lundi 28 décembre 2015

Etat d’urgence : les fossoyeurs de la République



Par Sayed Hasan

« C’est le terrorisme qui menace les libertés aujourd’hui. Ce n’est pas l’état d’urgence. Je le répète : l’état d’urgence ne signifie pas l’abandon de l’Etat de droit. Nous combattons le terrorisme, et nous le vaincrons, avec les armes de la République, de la démocratie, avec la force de nos valeurs, de nos principes républicains et de nos principes de droit. » Ainsi s’exprimait le Ministre-Bonimenteur Bernard Cazeneuve le 2 décembre 2015 avant d’annoncer les résultats des « mesures exceptionnelles » permises par l’état d’urgence, en se gardant bien de préciser, pour les quelques 10% de perquisitions qui auraient débouché sur des saisies, interpellations et/ou actions en justice, combien d’entre elles étaient effectivement liées au terrorisme. 

Il a été révélé depuis que la quasi-totalité des saisies et inculpations concernaient des délits et crimes tout autres que la planification d’actes de terreur et/ou l’ « islamisme radical » – trafic de stupéfiants, banditisme, etc., et à ce jour, malgré les milliers de domiciles saccagés, les lieux de culte profanés et surtout toutes les vies innocentes traumatisées voire brisées, aucun « terroriste » n’a été arrêté, aucune « cellule » n’a été démantelée. Un échec retentissant en somme, du moins si l’on considère qu’il s’agit bien, avant tout, de lutte contre le terrorisme, ce qui demande tout de même une forte dose de crédulité. 

En 1990, dans son roman Le Bouclage, Vladimir Volkoff[1] décrivait déjà de telles méthodes : imposer à tout un quartier « sensible » un état de siège, interner et ficher sa population et y perquisitionner tous les domiciles de fond en comble, au prétexte d’un attentat terroriste imminent qui sera « héroïquement » déjoué par l’élimination d’une organisation criminelle qui était sous étroite surveillance de longue date, mais dont la localisation et la neutralisation constitueront rétroactivement le prétexte officiel à toute l’opération. Ce qui permettra d’incarcérer quelques délinquants insaisissables jusque-là par les voies légales, et surtout d’intimer à l’ensemble de la population la vénération requise pour la Nation, l’ordre et la sécurité. Une machination ignoble dont l’auteur, anticommuniste et islamophobe viscéral, thuriféraire de l’impérialisme américain, partisan à demi-mot de la torture, ouvertement monarchiste, se faisait du reste le prosélyte, mais notre gouvernement actuel a manifestement vu plus large et étendu ses mesures de Gestapo à l’ensemble du territoire, en plus de les avoir établies pour une durée absolument insensée – et indéfiniment reconductible.

La lutte contre le terrorisme de Daech, auquel notre pays s’est ouvertement allié en Syrie et avant cela en Libye, n’est manifestement qu’un prétexte pour restreindre les libertés et intimer la terreur à la population, faire taire toute voix « dissidente », toute revendication politique ou sociale. Et bien sûr, les musulmans et descendants d’immigrés dans leur ensemble sont une cible privilégiée, que ce soit afin de briser ce qui reste en eux de culture « étrangère » ou de courtiser les électeurs du Front National. D’autant plus que pour créer une « Union Sacrée », un ennemi commun peut faire office de projet politique, et plus les actes et mesures seront spectaculaires, moins il sera aisé à la masse de réfléchir et de pondérer. Toutes ces mesures constituent évidemment une nouvelle tentative du gouvernement le plus discrédité de l’histoire de la République de redorer son blason, légitimement et irrémédiablement terni, mais à travers laquelle on peut percevoir – et c’est là le seul élément qui peut nous rassurer – les spasmes convulsifs d’une agonie qui s’annonce dévastatrice.


