jeudi 31 juillet 2014

Sayed Ali Khamenei sur Gaza : le monde musulman doit armer la Palestine


Discours de Sayed Ali Khamenei, Guide Suprême de la République Islamique d'Iran, à l'occasion de l'Aïd-el-fitr, la fête commémorant la fin du mois de Ramadan - 29 juillet 2014








 
Retranscription de la section sur Gaza :




Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.
Louange à Dieu, Seigneur des Mondes, et que la paix et le salut soient sur notre Maître et Prophète, Abu-al Qasem al-Mostafa (le père de Qasim et l'Elu) Muhammad, ainsi que sur sa famille immaculée, pure et choisie, surtout celui qui est présent sur Terre (l'Imam Al-Mahdi). Et que les salutations soient sur le Commandeur des Croyants (l'Imam Ali b. Abi Talib), sur la Véridique et la Pure (Fatima al-Zahra) – la maîtresse des Dames des Mondes –, sur Hassan et Hussein – les enfants de la Miséricorde – ainsi que sur les Imams de la Guidance – Ali b. Hussein, Muhammad b. Ali, Ja'far b. Muhammad, Musa b. Ja'far, Ali b. Musa, Muhammad b. Ali, Ali b. Muhammad, Hasan b. Ali, et l'Argument de Dieu sur la Terre (l'Imam occulté, Al-Mahdi Al-Montadhar – l'Attendu).

Je recommande aux chers frères et soeurs, à tout le peuple d'Iran et à moi-même, la piété et la crainte de Dieu. Cette piété est une source d'influence bénéfique dans tous les domaines, y compris dans les jugements, prises de décision et actions dans toutes les grandes questions sociales et internationales, ainsi que dans les questions ayant trait à l'Islam et à l'humanité.
Aujourd'hui, la principale question du monde islamique est la question de Gaza. Et peut-être même que l'on peut dire que gaza est la principale question du monde et de l'humanité. 

Un chien enragé, un loup sauvage s'est attaqué à des êtres humains innocents et opprimés. Qui est plus innocent et opprimé que ces enfants qui ont tragiquement perdu la vie dans ces attaques ? Qui est plus innocent et opprimé que ces mères qui ont tenu leurs enfants dans leurs bras et ont vu leur mort et leurs derniers soubresauts sous leurs propres yeux ?

Aujourd'hui, le régime usurpateur sioniste mécréant [i.e. qui n'a rien à voir avec la religion de Moïse dont il se revendique] a commis ces crimes odieux devant les yeux du monde entier et de l'humanité tout entière. C'est pourquoi l'humanité doit réagir !
Il y a trois points à souligner au sujet de la question de Gaza.
Le premier point est qu'aujourd'hui, ce que font les dirigeants sionistes est un génocide, une immense tragédie historique. Ceux qui ont perpétré ces crimes et ceux qui les soutiennent doivent être jugés au niveau international et ils doivent être punis ! 
[Audience : Dieu est Le plus Grand ! Dieu est Le plus Grand ! Dieu est Le plus Grand ! Khameneï est notre Guide ! Mort aux opposants du Wilayat-al-Faqih ! Mort à l'Amérique ! Mort à la Grande-Bretagne ! Mort aux hypocrites et aux ennemis de Dieu ! Mort à Israël !]
Leur punition doit être ce que les représentants des peuples, les justes et ceux qui ont une conscience à travers le monde demanderont.

Et l'écoulement du temps ne doit pas les faire échapper à leur châtiment. Il faut qu'ils soient punis ! Et cela lorsqu'ils sont encore au pouvoir ou quand ils en auront été écartés et renversés. A la fois les responsables de ce massacre et ceux qui les soutiennent ouvertement – comme vous pouvez les voir et les entendre dans les médias – doivent être punis. Voilà pour le premier point.
Deuxièmement, il faut voir combien est grande l'endurance et la capacité de résistance d'un peuple qui défend son droit. C'est un peuple qui a été encerclé de toutes parts et qui vit dans un petit territoire limité et isolé. La mer leur est fermée, la terre leur est fermée, toutes leurs frontières leur sont fermées. Ils n'ont aucune assurance quant à leur approvisionnement en eau potable, en électricité, en moyens de subsistance. Tous ces désastres leur ont été infligés du fait des actions hostiles et des attaques de l'ennemi, et il n'y a personne pour leur venir en aide.

Et ce peuple doit faire face à un ennemi surarmé, vicieux et sans pitié tel que le régime sioniste et ses dirigeants d'une bassesse sans nom, démoniaques et impurs qui les frappent jour et nuit, sans aucune retenue. Mais malgré de tels crimes, ce peuple se tient debout et résiste ! Ceci est une leçon ! Soyez attentifs, ceci est une leçon ! Cela montre que la capacité de résistance de l'être humain – la force et la ténacité d'une mère qui voit ses enfants morts devant elle, la force et la ténacité d'une femme qui voit son mari, son frère ou son père opprimés – est beaucoup plus importante que ce que nous pourrions concevoir.

Nous devrions connaître notre force intérieure. Les êtres humains peuvent être forts et faire preuve d'une telle résistance. Ce peuple – dont la population s'élève à environ 1,8 million d'individus – résiste et tient bon malgré le fait qu'il vivent dans une terre isolée et assiégée de toutes parts, d'une superficie de 400 ou 500 kilomètres carrés. Ils tiennent bon malgré le fait que leurs vergers, leurs boutiques et leurs maisons sont prises pour cible par l'ennemi. De plus, il leur est impossible de faire du commerce, d'acheter ou de vendre avec l'étranger, et dans une telle situation, ils subissent de telles attaques – mais ils résistent.

Cela montre le niveau et la capacité de Résistance d'un peuple. Et je vous le dis, à la fin, si Dieu le veut et par Sa Grâce, ce sont eux qui vaincront l'ennemi ! 
 
[Audience : Dieu est Le plus Grand ! Dieu est Le plus Grand ! Dieu est Le plus Grand ! Khameneï est notre Guide ! Mort aux opposants du Wilayat-al-Faqih ! Mort à l'Amérique ! Mort à la Grande-Bretagne ! Mort aux hypocrites et aux ennemis de Dieu ! Mort à Israël !]
Dès à présent, l'ennemi agresseur regrette déjà l'action qu'il a entreprise, comme un chien qui a fait quelque chose de mal. Il s'est empêtré et il ne sait plus quoi faire. S'il fait marche arrière, il perd la face, et s'il continue, cela deviendra de plus en plus difficile pour lui jour après jour.

C'est pourquoi vous voyez l'Amérique, l'Europe et tous les criminels du monde se sont donné la main pour imposer un cessez-le-feu de force à la population de Gaza afin de sauver ce régime, mais jusqu'à ce jour, cela n'a pas fonctionné, et cela ne fonctionnera pas non plus par la suite. Voilà pour le second point.

Troisièmement, les dirigeants politiques de l'Arrogance mondiale (le système de domination mondiale) disent qu'il faut désarmer le Hamas et le Jihad (Islamique). Mais qu'est-ce que cela impliquerait de désarmer ces groupes ? C'est vrai qu'ils ont une certaine quantité de roquettes qui leur permet en quelque sorte de se défendre un minimum face aux attaques incessantes de l'ennemi. Eh bien il faudrait leur enlever même ces quelques missiles ?! Pour eux, il faudrait que la Palestine et surtout Gaza soient mis dans une situation telle que quand les sionistes décident d'attaquer, d'engager de quelconques hostilités, à n'importe quel moment, ils puissent le faire et que les Palestiniens ne puissent se défendre d'aucune manière ! Voilà ce qu'ils veulent !


