dimanche 29 décembre 2013

Sayed Hasan Nasrallah : Le destin du Moyen-Orient se joue en Syrie - 20/12/2013 (Français)

Extrait du discours de Sayed Hasan Nasrallah le 20 décembre 2013 





(A partir de 58,27 ci-dessus)



Moi-même et les frères, nous avons déjà suffisamment expliqué les raisons de notre présence en Syrie : pourquoi nous sommes intervenus, quand est-ce que nous sommes intervenus, qui est intervenu avant nous, comme quoi nous étions les derniers à être intervenus, quelle est la nature de la bataille là-bas, comment les données de terrain ont changé, quelle était la situation en Syrie dans un premier temps, et plus tard comment les choses ont évolué… En fait, même les insurgés, les révolutionnaires, les opposants – appelez-les comme vous voulez – disent eux-mêmes que leur mouvement a été volé (détourné). Ce n’est pas moi qui le dis, c’est eux. Le mouvement initial a été détourné. Devons-nous donc discuter de ce qui s’est passé depuis le début ? Eh bien d’accord, nous considèrerons les choses telles qu’elles étaient au départ et débattrons pour savoir qui avait raison et qui avait tort. Mais laissons cela de côté (pour le moment) parce que nous sommes les enfants de l’instant présent. Maintenant, qu’est-ce qui se passe actuellement en Syrie ? Comment évaluez-vous ce qui se passe actuellement en Syrie ?

Que personne ne fasse de la « prose arabe » (de la littérature). Soyons concrets. Parlons de la réalité du terrain. Que personne ne parle d’illusions. Parlons des faits, de la réalité du terrain et des données réelles. J’espère que lorsque nous débattons de la question syrienne, nous ne reviendrons pas systématiquement au tout début des événements. Ô mes frères ! Le maximum qu’on puisse faire en évaluant ce qui s’est passé au début des événements est de dire qu’untel ou untel avait tort. Eh bien, (vous dites que) nous avions tort : supposons que nous ayons eu tort (dans les premiers moments). Mais quelle est la situation aujourd’hui ? Maintenant, c’est vous qui avez tort. N’est-ce pas ? Eh bien, au début, vous aviez raison et nous avions tort. Mais maintenant c’est nous qui avons raison et vous qui avez tort. Parlons donc de la situation actuelle. Quant à rendre des comptes sur ce qui s’est passé au début, de qui avait raison et de qui avait tort – qu’il s’agisse de nous ou de vous – dans ce monde ou dans l’autre, c’est Dieu qui fera les comptes. Mais à cet instant présent, considérons les données actuelles internes en Syrie, les données actuelles régionales au sujet de la Syrie, les slogans de guerre contre la Syrie qui ont été révélés, les nationalités qui sont devenues manifestes en Syrie, les objectifs qui n’ont pas besoin de preuves, les conduites, les actions (des uns et des autres) et les menaces que représente la situation interne en Syrie.

Il y a quelque chose de trompeur dans les termes utilisés actuellement au Liban, lorsqu’il est question de menace pour les minorités. Non, cette tendance takfirie ne constitue pas une menace pour les minorités (seulement), elle constitue une menace pour tout ce qui est différent d’elle. Soyez bien attentifs, ils ne sont pas une menace seulement pour ceux qui sont différents d’eux sur le plan idéologique. Une personne peut avoir la même idéologie qu’eux, être un takfiri comme eux et appartenir à Al-Qaïda comme eux, mais être dans une autre organisation (et donc être menacé par eux). N’avez-vous pas entendu parler des combats entre l’État islamique d’Irak et du Levant et le Front Al-Nosra ? Pourtant, les deux organisations sont takfiries, toutes deux appartiennent à Al-Qaïda, toutes deux font allégeance à un même chef, Ayman Al Zawahiri. Toutes deux appartiennent à une même école et à un même fondateur, toutes deux ont les mêmes usages et les mêmes objectifs. Le Front Al-Nosra vient d’apporter quelques modifications à ses discours, mais cela est lié à Genève II, etc. Eh bien, n’entendez-vous pas, ne voyez-vous pas comment ils se traitent mutuellement ? Comment ils s’entretuent, capturent leurs femmes respectives, répandent le sang des uns et des autres, se volent mutuellement leurs richesses et leurs biens…

Je ne parle pas là de minorités. Je ne parle pas du reste des sunnites qui constituent le corps principal de cette nation (islamique). Je parle de ceux qui appartiennent à une même pensée, obéissent à un même chef, sont dans une même école et sous une même allégeance – selon leurs propres termes. Ils ont le même projet et les mêmes objectifs. Voilà ce qu’ils font. Est-ce que vous avez besoin de preuves ? Nul besoin de preuves. Ils se filment et diffusent tout sur Internet, mes chers amis. Vraiment, est-ce que tu es allé voir tout ça de tes propres yeux ? Non, wallah je les ai pas vus en vrai, mais j’ai vu tout ça à la télévision. A-t-on besoin d’autres preuves ?

À la lumière des données actuelles, il est clair que ce qui se passe aujourd’hui en Syrie constitue une menace pour le peuple syrien, pour la majorité du peuple en Syrie. À ceux qui nous disent « vous tuez le peuple, vous combattez le peuple », (je demande) : qui est en train de tuer le peuple ? Qui est en train de combattre le peuple ? (Ce qui se passe en Syrie) constitue une menace pour tout le Liban, toute la région, pour la cause palestinienne et pour les sunnites, de même que pour toutes les autres sectes religieuses, les minorités, et les autres confessions. Toutes, les unes autant que les autres.

(Par exemple), dans l’opération récente contre le village (syrien) d’Adra, les médias ont rapporté que (les takfiris) ont tué des Alaouites et des chrétiens, mais ils ont également tué des sunnites. Ils ont également tué des sunnites. Ce qui se déroule en Syrie ce serait des crimes sectaires ? Non ! La grande majorité des soldats de l’armée syrienne qui ont combattu, qui sont tombés martyrs, qui sont tués, décapités, et dont la poitrine est dépecée appartiennent à l’honorable confession sunnite. Ainsi, la question n’est pas sectaire ou confessionnelle. La réalité est qu’il y a un projet, une mentalité takfirie qui s’attaque à tous ceux qui sont différents d’elle. Que personne ne nous induise dans cette erreur (sectaire) et ne fasse une fausse évaluation de la situation. Je décris fidèlement la réalité.

