samedi 21 janvier 2017

Syrie : Casques Blancs, le masque de la terreur

Les fameux Casques Blancs, dont un responsable a été reçu en grande pompe à l'Elysée par François Hollande (mais refoulé à l'entrée des Etats-Unis pour ses liens avec des organisations terroristes), nominés pour le Prix Nobel de la Paix, et prochainement adaptés à Hollywood par George Clooney, sont-ils les héros des temps modernes que nous présente la presse française et occidentale ou les dignes épigones des tueurs du Bataclan ?

Sayed Hasan


mardi 17 janvier 2017

Combien de députés britanniques (et français) travaillent pour Israël ?



Cet article concerne la Grande-Bretagne, mais un pays qui organise une conférence pour la paix en Palestine et décommande les Palestiniens, dont la capitale arbore le drapeau israélien, dont le candidat socialiste à la présidentielle se targue d’être « éternellement lié à Israël, quand même ! », où la Ligue de Défense Juive, classée organisation terroriste par Washington et Tel-Aviv, peut jouer les vigilantes (et les vigiles) en toute impunité (fi des promesses gouvernementales de démanteler la miliceMeyer Habib veille au grain), où un Président de région finance la colonisation israélienne avec l’argent public, et où la dénonciation de l’influence du premier lobby américain (l’AIPAC, ouvertement sioniste) équivaut à un arrêt de mort politique (liste non exhaustive) devrait certainement se poser la question : des élus français feraient-ils passer les intérêts d’Israël et leurs intérêts personnels avant ceux de la France ? Et qu’en est-il des médias ? La France reste-t-elle le pays des droits de l’homme ou le pays collaborationniste par excellence ?

Voir, en fin d’article, la liste interminable des « Amis Français d’Israël » où gauche et droite rivalisent de servilité : votre élu en fait-il partie ? N’hésitez pas à l’en féliciter :
les valeurs racistes, colonialistes et suprématistes se perdent, et les criminels de guerre et criminels contre lhumanité sont par trop décriés. Heureusement que des hommes et femmes courageux savent reconnaître le mérite et portent haut nos couleurs. Mention spéciale pour le Front de Gauche François Asensi, Député-maire de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui conjugue la vice-présidence du groupe France-Palestine avec celle du groupe d’Amitié France-Israël. Comme disait l’autre, « Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent. »




Sayed Hasan




Al Jazeera doit être félicitée pour une enquête clandestine exposant quelque chose que la plupart d’entre nous aurions probablement pu deviner : que certains membres du personnel de l’ambassade d’Israël au Royaume-Uni – ne faisons pas les vierges effarouchées, des agents du Mossad – travaillent avec des militants et de hauts responsables politiques des Partis conservateur et travailliste afin de subvertir leurs propres partis de l’intérieur, et réorienter la politique étrangère britannique pour qu’elle profite aux intérêts d’Israël au lieu des intérêts britanniques.

On ne peut pas vraiment blâmer Israël pour cela. La plupart des Etats promeuvent leurs intérêts du mieux qu’ils peuvent. Mais on peut et doit exposer et faire honte aux politiciens britanniques qui collaborent avec Israël pour nuire davantage à la démocratie représentative de la Grande-Bretagne.

Ce n’est pas comme si ces personnes ne pouvaient pas être facilement identifiées. Ils annoncent même ce qu’ils vont faire. Ils sont membres du groupe parlementaire des Amis conservateurs d’Israël et des Amis travaillistes d’Israël. Ils dominent les deux partis du Parlement, mais surtout les conservateurs. Selon les chiffres des Amis conservateurs d’Israël, 80% des députés conservateurs appartiennent au groupe des Amis d’Israël du parti.

Jadis, personne n’aurait hésité à appeler les politiciens britanniques agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, et obtenant très probablement des avantages financiers pour le faire, des « traîtres ». Et pourtant, comme le montrent les vidéos secrètement filmées par Al Jazeera, les espions israéliens comme Shai Masot peuvent facilement rencontrer et conspirer avec le proche assistant d’un ministre conservateur pour discuter de la meilleure façon de « faire tomber » le ministre adjoint des Affaires étrangères, Alan Duncan, à cause de ses critiques contre les colonies illégales d’Israël dans les territoires occupés. Maria Strizzolo, l’assistante du ministre de l’éducation Robert Halfon, suggère de façonner un « petit scandale » pour porter préjudice à Duncan.