Le Président américain a émis une fatwa : « Il faut que la Résistance soit désarmée ». Ah oui ?! Evidemment ! Vous voulez les désarmer pour qu'ils ne puissent même pas rendre le moindre coup en réponse à tous ces crimes ! Et bien nous, au contraire, nous prônons l'inverse ! Le monde entier et plus particulièrement le monde islamique a le devoir de faire tout ce qui est en son pouvoir pour fournir à la Palestine autant d'armes que possible.


[Audience : Dieu est Le plus Grand ! Dieu est Le plus Grand ! Dieu est Le plus Grand ! Khameneï est notre Guide ! Mort aux opposants du Wilayat-al-Faqih ! Mort à l'Amérique ! Mort à la Grande-Bretagne ! Mort aux hypocrites et aux ennemis de Dieu ! Mort à Israël !]

O mon Dieu, viens en aide à l'Islam et aux musulmans, assiste les armées des musulmans, et humilie ceux qui rejettent Ta parole, les oppresseurs et les hypocrites.

Je me repens à Dieu pour moi-même et pour vous.

L'Ayatollah Sayed Khamenei récite la sourate du Coran Le Culte Pur (n° 112).

Que la Paix de Dieu soit sur vous, ainsi que Sa Miséricorde et Sa Grâce.

Puis il dirige la prière de l'Aïd.



mercredi 30 juillet 2014

Iran et Israël : Sayed Khamenei évoque la nécessaire disparition de l'entité sioniste

Discours de Sayed Ali Khamenei, Guide Suprême de la République Islamique d'Iran, aux étudiants - 23 juillet 2014

L'Iran est un acteur majeur au Moyen-Orient, mais auquel on donne rarement la parole de manière exhaustive. Les médias occidentaux ont repris les déclarations les plus virulentes du Guide Suprême de la République Islamique d'Iran au sujet de l'agression sioniste contre Gaza (Israël "chien enragé", "loup féroce"), mais la teneur de ses discours mérite d'être mieux connue.

Le propos de Sayed Khamenei sur la manière de résoudre le conflit israélo-palestinien - par voie référendaire - démentent clairement les prétendues intentions génocidaires prêtées à l'Iran. Quant à l'analyse consacrée au sort de la population palestinienne de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, régies par l'Autorité palestinienne qui a renoncé à la violence depuis des années, elles peuvent être mises en avant pour réfuter les prétentions israéliennes selon lesquelles le Hamas est responsable de ses exactions à Gaza : partout en Palestine, Israël ne cesse de coloniser, d'exproprier, d'arrêter, d'humilier et de tuer les populations palestiniennes, et comme pour la France en 1940-1944, il paraît avéré que la voie de la collaboration avec l'occupant ne peut apporter que le déshonneur et la désolation aux Palestiniens, et que seule la Résistance peut leur permettre d'obtenir leurs droits.

Depuis la Révolution islamique de 1979 et l'arrivée au pouvoir (par les urnes) de l'Imam Khomeini, l'Iran a officiellement déclaré sa politique de soutien total à la Résistance, que ce soit au Liban (Hezbollah) ou en Palestine (Gaza), fournissant ouvertement et sans conditions armements et et expertise au mouvements de lutte contre Israël. 










Norman Finkelstein se fait arrêter devant la Mission israélienne à l'ONU en soutien à Gaza



http://normanfinkelstein.com/2014/its-time-to-act-israel-must-be-stopped/,

IL EST TEMPS ! ISRAËL DOIT ÊTRE STOPPE !

Ceci est un message de Norman G. Finkelstein.
Nous sommes Lundi, il est midi.
Je suis prêt à commettre de la désobéissance civile demain, Mardi 29 juillet, à la Mission israélienne à l'ONU. 
Mais je ne crois pas aux actes individuels de martyre. 
Cela doit être une action collective.
Si cent personnes s'inscrivent pour être arrêtées ou être présents, j'y serai également.
Adressez-moi simplement votre nom et un moyen de vous joindre pour confirmer votre participation (normfinkelstein@gmail.com)
Si nous pouvons dresser une liste de 100 personnes d'ici demain matin à 10h, on se retrouvera à la Mission.
Faisons-le !
Le peuple de Gaza a besoin de nous!


1. Norman Finkelstein
2. PATRICK R. 
3. DANIEL R.
4. Maria C.
5. Benjamin D.
6.Laboni R.
7. Brigid F.
8. NARDO R.
9. George K.
10. Andre S.
11. Lewaa A.
12.  Brian C.
13. Zohreh E.
14. Reda E.
15. KRISTINA S.
16. Irene S.
17. IMRAN W.
18.  Kevin B.
19. RAKAN A.
20. Eamon M.
21. Marc S.
22. Anxhela Z.
23.  Lucia R.
24. GABRIELA B.
25.Stephen B.
26. Tasneem Y.
27. Sanae A.
28. Najah T.
29. ALEXSA R
30. Liz R
31.  Andrew F
32. Sandy T
33.Cenk E
34. Corey Robin
35.  X. Agolli
36. Susan K
37. Alaeddine S
38. JAY A
39. JACK B
40. GARY M
41. Juliane K
42. Daniel L
43. Mirene G
44. KATE D.
45.  JUSTIN A.
46. Gina S
47. CHASE M
48.THOMAS S
49. U EDUCATORS
50. CHRISTOPHER N
51. B. KUNKEL
52. DAVID B.
53. JOE F.
54. BILL PERRY
55. JESSICA B
56. JAMES M.
57. CLARA B.
58. NATHAN T
59. RICHARD V
60. JEFF A
61. NURAN A
62. MOHAMMAD F.
63. SANJU  J.
64.  D MAHER
65. MARC E.
CHAUDRY R dit : « J'ai 24 personnes qui viennent à cet événement. Ajoutez ce nombre svp.»
(NOUS AJOUTONS ENCORE DES NOMS)

http://normanfinkelstein.com/2014/we-will-march-and-we-will-stand-by-the-people-of-gaza/

NOUS MANIFESTERONS ET NOUS NOUS TIENDRONS AUX COTES DU PEUPLE DE GAZA

NOUS MANIFESTERONS ET NOUS NOUS FERONS ARRÊTER

CHERS PATRICK R., DANIEL R., MARIA C.. BENJAMIN, LABONI R., BRIGID F., NARDO R., GEORGE K., ANDRE S., LEWAA A.,   BRIAN C., ZOHREH E.,  REDA E., KRISTINA S., IRENE S., IMRAN W.,  KEVIN B.,  RAKAN A., EAMON M., MARC S., ANXHELA Z., LUCIA R., GABRIELA B., STEPHEN B., TASNEEM Y., SANAE A., NAJAH T.,  ALEXSA R.,  LIZ R., ANDREW F.,  SANDY T., CENK E., COREY ROBIN,  X. AGOLLI,  SUSAN K.,  ALAEDDINE S., JAY A., JACK B., GARY M., JULIANE K., DANIEL L., MIRENE G., KATE D., JUSTIN A., GINA S., CHASE M., THOMAS S., U EDUCATORS, CHRISTOPHER N., B.. KUNKEL,  DAVID B., JOE F., BILL PERRY, JESSICA B., JAMES M., CLARA B., NATHAN T., RICHARD V., JEFF A., NURAN A., SANJU J., D. Maher, Marc E., CHAUDRY R. (qui dit "J'ai 24 personnes qui viennent à cet événement. Ajoutez ce nombre svp.") (NOUS AJOUTONS ENCORE DES NOMS)

NOUS N'AVONS PAS ENCORE ATTEINT LES 100 PERSONNES
MAIS LA POLITIQUE N'EST PAS QU'UNE QUESTION DE QUANTITÉ, C'EST AUSSI UNE QUESTION DE QUALITÉ
NOUS NE NOUS CONNAISSONS PAS MAIS NOUS SOMMES UNIS PAR UNE CONVICTION COMMUNE:
LES BOMBARDEMENTS ET LE BLOCUS TERRORISTES DE GAZA DOIVENT CESSER MAINTENANT !!