La prétendue lutte contre le terrorisme est de toute évidence une effroyable imposture, éminemment absurde de surcroît, tant du point de vue de ses postulats et principes – qui peut croire que toutes ces mesures puissent dissuader ou même entraver en quoi que ce soit l’action de terroristes aguerris et déterminés à mourir l’arme au poing – que de ses résultats. Mais quand bien même elle aurait eu une quelconque efficacité et contribué ponctuellement à protéger la vie de citoyens (au sens purement quantitatif, car on conçoit mal une vie saine après la violence inouïe d’une perquisition, ou même dans la crainte de celle-ci, puisqu’elle cible surtout des familles musulmanes innocentes, des activistes politiques et syndicaux, etc. ; rappelons que Winston Churchill déclarait que « Dans une démocratie, seul un livreur de lait peut frapper à la porte avant l’aube. »), il serait du devoir de toute personne attachée aux valeurs républicaines d’en dénoncer l’arbitraire et de les combattre. 

Si terrible soit-elle, la perspective d’un attentat terroriste reste celle d’un acte criminel perpétré par des particuliers, des forcenés, des fanatiques, qui détruisent effectivement des vies humaines de manière atroce, mais constituent une violence qui garde le statut d’accident au sein d’une société – par opposition à une dérive structurelle. De tels actes ne sont pas commis par des représentants de l’Etat, par la force publique, et sont à ce titre assimilables à des actes de grand banditisme, avec leur lot de victimes innocentes, certes collatérales, ce qui ne change pas fondamentalement les choses. Le terrorisme ou le banditisme sont le fait d’individus qui se placent au-delà de toute légalité et peuvent attenter à la vie de tout citoyen, mais en aucun cas menacer la société dans son ensemble ou dans ses fondements : bien que les criminels s’en affranchissent de fait et le bafouent, le droit n’en subsiste pas moins pour le reste des citoyens et l’ensemble de la société. Mais lorsque l’appareil étatique, qui, selon la fameuse définition de Max Weber, détient « le monopole de la violence légitime », abolit lui-même l’Etat de droit et se rend coupable de telles atteintes aux personnes, quels qu’en soit la raison ou plutôt le prétexte, donnant à la violence arbitraire et illégitime force de loi, ce sont les fondements même de la société démocratique qui sont mis à mal. L’Etat, qui n’a été constitué que pour garantir la liberté, la sécurité et le bien-être des citoyens (et selon la tradition philosophique occidentale, la liberté en est le but suprême), devient l’instance même qui piétine les droits élémentaires de l’ensemble des citoyens, sans aucune résistance possible, sans aucune voie de recours, ce qui doit être considéré comme bien plus grave, bien plus dangereux que le 13 novembre, le 7 janvier ou même le 11 septembre. Quoi qu’en dise M. Cazeneuve, si le terrorisme peut effectivement menacer nos vies, seul l’Etat peut constituer une véritable menace pour nos libertés. 

La maxime qui guide l’action du gouvernement, et qui semble, tacitement ou explicitement, approuvée par l’ensemble de la classe politique, des médias, et une bonne partie de la population, est celle-ci : le bien le plus précieux de l’homme n’est pas la liberté, mais la sécurité, et il serait tout à fait naturel et sain de sacrifier quelques libertés pour plus de sécurité. Conception qui constitue très précisément un certificat de décès pour les valeurs républicaines, et qui pourrait même nous amener à nous demander, en faisant abstraction du caractère extrêmement marginal de la Résistance française, s’il valait la peine de lutter contre l’Occupation nazie. Comme le déclarait Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs des Etats-Unis, « Ceux qui sont prêts à renoncer à des libertés essentielles pour obtenir temporairement un peu de sécurité ne méritent ni la liberté, ni la sécurité, [et finissent par perdre les deux]. » Et comme nous l’avons vu, si les violations des libertés permises par l’état d’urgence sont flagrantes et infâmes, confinant au totalitarisme, les gains temporaires en fait de sécurité sont au mieux infimes, et, au pire et en toute probabilité, négatifs, le fait de cibler toute une catégorie de citoyens ne pouvant que nourrir les tensions, diviser davantage la société et donner plus de crédit aux discours et actions extrémistes, et donc favoriser le recrutement de Daech et autres organisations violentes. Même le syndicat de la magistrature avait dénoncé l'état d'urgence dans un communiqué inhabituellement véhément.

