cessé la coopération en matière de sécurité avec ces pays, car il ne peut pas y avoir de coopération en matière de sécurité et d'hostilité politique en même temps. Il devrait y avoir un accord politique, d'une part, et un accord dans d'autres domaines, y compris la sécurité, d'autre part.

Quant à savoir s'il aurait été possible d'éviter de telles attaques en Europe grâce à cette coopération en matière de sécurité, dans des circonstances normales, la réponse serait oui. Mais dans les circonstances actuelles, la réponse est non, parce que l'Europe ou un certain nombre de pays européens soutiennent les terroristes à grande échelle, envoient en Syrie des dizaines de milliers de terroristes ou les soutiennent directement et indirectement, logistiquement, avec des armes, de l'argent, une couverture politique, et absolument tout. Lorsque vous atteignez ce degré de soutien aux terroristes – et ici, nous parlons de dizaines de milliers et peut-être de centaines de milliers en Syrie et dans les régions avoisinantes –, la coopération en matière de sécurité devient d'une efficacité limitée dans un tel cas. La coopération en matière de sécurité se concentre sur des dizaines ou des centaines d'individus, mais ne peut pas être efficace lorsqu'il y a des dizaines de milliers et des centaines de milliers de terroristes.

Si l'Europe veut se protéger à ce stade, elle devrait d'abord cesser de soutenir les terroristes en Syrie. En supposant que nous voulions coopérer avec eux, aucun résultat ne peut être obtenu dans ces circonstances. Nous ne le ferons pas, bien sûr, tant qu’ils soutiennent le terrorisme. Ils devraient cesser de soutenir les terroristes immédiatement de toute forme ou manière.

[...] 

Hassan Nasrallah : l'expérience acquise en Syrie permettra de libérer la Palestine

Interview du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 19 août 2016



Transcription :

Journaliste : [Israël] qui a un allié tel que Daech, des criminels tels que Daech, ils doivent être à l'aise, Sayed.
 
Sayed Hassan Nasrallah : Mais il ne sont certainement pas tranquilles, en tout cas, eux, les Israéliens, parient (plaçent leurs espoirs) sur Daech, et sur tout ce projet takfiri dans la région... mais en tout cas, ils savent bien, les Israéliens, les Américains, et tous ceux qui utilisent les takfiris, qu'il s'agit d'un projet sans avenir.

Je vous le dis, et je rassure aussi tout le monde à travers cette interview. Ce projet n'a aucun avenir. C'est-à-dire... Qu'est-ce que c'est donc ? Considérons par exemple que Daech vienne maintenant présenter son Etat aux gens. Ou le Front al-Nosra, qui a la même idéologie, les mêmes livres, les mêmes fatwas, n'est-ce-pas ? Lorsqu'elle vient présenter son Etat.

Déjà, qu'ont-ils à faire des non-sunnites ? Les chiites ne peuvent pas vivre dans l'Etat de Daech, ni les Chrétiens, ni les autres confessions. Très bien, ça marche. Les sunnites peuvent-ils vivre dans l'Etat de Daech ? Les sunnites ?! Ceux qui se proclament les gens de la sunna et du consensus, comme prétend l'être Daech. Et Daech prétend que les autres sunnites (qui n'embrassent pas Daech) sont des mécréants. (Les sunnites) peuvent-ils vivre dans l'Etat de Daech ?

Voici leur pratique : couper les têtes, exécuter pour les raisons les plus triviales... De base, ce n'est pas là la religion de Dieu, il est impossible que ce soit là la religion de Dieu, et il n'est pas possible que ce soit la religion (du Prophète) Muhammad b. Abdillah, paix et bénédiction de Dieu sur lui, qui a été envoyé comme une Miséricorde pour les mondes. Ce n'est pas possible, c'est absolument impossible. De base, aucun homme ayant une nature humaine, un minimum d'aspiration à la liberté, à l'espace, à un peu de dignité, ne peut vivre au sein de l'Etat de Daech.

Eh bien, quel est donc l'avenir de ce projet ? Tuer, tuer, tuer, tuer... A la fin, les tueries doivent s'arrêter. Certes, une grande catastrophe a été lancée, et la Communauté islamique paie actuellement un prix énorme...

Journaliste : Excusez-moi un instant, Sayed...

Sayed Hassan Nasrallah : Je vous en prie.

Journaliste : Il est certain qu'il n'a aucun avenir, car même ceux qui l'ont créé savent qu'il n'a aucun avenir. Mais peut-être ont-ils voulu drainer la Résistance pour plusieurs années...

Sayed Hassan Nasrallah : Bien sûr.

Journaliste : ... et tout particulièrement le Hezbollah. C'est pourquoi certains disent que le Hezb s'est noyé ou a été noyé dans la lutte contre nébuleuse Daech, la question sunnite-chiite, etc. Voilà le jeu auquel jouent : d'abord Israël est tranquille, et après s'être reposé, il se jettera sur la Résistance, cet (ennemi) sioniste.
 