REUNISSIONS NOUS LE MARDI 29 JUILLET 2014 DEVANT LA MISSION ISRAÉLIENNE A L'ONU, DEUXIÈME AVENUE, n° 800 (A COTE DE LA 42e RUE), A MIDI.

NOUS NE NOUS TAIRONS PAS!
NOUS N'AVONS PAS PEUR!
LE MOMENT DE VÉRITÉ DÉPEND DE NOUS!
NOUS NOUS TIENDRONS AUX COTES DU PEUPLE DE GAZA


http://normanfinkelstein.com/2014/norman-finkelstein-for-20-days-i-have-sat-in-front-of-this-computer-like-a-mad-man-tomorrow-i-will-be-arrested-and-arrested-and-arrested-until-this-madness-ends/

DEPUIS 20 JOURS, JE RESTE ASSIS DEVANT MON ORDINATEUR COMME UN FOU. A PARTIR DE DEMAIN, JE SERAI ARRÊTÉ, ARRÊTÉ, ET ENCORE ARRÊTÉ JUSQU’À CE QUE CETTE FOLIE PRENNE FIN

Vidéos : https://www.youtube.com/watch?v=NDO2yfHftIA



http://vimeo.com/102066015







 

lundi 28 juillet 2014

Hassan Nasrallah : à Gaza, Israël va droit au suicide (2/2)


Discours de Sayed Hassan Nasrallah à l'occasion de la journée mondiale de Al-Qods (Jérusalem), 25 juillet 2014


Dans la dernière partie de son discours (voir extrait précédent ici), Sayed Hassan Nasrallah évoque les succès de la Résistance, l'abandon du monde arabe et même la complicité de certains avec Israël, et confirme que la victoire ultime est de plus en plus proche, Israël se dirigeant inéluctablement au suicide et à l'effondrement.






Retranscription : 




Face à cela, la Résistance et son peuple sont unis, et depuis le premier jour sont clairs sur leur objectif : « Notre objectif est de lever le blocus » – et bien sûr de préserver la Résistance. « Notre objectif est de lever le blocus ». Deuxièmement : tenir sur le terrain. Troisièmement : obtenir des succès sur le terrain. Quatrièmement : faire preuve d'initiative sur le terrain et porter le combat derrière les lignes ennemies. Cinquièmement : continuer les tirs de roquettes – malgré l'exposition à cette force aérienne considérable. Sixièmement : envoyer les roquettes sur des zones qu'elles n'avaient jamais frappé auparavant.

Bien entendu, la comparaison entre juillet (2006) au Liban et juillet (2014) à Gaza n'est pas parfaite, il y a des conditions différentes, des particularités différentes, mais il y a des points communs. Nous, durant (la guerre de) juillet (2006), quel est le point le plus éloigné que nous ayons frappé ? C'est Hadera. Mais les frères à Gaza, dès le premier jour, par quoi ont-ils commencé ? Par Tel Aviv. C'est la première fois que des roquettes tirées depuis l'intérieur de la Palestine vers l'intérieur de la Palestine affectent la totalité de la superficie de la Palestine. C'est un accomplissement extraordinaire.

Pourquoi ai-je dit que nous savons, comprenons et ressentons (l'importance de tout) cela ? Il y a des personnes qui se posent et vous disent : « Ils ont lancé 100 roquettes. » C'est une phrase qu'on utilise dans les médias. Mais qu'est-ce que ça signifie, 100 roquettes ? C'est à dire leur fabrication, leur transport, leur livraison, leur dissimulation, leur installation, leur protection et leur sécurité, et ensuite leur lancement, etc. Cela représente des efforts colossaux. Des efforts colossaux.

Les roquettes parviennent à des zones qu'elles n'avaient jamais frappé auparavant.

Il y a une confiance élevée en Dieu, en soi et en la Résistance.

(Nous voyons) la persévérance et l'endurance du peuple et l'adhésion massive (à la Résistance). Jusqu'à maintenant, ils ne sont pas parvenus à influencer Gaza. Ni manifestation, ni grève, ni prise de position ni pression du peuple contre la Résistance, au contraire, le peuple dit à la Résistance « Nous sommes avec toi. Même si on doit tous être tués, mais le blocus doit être levé. »

Une persévérance et une endurance politiques, et un rejet de toutes les pressions internationales et régionales qui sont considérables.

Que signifie le fait que la direction de la Résistance palestinienne prenne position et refuse, depuis les premiers jours, le cessez-le-feu, alors que c'est elle qui perd des martyrs parmi ses femmes, ses enfants, et ses civils ? Mais de son côté, Israël s'empresse d'accepter le cessez-le-feu. Cela a de très grandes conséquences politiques, sur le plan du moral (des troupes) et du point de vue militaire.

Jusqu'au soulèvement populaire en Cisjordanie, qui a commencé à offrir ses propres martyrs.

C'est pourquoi si les choses continuent dans ce sens (si Dieu le veut), et à travers les trois éléments que sont la réalité du terrain, l'endurance du peuple et la persévérance politique, de nouveaux équilibres des forces seront imposés à l'ennemi, mais cela nécessite un peu de temps. Il n'est pas facile, ô mes frères et sœurs, que Netanyahu et Israël concèdent une victoire aux Palestiniens, qu'ils accordent un tel succès à la Résistance palestinienne. Je suis convaincu qu'actuellement, certains dirigeants arabes prennent contact avec Netanyahu et lui disent « Finis-en avec eux. Finis-en avec eux. Ne leur accorde aucun succès, ne leur concède aucune victoire. » Mais au final, Israël ne travaille pas pour tels ou tels dirigeants arabes. Israël recherche ses propres intérêts sécuritaires, économiques et politiques. Et c'est la Résistance qui imposera aux Israéliens l'issue (de cette guerre), comme ce qui s'est passé en juillet 2006. Les Israéliens appelleront au secours, et demanderont aux Américains de leur trouver une issue à cette catastrophe. Tel est l'horizon.