La surenchère sécuritaire, le déni de droit et les mesures d’exception qui pèsent sur l’ensemble des citoyens ne sauraient faire reculer la violence et l’extrémisme, bien au contraire : de telles mesures les attisent et, tout en prétendant en constituer le remède, elles en font insidieusement notre quotidien. Ce sont là des vérités élémentaires, bien qu’elles soient étouffées par le matraquage politique et médiatique ambiant. Goebbels lui-même le théorisait : « Si vous proclamez un mensonge énorme et le martelez sans cesse, les gens finiront par y croire. » Et il aurait ajouté : « Le mensonge peut être maintenu seulement tant que l’Etat peut dissimuler les conséquences politiques, économiques et/ou militaires du mensonge. Il devient donc d’une importance vitale pour l’Etat de faire usage de tous ses pouvoirs pour réprimer toute dissidence, car la vérité est l’ennemi mortel du mensonge, et donc par extension, la vérité est le plus grand ennemi de l’Etat. » Notre gouvernement semble avoir bien compris cela, car il envisage des mesures qui feraient de la France un Etat policier n’ayant rien à envier aux dictatures, en muselant la liberté d’expression et d’information, en s’attaquant à la vie privée, et en inscrivant l’état d’urgence dans la Constitution, afin de contrôler durablement et totalement l’ensemble de la population – sans même parler de la déchéance de nationalité, qui bafoue l’idée même d’égalité des droits et de justice. George Orwell, nous voilà.

Face à cette violence implacable de l’Etat, que pouvons-nous, sinon faire usage des libertés qui nous restent ? Ne pas y céder en principe, et, en acte, la dénoncer autant que possible. Manifester notre solidarité à toutes les victimes de ces mesures inadmissibles et indignes, ce qui est un devoir civique et d’humanité. Ne jamais (plus) se compromettre en votant pour des individus ou groupes qui ont cautionné ces mesures liberticides, afin que du moins, ils ne puissent prétendre agir en notre nom. 

En dernière instance, rappelons ce propos d’Henry David Thoreau, théoricien de la désobéissance civile : « Sous un gouvernement qui peut emprisonner injustement n’importe quel citoyen, la seule place d’un homme juste est en prison. » 


Sayed Hasan



[1] Vladimir Volkoff, romancier francophone d’origine russe dont les parents s’étaient exilés suite à la Révolution de 1917, agent du renseignement français en Algérie, prix de l’Académie française en 1982 suite à un roman d’espionnage antisoviétique, y avait notamment ces mots : « Et si on s’en moquait, du tollé, comme les Israéliens en Palestine, Thatcher aux Malouines et Reagan à Grenade ?... Le véritable ennemi du policier n’est plus le voyou ni l’avocat du voyou mais le juge d’instruction… Ce pays aime qu’on lui fasse une politique de droite avec une étiquette de gauche. » Le Bouclage, Editions de Fallois, L’Age d’Homme, Lausanne, 1990, pp. 117, 199, 584. Citons encore ce propos : « Les Français sont des cavaleurs, ils ont surtout cavalé en 1940, beaucoup de leurs intellectuels ont léché pendant quarante ans les bottes des communistes et les plus masos continuent avec l’Islam. » Le Berkeley à cinq heures, Éditions de Fallois et L'Âge d'Homme, Paris et Lausanne, 1994, p. 7. Il est surtout l’auteur d’une excellente série d’ouvrages pour la jeunesse, les Langelot.

vendredi 25 décembre 2015

Les marchands de soupe de la Mission laïque française: violences et omerta (2)



Récit de l’affaire Salah L.