Sayed Hassan Nasrallah : Non... Regardez, sur cette question, le sortilège se retourne contre le sorcier, si Dieu le veut. Le sortilège se retourne contre le sorcier. C'est-à-dire actuellement, par exemple, regardez le discours israélien : premièrement, qu'il s'agisse d'Israël ou de tous les autres (à ses côtés), ils exagèrent beaucoup lorsqu'ils parlent du nombre de nos martyrs en Syrie. Il y a des exagérations vraiment comiques.

Journaliste : Volontaires ?
 
Sayed Hassan Nasrallah : Pardon ?
 
Journaliste : Volontaires ?
 
Sayed Hassan Nasrallah : Volontaires, oui. Eh bien, à un moment, ils ont dit que le Hezbollah, on va le drainer, le noyer, le tuer, etc., etc., en Syrie. Eh bien, maintenant, que dit Israël ? En conséquence, il dit que le Hezbollah gagne des expériences qu'il n'avait jamais eues depuis sa fondation à ce jour, il les a gagnées. La chose la plus importante qui inquiète beaucoup Israël, quelle est-elle ?

Ce n'est pas l'expérience défensive et la guerre défensive, car depuis 1982 aux années 2000, jusqu'en 2006, le Hezbollah était dans un mouvement défensif. Même ses tactiques étaient des tactiques défensives. Nous n'avons pas attaqué des colonies, ni ne sommes entrés en territoire palestinien, rien de tel. Avant 2000, nous attaquions des positions [israéliennes au Liban]. Même le fait d'attaquer telle ou telle position, même s'il s'agissait d'opérations offensives en apparence, elles avaient lieu dans un cadre défensif.

Eh bien, lorsque le Hezbollah vient dans la bataille en Syrie, et combat comme une formation très grande, et avec des armements très divers, ou en tant que partie d'une très grande formation aux armements divers, et qu'il participe à des opérations offensives très grandes et très étendues, et qu'il fasse sortir les hommes armés, qui ne sont pas des combattants normaux, surtout les étrangers, des combattants d'un tel niveau (d'engagement), lorsqu'il les fait sortir d'aires géographiques très vastes, cela veut dire que le Hezbollah gagne une expérience offensive, une vaste expérience de libération de territoire à travers des opérations militaires continues et directes, et non à travers la guerre de guérilla. Et cette expérience n'était pas présente au Hezbollah avant la guerre en Syrie. 

C'est là qu'Israël est apeuré et terrifié. Car ce que fait le Hezbollah en Syrie, si une guerre advient contre lui, il le fera en Galilée. Ce qui signifie que la promesse de la Galilée, qui est bien sûr une promesse conditionnelle, car certains disent que c'est une promesse absolue, (non), c'est une promesse conditionnelle. J'ai dit "Le jour viendra peut-être où la direction de la Résistance vous demandera d'entrer en Galilée." Et ce jour viendra peut-être. Et la Résistance le demandera peut-être. Je ne change aucune lettre dans ma déclaration.

Eh bien, si, à Dieu ne plaise, une guerre avait lieu, et que la direction du Hezbollah prenait la décision d'entrer en Galilée, il s'agit de soldats qui ne se seront pas seulement entraînés à ce genre de guerre, ils auront pratiqué cette guerre durant des années...

Journaliste : Face à toutes les nationalités...

Sayed Hassan Nasrallah : ... et il aura des cadres. Peut-être qu'à tout le moins le soldat, celui qui a conçu cette stratégie (lancer Daech contre la Résistance), se dit maintenant "Si seulement nous n'avions pas monté cette histoire du début à la fin." Car vous savez, Mme Kawthat, dans cette histoire, à l'entraînement, on peut s'exercer autant qu'on veut, et lorsqu'on fait des manoeuvres, même massives, avec des armes lourdes, tirs d'artillerie, et des attaques de régiments, de brigades et de bataillons, le résultat est un résultat d'entrainement. Mais pour ce qui est des forces qui vont participer aux combats, des combats réels, avec des martyrs, des blessés, des souffrances, des dangers, des bombardements réels et une libération de territoire réelle, cette expérience n'est pas seulement une expérience. La volonté, la détermination, la confiance, briser les obstacles psychologiques, le prestige, le niveau de courage... 

C'est pourquoi l'épreuve syrienne, si nous sommes arrivés, avec la permission de Dieu, à une conclusion raisonnable et convenable en Syrie, comment le Hezbollah sortira-t-il de cette bataille ? Il sortira... S'il est sorti de la guerre de juillet (2006) comme une puissance régionale, il sortira de cette guerre comme une puissance militaire véritable représentant une force de libération de territoire non pas (seulement) dans la guerre de guérilla, mais même dans une guerre qui ressemble bien plus aux guerres classiques (entre nations).

Sur ce point, non, Israël est bel et bien effrayé, et non pas rassuré. En apparence, il est heureux pour le regard des autres, mais il est effrayé quant aux conséquences de cette situation, dont on ne sait pas si elles seront dans l'intérêt des Etats-Unis.

Journaliste : Tous leurs calculs étaient erronés.

Sayed Hassan Nasrallah : Oui.