Notre responsabilité à tous – c'est mon dernier point – face à ces événements majeurs est, premièrement : nous appelons à mettre de côté tous les différends, toutes les sensibilités, et toutes les disputes – je vous ai dit que je n'allais m'attaquer à personne, parce que je voulais en arriver là – nous appelons à mettre de côté tous les différends, toutes les sensibilités, et toutes les disputes se rapportant à d'autres questions et d'autres terrains. On peut rester opposés quant à la position politique – ou autre – sur n'importe quel autre dossier. Peut-être qu'on s'opposera sur la prise de position, peut-être qu'on s'opposera sur l'évaluation (de la situation), mais nous devons mettre tout cela de côté, afin que nous approchions tous la question de Gaza comme celle d'un peuple, d'une Résistance, d'une cause authentique et juste. Il n'y a aucune imposture, aucune ambiguïté, aucun doute à son sujet, il n'y a en elle aucun mélange entre le vrai et le faux – car peut-être que quelqu'un s'élèverait pour dire « Occupons-nous plutôt d'autres choses (prioritaires) ». Non, ici, il n'y a pas de faux-semblant, pas de point obscur, pas de débat. Aucun raisonnement, aucune religion, aucune loi, aucune valeur morale ne soutient qu'il y a le moindre doute au sujet de la bataille qui se déroule actuellement à Gaza. Nous devons la considérer comme une question de peuple, de Résistance, de cause authentique et juste, même si des différends persistent sur d'autres questions.

Gaza aujourd'hui, avec son sang, ses massacres, son oppression, son endurance, son héroïsme, doit être au-dessus de toute considération, de tout calcul, de toute sensibilité.

Malheureusement, nous entendons des déclarations dans certains médias arabes qui accusent la Résistance depuis le premier jour, et lui font porter la responsabilité du sang versé, puis lui font porter la responsabilité de la poursuite de la bataille, et incitent les gens contre elle, et chez certains, la fureur est allée jusqu'à annoncer leur compassion, à travers des chaînes arabes, envers les Israéliens et envers l'armée israélienne, et à appeler à liquider le Hamas. C'est une chose honteuse, déplorable. Quels que soient les comptes en suspens, les différends et les sensibilités, il est déplorable et même affligeant qu'on puisse voir un Arabe sur une chaîne arabe déclarer sa compassion avec les soldats israéliens qui tuent des enfants à Gaza. Tout ça à cause d'une dispute politique ou d'une sensibilité politique.

Au moins, mon frère, que celui qui ne veut pas compatir (avec la Palestine), qu'il se taise. Celui qui ne veut pas compatir ou soutenir (la Palestine), qu'il se taise, et qu'il ne fasse pas porter à lui-même et à sa communauté cette honte.

Deuxièmement, je lance à un appel aux gouvernements arabes et islamiques – à ceux qui le peuvent – pour soutenir l'objectif de levée du blocus de Gaza que demande la direction de la Résistance palestinienne, de protéger et de défendre cet objectif, et de protéger la direction politique de la Résistance des pressions qui sont exercées sur elle pour un cessez-le-feu sans avoir atteint cet objectif. Car le blocus, ô mes frères et sœurs, est une mort quotidienne pour les Palestiniens à Gaza, et c'est un meurtre quotidien – pas 18 jours, mais au tout long des années, sans horizon, sans avenir.

Troisièmement, en guise de rappel – car cela a été répété plusieurs fois –, nous appelons à une aide politique, morale, médiatique, financière, matérielle, jusqu'à, selon nous, un soutien dans le domaine de l'armement, de chacun selon ses capacités et ce qu'il peut supporter, et sans considération pour toutes les sensibilités actuelles.

Nous devons ici rappeler – car il y a quelques exagérations – nous devons ici rappeler que l'Iran et la Syrie, et avec elles la Résistance au Liban, et en particulier le Hezbollah – à la hauteur de ses capacités –, et depuis de longues années, depuis de longues années, n'ont jamais fait défaut, ni hésité à aider la Résistance palestinienne, dans toutes ses factions : au niveau politique, médiatique, moral, financier, matériel, ou sur le plan de l'armement, de l'entraînement, de la logistique, ou de divers autres domaines.

Aujourd'hui, il y a des gens qui ne font absolument rien de positif pour Gaza ou la Palestine, sinon l'escalade dans les extrêmes à leur encontre. Qui est-ce qui se tient aux côtés du peuple palestinien et de Gaza et qui est-ce qui ne le fait pas ?

Je ne veux polémiquer avec personne. Mais il suffit à toute personne juste – je le dis calmement – de faire deux listes. Qu'il mette sur celle de l'Axe de la Résistance des pays et des mouvements, et qu'il mette sur l'autre tout ce qu'il veut – pays, organisations, mouvements, tout ce que vous voulez. Et qu'il fasse une recherche, sur les dernières décennies, pour voir ce que l'Axe de la Résistance a donné à la Palestine, à Al-Qods (Jérusalem), au peuple palestinien – en sang versé, en sacrifices, en entrées en guerre et en combats pour la Palestine, en moyens, en soutien, malgré tous les fardeaux, les dangers et les conséquences, les conséquences dans le monde entier : blocus, sanctions, guerres, tout cela à cause de la Palestine, fondamentalement à cause de la Palestine. Et de l'autre côté, voyons ce que les autres ont fait pour la Palestine, où est-ce qu'ils ont combattu pour la Maison des Sanctités (Al-Qods – Jérusalem), ce qu'ils ont donné au peuple palestinien – et, plus encore, qu'est-ce qu'ils ont fait dans toutes les autres guerres, qu'est-ce qu'ils ont apporté dans tous les autres lieux qui sont au service d'Israël et travaillent dans le but de liquider la cause palestinienne, ce dont j'ai parlé au début de mon discours.

Je ne veux pas en dire plus dans un tel climat de surenchère.

Face à de tels événements, nous au Hezbollah, nous avons toujours été et nous serons toujours aux côtés du peuple palestinien, de tout le peuple palestinien, et aux côtés de la Résistance en Palestine, de toutes les factions et tous les mouvements de la Résistance en Palestine sans aucune exception. Nous au Hezbollah, ne refuserons aucun type d'assistance, d'aide et de soutien et offrirons tout ce que nous pourrons offrir.

Nous au Hezbollah, nous nous considérons comme des véritables partenaires de cette Résistance – partenaires dans le jihad, la fraternité, l'espoir, les douleurs, les sacrifices, et également le destin. Parce que leur victoire est une victoire pour nous tous, et que leur défaite est une défaite pour nous tous.

Nous au Hezbollah, nous suivons de près tous les moindres détails des événements de la bataille qui a lieu actuellement dans la bande de Gaza et en Palestine. Nous suivons tous les développements sur le terrain et dans le domaine politique. Et depuis cette position, nous disons à nos frères à Gaza: nous sommes avec vous et à vos côtés. Nous avons confiance en votre fermeté et en votre victoire. Et nous ferons tout ce que nous considérons comme étant notre devoir, et ce à tous les niveaux.

Et à la toile d'araignée (Israël), aux sionistes je dis ceci : aujourd'hui, à Gaza, vous êtes empêtrés dans la sphère de l'échec. N'allez pas plus loin vers la sphère du suicide et de l'effondrement.

En attendant une autre date victorieuse pour la Résistance, pour le peuple de la Résistance et les mouvements de Résistance, je vous salue. Qu'Allah vous garde, vous donne la victoire et vous protège.

Que la Paix de Dieu soit sur ​​vous, ainsi que Sa Miséricorde et Ses Bénédictions.

samedi 26 juillet 2014

Hassan Nasrallah : Israël vaincu à Gaza en 2014 comme au Liban en 2006 (1/2)

Discours de Sayed Hassan Nasrallah à l'occasion de la journée mondiale de Al-Qods (Jérusalem), 25 juillet 2014







Retranscription :


Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr


[...]