Masot et les services de renseignement d’Israël ne peuvent pas influencer la politique étrangère britannique à travers le parti d’opposition travailliste, mais cela ne les empêche pas d’avoir aussi un vif intérêt pour les députés travaillistes. Masot est filmé en train de parler au Président des Amis travaillistes d’Israël, Joan Ryan, à propos de « beaucoup d’argent » – plus d’un million de livres sterling – qu’il a reçu du gouvernement israélien pour envoyer encore une autre brochette de députés travaillistes dans un voyage tous frais payés en Israël, où ils seront choyés, cajolés, et apprêtés par de hauts fonctionnaires israéliens pour qu’ils adoptent des positions pro-israéliennes encore plus extrêmes. Les Amis travaillistes d’Israël sont connus pour envoyer la plus grande proportion de députés en Israël dans ces genres de voyages.

Est-ce que cela a un effet sur la politique intérieure britannique ? Vous pouvez le parier ! Israël n’est pas un organisme de bienfaisance.

Un grand nombre de ceux qui ont rendu misérable la vie du leader travailliste Jeremy Corbyn font partie des Amis travaillistes d’Israël. Ce sont les mêmes députés qui ont fait tout un tapage sur une prétendue « crise d’antisémitisme » dans le parti travailliste – basée sur zéro preuve tangible – depuis que Corbyn est devenu le chef du parti. Suivaient-ils alors ce que leur dictait leur conscience ? Craignaient-ils vraiment qu’une épidémie d’antisémitisme ait soudainement frappé leur parti ? Ou jouaient-ils une politique profondément cynique pour évincer un leader qui soutient la justice pour le peuple palestinien et est considéré par le gouvernement de droite d’Israël, qui n’a aucun intérêt à faire la paix avec les Palestiniens, comme de mauvaises nouvelles pour Israël ?

L’enquête menée par Al Jazeera n’a pas encore été diffusée, et nous ne pouvons donc nous baser que sur les extraits publiés jusqu’à présent, soit par Al Jazeera elle-même, soit d’autres fuites de l’enquête fournies par le Mail dimanche.

Il vaut la peine d’écouter un ministre conservateur du gouvernement de David Cameron, qui nous a récemment quittés, qui s’exprime anonymement dans le Mail dimanche. Il/Elle nous avertit d’un double coup dur pour la politique du Royaume-Uni causé par Israël et ses partisans britanniques – et qui commence à se rapprocher des dommages causés au système politique des États-Unis par Israël.

Le gouvernement britannique biaise sa politique étrangère pour éviter de contrarier les donateurs juifs, dit-il/elle. Les députés, quant à eux, agissent comme des agents d’une puissance étrangère – à leur insu, suppose-t-il/elle généreusement – plutôt que des représentants du peuple britannique. Oubliez le droit international, ces politiciens ne promeuvent pas même les intérêts britanniques.

Voici ce que le/la ministre écrit :

La politique étrangère britannique est soumise à l’influence israélienne au cœur de notre politique, et les personnes en autorité ont ignoré ce qui se passe.

lundi 16 janvier 2017

Mission laïque française et néo-colonialisme : de l’Egypte au Liban (VOSTFR)



Emission De l'intérieur, Al Mayadeen



Transcription de l'introduction :


Elle constitue le visage oppresseur de l'une des agences de diffusion de la langue et de la culture françaises, dans le monde arabe et en particulier en Egypte et au Liban.