Mission laïque française (MISR Language Schools) & Services de l’Ambassade de France au Caire

Deuxième partie





Les faits évoqués ci-dessous sont attestés par des documents et témoignages multiples et explicites. Des notes de fin de document fournissent des extraits éloquents de ces éléments de preuve. Les noms marqués d’une étoile (*) ont été modifiés.

Ce dossier est actuellement instruit aux prud’hommes et auprès du Défenseur des Droits, et il reste en voie de complétion.

Pour précision, bien que ces faits survenus en Egypte aient un caractère extrême, ils reflètent une certaine culture au sein de l'Education Nationale, bien qu'elle soit moins exacerbée en France.





Les marchands de soupe / Carpetbaggers de la M*** laïque française


Introduction


1 – Un établissement particulièrement difficile

2 – La « petite » affaire : Samuel M. / Salah L.

3 – La « grande » Affaire : exclusion illégale, menaces, violences, tentative de subornation et plainte diffamatoire…

4 – … pleinement cautionnées par la direction de la Mission laïque française

5 – Le parti pris des instances diplomatiques

Conclusion      



Mise à jour : Pour la publication de la première partie de ce récit et d’un autre article, j’ai été attaqué en diffamation par la MLF en référé, procédure d’urgence. La MLF demandait une censure TOTALE des écrits incriminés et 12 500 euros d’amende, manœuvre d’intimidation et de censure manifeste – j’ai vécu cela et bien pire en Egypte. Par un arrêt du 8 décembre 2015, j’ai été condamné à retirer un seul mot du titre de la première partie (sur plus de vingt pages d’accusations accablantes) et deux lignes d’un autre article (de six pages), qui ont été jugés diffamatoires (pour rappel, Zola avait été condamné pour deux mots de sa lettre J’Accuse), et à payer 2500 euros à la partie adverse, soit plus de 5000 euros de dépenses au total en comptant mes frais de défense. Harcèlement judiciaire ?  



                                       

2 – La « petite » affaire : Samuel M. / Salah L.


Hostilité de S. M. à mon égard dès mon arrivée

Il a été établi par divers témoignages écrits des élèves, parents et professeurs que mon collègue Samuel M. a toujours été hostile à mon égard, et m’a maintes fois provoqué gratuitement à l’intérieur de l’établissement, devant mes élèves, sans que je réagisse[1]. Samuel M. m’en voulait d’avoir été embauché pour un poste qu’il convoitait : Professeur de Philosophie à temps partiel, il avait assuré l’intérim au poste de Professeur de Français laissé vacant par le départ précipité de Myriam* H., par défaut, avant mon arrivée. Cela lui avait octroyé un temps complet avec heures supplémentaires, entraînant une augmentation notable de son salaire, et son contrat était en voie de renégociation. Frédéric T. lui avait laissé entendre qu’il pourrait conserver ce poste jusqu’à la fin de l’année, mais au même moment, il me recrutait à Paris pour ce même poste, ce qui fut ensuite annoncé à la surprise générale. Considérant que je lui avais « pris » ce poste de Professeur de Français, Samuel M. n’a eu de cesse de vouloir m’en écarter.