Dans ce contexte, survient la guerre terroriste israélienne contre la bande de Gaza, depuis plusieurs jours. Et c'est dans un contexte similaire qu'a eu lieu la guerre contre le Liban en 2006 et contre Gaza en 2008. A chaque fois, quel était l'objectif de la guerre ? Ecraser, humilier, briser, imposer la reddition, retirer les armes, ôter tout point fort dont on dispose, amener au désespoir, convaincre qu'il n'y a pas d'autre choix que de se rendre à Israël... Mais en 2006 comme en 2008, les résultats ont été différents.

Aujourd'hui encore, nous au Liban, et dans l'atmosphère et le souvenir de la guerre de juillet (2006), nous pouvons comprendre, saisir, ressentir et nous rendre compte de manière complète de tout ce qui arrive à Gaza et à notre peuple à Gaza en juillet 2014, car c'est la même chose que ce qui nous est arrivé ici en juillet 2006.

Depuis le prétexte – je fais un bref rappel – depuis le prétexte de l'enlèvement des trois colons, (et pour nous) le prétexte des deux prisonniers (soldats israéliens capturés en 2006), (on voit les similitudes) dès le prétexte de la guerre. Et est-ce que c'était la vraie raison de la guerre ? Israël qui veut profiter de toutes les occasions, Israël qui a pensé et considéré que la bande de Gaza, sous blocus depuis des années, avec les conditions régionales et internationales actuelles, le moral des gens, etc., Israël a considéré cela comme l'occasion en or, historique pour soumettre Gaza, la briser, y mettre fin – pour Israël cette occasion se présentait maintenant.

Comme pour le projet de guerre de 2006 qui apportait avec lui (un projet pour) un Nouveau Moyen-Orient – vous vous souvenez de (la phrase de) Madame Condoleeza Rice... Aujourd'hui je vais rester sérieux et ne me moquer de personne. Israël a manipulé l'enlèvement des trois colons – et jusqu'à présent on ne sait pas qui les a enlevés et qui les a tués, jusqu'à ce jour on ne le sait pas, ce n'est pas sûr. Au moins, en 2006, on savait qui avait capturé les deux soldats israéliens. L'oppression et l'injustice à Gaza sont encore plus grandes.

Une opération d'enlèvement a été (faussement) attribuée aux Palestiniens, aux mouvements de la Résistance, et ils en ont pris prétexte pour mener cette guerre dans ces circonstances. Eh bien, avec le prétexte de la capture des colons, (ils en sont venus) à la guerre avec des bombardements aériens, à des milliers d'incursions et de frappes aériennes, au bombardement continuel de Gaza par l'artillerie – tout cela vous vous en souvenez, nous étions tous ensemble durant la guerre de juillet 2006 –, jusqu'aux frappes par les navires de guerre, aux massacres, au meurtre des femmes, des enfants, des civils, à la destruction des maisons, des écoles, des mosquées, et plus encore qu'au Liban, la destruction des églises également. Jusqu'au déplacement des gens, forcés de quitter leurs maisons, jusqu'à l'opération terrestre qui a commencé il y a quelques jours. Jusqu'au silence de la communauté internationale, d'une partie de la communauté internationale, et la collaboration d'une partie de la communauté internationale. Aujourd'hui, l'Amérique couvre cette guerre depuis les premiers instants et la soutient financièrement, militairement, par les médias et par leur prise de position politique, et l'Occident fait de même. Le Conseil de Sécurité et les Nations Unies également. Jusqu'à la collaboration de certains régimes arabes, et au silence de certains d'entre eux. Jusqu'au fait de faire porter à la Résistance la responsabilité du sang versé, des martyrs, et de tout ce que subit la bande de Gaza, et d'innocenter l'ennemi de ces crimes et de ces massacres.

Mais face à cela, (il y a) cette Résistance extraordinaire du peuple, cet attachement du peuple de Gaza à la Résistance, et le fait qu'il compte sur elle, qu'il supporte admirablement les douleurs, les souffrances, les blessures, les tueries, les déplacements. Cette performance unique et exceptionnelle de la part des factions de la Résistance, cette persévérance et cette endurance politiques face à toutes les pressions internationales et régionales.

Mais au final, je dis à notre peuple à Gaza, à notre peuple palestinien, à vous, à tous ceux qui écoutent, au final, qui est-ce qui va emporter la décision ? Ou plutôt qu'est-ce qui permet d'emporter la victoire? Trois choses, dans la voie des trois éléments en or : la réalité du terrain, l'endurance du peuple, l'endurance politique. La réalité du terrain, l'endurance du peuple, l'endurance politique. Voilà ce qui permettra de l'emporter.

Durant la guerre de juillet 2006 – pour bénéficier de l'expérience et des leçons –, Israël, dès le premier jour, a fixé des objectifs très élevés, puis a dû les revoir à la baisse, les revoir, les revoir... La dernière semaine de la guerre, celui qui intercédait en faveur de la fin de la guerre était Israël. Pourquoi ? Et je me réfère là aux Mémoires de George Bush et aux Mémoires de Condoleeza Rice, où ils racontent comment, pendant les deux dernières semaines, Ehud Olmert insistait instamment auprès d'eux en leur disant que si on poursuit la guerre, Israël va disparaître.

Nous-mêmes, en toute humilité, la Résistance au Liban, avons été surpris par de telles conclusions. Comment, Israël aurait disparu si la guerre s'était poursuivie ? Au moment où certains régimes arabes disaient à Israël : « Finissez-en avec eux, éradiquez-les » – tout cela se répète à présent – « Finissez-en avec eux, éradiquez-les, ou au moins imposez-leur des conditions humiliantes, ne vous arrêtez pas. » Mais Israël lui-même en est arrivé à un point où il ne pouvait pas poursuivre la guerre, et il a appelé les Américains au secours – car lorsque les Américains ont une volonté véritable, toute la région s'y plie, et c'est ce qui s'est passé, et tout a bien marché. N'est-ce pas ce qui s'est passé durant la guerre de juillet (2006) ?

Voilà ce qui a changé l'équation : 1/ la réalité du terrain, le terrain des Résistants héroïques ; 2/ la persévérance du peuple, des femmes, des enfants, des hommes, des civils dans toutes les régions, et surtout dans celles qui étaient prises pour cibles par les bombes et les tueries ; 3/ et la persévérance, l'endurance politiques. Aujourd'hui encore, pour cette guerre actuelle, je vous dis : le seul espoir des Palestiniens – regardez, si on laisse la question entre les mains des Américains, de l'Occident, et de beaucoup d'Arabes, ils diront « saisissez cette occasion, finissez-en. Finissez-en.  » Si quelqu'un considère – certains disent « Finissez-en avec le Hamas ». Ils ne vont pas en finir avec le Hamas (seulement), mais avec le Hamas, le Jihad Islamique, et toutes les factions palestiniennes. Ce qui est visé à Gaza, c'est la Résistance, les armes de la Résistance, la volonté de la Résistance, la culture de la Résistance, l'espoir dans la Résistance.

Aujourd'hui, tel ou tel jour, la Résistance a tel ou tel nom, puis tel autre jour elle aura tel autre nom, comme cela s'est produit pour nous au Liban, comme cela se passe en Palestine, les noms sont distincts et évoluent. Mais la cible n'est pas seulement le Hamas. La cible est toute la Résistance en Palestine. Tout tunnel à Gaza. Toute roquette à Gaza. Toute Kalachnikov à Gaza. Toute arme de poing à Gaza. Bien plus, tout sang résistant qui coule dans les veines des habitants de Gaza. Telle est la cible actuellement.