Eh bien, telle est la situation… Je vais parler en toute franchise et y revenir en conclusion. Je veux dire que cette question, à savoir notre présence en Syrie, indépendamment de l’étendue de notre présence et des exagérations à ce sujet – j’ai déjà évoqué cela en détail dans le dernier entretien (le 03/12/2013), et donc je ne vais pas y revenir – cette question fait actuellement l’objet d’un traitement politico-médiatique particulier, à savoir une incitation systématique, chaque jour et chaque heure. Dans tous les discours, il semble que tout ce qui se passe au Liban est dû à notre présence en Syrie. En logique, on dit qu’ils considèrent comme une cause ce qui n’est pas la cause, et comme une raison ce qui n’est pas la raison. Tout ce qui se passe maintenant au Liban serait causé par la présence du Hezbollah en Syrie. Pourquoi n’y a-t-il pas de gouvernement ? C’est parce que le Hezbollah est intervenu en Syrie ! Pourquoi n’avons-nous pas de loi électorale ? C’est parce que le Hezbollah est en Syrie ! Pourquoi la situation économique est-elle ainsi ? Parce que le Hezbollah est en Syrie ! Pourquoi le tunnel sur la route d’Abu Hayra qui mène à l’aéroport est-il inondé ? C’est parce que le Hezbollah est en Syrie ! Eh bien, pourquoi y a-t-il tel et tel et tel problèmes ? Parce que le Hezbollah…

Bien sûr, cela n’a aucun sens et voilà la preuve : avant que le Hezbollah n’intervienne en Syrie… Parlons en toute logique. Écartons la prétendue raison pour voir ce qui se passait avant. Eh bien avant que le Hezbollah n’intervienne en Syrie, est-ce que nous avions un gouvernement ? Avions-nous une loi électorale ? Les élections parlementaires s’étaient-elles tenues ? La sécurité régnait-elle ? La coexistence au Liban était-elle parfaite ? Le dialogue civilisé était-il de rigueur ? Personne n’attaquait personne ? Personne ne tuait personne ? Il n’y avait pas de takfiris ? Il n’y avait pas de voitures piégées ? Il n’y avait pas d’agressions contre l’armée libanaise ? Il n’y avait aucun problème, n’est-ce pas ? Le Liban était dans des conditions paradisiaques inégalables avant que le Hezbollah n’intervienne en Syrie. Et ce n’est qu’après que le Hezbollah est allé en Syrie que tout cela est advenu, et voilà où nous en sommes. (Ces propos) sont une mystification. Est-ce que si à présent le Hezbollah revenait de Syrie, tout serait réglé ? Qui prétend cela ? Qui prétend cela ? Ce n’est pas vrai.

Il est clair que le but de toute cette pression est de créer un état de confusion au sein du Hezbollah. Mais je veux vous dire ceci : les gars, vous perdez votre temps, vous gaspillez votre argent pour rien, vous éprouvez les nerfs de vos partisans pour rien, vous gaspillez votre souffle pour rien, vous n’allez rien gagner, rien du tout.

Lorsque nous étions engagés dans la Résistance (au Liban), les trois quarts du monde extérieur nous insultaient. (Ils disaient que) nous sommes des terroristes, une organisation terroriste, nous avons été inscrits sur la liste des organisations terroristes, nous avons été combattus, assiégés, quiconque entretenait des relations avec nous était jeté en prison. Mais tout cela n’a rien changé à notre position et à notre conviction.

Et maintenant, je leur dis : quoi que vous puissiez raconter, quoi que vous puissiez dire, quelle que soit la pression que vous exercerez, quelles que soient vos manigances... Cela ne changera jamais notre position en ce qui concerne la Syrie. Parce que la question de la Syrie, de notre point de vue, est une bataille existentielle et pas une bataille de privilèges. Ce n’est pas, comme on dit, une condition (esthétique) de perfection, mais la condition même de notre existence. Et ce n’est pas une bataille existentielle (seulement) pour nous, pour le Hezbollah, c’est une bataille existentielle pour le Liban, pour la Syrie, pour la Palestine, pour la cause palestinienne, et pour tout le projet de Résistance dans la région.

Et c’est pourquoi cette conviction, cette volonté sont absolument inébranlables. Ce n’est certainement pas parce qu’il y a des gens qui ne font rien d’autre du matin au soir que nous insulter, nous insulter, nous insulter... Je demande toujours à certains de nos frères : « Pourquoi vous les écoutez ? » S’il y a quelque chose de nouveau, alors bien sûr nous devons écouter. Mais y a-t-il une obligation religieuse d’écouter leurs (sempiternelles) insultes jour et nuit ? Il n’y a aucune obligation à cela.

Tout cela est vain et ne changera rien. Notre décision est finale, décisive, absolue. Cela ne fera aucune différence – rien ne sera avancé ou retardé.

Dernièrement, ils ont inventé l’histoire des mille martyrs. J’ai déjà dit qu’il n’y a pas de tels chiffres. Ni moi ni personne au Hezbollah ne sommes tenus de fournir des chiffres à quiconque. Si quelqu’un les veut, il n’a qu’à y aller lui-même et compter. Ce n’est pas notre responsabilité.

Eh bien, ils se disent que puisque le Hezbollah récuse nos chiffres, on va lui forcer la main et imposer nos chiffres. Et ils ont monté la campagne des mille martyrs. Ils ont mis des photos de personnes vivantes et en bonne santé (les présentant comme des martyrs). Ils ont inséré des photos de martyrs qui sont tombés dans les combats contre Israël. Maintenant, la campagne est terminée, car ils n’ont pas pu trouver mille martyrs. Ce nombre est fantaisiste.

Mais regardez… Entre parenthèses, c’est vrai que j’aborde ce sujet avec un peu d’humour, mais c’est une chose très grave et très préjudiciable. Eh bien, que tu aies un différend avec quelqu’un, soit, tu peux l’attaquer verbalement et il t’attaque verbalement, tu te moques de lui et il se moque de toi, peut-être même que tu l’insultes et il t’insulte... Mais on n’en vient jamais à s’en prendre à l’honneur des gens (les parents, l’épouse…). En général, nous autres orientaux, nous sommes comme ça. Les Arabes, musulmans ou chrétiens, nous sommes tous comme ça. On ne s’attaque pas à l’honneur. Qu’est-ce que l’honneur a à voir là-dedans ? Sachez que nos martyrs sont notre honneur. C’est compris ? Nos martyrs sont notre honneur. Celui qui s’en prend à eux s’en prend à notre honneur. Que personne ne joue à ce jeu avec nous. Ne touchez pas aux martyrs.

Vous êtes encore en vie et nous sommes encore en vie. Vous avez une langue pour vous exprimer et nous avons aussi une langue pour nous exprimer. Ne touchez pas aux martyrs. Ils ont leur honneur et leur respectabilité. Il est étrange qu’ils exigent que nous respections leurs martyrs, ce que nous faisons, alors qu’ils ne sont pas prêts à respecter nos martyrs, ni les sentiments des familles de nos martyrs.

Quoi qu’il en soit, je vous dis que (votre campagne politico-médiatique) ne peut ni avancer ni retarder quoi que ce soit, même pas sur un point que je tiens à évoquer même si je ne pense pas que ce soit un propos sérieux. Mais (j’en parle) juste au cas où quelqu’un penserait à cela à un moment ou à un autre : il y a quelques jours, j’ai entendu un des députés du 14-Mars (le bloc pro-américain, opposé à celui du Hezbollah) dire : « Que le Hezbollah se retire de la Syrie et on le laissera former le gouvernement qu’il veut. » J’ai vu cette déclaration, mais je n’en connais pas les détails. Donc je ne sais pas s’il y a des conditions supplémentaires. C’est la déclaration qui a attiré mon attention.

Eh bien, notre présence en Syrie vous paraît-elle si importante ? Vous sentez-vous à ce point concernés ? Et alors les gars, si 200, 500, 1 000, 2 000, ou 3 000 d’entre nous sont tués, quel mal cela vous fait-il ? Votre cœur brûle-t-il vraiment pour nous ? Sans blague. Je parle en langage populaire, je parlerai politique ensuite. Votre cœur brûle-t-il pour nous ? Ou est-ce que vous vous réjouissez en disant que nous avons 200, 300, ou 500 martyrs et que le nombre approche rapidement les 1 000 ? Pendant trois jours de suite, vous avez fait défiler ça en bas des écrans (de vos chaînes TV), vous vous en réjouissiez ? Ou est-ce que votre cœur brûlait pour nous ? Si c’est une manifestation d’empathie, soyez-en remerciés. Si c’est de la provocation, vous perdez votre temps.