Une collaboration fut mise en place entre nous par Frédéric T. pour les classes de 4e, qui étaient les plus turbulentes et qui ont été dédoublées pour faciliter leur remise au travail. Cela a constitué pour Samuel M. une occasion d’essayer de m’évincer de ce poste, d’autant plus qu’il était entendu que ce dédoublement ne serait que temporaire, et que les classes reviendraient ensuite à l’enseignant le plus apte et le plus qualifié. Samuel M., n’ayant ni expérience ni diplômes pour l’enseignement du Français (nous avons vu que MISR était peu regardant quant aux qualifications des enseignants), ne souhaitait aucunement revenir à sa faible dotation horaire de « Professeur de Philosophie ». Il a donc sciemment saboté cette collaboration et cherché à me mettre en difficulté, ne se tenant pas au programme convenu avec les élèves – que nous avions en commun –, ce qui me mettait dans une situation malaisée face à eux : en effet, je découvrais durant mes propres cours qu’ils avaient déjà fait avec lui ce qu’ils étaient censés faire avec moi, ou qu’ils avaient vu quelque chose de complètement différent de ce qu’on avait prévu. Je m’efforçais alors de sauver les apparences, à mes dépens, car j’y voyais initialement pour cause des faux-pas de Samuel M. dus à son inexpérience – il enseignait le Français pour la première fois –, et non de la malveillance. Mais au fur et à mesure de ces anicroches, je me suis rendu compte que mon collègue ne jouait pas franc-jeu. Cela a progressivement été révélé dans la différence entre ce qu’il me disait, qui était initialement consensuel et cordial, et ce qu’il faisait ou m’écrivait, qui différait radicalement de ce que j’avais entendu de sa propre bouche et semblait manifestement vouloir me déconsidérer et me mettre en faute[2]. Ainsi, il ne s’est pas présenté au premier Conseil de classe des 4e du 17 décembre, sans en notifier quiconque, alors qu’il m’avait assuré l’après-midi même qu’il y serait (cf. note n° 9) : nous nous étions répartis les tâches mais il ne voulait apparemment pas se confronter aux parents en évoquant les difficultés rencontrées avec ces classes, un exercice toujours périlleux, comme cela a été montré dans la première partie, et j’ai donc dû mener à bien cette tâche seul. Tous ces « errements » ne l’empêchaient pas d’adopter un ton condescendant dans ses échanges avec moi, ce qui ne laissait pas de me surprendre, et je me voyais contraint de répondre de manière circonstanciée, pressentant que ces courriels pourraient être réutilisés contre moi[3].

Samuel M. s’estimait manifestement en concurrence avec moi, et voyant que j’avais incontestablement la faveur des élèves, il est allé jusqu’à me traiter d’un air dédaigneux en leur présence même[4]. Cette hostilité était si flagrante que malgré mon silence à ce sujet et ma volonté de sauver les apparences devant les élèves, elle était connue de ceux-ci et de leurs parents, qui en ont témoigné par écrit, dénonçant l’hostilité et le « racisme » de Samuel M. à mon encontre – ainsi que le « racisme » institutionnel dans cet établissement « français »[5]. 
Samuel M. a ensuite refusé ouvertement toute collaboration, alors que nous nous étions engagés, sous la directive du Proviseur, à travailler de concert. Ces tensions devenant ingérables, j’en référai à Frédéric T. qui nous reçut dans son bureau le 15 janvier, afin de démontrer du moins, en prévision de la suite, que le refus ne venait pas de moi. Samuel M. n’hésita pas à mentir effrontément et à nier l’existence de courriels que je lui avais adressés, et à démentir lui-même ses propres courriels[6], tablant sur le manque d’autorité et de crédit du Proviseur, qui étaient de notoriété publique. M. T. fut incapable de trancher entre nous et d’imposer le respect de ses directives à Samuel M., qui refusait obstinément – et impunément – toute collaboration, alors que cela avait été annoncé aux élèves et à leurs parents, et Frédéric T. se contenta de nous renvoyer dos à dos en maintenant ses instructions. Le manque de professionnalisme manifeste de M. M. visait à me discréditer et à retarder autant que possible la « réunification » prévue de ces classes, qui, dans cet objectif, devaient suivre une même progression[7]. Les provocations répétées de Samuel M. sont documentées par de nombreux échanges d’e-mails entre lui, le Proviseur et moi-même[8]. Ainsi concluais-je dans un courriel à Frédéric T. daté du 15 janvier, après avoir évoqué tous les agissements de Samuel M. : « Il essaie de me mettre en faute pour des raisons qui finiront bien par se dévoiler[9]. »

Guerre de l'information : ZDF a-t-elle falsifié un documentaire sur l'Ukraine ?