Selon Pierre Deschamps, le fondateur de la Mission laïque française, l'enseignement est en réalité un moyen de contrôle et de domination sur les peuples indigènes, et en constitue même l'outil le plus efficace. Deschamps a vu dans les établissements dépendant de la Mission laïque française un vecteur pour la diffusion de cette hégémonie. C'est ce qu'il a annoncé en 1956, lorsqu'il a déclaré :

« Tandis que, par sa force militaire, la puissance de son industrie et de son commerce, l’Europe dominait le Monde au point de vue matériel, elle en poursuivait aussi la conquête spirituelle par la propagation de ses croyances, de ses idées, par la diffusion des découvertes qu’elle réalisait dans les sciences ; elle en était arrivée à diriger l’évolution universelle. Autant que ses soldats et ses négociants, ses missionnaires, ses professeurs, ses savants comptent parmi les facteurs de sa suprématie. […] [L’Europe [devra] réviser ses conceptions pédagogiques : une autre méthode doit présider aux rapports culturels entre les peuples. Il apparait déjà que, à ce point de vue, elle s’oriente vers une formule voisine de celle que, il y a cinquante ans, proposa la Mission laïque [...] s’il en est temps encore, si les Blancs peuvent encore orienter l’histoire. Craignons, en effet, que les peuples jusqu’alors soumis ne s’émancipent et, forts de ce que nous leur avons appris, ne se donnent à eux-mêmes une éducation plus conforme à leurs aspirations. » (Pierre Deschamps, L’Education des peuples de couleur par les Blancs considérée du point de vue maçonnique, 1956)]

Cet objectif semble être toujours en vigueur dans certaines écoles de la Mission laïque française, mais avec d'autres méthodes. Depuis quelque temps, au Lycée franco-libanais Verdun à Beyrouth, appartenant à la Mission laïque française, l'association des parents d'élèves a, depuis le début de l'année 2015, dénoncé la violence de l'établissement dans son comportement avec eux, révélant au grand jour des actes de la Mission laïque française qui fait fi du cadre du débat démocratique, et atteignant un niveau indigne d'une association française ayant la responsabilité de l'instruction de milliers d'élèves partout dans le monde.

Selon les principaux concernés, la Mission laïque recourt à des provocations et à des menaces contre les parents d'élèves, aux pressions psychologiques contre les élèves et méprise la souveraineté et de la loi libanaises.


Voir également :


Les marchands de soupe de la Mission laïque française


vendredi 13 janvier 2017

Norman Finkelstein : Les Etats-Unis reconnaissent que les colonies israéliennes constituent un crime de guerre

Norman Finkelstein sur la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies


 

Durant un vote retentissant à l’ONU, Obama a changé sa politique sur les colonies israéliennes, les considérant comme un crime de guerre – Finkelstein

Philip Weiss, le 4 janvier 2017

Durant les fêtes de fin d’année, j’ai eu deux conversations téléphoniques avec Norman Finkelstein au sujet de la résolution historique 2334 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 23 décembre, qui qualifiait les colonies israéliennes de violations flagrantes du droit international. La transcription est légèrement raccourcie.

Philip Weiss : Dites-moi ce que vous pensez de la résolution.

Norman Finkelstein : Tout d’abord, en parlant strictement du texte de la résolution et non de sa résonance ou de son importance politiques (sur lesquelles je vais revenir), c’est une assez bonne résolution et nous devrions être clairs à ce sujet. Et textuellement, je la compterais comme une victoire. Pour les raisons suivantes.

Premièrement, le texte commence par réaffirmer explicitement le principe de « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la force ». C’est un fait important pour la raison suivante. Lorsque cette déclaration a été inscrite dans le préambule de la résolution 242 des Nations Unies [en novembre 1967], Israël a farouchement protesté contre l’inclusion de ce principe, reconnaissant qu’il anticipait une révision territoriale, ce qui signifiait qu’Israël allait devoir rendre chaque pouce de territoire acquis par la force. Israël a plus tard obtenu une sorte de compensation avec la suppression de l’article défini « les » devant « territoires » dans le texte de la résolution [la phrase « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés dans le récent conflit » est devenue « retrait des forces armées israéliennes de territoires occupés dans le récent conflit »]. Israël a réussi à déplacer tout le débat pendant plusieurs décennies, en se concentrant exclusivement sur la suppression de l’article défini. Et ce sont les États arabes qui ont toujours insisté sur le fait quil fallait également considérer le préambule qui établissait l’inadmissibilité de l’acquisition du territoire par la force. 