Quoi qu’il en soit, (ce député) dit que si le Hezbollah se retire de la Syrie, il pourra former le gouvernement qu’il veut. Vous vous faites des illusions, vraiment. Pour nous, la question syrienne n’a rien à voir avec le pouvoir au Liban, le gouvernement du Liban, ou des privilèges au Liban. La question est bien plus vaste, bien plus profonde, bien plus importante et bien plus critique que cela. Et pour ce jeu du pouvoir (au Liban), je rappelle à leurs aînés (leurs jeunes ne le savent peut-être pas et en seront surpris). Je leur rappelle qu’en 2005, on nous a proposé la pleine autorité sur le pays en échange de compromis sur la Résistance, et nous avons refusé tout compromis. C’est parce que lorsqu’une cause majeure est en jeu, la question du pouvoir devient un détail. Nous n’avons jamais cherché à obtenir le pouvoir, jamais. Le pouvoir n’est rien pour nous. Et c’est pourquoi lorsqu’il y a une bataille existentielle, une bataille pour le destin de la nation (islamique), le destin de la région, le destin des lieux saints, que personne ne vienne jouer avec nous le jeu des petits enfants, à savoir le jeu du pouvoir, des portefeuilles ministériels, du gouvernement et que sais-je encore.

Tel est le cadre dans lequel s’inscrit notre présence en Syrie. C’est un cadre stratégique majeur. Ce n’est pas une histoire de rivalités internes, on ne se bat pas en Syrie pour que vous ne nous vainquiez pas au Liban, non. On se bat en Syrie parce que le sort de la Syrie, du Liban, de la Palestine et de l’ensemble de la région est en jeu, ainsi que le sort des lieux saints de cette nation. Nous sommes prêts à discuter de cette vision, nous n’avons jamais refusé le dialogue. Lorsque cette question a été présentée dans l’initiative du Président (du Parlement) Nabih Berri comme l’un des points à évoquer à la table du dialogue, nous avons accepté parce que nous sommes prêts au débat. Venez donc, confrontons nos points de vue sur ce qui se passe en Syrie, voyons quelle est la position juste.

C’est pourquoi j’espère que vous n’allez pas allumer ce flambeau mais nous l’épargner et le mettre de côté. Vous avez beaucoup d’autres questions à aborder : vous avez les armes de la Résistance, n’est-ce pas, vous pouvez en parler en permanence. Mais je vous assure que ce sujet ne vous mènera nulle part.

Cette atmosphère qui pèse sur le pays, ces incitations, ces discours et clameurs élevés qui ne laissent place à aucune opportunité, je suis désolé de vous dire cela à travers l’écran de télévision – à vous et à tous les Libanais qui m’écoutent – mais je veux exprimer des craintes sérieuses. Il apparaît que dans un certain endroit, non pas du (vaste) monde mais de la région… Il apparaît que dans un certain endroit de la région, il y a des gens qui sont arrivés à un stade, du fait de leur colère, de leur rancune, de leur échec et de leurs actes qui se sont retournés contre eux, (où ils) veulent amener le pays à l’explosion. Je suis à la fois inquiet et désolé de devoir vous dire cela. C’est pourquoi nous devons être prudents, et c’est pourquoi j’ai dit qu’il faut cesser toute attaque (même verbale) contre l’armée (l’institution qui assure la cohésion du pays).

Nous devons être prudents parce qu’il pourrait y avoir quelque chose de nouveau dans la région, à savoir que certaines personnes ne voient plus aucun avenir devant eux. Ils pouvaient encore avoir une mince perspective avec l’espoir de remporter la victoire en Syrie. Eh bien épargnez le Liban, soyez patients en ce qui concerne le Liban, mettez l’armée libanaise de côté. Si vous voulez exprimer votre colère, alors faites-le en vous en prenant au Hezbollah, aux alliés du Hezbollah et que sais-je encore.
Mais ces craintes et ces inquiétudes sont dues au fait qu’un certain régime… Dois-je vous dire la première lettre de son nom (l’Arabie Saoudite) ? Il a perdu toutes ses aspirations, il n’a plus aucun horizon, plus aucune possibilité de succès ou de victoire. Il n’y a plus aucun espoir (Amal = « Espoir » en arabe) pour eux bien sûr, quant à nous le Mouvement Amal (allié du Hezbollah) existe toujours, il est dans nos yeux et nos cœurs. Ils ont perdu tout espoir. Et ils entraînent donc les choses vers le chaos (car ils n’ont plus rien à perdre), et donc que le Liban soit ravagé, que tous les pays arabes tombent en ruines, ils n’ont aucun problème à cela. Ils sont dans leurs palais à manger, boire, jouir d’une vie de luxe, voyager, prendre l’air, nager, aller sur leurs yachts. Quelle différence cela fait pour eux qu’il y ait des millions de personnes déplacées vivant dans des camps, ravagés par les inondations, mourant de faim et de froid ? Qu’est-ce que cela change pour eux ? Qu’un, deux ou trois pays soient détruits, quel est le problème (pour eux) ?

Aujourd’hui, je veux tirer la sonnette d’alarme. Il y a quelque chose de nouveau qui exige de la part des responsables libanais, des dirigeants politiques, et également des médias qui jouent un rôle très important… Il y a une situation nouvelle, un danger nouveau qui doivent être pris en compte et exigent de chacun d’entre nous beaucoup de précision et de prudence dans la manière de faire face à ce nouveau stade. Cela exige de l’endurance et de la patience. Il ne faut pas suivre quiconque nous entraîne vers l’explosion. Par conséquent, nous devons tous assumer nos responsabilités.

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mercredi 25 décembre 2013

Sayed Hasan Nasrallah sur la situation en Syrie et le danger takfiri (sous-titres français)


Sayed Hasan Nasrallah, Secrétaire Général du Hezbollah - Discours du 25 mai 2013 commémorant la libération du Liban.

Sélection et sous-titres : TheKeysToEternity (http://www.youtube.com/watch?v=qyrg9984xcE)

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vendredi 15 novembre 2013

La Russie et l'Islam, partie 5 : L’Islam en tant qu’allié





Par Le Saqr


Traduction : sayed7asan.blogspot.fr


                              http://thesaker.is/wp-content/uploads/2013/03/4h_02589559.jpg
« La Russie est devenue l’ennemi n°1 de l'Islam et des musulmans parce qu'elle s’est dressée contre le peuple syrien; plus de 30 000 Syriens ont été tués par les armes fournies par la Russie »

Yusuf Al-Qaradawi

En lisant les mots d'
Al-Qaradawi, qui est probablement l’un des religieux musulmans les plus influents de la planète, dont l'émission de télévision est suivie par 60 millions de musulmans, on pourrait se demander comment quiconque pourrait considérer l'Islam comme un allié de la Russie. Mais de fait, en lisant le reste de l'article qui citait son propos, nous voyons que Qaradawi a également « appelé les pèlerins à prier pour la chute de Bachar Al-Assad, l'élimination de l’armée syrienne, de l'Iran, du Hezbollah, de la Chine et de la Russie. » Si nous examinons la logique de ses propos, la liste d'ennemis qu’il nomme et si nous considérons qu'il croit que la Russie est le pire d’entre eux, cela n'indique-t-il pas que la Russie doit être la force principale qui se tient derrière les autres, derrière la Syrie, l'Iran, le Hezbollah et la Chine ? S'il en est ainsi, à moins de présumer que les Russes sont irrationnels, nous pouvons probablement en conclure que la Russie voit en la Syrie, l'Iran, le Hezbollah et la Chine des alliés, ce qui est bien évidemment le cas. Et sachant que la Syrie, l'Iran et le Hezbollah sont sans le moindre doute musulmans, cela montre clairement deux choses fondamentales : il y a beaucoup de versions différentes de l’ « Islam » dans le monde (Hasan Nasrallah ne serait certainement pas d'accord avec le point de vue d’Al-Qaradawi), et certaines de ces versions de l'Islam sont déjà des alliés objectifs de la Russie. Par conséquent, encore une fois, nous devons mettre de côté la dénomination très large d’ « Islam » et regarder de plus près ce qui s'est passé à l'intérieur du monde musulman.