Depuis les événements dramatiques de février et mars 2014 en Ukraine, qui ont vu le renversement du gouvernement de Viktor Ianoukovitch, jugé sinon pro-russe, du moins pas assez pro-européen, puis la sécession de la Crimée et son rattachement à la Fédération de Russie, la Russie a été accusée d'intervenir militairement en Ukraine. Le nouveau gouvernement de Kiev y mène une guerre contre les séparatistes du Donbass, forces pro-russes qui le tiennent en échec. Si la présence de troupes russes en Crimée durant le référendum d'auto-détermination (les « hommes verts courtois », qui n'ont pas tiré un seul coup de feu) a été reconnue par Moscou, et que le soutien humanitaire et militaire de la Russie aux séparatistes est incontestable, la question de la participation directe de forces russes aux combats reste vivement débattue.

Le Président russe Vladimir Poutine l'a maintes fois niée, et durant sa récente conférence de presse du 17 décembre 2015, il a encore déclaré en réponse à une question sur des échanges de prisonniers qui incluraient des citoyens russes : « Nous n'avons jamais dit que nous n'avons pas d'hommes qui s'y occupent de certaines choses, y compris dans le domaine militaire, mais cela ne signifie pas que des troupes russes régulières y sont présentes. Appréciez la différence. » Cela semble consistant avec ce qu'il avait déjà déclaré auparavant, à savoir le fait que les citoyens russes qui s'étaient rendus dans le Donbass pour y combattre l'avaient fait de leur propre chef et non pas en tant que soldats en service diligentés par leur gouvernement. Ne serait-ce qu'un jeu sur les mots ? Ce propos établit du moins que l'appui militaire de la Russie aux séparatistes est officiel, même s'il y a discussion sur son ampleur (conseil, armements, tirs d'artillerie transfrontaliers, participation aux combats, etc. ?). Il n'est pas sûr que la Russie aille plus loin que les Etats-Unis dans leur propre soutien au gouvernement de Kiev, qui comporte également une composante militaire officielle.

Si la guerre du Donbass ne fait plus les titres de l'actualité, la guerre de l'information continue, comme le montre ce reportage de la chaîne nationale russe Rossiya 1 du 22 décembre. Il affirme que la principale chaîne TV nationale allemande, ZDF, aurait falsifié un reportage sur le Donbass en payant un acteur pour jouer le rôle d'un soldat russe, afin d'entretenir le climat de propagande anti-Poutine et de russophobie. La ZDF, dans un communiqué sur son site, a nié en bloc les accusations russes, pourtant étayées, non seulement par le témoignage du jeune homme recruté pour jouer le volontaire russe, mais aussi par des documents photographiques et vidéo. 

Il est bon de rappeler qu'en septembre 2014, cette même chaîne ZDF avait produit une émission parodique qui dénonçait justement la propagande anti-russe des médias allemands quant à la crise ukrainienne, mais qu'en février 2015, elle avait publié une photo de chars russes en Ossétie du Sud en 2008, avec la légende « Blindés russes près d'Isvarino, dans la région de Lugansk, le 12 février 2015 ». Quoi qu'il en soit, cela donne un aperçu original des tensions entre l'Occident et la Russie, et de la guerre de l'information qui est livrée pour conquérir l'opinion publique. 

Sayed Hasan


Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr/

Merci à Thalie pour son aide.

mardi 22 décembre 2015

Guerre sans merci au Yémen : « La mélodie de notre exil »






La ville historique de Sanaa a été ouverte à des populations provenant de diverses régions et milieux depuis le 4ème siècle avant J.C. Elle les a accueillis tout au long de ses périodes prospères et difficiles, devenant un témoin de leurs joies et de leurs peines. Encore une fois, Sanaa est prise dans une période de turbulences, et ses vents portent des mélodies d’exil, au point que ses habitants se sentent comme des étrangers. Aujourd’hui, ils attendent dans la peur et la crainte de l’inconnu.  

Pourtant, la résilience de Sanaa ne peut pas et ne sera pas détruite. Elle continue d’aimer ses habitants, et maintient la conviction que le soleil se lèvera à nouveau. « Mélodies d’étrangers ». Par ses images puissantes, cette courte vidéo donne vie aux poèmes du poète yéménite Abd-al-Aziz Al-Maqaleh, qui rappellent aux citoyens la force et la résilience de leur ville malgré les nombreux conflits.