L’argument avancé par Israël était que le paragraphe du préambule qui faisait référence à l’inadmissibilité de l’acquisition du territoire par la force n’était pas aussi important que le paragraphe contraignant [« le retrait des forces armées israéliennes de territoires… »]. Dans cette nouvelle résolution, est déclarée, conformément au droit international, « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la force », et c’est donc une forte réaffirmation de ce principe. Celle-ci vient directement en tête de la résolution 2334. Fait intéressant, elle n’est même pas balancée comme l’était la résolution 242 originelle. La résolution 242 comporte deux déclarations en préambule. L’une concernait l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la force, et l’autre le droit des États de vivre en paix avec leurs voisins. Cela a été concédé pour Israël. Ils ne l’ont pas mentionné cette fois-ci. Ils ont simplement mentionné la clause d’inadmissibilité.

Ce texte est important pour une autre raison. [L’ambassadeur israélien] Ron Dermer a proclamé partout que « nous savons qui a rédigé cette résolution, cette résolution a clairement été écrite par un Etat occidental », justifiant la remarque [du Premier ministre israélien] Netanyahu selon laquelle tout cela aurait été concocté par les États-Unis. Ce n’est clairement pas le cas. Les États-Unis ne partent pas de la clause d’inadmissibilité. Comme l’indique clairement le discours de John Kerry, il considère déjà que tout le territoire du côté Est du mur appartient à Israël, ce qui contredit manifestement la clause d’inadmissibilité. Ce n’était donc pas une résolution occidentale. Ce qui est occidental dans la résolution est la partie sur le terrorisme, l’os jeté aux États-Unis pour les amener à s’abstenir.

Le quatrième paragraphe est également très fort parce qu’il condamne non seulement « toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est », et il mentionne également explicitement les colonies [« y compris… la construction et l’expansion de colonies, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la démolition de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit international humanitaire et des résolutions concernées »]. C’était important parce que c’était le nœud de discorde dans l’accord d’Oslo. L’accord d’Oslo stipulait que vous ne pouviez pas modifier le caractère démographique mais il ne mentionnait pas explicitement la construction de nouvelles colonies.

Donc en termes légaux, c’est clairement une amélioration par rapport à l’accord d’Oslo. Vous vous souvenez peut-être qu’à l’époque, des gens comme Haider Abdel-Shafi ont refusé de soutenir Oslo parce que cet accord ne disait rien au sujet des colonies. Ici, vous n’avez pas seulement le fait d’ « altérer la composition démographique, le caractère et le statut » [de la Palestine], mais aussi la construction et l’expansion de colonies. C’est donc selon moi une victoire importante.

Vladimir Poutine : ‘Big Brother’ espionne ses alliés, les soumet au chantage

Qui, des Etats-Unis ou de la Russie, interfère dans les élections d'autres pays, espionne ses ennemis et ses alliés (dont l'Elysée) et exerce menaces, pressions et chantage contre les uns et les autres ? Vladimir Poutine a déjà proposé une réponse, cautionnée par les révélations de Snowden.

Discours de Vladimir Poutine sur le Nouvel ordre mondial, 24 octobre 2014


Réunion du Club International Valdaï : De nouvelles règles ou un jeu sans règles ?



Transcription :

[...]

Nous sommes entrés dans une période de différentes interprétations et de silences délibérés dans la politique mondiale. Le droit international a maintes fois été forcé de battre en retraite, encore et encore, par l’assaut impitoyable du nihilisme légal. L’objectivité et la justice ont été sacrifiées sur l’autel de l’opportunisme politique. Des interprétations arbitraires et des évaluations biaisées ont remplacé les normes juridiques. Dans le même temps, l’emprise complète sur les médias de masse mondiaux ont rendu possible, quand on le désirait, de présenter le blanc comme noir et le noir comme blanc.


Dans une situation où vous aviez la domination d’un pays et de ses alliés, ou plutôt de ses satellites, la recherche de solutions globales s’est souvent transformée en une tentative d’imposer ses propres recettes universelles. Les ambitions de ce groupe sont devenues si grandes qu’ils ont commencé à présenter les politiques qu’ils concoctaient dans leurs corridors du pouvoir comme le point de vue de l’ensemble de la communauté internationale. Mais ce n’est pas le cas.

La notion même de « souveraineté nationale » est devenue une valeur relative pour la plupart des pays. En essence, ce qui était proposé était cette formule : plus la loyauté de tel ou tel régime en place envers le seul centre de pouvoir dans le monde est grande, plus grande sera sa légitimité.