Le point suivant est une évidence :

Le monde Musulman n'est pas une entité unie et cohérente ayant un but, une idéologie ou un éthos communs. Tandis que quelques Musulmans veulent entretenir cette fiction et que tous les Islamophobes sont très heureux de soutenir et propager de telles idées, ceci est clairement faux. Bien que tous les Musulmans partagent certaines croyances communes, celles-ci sont extrêmement réduites. En fait, tout ce qui est exigé pour se convertir à l’Islam est une récitation sincère de la Chahada (l’attestation de foi) : « il n'y a pas d’autre Dieu qu’Allah et Muhammad est son messager. » Tout le reste est sujet à l’interprétation des diverses sectes et écoles de jurisprudence. C'est pourquoi toutes les généralisations habituelles sur l'Islam sont si trompeuses : elles ignorent l’immense diversité de l'Islam, du Maroc à l'Indonésie, du wahhabisme saoudien au soufisme kazakh.

Et pourtant, quelques généralisations peuvent être faites, même si elles doivent être accompagnées de divers avertissements et mises en garde.

Premièrement, le segment le plus riche (économiquement) du monde musulman est clairement celui du type d'Islam sunnite qu’on trouve autour du Golfe Persique, en particulier celui représenté par le wahhabisme saoudien. Cette version saoudienne de l'Islam combine trois éléments distincts dans un mélange explosif : une idéologie primitive mais extrêmement agressive, d’immenses revenus disponibles et un dévouement militant au prosélytisme et à l’expansion.

Deuxièmement, les musulmans sunnites sont tous des cibles potentielles de l’endoctrinement wahhabite saoudien et de ses efforts de recrutement. Cela ne signifie pas que tous les sunnites se conformeront au modèle Al-Qaeda, mais que les efforts de recrutement wahhabites ont déjà connu beaucoup de succès dans la plupart des groupes sunnites, indépendamment de leur position géographique ou de leurs traditions. Inversement, cela signifie aussi que pour l’Islam traditionnel sunnite, le wahhabisme que les saoudiens propagent est un adversaire des plus dangereux.

Troisièmement, les États-Unis ont le mérite suivant : ils ont pris une secte locale tout à fait insignifiante et grâce à la complicité de la dynastie saoudienne, ils ont littéralement fédéré tous les forcenés wahhabites du monde entier sinon en une seule et même organisation, du moins en un même mouvement. Alors que les Etats-Unis ont initialement voulu organiser la résistance contre l'invasion soviétique de l'Afghanistan, ils ont depuis lors toujours commandé, sinon toujours contrôlé, ces mouvements à travers le monde, et ils continuent à le faire aujourd’hui. Des
« vols secrets » américains et turcs en Bosnie à l'armement de l’Armée de libération du Kosovo, en passant par le 11 septembre et les soulèvements en Libye et en Syrie, les États-Unis ont toujours dirigés les forcenés wahhabites contre les ennemis du vaste Empire américain.

Quatrièmement, contrairement au reste du monde Islamique, les chiites ont toujours été des adversaires déterminés de l’Islam wahhabite et de l’Empire américain. Réciproquement, ceci signifie aussi que pour l'Empire américain et les forcenés wahhabites, les chiites sont l’ennemi n°1 et qu’ils ne ménageront pas leurs efforts pour affaiblir, subvertir ou détruire n’importe quel mouvement ou pays chiite. Il est remarquable qu’ils aient échoué jusqu'ici, ce qui en soi est un témoignage de l'intelligence, du courage et de la détermination formidables des peuples chiites.

Qu'est-ce que cela signifie pour la Russie ?

Alors qu'il y a quelques cercles qui souscrivent entièrement à la théorie du « choc des civilisations » et qui considèrent l'Islam comme une menace (
voir dans le chapitre précédent la section « l'Islam à travers le prisme du choc des civilisations »), il y a aussi plusieurs groupes influents qui voient clairement en l’Islam un allié naturel :



Shevchenko

a) Les Patriotes orthodoxes : le célèbre journaliste
Maxim Shevchenko, par ses vues, est leur meilleur représentant. Ce sont des nationaux Russes qui en tant que patriotes (et non en tant que nationalistes) pensent que la Russie a la vocation d’être un Etat et une civilisation multi-ethniques et qui, en tant que chrétiens orthodoxes, croient que l’Islam traditionnel partage certaines (voir toutes) des valeurs clés du christianisme orthodoxe. Shevchenko, qui est un activiste Orthodoxe de longue date, est aussi un spécialiste de la région du Caucase et a de nombreux contacts avec les diverses communautés musulmanes de Russie. Contrairement aux « œcuménistes Orthodoxes », Shevchenko n'a aucun intérêt à trouver un terrain théologique commun avec l'Islam ; pour lui, la valeur d'Islam réside dans ce qu’elle défend culturellement et politiquement. La croyance fondamentale de Shevchenko et de ceux qui partagent ses idées est que l'Islam traditionnel est l'allié naturel du christianisme orthodoxe et de la civilisation russe dans sa lutte contre l’impérialisme occidental et l'extrémisme wahhabite. Inutile de dire que les islamophobes russes méprisent profondément Shevchenko, et ils répandent régulièrement des rumeurs au sujet de sa conversion à l’Islam (totalement fictive).

Massoud

b) Les services de sécurité : les services de sécurité russes ont assez d'analystes et d’experts pour avoir pleinement conscience du potentiel d'une alliance orthodoxe-musulmane contre leurs ennemis communs. Ce n'est pas une coïncidence qu'un ancien officier du KGB comme Poutine ait entrepris tant d'efforts pour soutenir le clan Kadyrov en Tchétchénie. Il y a une vieille tradition dans les services de sécurité russes qui consiste à chercher des alliances avec des mouvements musulmans contre des ennemis communs. De l’alliance de longue date du GRU soviétique (service de renseignement militaire) avec Ahmad Shah Massoud (le Commandant Massoud) au soutien du SVR (service des renseignements extérieurs) apporté à Bachar al-Asad, en passant par le soutien du FSB (service fédéral de sécurité) à Akhmad et Ramzan Kadyrov (Présidents de la république de Tchétchénie), les services de sécurité russes ont toujours cherché des alliés dans le monde musulman. Ils ont toujours agi de la sorte du fait d’un mélange de considérations pragmatiques et d'admiration profonde pour leurs homologues (je peux personnellement attester de l'admiration réelle et sincère que les commandants des forces spéciales Spetsnaz Kaskad et Vympel éprouvaient pour Massoud). Poutine a personnellement déclaré à plusieurs reprises que les communautés musulmanes traditionnelles peuvent compter sur le soutien absolu de l’Etat russe et que ce soutien pour l’Islam russe traditionnel est un objectif stratégique clé pour la Russie. 