Le message est un rappel que, peu importe à quel point la ville semble étrangère, ses habitants ne sont pas des étrangers dans leur propre ville. C’est leur ville. C’est chez eux. C’est le lieu où ils feront la différence en tant qu’agents de la paix


Voir également :





La mélodie de notre exil.

Est-ce que la folie est devenue sensée ?
Est-ce que l’irrationalité est devenue raison ?
C’est une question que pose l’esprit humain
paralysé par la peur
et accablé par les chagrins.
Est-ce que la nuit qui répand ses ténèbres sur la terre est devenue une barrière éternelle ?
Ou y a-t-il, après la nuit, un jour
qui a sur la terre une durée déterminée et des périodes fixes ?

Elle est la mélodie de notre exil et la couleur de nos discussions,
et notre prière aux heures de joie et d’ennui.
Qu’importe combien la nuit a recouvert ses montagnes,
et combien le danger a envahi et opprimé ses rues,
qu’importe que la vieille chaîne ait paralysé sa jambe
telle une blessure béante à la face du soleil, sur l’œil de la lune.
Un ouragan dévastera les ténèbres de son jour
et une aube généreuse l’embrassera dans sa tendresse.

Nous avons brisé le visage de notre exil,
et ce que nos nuits étrangères ont conservé en fait de fausses images.
Les navires du départ se sont fracassés
et elle a expiré dans les bras de notre rive véritable.

Sanaa est incontournable.

Un jour, le chant du destin a été entonné depuis notre exil.

Sanaa est incontournable, si long que soit le voyage pour l’atteindre.
Elle est incontournable.
Notre amour, son désir de nous revoir
font résonner cet appel tout autour de nous : « Où trouverons-nous refuge ? »
Nous avons porté ses chagrins et ses blessures sous nos paupières, ils ont germé et les fruits sont mûrs.

Sanaa... Même si elle s’endort sur ses chagrins pour un temps...
Même si elle s’endort sur ses chagrins pour de bon, et que la torpeur et l’engourdissement la saisissent.
Son aube se révoltera à la face des ténèbres, sans aucun doute,
et ce jour-là, la pluie noiera sa sècheresse.

Oeuvre du poète yéménite Abd-el-Aziz Al-Maqaleh, dans “Réalité insensée”, « Sanaa est incontournable »

Hassan Nasrallah : Voeux pour la naissance du Christ et du Prophète (VOSTFR)


Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 21 décembre 2015, après le martyre de Samir Kuntar, Commandant de la Résistance

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr




Transcription :



[…]

Tout d'abord, dans quelques jours, le monde commémorera l'anniversaire glorieux de la naissance de notre Maître le Messie, que la paix soit sur lui. Et à cette occasion, nous nous tournons vers tous les chrétiens et tous les musulmans, au Liban et dans le monde, pour leur adresser nos félicitations et nos vœux pour cette occasion grandiose.

Quelques jours après également, le monde commémorera la naissance bénie du plus grand des Prophètes de Dieu, Muhammad b. (fils de) Abdallah, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa famille. Et à cette occasion, nous nous tournons vers tous les musulmans, au Liban et dans le monde entier, pour leur adresser nos félicitations et nos vœux pour cette naissance pure et bénie.

Et nous demandons à Dieu le Très-Haut, par la bénédiction et la grandeur de ces deux Messagers divins grandioses, de répandre sur tous, sur tous les peuples du monde, sur les peuples de notre région et sur notre pays, la miséricorde, la paix, la sécurité, le bonheur et le succès face aux crises et aux épreuves, et d'ouvrir l'esprit et le cœur de tous à l'aspiration au règne de l'amour et de la compassion qu'ont incarné ces deux grands (Prophètes) parmi tous les peuples du monde, et ce jusqu'au Jour de la Résurrection.

[…]