L'horizon (pour la Résistance) est que vienne un stade où Israël lui-même voie qu'il ne peut pas poursuivre (la guerre). C'est ce qui s'est passé en juillet 2006. Il n'a pas pu poursuivre, « au secours les Américains, trouvez-nous une issue. » Voilà ce qui s'est passé en 2006. Naturellement, le verdict du Conseil de Sécurité a condamné la Résistance, mais l'important est ce qui s'est passé après la condamnation, voilà ce qui compte.

Je vous le dis aujourd'hui, Gaza, aujourd'hui même, alors qu'elle enterre ses martyrs et qu'elle combat, Gaza a gagné selon la logique de la Résistance. Lorsqu'on arrive au 18e jour, et que les sionistes, et avec eux le monde entier, se révèlent incapables de réaliser un seul des objectifs de la guerre contre Gaza, cela signifie que la Résistance a gagné à Gaza. Et je vous dis également, depuis la position de quelqu'un qui connaît le terrain et participe (à la lutte), la Résistance à Gaza est capable d'obtenir la victoire, et elle sera victorieuse si Dieu le veut.

Aujourd'hui, nous – arrêtons-nous pour évaluer la situation, et concluons sur notre position. Aujourd'hui, et en prenant en considération le fait que la bataille a lieu entre deux côtés sur le terrain : le côté israélien, qui compte parmi les armées les plus puissantes au monde, mais ce qui est plus important est que cette armée, après la guerre de 2006 au Liban et de 2008 à Gaza, a institué des commissions – vous vous souvenez de Winograd, n'est-ce pas – Israël a institué des commissions, des enquêtes, des études, des débats, et depuis 2006 jusqu'à ce jour, ils sont en état d'entraînement, de manœuvres, d'armement, de préparation, de collecte d'informations – c'est à dire que ce qu'ils ont fait durant ces 8 années, est de fonder une nouvelle armée forte. Voilà ce que nous avons d'un côté. Mais d'autre part, nous avons une bande (de territoire), d'une superficie étroite, une bande côtière dont le terrain est plat, et plus grave que tout cela, soumise à un blocus depuis des années. Assiégée, du type de blocus le plus sévère.

Pour comparer ces deux côtés, qu'avons-nous sous les yeux ? Nous voyons devant nous l'échec israélien. L'échec israélien. Et nous voyons devant nous les succès de la Résistance. Du côté israélien, premièrement, le recul d'Israël dans la définition des objectifs de l'opération, ou de la guerre. Maintenant, est-ce que quiconque chez eux – quel était l'objectif annoncé ? Ils ont des objectifs implicites, je les ai annoncés précédemment. Mais quel est l'objectif annoncé ? Est-il le même que l'objectif implicite, caché ? Non ! Ils ne commencent pas par des objectifs élevés. Pourquoi ? Soyez très attentifs. Car ils ont peur, dès le début ils ont peur de l'échec. C'est-à-dire qu'ils bénéficient des leçons de la guerre au Liban. Au Liban (en 2006), ils ont commencé par annoncer « Eradiquer la Résistance, lui faire rendre les armes, l'expulser du Sud, ou au moins du Sud du fleuve Litani, qu'elle rende les deux prisonniers sans délai ni conditions. »

Avez-vous remarqué qu'Israël ne parle pas de son soldat prisonnier (à Gaza) ? Ils sont muets à son sujet.

Eh bien, ils n'ont pas commencé par fixer des objectifs élevés. Pourquoi n'ont-ils pas commencé par des objectifs élevés ? Alors qu'il sont censés avoir tiré des enseignements et leçons de toutes leurs expériences, et avoir réorganise leur armée ? Bien sûr, ce propos n'est pas une vaine description mais concerne Gaza, nous concerne nous au Liban ainsi que toute la région. J'y reviendrai à la fin de mon propos.

Eh bien, Israël n'a pas osé annoncer des objectifs (élevés) – même pour son opération, ses objectifs déclarés étaient la destruction des tunnels à la frontière. Israël fixe des objectifs modestes pour que, au cas où il les réalise, il puisse dire : « J'ai réalisé mes objectifs de guerre ».

(Premier point à relever), le recul d'Israël dans la définition des objectifs (militaires annoncés).

Deuxièmement, un échec du renseignement sur les capacités de la Résistance, sur ses armes, ses roquettes, ses stocks, les lieux où les roquettes sont stockées, leur fabrication, les lieux d'où elles sont lancées, les emplacements des tunnels... Israël partait du principe que Gaza et toutes les informations à y prendre étaient dans sa sphère de maîtrise totale, depuis l'air, la terre, la mer, les espions... Mais on découvre un échec monumental sur le plan du renseignement.

Troisièmement, l'échec de la force aérienne à être décisive et à emporter la victoire. C'est quelque chose de très important pour Gaza et pour le Liban. Pourquoi est-ce que j'évoque le Liban ? Si vous suivez les médias israéliens, pendant même la guerre à Gaza, ils parlent de la deuxième guerre du Liban (2006) et de la troisième guerre du Liban (à venir). Alors même qu'ils combattent à Gaza. La guerre est à Gaza, mais Israël a les yeux rivés sur vous pour savoir comment vous interprétez la guerre à Gaza, et quelles sont les leçons que vous tirez de la guerre à Gaza, car aux aguets derrière le monticule, il y a ce qu'il y a.

L'échec de la force aérienne à être décisive et à emporter la victoire. En sachant qu'il y a quelques mois, le chef de l'état-major des forces aériennes israélien qui venait de prendre poste – il est inexpérimenté et ne comprend rien à rien – il a déclaré que l'armée de l'air israélienne est aujourd'hui dans un état de préparation tel, après toutes les transformations qui ont eu lieu, qu'elle est capable – écoutez bien – qu'elle est capable (car je ne pense pas que les Libanais aient suivi ces déclarations durant les derniers mois ; nous les Libanais sommes tous occupés à d'autres choses). Il a déclaré que les forces aériennes sont capables d'être décisives et d'emporter la victoire au Liban – si une guerre advenait – en 24 heures. Et d'être décisives et d'emporter la victoire à Gaza – si une guerre advenait – en 12 heures. Et aujourd'hui, ça fait combien de temps ? 18 (jours). Aujourd'hui, c'est le 18e (jour).

Telle est la force aérienne israélienne. Et de qui parle-t-on ? De Gaza l'assiégée.

L'échec d'Israël, son incapacité à atteindre les cadres dirigeants et à maîtriser la situation à l'intérieur de la bande de Gaza. Et avec notre respect pour tous les martyrs, Israël en arrive à inventer des chefs martyrs, et parle parfois de la mort de dirigeants alors qu'ils sont toujours en vie. Voilà le point auquel Israël est arrivé.

L'échec à mettre fin aux tirs de roquettes et à empêcher leur lancement, malgré le fait que tous les avions qui sillonnent le ciel, ainsi que tous les radars, les drones, et toutes les agences de renseignement de la région sont au service d'Israël. Et nous savons bien, nous autres, quelle est l'importance de la continuation des tirs de roquettes dans un tel climat de guerre.

L'échec de l'opération terrestre : il me suffit de vous répéter ce qu'ont dit certains commentateurs israéliens. Ce propos est le leur. Il dit : « Notre armée a échoué. » Ce n'est pas moi qui dit cela aux Libanais, moi qui aime la Résistance (palestinienne) et suis son allié, c'est l'ennemi qui s'exprime ainsi. Un des commentateurs importants de l'entité ennemie déclare : « Notre armée a échoué, et le Hamas et le Jihad (Islamique) persévèrent, et persévèrent et ont combattu le pilier essentiel de nos troupes d'infanterie. » Que veut-il dire ? Il parle de la Brigade Golani, du Commando Egoz (unités d'élite israéliennes)... Oui, un échec de l'opération terrestre.