Chrétiennes ou Musulmanes ?

c) Les traditionalistes orthodoxes : jetez un œil à cette photo, elle montre des robes que l'on considèrerait comme des robes orthodoxes traditionnelles dans la Russie moderne. Bien qu’elles ne soient pas rigoureusement identiques, elles sont très semblables à ce que beaucoup de femmes musulmanes porteraient, n’est-ce pas ? Comparez maintenant cela avec le type de civilisation proposé par les divers Pussy Riot, défilés de la Gay Pride et autres mouvements LGBT. Le fait est que les éthiques traditionnelles orthodoxes et islamiques sont très semblables et qu'elles défendent les mêmes valeurs : familles traditionnelles, patriotisme modéré, responsabilité sociale, modestie, sobriété, charité, honneur et respect des traditions, y compris des traditions étrangères. Pendant que la plupart des chaines de télévision russes répandent un flot constant d’immoralité, de matérialisme et d’obscénités pures et simples, les chrétiens orthodoxes regardent avec compréhension et admiration ces familles musulmanes qui élèvent leurs enfants dans le respect des anciens et les traditions qu’elles représentent.

Récemment, il y a eu quelques scandales médiatisés autour de la question du port du voile par les filles musulmanes dans les écoles publiques. Tout comme en France, certains Russes se sont sentis menacés par un tel étalage religieux, en particulier dans les régions du sud de la Russie où l'immigration est un gros problème, mais de façon intéressante, les commentateurs orthodoxes traditionalistes se sont ralliés à la cause des filles musulmanes en disant qu'elles donnaient en fait le bon exemple aux filles orthodoxes russes. C'est un fait qu'avant la Révolution bolchevique, presque toutes les femmes de la Russie rurale portaient un voile, ce qui est une tenue russe traditionnelle (ceux qui en doutent peuvent le vérifier avec n’importe quelle poupée russe Matriochka).

d) Les responsables de la politique étrangère russe : bien que n'étant pas nécessairement aussi pro-islamiques que les services de sécurité russes, ils sont largement convaincus de l'importance de soutenir des pays comme la Syrie et particulièrement l'Iran, que la plupart des diplomates russes considèrent comme un allié clé de la Russie au Moyen-Orient. Cependant, il y a aussi une forte minorité pro-occidentale aux affaires étrangères russes qui considère que l'Iran doit se soumettre aux ordres du CSNU (Conseil de sécurité des Nations Unies) même dans le cas où le CSNU prendrait des décisions défavorables à la Russie. C’est également le groupe qui a prévalu à l'époque où la Russie trahit Kadhafi en ne posant pas son véto contre une résolution qui visait clairement à permettre à l’OTAN et aux Etats-Unis d’attaquer la Libye (la Russie a également trahi l’Iran à plusieurs reprises au CSNU). Malgré tout, la pensée dominante, en particulier depuis le retour de Poutine au pouvoir, est que l'Iran est un allié important que la Russie doit soutenir.

L'Etat russe, dans son ensemble, n'est pas un acteur unitaire. En fait, d’intenses combats internes y ont lieu en ce moment, et il y a de fortes preuves indiquant qu’au moins deux camps, l’un associé à Medvedev et l’autre à Poutine, sont maintenant au cœur d’une guerre secrète l’un contre l’autre. Ce sujet, et ce qu’il implique pour l'Islam, seront traités dans le prochain article.

Le Saqr

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mercredi 13 novembre 2013

La Russie et l’Islam, partie 4 : l’ « Islam » comme une menace




Par Le Saqr


Le premier point sur lequel je voudrais attirer votre attention est que dans le titre La Russie et l’Islam, partie 4 : l’ « Islam » en tant que menace, j’ai mis le mot « Islam » entre guillemets. Ceci est très important, car la plupart des questions dont je vais parler aujourd’hui ne sont en aucune façon liées directement à l’Islam. Cependant, dans l’esprit de beaucoup de Russes, ces questions sont de fait liées à l’Islam et il est donc impossible d’analyser le sujet de « la Russie et l’Islam » sans regarder de très près les liens que tissent de nombreux Russes entre certains problèmes (qui n’ont pas de rapport direct avec l’Islam) et l’Islam lui-même.

L’emploi de certains termes peut prêter à confusion dans ce contexte. Prenez le mot « Musulman », que signifie-t-il vraiment ? En Bosnie, le mot « Musulman » était en réalité utilisé pour désigner tout « Bosnien non-orthodoxe et non-catholique » puisque à la fois les Croates et les Serbes étaient souvent originaires de Bosnie et que les Bosniens-Croates, les Bosniens-Serbes et les Bosniens-Musulmans proviennent tous exactement du même groupe ethnique (c’est pourquoi il est absolument faux de parler de « purification ethnique » dans le contexte bosnien). Plus tard, le terme inepte de « Bosniaque » a été forgé, par opposition au terme « Bosnien », parce qu’employer le terme de « Musulman » ou de « Bosnien » n’avait tout simplement aucun sens. Malgré tout, par le décret de quelques politiciens, ce que l’on avait l’habitude de désigner comme « Musulman » est devenu « Bosniaque » du jour au lendemain.

De même, en Irlande, les « troubles » opposaient soi-disant les Catholiques aux Protestants, mais est-ce que
l’IRA ou les Volontaires d’Ulster se souciaient vraiment de la Papauté ou de Martin Luther ? Ces appellations jouaient-elles vraiment un rôle pertinent dans ce conflit ?

Ce n’est pas du tout un problème nouveau. Dans le passé, l’Empire russe et l’Empire ottoman assimilaient les groupes religieux aux minorités ethniques, et c’est pourquoi les
Karaïtes en Russie n’étaient pas considérés comme des Juifs tandis que le Patriarche Orthodoxe de Constantinople était désigné par les Ottomans comme « Millet-Bâchi » ou « ethnarque ». Dans la France d’aujourd’hui, il y a un « problème » avec l’immigration musulmane et ses conséquences dans les banlieues de beaucoup de villes françaises. Mais en observant ces immigrants (la plupart algériens) de plus près, on peut légitimement se demander à quel degré ceci est un problème « Islamique ». Cette confusion entre les termes « Islam » (en tant que foi, religion) et « Musulman » (terme employé à la fois en tant que signe d’affiliation religieuse et, souvent, ethnique) est aussi fréquente dans la Russie d’aujourd’hui qu’en France. En gardant tous ces avertissements à l’esprit, considérons les différents problèmes qui amènent beaucoup de Russes à considérer l’ « Islam » (entre guillemets) comme une menace.

a) Immigration et criminalité.