Nous aurons une discussion libre après mon propos et je serai heureux de répondre à vos questions et je tiens également à utiliser mon droit à vous poser des questions. Que personne n’hésite à essayer de réfuter les arguments que je viens d’exposer lors de la discussion à venir.

Les mesures prises contre ceux qui refusent de se soumettre sont bien connues et ont été essayées et testées de nombreuses fois. Elles comprennent l’usage de la force, la pression économique et la propagande, l’ingérence dans les affaires intérieures, et les appels à une sorte de légitimité « supra-légale » lorsqu’ils ont besoin de justifier une intervention illégale dans tel ou tel conflit ou de renverser des régimes qui dérangent. Dernièrement, nous avons de plus en plus de preuves que le chantage pur et simple a également été utilisé en ce qui concerne un certain nombre de dirigeants. Ce n’est pas pour rien que « Big Brother » dépense des milliards de dollars pour tenir sous surveillance le monde entier, y compris ses propres alliés les plus proches.

Demandons-nous à quel point nous sommes à l’aise avec tout cela, à quel point nous sommes en sécurité, combien nous sommes heureux de vivre dans ce monde, à quel degré de justice et de rationalité il est parvenu. Peut-être n’avons-nous pas de véritables raisons de nous inquiéter, de discuter et de poser des questions embarrassantes ? Peut-être que la position exceptionnelle des États-Unis et la façon dont ils mènent leur leadership est vraiment une bénédiction pour nous tous, et que leur ingérence dans les événements du monde entier apporte la paix, la prospérité, le progrès, la croissance et la démocratie, et nous devrions peut-être seulement nous détendre et profiter de tout cela ?

Permettez-moi de dire que ce n’est pas le cas, absolument pas le cas.

Un diktat unilatéral et le fait d’imposer ses propres modèles aux autres produisent le résultat inverse. Au lieu de régler les conflits, cela conduit à leur escalade ; à la place d’États souverains et stables, nous voyons la propagation croissante du chaos ; et à la place de la démocratie, il y a un soutien pour un public très douteux allant de néo-fascistes avoués à des islamistes radicaux.

Pourquoi soutiennent-ils de tels individus ? Ils le font parce qu’ils décident de les utiliser comme instruments dans la voie de la réalisation de leurs objectifs, mais ensuite, ils se brûlent les doigts et font marche arrière. Je ne cesse jamais d’être étonné par la façon dont nos partenaires ne cessent de marcher sur le même râteau, comme on dit ici en Russie, c’est-à-dire de faire les mêmes erreurs encore et encore.

Ils ont jadis parrainé des mouvements islamistes extrémistes pour combattre l’Union soviétique. Ces groupes se sont formés au combat et aguerris en Afghanistan, et ont plus tard donné naissance aux Talibans et à Al-Qaïda. L’Occident les a sinon soutenus, du moins a fermé les yeux sur cela, et, je dirais, a fourni des informations et un soutien politique et financier à l’invasion de la Russie et des pays de la région d’Asie centrale par les terroristes internationaux (nous ne l’avons pas oublié).  C’est seulement après que des attaques terroristes horribles aient été commises sur le sol américain lui-même que les États-Unis ont pris conscience de la menace collective du terrorisme. 
[...]

mercredi 11 janvier 2017

Bachar al-Assad : Après le mandat de Hollande, les Français sont-ils plus en sécurité ?


Interview du Président syrien par des médias français, le 8 janvier 2017




Transcription :

Question 1 : Monsieur le Président, vous venez de rencontrer une délégation de députés français. Pensez-vous que cette visite aura une influence sur la position française à l’égard de la Syrie ?