L'étendue des pertes chez les cadres, les officiers, les soldats, les tanks, les véhicules israéliens.

Une peur manifeste de s'engager dans une opération terrestre vaste. Nous voyons cela sur le visage de Netanyahu, sur le visage du chef d'état-major, sur le visage de Ya'alon (Ministre de la Défense), sur tous leurs visages. C'est eux qui sont assiégés, ils sont la plus grande puissance mais ce sont eux les peureux, les craintifs, terrorisés face à cette perspective.

Et c'est pourquoi les Israéliens se sont précipités, dès le début – à cause de leur manque de confiance en leur armée et en eux-mêmes – vers le meurtre de civils, d'enfants, ils ont pris pour cible la base de soutien (populaire) de la Résistance, ils (essayent de) briser la volonté du peuple – tout comme au Liban en 2006, quel était leur rêve ? Ils rêvaient de voir des manifestations, dans le Sud, la Bekaa, à Beyrouth, dans la banlieue Sud (de Beyrouth, bastion du Hezbollah) ou quelque endroit que ce soit au Liban où se trouvent les déplacés, surtout ceux qui ont été déplacés de leur maison, (Israël rêvait qu'ils) demandent à la Résistance de cesser le feu ou de se rendre. Et grâce à vous, le plus noble des peuples, le plus digne des peuples, le plus pur des peuples, cela ne s'est pas produit en juillet (2006).

Et Israël retente à nouveau cette expérience dans la bande de Gaza, afin d'imposer aux dirigeants de la Résistance, à la direction politique et à la direction du terrain, afin de leur imposer d'accepter un cessez-le-feu à tout prix ou de se rendre.

Cela signifie que lorsque l'armée israélienne s'est rendue à Gaza, elle n'y est pas allée en tant qu'armée combattante, mais en tant qu'armée assassinant les enfants, et c'est comme cela que nous l'avons connue au Liban, et telle a été sa nature à travers toutes ces années.

Et pour conclure sur l'évaluation israélienne de la situation, si vous vous souvenez d'Ehud Barak, le Ministre de la Défense ou le Ministre de la Guerre israélien, dans le premier gouvernement – il me semble – après le départ d'Olmert et de celui dont j'ai oublié le nom – quel est son nom, le Ministre de la Défense ? Beretz, Meretz, quelque chose comme ça [en juillet 2006, Amir Peretz, sûr de la victoire d'Israël, avait déclaré : « Nasrallah n'oubliera pas le nom d'Amir Peretz »]. Ehud Barak, après plusieurs années en exercice et ayant tiré les leçons, qu'a-t-il dit ? Et ce propos a également été confirmé par des chefs d'état-major israéliens. Une phrase brève. Aujourd'hui, cette phrase s'est écroulée aux portes de Gaza. Il a dit – bien sûr, il était en train de menacer le Liban à cette époque – il a dit que toute guerre prochaine que mènera Israël sera rapide et décisive, et que sa victoire sera éclatante. Trois éléments: rapide, décisive, et une victoire éclatante. Aujourd'hui, Gaza leur répond : vous êtes ce que vous avez toujours été, vous ne combattez que depuis des retraites fortifiées ou retranchés derrière des murs. Vous êtes les lâches terrorisés qui se cachent derrière des avions et des tanks et ne tuent que des enfants, et lorsque vous rencontrez nos combattants héroïques face à face, vous êtes écrasés et votre armée est vaincue. Telle est la vérité. Ni de victoire rapide, ni de victoire décisive, ni de victoire éclatante et manifeste.

[...]

vendredi 25 juillet 2014

Vladimir Poutine s'exprime sur l'Ukraine et les nouvelles sanctions américaines (VOSTFR)



Vladimir Poutine répond à des questions de journalistes russes après ses visites à Cuba, au Nicaragua, en Argentine et au Brésil Brasilia, 17 juillet 2014

Traduction: http://www.sayed7asan.blogspot.fr

Interview complète : http://eng.news.kremlin.ru/transcripts/22683




Retranscription de l'extrait vidéo : 
 
VLADIMIR POUTINE: Bonjour, ou bonsoir. Quel fuseau horaire suivons-nous ?

JOURNALISTES: Bonsoir !

QUESTION: La première question concerne des nouvelles récentes. Les Etats-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à la Russie...

VLADIMIR POUTINE: Vraiment ?

QUESTION: Vous avez déjà déclaré plus tôt que la Russie mettrait peut-être en place des mesures de rétorsion. Quelle sera la réponse cette fois ?

VLADIMIR POUTINE: Nous devons d'abord voir ce que ces sanctions entraînent; nous devrons examiner cela calmement, sans agitation. En général, je tiens à dire que malheureusement, ceux qui planifient les actions de politique étrangère des États-Unis – ce n'est pas une observation récente mais concernant les 10-15 dernières années – mènent une politique étrangère agressive et, à mon avis, qui manque de professionnalisme, parce que quoi qu'ils fassent, il y a des problèmes partout.

Il suffit de regarder: il y a des problèmes en Afghanistan; l'Irak est en train de s'effondrer; la Libye est en train de s'effondrer. Si le général el-Sisi n'avait pas pris le contrôle de l'Egypte, l'Egypte serait probablement elle aussi dans la tourmente à présent. En Afrique, il y a des problèmes dans de nombreux pays. Ils se sont impliqués en Ukraine, et il y a des problèmes là-bas aussi.

Il serait bon que tout le monde comprenne que nous devons nous appuyer sur les principes fondamentaux du droit international et du droit local, et traiter les Etats et la constitutionnalité avec beaucoup de soin, en particulier dans les pays qui viennent tout juste de se redresser, où le système politique est encore assez jeune et immature, et où l'économie est encore en voie de développement.
Nous devons traiter les institutions étatiques avec le plus grand soin. Quand elles sont traitées avec mépris, cela entraîne des conséquences graves: désintégration et conflits internes, comme nous l'observons actuellement en Ukraine.
Ceux qui poussent les autres pays vers de tels développements ne devraient jamais oublier que le sang des soldats de l'armée régulière, le sang des combattants de la résistance, et celui des civils, en premier lieu, est sur leurs mains, de même que les larmes des mères, des veuves et des orphelins – ils sont sur leur conscience, et ils n'ont moralement pas le droit de rejeter cette responsabilité sur les épaules de quiconque.

Voici ce qui devrait être fait conjointement: appeler toutes les parties du conflit en Ukraine à cesser immédiatement les hostilités et à commencer les pourparlers. Mais malheureusement, nous ne voyons pas cela de la part de nos partenaires, d'abord et avant tout nos partenaires américains qui, au contraire, il me semble, poussent les autorités actuelles de l'Ukraine vers la poursuite d'une guerre fratricide et la poursuite des opérations punitives. Cette politique n'a aucune perspective.
Quant aux diverses sanctions, j'ai déjà dit qu'elles ont généralement un effet boomerang, et, sans aucun doute, dans ce cas, conduisent les relations russo-américaines dans une impasse et les endommagent gravement. Je suis certain que cela est nocif pour les intérêts stratégiques à long terme de l'administration américaine et du peuple américain.