Depuis la dissolution de l’ancienne Union soviétique, il y a eu un flot d’immigration continu venant des anciennes républiques soviétiques (Azerbaïdjan, Tadjikistan, etc.) vers les grandes villes russes. En parallèle à cela, un grand nombre d’immigrants provenant du Caucase (Tchétchènes, Daghestanais, etc.) émigrèrent également vers les régions centrales de la Russie. La combinaison de ces deux flux migratoires a abouti à une vaste augmentation du nombre des immigrés dans toutes les grandes villes de Russie. Comme c’est si souvent le cas, tandis que certains de ces immigrés venaient pour trouver du travail, il y avait assez d’éléments criminels parmi eux pour que les questions de l’immigration et du crime se retrouvent fortement liées entre elles. Typiquement, ces immigrants du sud étaient composés d’un mélange de quatre groupes :

a) Des travailleurs respectueux de la loi et travaillant dur, souvent impitoyablement exploités et traités comme des quasi-esclaves par leurs employeurs locaux.

b) Des jeunes hommes arrogants et très peu instruits qui, bien que n’étant pas nécessairement des criminels, agissent de manière très provocatrice et agressive.

c) Les petits voyous qui combinent un travail officiel avec des petites activités criminelles.

d) Les criminels endurcis qui sont profondément impliqués dans la drogue, la prostitution, les casinos illégaux, etc.

Voyous Tchétchènes types

Le premier groupe est plus grand que le deuxième qui, à son tour, est plus grand que le troisième, tandis que le quatrième groupe est le plus petit de tous. Et pourtant, cette combinaison explosive entraîne en Russie exactement le même effet qu’en France : elle associe crime et immigration dans l’esprit de beaucoup de gens, sinon la plupart.

De plus, puisque la plupart de ces immigrés viennent de pays historiquement musulmans et puisque beaucoup d’entre eux se considèrent musulmans, beaucoup de Russes ont leur première interaction (ou l’interaction la plus fréquente) avec ces musulmans présumés dans une situation criminelle. Quant au fait que dans la majorité des cas, ces « voyous musulmans » ne connaissent absolument rien à l’Islam, cela n’est pas du tout mis en évidence, en particulier d’un point de vue russe.

L’auteur et philosophe français Alain Soral, qui est très activement engagé dans des efforts de réconciliation et d’unification de tous les citoyens français contre le Nouvel Ordre mondial, chrétiens et musulmans inclus, parle d’« Islamo-racaille » pour désigner de jeunes voyous gueulards, portant des vêtements typiques de « gangsta-rap », avec des casquettes New York City, et qui parlent d’Allah et de Kouffars (mécréants) en se baladant dans des voitures de sport – souvent défoncés ou saouls – à la recherche de quelqu’un à voler, violer ou agresser. Comme Soral le souligne, ces gens ne sont pas du tout le type de personnes que vous verriez sortir d’une mosquée, et le même phénomène se produit en Russie. Cependant, il est indéniable que beaucoup de Russes font toujours l’association entre « Islam » et criminalité.

b) Wahhabisme – interne

Les guerres en Tchétchénie et le terrorisme Islamique dans le
Daghestan et beaucoup d’autres parties de la Russie ont eu un impact énorme sur l’opinion publique russe. Les deux guerres en Tchétchénie, en particulier, ont entraîné une aversion profonde pour les insurgés Tchétchènes et tous autres groupes terroristes islamiques qui pourraient être décrits comme « Wahhabites ». Initialement, le tsunami de propagande venant des médias occidentaux combiné à celui des médias libéraux russes laissèrent les gens confus sur ce qui se passait vraiment, mais bientôt les événements horribles sur le terrain devinrent impossibles à occulter : les insurgés Tchétchènes joignaient le pire du pire de l’extrémisme wahhabite avec le pire de la brutalité tchétchène. Des milliers de personnes étaient sommairement exécutés, des femmes  violées, des soldats russes et même des civils étaient torturés à mort, crucifiés, écorchés vifs, violés et décapités. Des otages étaient enlevés dans toute la Russie du sud et un marché d’esclaves avait lieu chaque jour dans le centre-ville de Grozny. Et toutes ces horreurs étaient commises par des hommes barbus, brandissant des drapeaux verts et noirs brodés de sourates du Coran, et aux cris constants d’Allahu Akbar (Dieu est le plus Grand). Et puisque les insurgés Tchétchènes aimaient utiliser leurs téléphones portables pour filmer leurs atrocités, un flot constant de vidéos à glacer le sang était diffusé sur la télévision russe et sur internet. En 2000, l’opinion publique russe était favorable à une répression impitoyable contre tous les terroristes islamiques et quiconque les soutenant.

Pour empirer les choses, l’insurrection tchétchène avait le soutien de la grande majorité du monde musulman qui, tout comme en Bosnie et au Kosovo, se rangeait automatiquement du côté des musulmans, quoi qu’il arrive (j’appelle ça la position « Ma Oumma, à tort ou à raison »). Ce soutien automatique au côté musulman, même quand il est en grande partie composé de terroristes wahhabites et de criminels, a gravement entaché l’image de l’Islam en Russie et a donné un grand poids au paradigme du « choc des civilisations » que l’Occident et ses partisans en Russie voulaient imposer à l’opinion publique russe. (En réalité, la Russie a dû faire face à exactement la même internationale terroriste Wahhabite que la Syrie aujourd'hui, et à l'époque, il y avait la même proportion de Tchétchènes anti-Wahhabites que de Syriens anti-Wahhabites aujourd'hui.)

Si sous Eltsine l’Etat russe se révéla complètement incapable de prendre la moindre mesure pour faire face à cette situation, sous Poutine, les choses changèrent très rapidement comme le montra la
Seconde Guerre de Tchétchénie qui a littéralement écrasé l’insurrection. Par la suite, les efforts combinés d’un appareil de sécurité russe complètement réorganisé, et l’arrivée au pouvoir d’Akhmad et, plus tard, de Ramzan Kadyrov ont complètement changé la situation. Grozny fut reconstruite en un temps record et la Tchétchénie devint l’une des républiques les plus sûres de tout le Caucase (au détriment du Daghestan où la situation empira). Le coût en vies humaines et en souffrance fut absolument affreux, à la fois pour les Russes (presque tous ceux qui ont survécu quittèrent la Tchétchénie) et pour les Tchétchènes qui périrent en très grand nombre. La cicatrice principale laissée par cette guerre est que la Russie est devenue une société de tolérance zéro vis-à-vis de toute forme de Wahhabisme et que le peuple russe a entièrement validé ce que j’appelle la « doctrine Poutine » de négociation avec les Wahhabites : « changez vos mœurs ou préparez-vous à être annihilés ». Ceci, à propos, s’applique à la fois aux individus et aux groupes ethniques : contre un ennemi wahhabite, le peuple russe soutiendra les méthodes de guerre les plus radicales possibles, ce dont beaucoup de communautés musulmanes sont très conscientes (je reviendrai sur ce point).

Forces d’intervention Spetsnaz GRU avec un prisonnier Arabe

En Tchétchénie même, Ramzan Kadyrov a institué une politique anti-wahhabite encore plus sévère que dans le reste de la Russie. Pendant la Seconde Guerre de Tchétchénie, des mercenaires étrangers et des prédicateurs étaient interrogés puis sommairement exécutés par les forces russes et tchétchènes, et depuis ce conflit, les prédicateurs saoudiens, yéménites ou pakistanais se voient tout simplement interdire l’accès en Tchétchénie.

Contrairement aux prédictions de la plupart des « experts », le Kremlin a fait face avec succès à la situation en Tchétchénie, mais l’une des conséquences inévitables de ce succès a été que beaucoup d’extrémistes wahhabites de Tchétchénie ont reflué vers le Daghestan voisin et même dans le reste de la Russie. Et ce deuxième problème est loin d’être résolu. Tandis que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont maintenant adouci leur rhétorique pro-tchétchène, les Saoudiens propagent toujours l’Islam wahhabite en Russie, bien que d’une façon plus discrète.