Bachar al-Assad : C’est une question française. Nous espérons que toute délégation qui viendra ici pourra voir la vérité sur ce qui se passe en Syrie durant ces dernières années, depuis le début de la guerre il y a six ans, et le problème maintenant, concernant la France en particulier, est qu’ils n’ont pas d’ambassade, ils n’ont absolument aucune relation avec la Syrie. Alors c’est comme si... on peut dire que c’est un Etat aveugle. Comment pouvez-vous forger une politique envers une région donnée si vous ne voyez pas, si vous êtes aveugles ? Il faut être capable de voir. L’importance de ces délégations est qu’elles représentent les yeux des États, mais cela dépend de l’État en question ; est-ce qu’il veut voir (la réalité des choses), ou est-ce qu’il veut continuer à adopter la politique de l’autruche et refuser de dire la vérité, parce que maintenant, dans le monde entier, tout est en train de changer à tous les niveaux à l’égard de la Syrie, (aux niveaux) local, régional et international. Jusqu’à présent, le gouvernement français n’a pas changé de position, ils maintiennent leur rhétorique désuète qui est déconnectée de la réalité en Syrie. C’est pourquoi nous espérons qu’il se trouvera quelqu’un au sein l’État qui veuille bien écouter (ce que rapporteront) ces délégations, (écouter) les faits. Je ne parle pas de mon opinion, je parle de la réalité en Syrie. Donc, nous avons de l’espoir.


 
Question 2 : Monsieur le Président, vous avez dit qu’Alep constitue une victoire majeure pour la Syrie, et un tournant majeur dans la crise. Que ressentez-vous lorsque vous voyez les photos des centaines de civils qui ont été tués durant les bombardements et la dévastation de la ville ?

Bachar al-Assad : Bien sûr, il est très douloureux pour nous, en tant que Syriens, de voir une quelconque partie de notre pays détruite, ou de voir tout sang répandu où que ce soit, c’est évident, c’est une réalité d’ordre émotionnel, mais pour moi en tant que Président ou en tant qu’officiel, la question (qui se pose) pour le peuple syrien (est celle-ci) : Qu’est-ce qu'il va faire ? Quest-ce que je vais faire ? Il ne s’agit pas des sentiments. Les sentiments vont de soi, comme je l’ai dit. (La question est) comment nous allons reconstruire nos villes.

Question 3 : Mais le bombardement d’Alep-Est était-il la seule solution pour reprendre la ville, avec la mort de civils, vos concitoyens ?

Bachar al-Assad : Cela dépend du type de guerre que vous recherchez. Recherchez-vous une guerre tranquille, une guerre sans destruction ? Dans toute l’Histoire, je n’ai jamais entendu parler d’une bonne guerre, toute guerre est mauvaise. Pourquoi mauvaise ? Parce que toute guerre entraîne de la destruction, toute guerre entraîne des tueries, c’est pourquoi toute guerre est mauvaise. Vous ne pouvez pas dire « c’est une bonne guerre », même si c’est pour une bonne raison, pour défendre votre pays, pour une noble raison, mais une guerre reste (toujours) mauvaise. Ce n’est pas la (bonne) solution (seulement) si vous avez une autre solution. Mais la question est la suivante : comment pouvez-vous libérer les civils de ces zones de l’emprise des terroristes ? Est-il préférable de les laisser, de les abandonner entre leurs mains, sous leur joug, à leur sort défini par ces terroristes, à savoir la décapitation, le meurtre, tout sauf la présence de l’Etat ? Est-ce le rôle de l’État, de rester passif et de regarder ? Vous devez libérer (ces régions), et c’est parfois le prix à payer, mais à la fin, les gens sont libérés des terroristes. Telle est la question maintenant : sont-ils libérés ou non ? Si c’est le cas, c’est bien ce que nous devons faire.

Question 4 : Monsieur le Président, un cessez-le-feu a été signé le 30 décembre. Pourquoi l’armée syrienne se bat-t-elle toujours près de Damas, dans la région de Wadi Barada ?

Bachar al-Assad : Tout d’abord, le cessez-le-feu concerne différentes parties, alors pour pouvoir dire qu’il y a un cessez-le-feu viable, il faut que chaque partie cesse de combattre et de tirer, et ce n’est pas le cas dans beaucoup de régions de Syrie, et cela a été rapporté par le Centre d’observation russe du cessez-le-feu. Il y a des violations de ce cessez-le-feu tous les jours en Syrie, y compris à Damas, mais principalement à Damas parce que les terroristes occupent la principale source d’eau de Damas où plus de cinq millions de civils sont privés d’eau depuis trois semaines, et le rôle de l’armée syrienne est de libérer cette zone afin d’empêcher ces terroristes d’utiliser cette eau pour asphyxier la capitale. Voilà pourquoi.