Il est très regrettable que nos partenaires suivent cette voie, mais la porte menant au processus de négociation pour surmonter et dépasser cette situation reste ouverte. J'espère que la raison et le désir de régler tous les problèmes par des moyens pacifiques et diplomatiques prévaudront.

[...]

QUESTION: M. Poutine, la délégation du FMI est en train de finaliser sa décision sur le montant de son aide financière pour l'Ukraine. Que pensez-vous de ce type d'assistance pour ce pays?

VLADIMIR POUTINE: Je voudrais commencer par dire que la Russie est extrêmement désireuse – elle a pour cela un intérêt vital – de parvenir à la cessation la plus rapide possible du conflit en Ukraine, pour un certain nombre de raisons.

Je ne sais pas s'il y a un autre pays, à l'exception de la Russie – et de l'Ukraine elle-même, bien sûr – qui aurait autant d'intérêt à arrêter l'effusion de sang et à parvenir à la résolution de la situation dans cet Etat voisin. Cela parce que nous avons beaucoup d'amis là-bas, parce que nos relations ont historiquement toujours été spéciales (il y a beaucoup de gens Russes, de russophones là-bas, etc.), et pour d'autres raisons, économiques par exemple.
Il est impératif de mettre un terme au conflit armé là, comme je l'ai déjà dit, de mettre fin à la confrontation militaire, d'établir un cessez-le feu des deux côtés – c'est quelque chose que je tiens à souligner – et d'amener les deux côtés et toutes les parties en conflit à s'asseoir à la table des négociations.

Eu égard à cela, nous sommes a priori favorables à toute assistance économique fournie à l'Ukraine, y compris l'aide fournie par le FMI. Dans le même temps, je tiens à souligner que les règles du Fonds Monétaire International stipulent qu'il ne doit pas fournir d'aide financière à pays en guerre. J'estime que c'est une mesure juste, et je pense qu'elle devrait être appliquée dans le cas de l'Ukraine. Pourquoi ? Parce que généralement, dans un pays en guerre, l'argent est donné à un pays pour un certain but, mais il est finalement utilisé pour d'autres choses. L'argent est alloué pour soutenir l'économie et la sphère sociale, mais en réalité, il est dépensé dans des opérations militaires et ainsi détourné.

C'est, je crois, exactement ce qui se passe en Ukraine avec le premier versement du FMI. Par exemple, une grande partie de ce financement devait être utilisée pour soutenir le secteur bancaire et financier. Mais d'après mes informations, la plupart de ces fonds ont été transférés aux banques privées des oligarques ukrainiens. Où est cet argent maintenant ? A quoi a-t-il servi ? Dans quelles poches a-t-il fini – c'est quelque chose que le FMI et le grand public en Ukraine, ainsi que les pays qui lui apportent de l'aide doivent savoir. Par conséquent, nous devons d'abord mettre fin aux hostilités et ensuite donner de l'argent.

En plus de tout le reste, une partie du premier versement était censée être utilisée pour honorer les engagements de l'Ukraine dans des contrats de commerce extérieur, en particulier le paiement des dettes pour les livraisons de ressources énergétiques russes. Nous n'avons rien vu de cet argent non plus.

Ce qui se passe avec le financement du FMI est exactement la même chose que ce qui s'est passé avec le crédit que nous avons accordé à l'Ukraine, dont trois milliards de dollars qu'elle a reçus de la Russie à la fin de l'année dernière: il n'y a pas eu de remboursement de la dette, aucun paiement n'est en cours. Nous aimerions beaucoup savoir où est notre argent, à quoi il a été dépensé.

Si tout ce dont je viens de parler est mis en œuvre, alors bien sûr nous sommes favorables à une assistance financière pour l'Ukraine, mais pas pour les oligarques ukrainiens et les voleurs, non, pour le peuple ukrainien. C'est une question extrêmement importante. Le plan et les instruments proposés pour le suivi de sa mise en œuvre doivent être présentés d'une manière qui ne laisserait aucun doute sur l'objectif des financements et la façon dont ils sont utilisés.

[...]

QUESTION: Vladimir Vladimirovitch, je souhaiterais vous demander des précisions sur les sanctions (américaines), si vous me le permettez.


VLADIMIR POUTINE: Qu'y a-t-il à préciser ? Ce n'est pas nous qui introduisons des sanctions. Pourquoi ne posez-vous pas la question à ceux qui nous les imposent ?

QUESTION: Néanmoins, il y a quelques mois, vous avez dit ceci (peut-être que la citation n'est pas tout à fait exacte): s'il y a de nouvelles sanctions, si cela continue, la Russie portera peut-être un regard particulièrement attentif sur les sociétés étrangères opérant dans son secteur énergétique. Pensez-vous que le temps est venu de le faire ?

VLADIMIR POUTINE: Vous faites référence à ce que j'ai dit à propos de l'effet boomerang. J'ai dit que les mesures prises par l'administration américaine contre la Russie pourraient aller à l'encontre des intérêts des États-Unis. Qu'est-ce que cela signifie?
Cela signifie que certaines entreprises étrangères pourraient vouloir travailler en Russie, mais qu'à cause de certaines restrictions, elles pourraient perdre leur compétitivité par rapport à certaines autres entreprises internationales du secteur énergétique. Nous avons permis à une importante société américaine de travailler sur notre territoire. Les États-Unis ne veulent-ils pas qu'elle y travaille ?
Ils nuisent à leurs plus grandes entreprises du domaine de l'énergie. Dans quel but ? Pour commettre obstinément une nouvelle erreur après avoir commis l'erreur précédente ? Je trouve que cette approche manque beaucoup de professionnalisme, à tout le moins. Tôt ou tard, ces méthodes de résolution des problèmes internationaux devront changer, mais ceux qui y recourent seront responsables des dégâts occasionnés.
QUESTION: Une question sur le métro de Moscou, s'il vous plaît ?
VLADIMIR POUTINE: Allez-y – dernière question.

QUESTION : Je suis désolé, vous avez déjà offert vos condoléances, et une enquête a été lancée. Pensez-vous que les autorités de Moscou devraient être tenues pour responsables [du grave accident du 15 juillet, 23 morts, 161 blessés], car ils poussent à une transformation des transports en commun ?
VLADIMIR POUTINE: La responsabilité doit toujours être personnelle. Il y a un exemple classique du droit pénal appelé la « tragédie de la chasse », lorsque deux chasseurs tirent sur un buisson pensant que du gibier s'y cache, et tuent accidentellement une personne. Etant donné que les experts ne peuvent pas établir qui a tué cette personne, ils sont tous deux exonérés de toute responsabilité. La responsabilité doit toujours être personnalisée.

Si une ou certaines personnes sont reconnues coupables, s'il est établi que l'accident est survenu par leur faute – et il s'agit d'un terrible accident, et je tiens à exprimer une fois encore mes condoléances aux familles des victimes et ma solidarité avec les blessés ; nous allons tout faire pour les aider –, les enquêteurs devraient démontrer cette culpabilité (je me suis entretenu sur ce point avec M. Bastrykin hier) et les traduire en justice comme responsables, mais seules les personnes spécifiques dont c'était la faute.

Nous ne devrions pas faire de déclarations générales dans ce contexte ou utiliser la tragédie comme une opportunité de relations publiques (communication). Dans une telle situation, nous avons besoin des actions et des conclusions professionnelles des autorités compétentes chargées de ce travail, de son organisation et de son contrôle.

Bonne journée.