D’abord, ils forment des prédicateurs en Arabie Saoudite et les renvoient en Russie. Ensuite, ces prédicateurs forment de petites communautés, souvent à l’intérieur des mosquées, où les fidèles sont recrutés pour des activités sociales et religieuses. Pendant cette phase, les candidats à la prochaine étape sont soigneusement étudiés, examinés et sélectionnés pour la phase suivante : l’établissement de caches d’armes, de planques, de terrains d’entraînement et d’autres choses de ce genre. Finalement, les nouvelles recrues sont utilisées pour attaquer des commissariats de police, des banques, assassiner des religieux traditionnalistes (anti-wahhabites) et confronter les gangs mafieux. Les services de sécurité russes ont observé ce type de séquence au Daghestan, au
Kazan ou à Stavropol (des régions avec d’importantes minorités musulmanes), mais aussi à Saint-Pétersbourg, une ville avec une population musulmane très faible et très traditionaliste. Jusqu’à présent, les services de sécurité ont toujours eu un coup d’avance mais ceci est loin d’être terminé et ce genre d’efforts de pénétration peut durer très longtemps.

Un des aspects cruciaux de cette dynamique est la réaction des leaders spirituels musulmans locaux et traditionalistes. D’abord, comme je l’ai mentionné précédemment, aucun musulman russe ne veut avoir une « Seconde Guerre de Tchétchénie » dans sa propre ville ou région, parce qu’ils n’ont absolument aucun doute sur le résultat d’une telle guerre. Deuxièmement, les leaders spirituels musulmans traditionalistes sont eux-mêmes les premières victimes des infiltrés wahhabites qui commencent souvent leur phase d’opérations « active » en assassinant les imams locaux. Troisièmement, les musulmans en Russie sont souvent très rapidement désillusionnés vis-à-vis de la version saoudienne de l’Islam qui déclare comme « non-islamiques » un certain nombre de coutumes et traditions qui sont au cœur de l’identité culturelle de beaucoup de groupes musulmans en Russie. Quatrièmement, malgré tous les voyous du Caucase qui se comportent de manière obscène et vulgaire en Russie centrale, le fait est que les communautés musulmanes dont ils proviennent sont souvent très conservatrices et paisibles et que la vieille génération condamne clairement ces types de comportements qui, à leur avis, sont une honte pour leur peuple. Cinquièmement, on ne devrait pas sous-estimer l’héritage de la période soviétique qui a promu à la fois la laïcité et le modernisme, laissant un impact profond sur les élites locales. Ces élites sont à la fois outragées et horrifiées quand des prédicateurs wahhabites leur disent qu’ils doivent complètement abandonner leur mode de vie et commencer à vivre selon des préceptes médiévaux. Finalement, il y a une tension inhérente entre toute forme de nationalisme et le style saoudien wahhabite importé en Russie. Cette tension est un des éléments clés qui ont retourné le clan Kadyrov contre les divers chefs militaires wahhabites en Tchétchénie, qui étaient considérés par les leaders tchétchènes plus nationalistes comme des étrangers arrogants, ennemis des traditions tchétchènes ancestrales. Pour toutes ces raisons, il y a une forte opposition de la part des communautés musulmanes locales et des leaders musulmans contre le type d’Islam wahhabite que les Saoudiens essayent d’exporter en Russie.

c) Wahhabisme – externe

Le Wahhabisme est non seulement une menace interne pour la Russie, mais c’est aussi une menace extérieure majeure. Selon des analystes russes, l’administration Obama a conçu un ensemble de politiques impérialistes fondamentalement nouvelles qui sont maintenant mises en œuvre. Pendant l’ère Bush, les Etats-Unis ont exercé un contrôle direct sur le Moyen-Orient et l’Afrique, surtout au moyen d’interventions militaires. Cette approche « directe » est la manière dont le lobby juif et les Néoconservateurs ont cru que les Etats-Unis devaient maintenir leur empire mondial. Obama représente un type très différent d’électeurs (le vieil argent « Anglo-saxon ») qui s’oppose avec véhémence aux Néoconservateurs et qui consentira à soutenir verbalement les inconditionnels d’Israël, mais qui, en réalité, place les intérêts stratégiques américains loin devant toutes priorités sionistes. Dans les faits, cela signifie que l’administration Obama retirera autant de troupes américaines que possible et abandonnera le contrôle direct de régions contestées, et qu’elle assurera sa domination sur un pays ou une région au moyen du chaos. C’est une politique de contrôle impérial indirect.

Après tout, pourquoi envahir et occuper un pays, perdant ainsi du sang et de l’argent américains, quand on peut utiliser des intermédiaires pour créer une situation de chaos absolu à l’intérieur de ce pays ? Dans le meilleur des cas, le chaos mène à un « changement de régime » de style libyen, et dans le pire des cas, à une guerre civile comme celle qui se déroule en Syrie. Mais dans les deux cas, les chefs d’État indésirables comme Kadhafi ou Assad ont « perdu leurs crocs » (sont rendus inoffensifs) et leurs pays ont été écartés de toute éventuelle alliance anti-américaine. Quant aux « braves types » du jour (comme
Abdallah en Jordanie ou Hamad au Bahreïn), ils sont protégés du chaos environnant à des coûts très limités.

Selon des analystes russes, le Wahhabisme et Al-Qaeda sont les fantassins de cette nouvelle politique impériale américaine. Les Etats-Unis les « injectent » simplement dans toute société qu’ils veulent subvertir et ensuite ils restent en retrait avec rien d’autre à faire que d’envoyer des forces spéciales en soutien ici ou là, selon les besoins du moment. Dans cette situation, l’agent de la CIA est le marionnettiste et le Wahhabite forcené est la marionnette, qu’il en soit conscient ou pas.

La grande crainte des analystes russes est que cette stratégie américaine soit utilisée pour renverser Assad et qu’elle soit ensuite utilisée contre l’Iran. Il est vrai que la Syrie compte une large majorité sunnite, tandis que l’Iran est principalement chiite, et les wahhabites haïssent le chiisme de manière viscérale. Cependant, l’Iran possède de petites minorités kurdes, turkmènes et baloutches (sunnites) qui, associées avec les « révolutionnaires Gucci » pro-occidentaux des classes supérieures, pourraient faire peser un risque réel pour le régime
. Et sinon, il y a toujours la possibilité de déclencher une guerre entre l’Iran et un pays sunnite. La plupart des analystes russes estiment que l’Iran est assez fort pour résister à de telles tentatives de déstabilisation, mais ils restent très attentifs à la situation parce qu’ils considèrent que si l’Iran devait sombrer dans une forme de chaos orchestré par les États-Unis, cela affecterait directement les régions du sud de la Russie.

Certains analystes voient aussi cette stratégie américaine dite « indirecte » ou de « contrôle par le chaos » comme une situation « gagnant-gagnant » pour les Etats-Unis même si leurs intermédiaires wahhabites sont vaincus. Ils posent une question simple : que se passerait-il si Assad remporte définitivement la guerre en Syrie ? Où les Wahhabites iront-t-ils ensuite ? Retourneront-ils au Mali, qu’ils ont quitté temporairement pour éviter de combattre les Français ? Ou en Algérie, pour y fomenter une guerre civile ? Ou peut-être au Kosovo ou même dans le sud de la France ? Et si ces wahhabites décidaient de « sonder le terrain » au Kazakhstan ?