Question 5 : Monsieur le Président, Daech n’est pas une partie prenante du cessez-le-feu...

Bachar al-Assad : Non.

Question 5 (suite) : Avez-vous l’intention de reprendre Raqqa, et quand ?

Bachar al-Assad : Permettez-moi de poursuivre (ma réponse à) la deuxième partie de la première question. Ce cessez-le-feu ne concerne pas Al-Nusra et Daech, et la zone dans laquelle nous avons récemment combattu pour la libérer, concernant les sources d’eau de la capitale Damas, est occupée par Al-Nusra et Al-Nusra a officiellement annoncé qu’ils occupent cette zone. Cela ne fait donc pas partie du cessez-le-feu.

En ce qui concerne Raqqa, bien sûr, c’est notre mission, selon la constitution et selon les lois, que de libérer chaque pouce de territoire syrien. Il n’y a aucun débat à ce sujet, qui n’est pas à discuter. Mais il s’agit de savoir quand, quelles sont nos priorités, et c’est une question militaire, touchant à la planification militaire, aux priorités militaires. Mais à l’échelle nationale, il n’y a pas de priorité : chaque pouce de territoire (occupé) est syrien, et (sa libération) doit être du ressort du gouvernement.

Question 6 : D’importantes discussions auront lieu à Astana à la fin du mois, avec de nombreuses parties syriennes, y compris certains groupes d’opposition, disons. Qu’êtes-vous prêt à négocier directement avec eux, et qu’êtes-vous prêt à négocier pour aider la paix à revenir en Syrie ?

Bachar al-Assad : Bien sûr, nous sommes prêts, et nous avons annoncé que notre délégation à cette conférence est prête à s’y rendre lorsqu’ils définiront... quand ils auront fixé le moment de cette conférence. Nous sommes prêts à négocier sur tout. Lorsque vous parlez de négociations pour savoir s’il faut mettre un terme au conflit en Syrie ou parler de l’avenir de la Syrie, tout est pleinement ouvert, il n’y a pas de limites pour ces négociations. Mais qui va être là de l’autre côté ? Nous ne le savons pas encore. Est-ce que ce sera une véritable opposition syrienne – et quand je dis « véritable », cela signifie qui ait des racines en Syrie, pas en Arabie Saoudite, en France ou en Angleterre, il doit s’agir d’une opposition syrienne pour discuter des questions syriennes. Donc, la viabilité ou, disons, le succès de cette conférence dépendra de ce point.


Question 7 : Êtes-vous-même prêt à discuter de votre poste de Président ? Cela a été contesté.

Bachar al-Assad : Oui, mais ma position est liée à la Constitution, et la Constitution est très claire quant au mécanisme par lequel vous pouvez élire un Président ou vous débarrasser d’un Président. Donc, s’ils veulent discuter de ce point, ils doivent discuter de la Constitution, et la Constitution n’est ni la propriété du gouvernement, ni du Président, ni de l’opposition. Elle doit être la propriété du peuple syrien, donc vous avez besoin d’un référendum pour toute Constitution. C’est un des points qui pourraient être discutés lors de cette réunion, bien sûr, mais ils ne peuvent pas (simplement) dire « nous voulons ce Président » ou « nous ne voulons pas ce Président » parce que le Président est lié aux urnes. S’ils ne veulent pas de lui, remettons-nous en aux urnes. Le peuple syrien (dans son ensemble) doit élire un Président, et pas (seulement) une partie du peuple syrien.

Question 8 : Et avec cette négociation, quel sera le sort des combattants rebelles ? [sic]

Bachar al-Assad : Conformément à ce que nous avons mis en œuvre au cours des trois dernières années, parce que nous voulons vraiment avoir la paix en Syrie, le gouvernement a offert l’amnistie à chaque militant qui dépose les armes, et cela a fonctionné. Et ils ont toujours la même option s’ils veulent revenir à la normalité, revenir à leur vie normale. C’est le maximum que vous puissiez offrir, l’amnistie.

Question 9 : Monsieur le Président, comme vous le savez, l’élection présidentielle française aura (bientôt) lieu. Avez-vous un favori, avez-vous une préférence pour l’un des candidats ?