mercredi 4 novembre 2015

Jean Jaurès ou la conscience française : les origines (première partie)


Le fondateur du socialisme français vu par Henri Guillemin


« Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »
Jean Jaurès, Discours à la jeunesse.


Introduction

« C’était triste, n’est-ce pas, consternant, et même assez sale et assez sordide, tout ce que nous avons vu jusqu’ici (...). Alors aujourd’hui, pour changer de climat, je voudrais que nous respirions un peu d’air pur en la compagnie de quelqu’un dont la seule présence nous rend l’estime pour la race humaine [et pour la France]. Je veux dire Jean Jaurès. » 

Le 31 juillet 2015 marquait le 101e anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès à la veille du début de la guerre de 14-18, boucherie insensée où près de 2 millions de Français seront sacrifiés pour la (Banque de) France.

A l’heure où notre France « socialiste » s’éloigne désespérément de ses idéaux fondateurs, il est bon de « changer de climat » et de « respirer un peu d’air pur », comme le dit si bien Henri Guillemin. Car il est à la fois noble et profitable d’honorer ce qui, dans notre histoire collective, est honorable et nous honore, et ce n’est qu’en éclairant le passé qu’il sera possible de faire briller quelque lueur d’espoir pour l’avenir. Nombre de vestiges méconnus, pour avoir été vaincus et ostracisés par l’oppression, n’en sont pas moins là, vibrant sous le voile de l’oubli dressé par l’histoire officielle.

« Comment décrire fidèlement, dans son authenticité humaine, un homme de cette taille ? », se demande Henri Guillemin, l’un des plus remarquables représentants de l’histoire « historique », qui s’imposera un jour, sans aucun doute, sur l’ « histoire de bonne compagnie ». Essayons d’en esquisser un modeste portrait à sa façon, avec toute la déférence et l’humilité qui s’imposent à l’égard de l’un et de l’autre.

Origines

C’est une belle histoire que celle de Jean Jaurès. Elle commence le 3 septembre 1859, à Castres, dans une petite famille modeste où naît le petit Jean, deuxième né. Son père exerce divers petits métiers, et sa mère s’occupe de leur petite propriété de 4 hectares qui les fait vivre. Une enfance paisible, quelquefois pénible – les stigmates universels de l’indigence –, qui n’empêchera pas Jean de devenir un brillant élève.

A 11 ans, son destin « bascule » grâce à l’intervention avisée d’un Inspecteur de l’Instruction Publique pour l’enseignement primaire, qui, frappé par son intelligence, le détourna de son projet de devenir receveur des postes. Jean Jaurès put ainsi obtenir une bourse d’études pour passer le baccalauréat et faire des études supérieures tout aussi brillantes, se dirigeant vers une autre branche de la fonction publique, l’enseignement.
  
Jaurès intégre Normale Sup. (major de promotion) en 1878, obtient l’Agrégation de Philosophie en 1881 et devient le plus jeune député de France en 1885, à 25 ans. Mais il n’oubliera jamais d’où il vient : il privilégiera autant que possible son foyer natal rural, sa famille, ses élèves et ses recherches philosophiques à toute considération de carrière universitaire ou politique. Il ne cèdera qu'à l'appel d'un devoir supérieur et impérieux qui le mènera vers de plus hautes destinées.

[A suivre]
Sayed Hasan

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire