mercredi 20 janvier 2016

Hassan Nasrallah : L'exécution de Nimr al-Nimr signe l'arrêt de mort des Saoud




Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 3 janvier 2016, à l’occasion du décès de Cheikh Muhammad Khatoun et de l’exécution de Cheikh Nimr al-Nimr




Transcription :

[…] 

Que Dieu fasse miséricorde à notre cher et digne Cheikh (Mohamed Khatoun), et qu'il le ressuscite avec les Prophètes, les martyrs, les véridiques et les justes, et ceux-là sont une bonne compagnie.

Quoi qu'il en soit, au Liban, les grands savants d'hier et d'aujourd'hui (que Dieu les protège) ont la possibilité de se déplacer d'un pupitre à un autre, d'une place à une autre, pour proclamer la vérité, dire des paroles de vérité, et de rester vivants, sans que des mains meurtrières les atteignent, sauf à de rares occurrences. Mais il y a beaucoup d'endroits dans le monde ou cela ne leur est pas possible.

C'est l'un de ces endroits que je vais évoquer dans notre propos du jour, à savoir une terre... – je vais parler en toute clarté : aujourd'hui, nous allons tout dire en toutes lettres ; l'heure n'est plus aux précautions oratoires et aux embellissements, laissons tout cela de côté, ce temps est pour moi révolu.
Sur une terre de la péninsule arabique, un Etat a été établi, et ce territoire a été nommé de manière frauduleuse, oppressive, mensongère et usurpatrice le « Royaume d’Arabie Saoudite ». La Terre des deux Lieux Saints, la Terre du Prophète (paix et bénédictions de Dieu sur lui et sa famille), de sa famille et de ses nobles Compagnons, la Terre des premiers moudjahidins (des batailles) de Badr et d'Uhud, la Terre de l'Islam, est nommée d'après le nom d'une famille ! La famille dynastique des Saoud, qui s'est imposée au peuple de la péninsule arabique, oui, imposée à eux par les massacres, les meurtres et la terreur.

Et tout cela est présent dans les livres d'histoire, même dans ceux qui ont été composés par les partisans des Saoud pour les Saoud eux-mêmes, qui parlent de ces vérités et les présentent comme des objets d'orgueil pour le roi fondateur et pour les gangs criminels qui tuaient, violaient, massacraient et démembraient les peuples originels de la péninsule arabique, en déversant par torrents le sang de ces peuples, de ces tribus et de ces familles. 

Ainsi a été fondé ce royaume, grâce au soutien britannique, à l'argent britannique, aux armes britanniques, en tant que partie prenante du projet colonial britannique visant à s'emparer de nos pays ; et de manière simultanée, une autre entité était également fondée sur les massacres, les carnages , les démembrements et le sang versé, sous le nom d'Israël, en Palestine Occupée.

Sur cette terre (d'Arabie saoudite), il n'y a pas de place pour un homme de foi, appelant aux réformes, et cela n'est pas spécifique aux chiites et à la région orientale : qu'il soit chiite, sunnite, islamique ou non, nationaliste, patriote, libéral, quel qu'il soit. Sur ce territoire, dans ce royaume, la critique est interdite, l'objection est interdite, le débat est interdit, tout cela est interdit.

Eh bien, aujourd'hui, nous n'allons pas reprendre toute l'histoire, mais nous concentrer directement sur le présent, face à un événement choquant, un événement absolument terrible. Peut-être que les Saoud minimisent leur acte, car ils minimisent l'ensemble de cette Communauté (islamique), mais c'est un événement dont il est impossible de minimiser la portée. S'en prendre ainsi à un grand savant courageux, respecté et réformiste tel que Son Eminence le martyr Cheikh Nimr al-Nimr n'est pas un événement sur lequel on peut passer comme ça, en aucun cas. Ils se trompent lourdement et se font des illusions, et lisent très mal la situation (s'ils le croient).

Eh bien, entrons dans le vif du sujet de manière cohérente, calme et logique.

Premièrement, pourquoi ont-ils exécuté Son Eminence le Cheikh al-Nimr ? Quelle est son histoire, quel est son péché, quel est son crime ? Qu'ont-ils déclaré au monde ? Ils n'ont rien pu dire (de conséquent). Bien sûr, je ne sais pas ce qu'il en est pour les autres condamnés, je n'ai pas suivi leur dossier : oppresseurs ou opprimés, justement ou injustement exécutés, Dieu seul le sait. Avec un tel système judiciaire et un tel Etat, il est impossible de se prononcer au jugé, et c'est pourquoi je ne le fais pas. Mais considérons Son Eminence le Cheikh martyr, et laissons de côté les autres personnes accusées d'attentats, de terreur, etc., et lui avec eux, tous sous le chef d'accusation de terrorisme.

Eh bien, quel est son crime ? La justice saoudienne est-elle parvenue à prouver que le Cheikh al-Nimr (je n'ai pas retenu les termes exacts) a porté les armes ? Qu'il aurait fait usage d'armes, tué ? Indépendamment du caractère licite ou non de tels actes. A-t-il créé une organisation armée ? Vous pouvez dire une telle chose à mon sujet et au sujet de mes frères, sur le Sayed Abbas (Musawi), que nous avons créé une organisation armée pour combattre Israël. Et bien sûr, c'est là un crime absolument atroce (d'après vous), n'est-ce pas ? A-t-il créé une organisation armée ? A-t-il appelé à combattre ? A-t-il appelé à prendre les armes ? Ou bien sa démarche est-elle totalement pacifique ? Une démarche pacifique. Comme pour tous les savants dans la région orientale en particulier. 

Comme pour les savants et les dirigeants au Bahrein aujourd'hui, qui ont tous été jetés en prison. Citons le Cheikh Salmane, le Cheikh al-Miqdad, le Professeur Abd-al-Wahhab al-Hussein, le Professeur Hassan, etc., un grand nombre de noms. Eh bien, pourquoi ont-ils été jetés en prison et condamnés à de longues années de réclusion ? Ont-ils appelé à la violence, au combat, ont-ils pris les armes ? Jamais ! Même après leur emprisonnement dans les geôles de la dynastie al-Khalifa au Bahrein, ils ont publié un communiqué insistant auprès du peuple pour maintenir et confirmer le caractère pacifique du mouvement. Et ce communiqué est un acte de condamnation des al-Khalifa et de leur pouvoir, qui emprisonnent, torturent et oppriment des individus qui, depuis l'intérieur de leurs prisons et de leurs souffrances, maintiennent le caractère pacifique du mouvement. Et s'ils donnaient d'autres instructions, elles seraient suivies. S'ils donnaient d'autres instructions, elles seraient suivies. Mais tels sont leur culture, leur choix et leur éthique.

Eh bien, il en va de même pour le Cheikh al-Nimr. Son véritable problème, c'est qu'il a proclamé la vérité. C'était un homme extrêmement courageux, sans le moindre doute. Chaque personne a un certain nombre de caractéristiques nobles, dignes et respectables, mais en général, l'une d'entre elles est particulièrement distincte et prime sur les autres, et celle qui peut le mieux décrire le Cheikh martyr Nimr al-Nimr est le courage. C'était un homme d'un grand courage dans ce qu'il disait, et dans le lieu et le contexte dans lequel il faisait ces déclarations. Oui, il s'exprimait avec virulence. Mais il disait la vérité. Il ne portait pas les armes, mais il critiquait, il objectait. Ils essaient aujourd'hui de salir son image. Mais c'était un homme réformiste.

Il revendiquait les droits du peuple de la péninsule arabique frauduleusement nommée le « royaume d’Arabie Saoudite ». Il revendiquait le droit de ce peuple à choisir ses dirigeants, plutôt qu'un prince après l'autre héritent du pouvoir. Il demandait que ce peuple bénéficie de ses richesses, au lieu que les princes Saoud les accaparent pour s'enrichir davantage tandis que le peuple s'appauvrit. Il demandait les libertés fondamentales que revendique tout homme n'importe où dans le monde. Et il demandait cela avec courage, avec éloquence, avec véhémence. Et voilà ce que fut son crime. Car celui qui s'exprime est exécuté, celui qui objecte est exécuté. Et de la part de qui ? De cette Arabie Saoudite qui prétend répandre la démocratie dans toute la région, et défendre les libertés dans la région. Ce jour noir est une condamnation absolue et sans appel (de l'Arabie Saoudite).

Aujourd'hui, le sang du Cheikh al-Nimr macule les visages, les corps, le passé, le présent et l'avenir des Saoud jusqu'au Jour du Jugement Dernier, et il les hantera dans ce monde comme dans l'autre. 

[Audience : Mort aux Saoud !]