Ce type de préoccupations amène quelques spécialistes de sécurité russes à voir un aspect positif à la guerre en Syrie. En termes simples, Assad tue beaucoup d’éléments d’Al-Qaïda, et chaque forcené wahhabite tué en Syrie est un candidat de moins à la guerre sainte dans une autre partie du monde.

Nous pouvons maintenant clairement saisir le raisonnement derrière la politique russe de ne pas menacer de bloquer les lignes de ravitaillement de l’OTAN traversant la Russie, indépendamment des déclarations et actions malveillantes et hostiles provenant du camp américain : les Russes veulent que les Américains restent en Afghanistan aussi longtemps que possible pour donner le temps à la Russie et à ses alliés tel que le Tadjikistan de se préparer à un retour du régime taliban à Kaboul. En attendant, la Russie renforce sa puissante Base Militaire Russe 201 (ancienne
Division Motor-Rifle 201) au Tadjikistan et apporte une assistance technique aux gardes-frontières tadjiks.


Commandements militaires régionaux de Russie

Dans le cadre des réformes récentes des
Forces armées de la Fédération de Russie, toute l’armée russe a été réorganisée en quatre Commandements Stratégiques, chacun capable de mener indépendamment une guerre défensive régionale en prenant directement le contrôle de presque toutes les forces militaires et les ressources de sa zone. Il est intéressant de noter que tandis que le centre de commande stratégique du Sud est le plus petit de tous en superficie, c’est de loin le plus prêt au combat. S’il y a quelque chose que la guerre de Géorgie du 08.08.08 a clairement démontré, c’est la vitesse éclair à laquelle la 58ème armée et la Flotte de la Mer Noire étaient prêtes à entrer en guerre (et ceci malgré le fait que le Kremlin ait mis un certain temps pour finalement réagir). Il est tout à fait clair qu’après les succès russes en Tchétchénie et en Géorgie, Moscou ne baisse pas sa garde, et restera prête à  s’engager dans un large spectre d’opérations militaires s’étendant de heurts locaux à une guerre régionale totale.

d) L’Islam à travers le prisme du « choc des civilisations »

Cet aspect de la « menace Islamique » diffère fondamentalement de tous les autres puisqu’il est basé sur une thèse qui n’est jamais vraiment mise à l’épreuve, mais seulement proclamée : à savoir qu’il y aurait un « 
choc des civilisations » entre, schématiquement, « l’Europe chrétienne » d’un côté et l’Islam « Oriental » ou « Arabe » de l’autre. Peu importe que l’Europe ait perdu presque tout signe de Chrétienté depuis bien des années, peu importe si l’Islam n’est ni principalement « Oriental », ni principalement « Arabe », peu importe le fait que l’Islam inclue des civilisations très différentes (du Maroc à l’Indonésie) et peu importe qu’aucune « civilisation » musulmane ou Islamique n’ait attaqué l’Occident depuis très longtemps. Et soit dit en passant, les partisans de cette théorie mettraient un pays théocratique et raciste comme Israël dans le camp « Occidental », sinon « Chrétien et Européen », en ignorant le rôle clé joué par la Turquie musulmane dans l’OTAN. En d’autres termes, cette vision est 100 % idéologique, les faits n’y comptent pas. Et pourtant, il y a un certain nombre de groupes en Russie qui sont heureux de promouvoir cette vision du monde :

a) Les communistes. Dans la vieille et mauvaise mentalité soviétique, l’Islam est, comme toute autre religion, un ennemi idéologique. Si 
Ziouganov et sa bande ne parlent pas d’ « opium du peuple », c’est parce qu’ils ont peur de contrarier leurs membres chrétiens orthodoxes, d’autant plus que de nos jours, être « orthodoxe » vous donne une légitimité patriotique. Mais être musulman vous donne exactement une légitimité *zéro* auprès des communistes. Ils seraient plutôt enclins à voir l’Islam et les musulmans comme des agents à la solde d’intérêts étrangers.

b) Les sionistes : contrairement à la croyance populaire, il y a encore beaucoup de sionistes en Russie, y compris dans les médias, et ils ne manquent jamais l’occasion d’attiser les flammes de l’islamophobie. Un de leurs tours préférés est de toujours et délibérément amalgamer toutes les formes d’Islam avec les actes de n’importe quel « musulman », qu’il soit religieux ou pas, et de tirer la conclusion que « l’Islam est notre ennemi moral commun ». Pour ces gens, la Russie et Israël sont des alliés naturels contre l’adversaire islamique commun, et même l’Iran ne mérite aucune confiance. Inutile de dire que les israéliens s’efforcent par tous les moyens de courtiser ces cercles et de promouvoir l’image  suivante : « vous avez eu les Tchétchènes, nous avons les Palestiniens ».

c) Les néonazis russes : Ce n’est qu’un tout petit groupe, mais qui se manifestent avec force. Ce sont les fameux skinheads russes qui estiment défendre la Race Blanche lorsqu’ils tabassent un Tadjik dans le métro. Certains d’entre eux prétendent être Orthodoxes, quoiqu’une majorité aime chercher leurs racines dans une distante « Russie païenne » peuplée de guerriers blancs aux yeux bleus. Ces groupes existent surtout sur Internet, mais ils se réunissent parfois dans des lieux isolés pour « s’entrainer » pour le « conflit à venir ».

Récemment un groupe de patriotes Russes véritables s’est réuni et a commencé à enquêter discrètement sur ces groupes. Il s’est avéré que les plus virulents et racistes d’entre eux possédaient tous une adresse IP aux Etats-Unis, au Canada et en Israël. Les services de sécurité russes soupçonnent fortement que ces groupes reçoivent le soutien des services secrets américains et d’autres services Occidentaux pour susciter des tensions ethniques en Russie. Sans surprise, depuis que Poutine est arrivé au pouvoir, la plupart des leaders de ces groupes ont atterri en prison, ou se cachent à l’étranger.

d) Les Catholiques Romains et les Orthodoxes Œcuménistes : ces deux groupes partagent une croyance commune : quelles que soient les différences « mineures » qu’ils ont « pu » avoir dans le passé, la Russie Orthodoxe appartient à l’Occident chrétien, ne serait-ce que parce qu’ils sont tous deux « menacés » par un « ennemi commun ». Ces gens évitent soigneusement de mentionner le fait indéniable que la Russie a toujours choisi l’Asie plutôt que l’Europe et  l’Islam plutôt que la Papauté, ne serait-ce qu’à cause de toutes les guerres de conquête menées par l’Occident contre la Russie. Ce groupe n’a aucune emprise sur le peuple, mais il a des partisans au sein des cercles pro-américains dans les grandes villes.

Individuellement, ces groupes ne sont pas très puissants, à l’exception notable du groupe sioniste. Et ils ne travaillent pas officiellement ensemble. Mais s’il n’y a aucun signe de conspiration, il y a une collusion objective entre ces groupes lorsqu’il s’agit de diaboliser l’Islam dans toutes ses formes, même les plus modérées. Cela signifie donc qu’il y a une minorité de la population russe qui considèrera toujours l’Islam comme une menace, quelle que soit la situation.

La bonne nouvelle est que ces groupes sont contrebalancés par des forces bien plus influentes qui voient en l’Islam un allié naturel potentiel (voire même réel) de la Russie. Ceci sera le sujet du prochain article.

Le Saqr

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