Le Cheikh Nimr a-t-il appelé à la sécession ? A-t-il appelé à la division du pays ? En toute vérité, les Américains voulaient que les chiites de la région orientale prônent le séparatisme. Qu'ils déclarent que le pétrole présent dans leur région est à eux et qu'ils veuillent se séparer, avoir leur Etat indépendant. Et il y a quelques années, les Américains ont fait cette offre à certains dirigeants chiites de la région orientale, mais les savants et dirigeants chiites de cette région ont refusé la division, le séparatisme et la sécession, et ils ont insisté pour rester dans leur pays, en tant que partie de leur pays. 

Comment cette loyauté patriotique, nationale et humaine est-elle remerciée ? Elle est accueillie avec le fil de l'épée, réservé à quiconque objecte ou s'oppose.

Deuxièmement... Car telle est la vérité quant au Cheikh Nimr, telle est son histoire. Il n'y a rien d'autre. Apportez donc d'autres (accusations) si vous le pouvez ! Bien sûr, il se trouve malheureusement des plumes mercenaires pour écrire qu'il s'agit d'une sentence légale sur le plan de la loi et de la religion. Sur quelle base cette sentence serait-elle légale ? Avez-vous étudié le dossier, enquêté ? Y a-t-il eu un véritable procès ? Dans chaque procès [en Arabie Saoudite], même l'avocat de la défense n'a pas le droit à la parole ! Même l'accusé n'a pas le droit de s'exprimer pour se défendre ! 

[…]


mercredi 13 janvier 2016

Assimilation des Français musulmans « Merci, très peu pour nous »




Par Joseph Massad

Source : Electronic Intifada (22 janvier 2015)

Les assaillants de Charlie Hebdo ne faisaient-ils que suivre l’exemple de la culture dominante de la France ? (Stephen Lam / Reuters)

Les Français sont peut-être mieux connus, tant à leurs yeux qu’à ceux des Européens de l’Ouest et des Américains de race blanche, comme des créateurs de haute couture et des maîtres dans l’art culinaire dont le langage amoureux est particulièrement adapté à la romance.

Cependant, les Américains de race blanche, comme les Allemands et les Britanniques, ont une relation mitigée avec les Français, mais clairement faite de plus d’amour que de haine, comme en témoigne tout récemment la publication dans le New York Times d’une tribune par Marine Le Pen, leader du Front National, parti d’extrême-droite.

Mais dans le reste du monde – depuis les Antilles à l’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, jusqu’au Moyen-Orient et à l’Asie du Sud-Est –, les Français sont majoritairement considérés comme des assassins et des tortionnaires chevronnés, dont la langue gracieuse et raffinée ne sert pas tant à décrire une sauce crémeuse onctueuse ou un décolleté plongeant sur une robe de soirée, et moins encore à faire la cour ou à flirter, qu’à enrober les douleurs et les souffrances indicibles qu’ils infligent à des millions d’innocents.

Pourtant, la culture française dominante persiste à ne vouloir se considérer qu’à travers ses propres yeux, et la plupart des Français sont scandalisés à l’idée même que quiconque dans le monde puisse seulement remettre en question l’image élogieuse et raffinée qu’ils ont d’eux-mêmes.

Barbaries coloniales

Ce contraste est à la fois dû à l’Histoire de la France et à ses politiques actuelles. Commençons par l’Histoire : un rapport sur les atrocités coloniales françaises en Indochine pour les années 1930-33, suite au déclenchement de la mutinerie de Yen Bay en février 1930, recense certaines des méthodes monstrueuses de torture chères aux officiers français. Selon la célèbre activiste française Andrée Viollis, les méthodes de torture incluaient – en plus de l’utilisation de l’électricité – la privation de nourriture, le bastinado (flagellation de la plante des pieds), les épingles introduites sous les ongles, les semi-pendaisons, la privation d’eau et l’usage de tenailles appliquées sur les tempes (pour faire jaillir les orbites), entre autres. Une méthode plus délicate comprenait l’utilisation d’ « une lame de rasoir [pour] couper la peau des jambes en longs sillons, combler la plaie avec du coton et brûler ce coton[1]. »

En 1947-48, les autorités coloniales françaises se sont déchaînées à Madagascar, tuant et violant la population et incendiant des villages entiers, en guise de châtiment suite au soulèvement nationaliste malgache. Certaines des pratiques et spécialités de torture spécifiquement françaises qui furent employées contre le peuple de Madagascar incluaient les « vols de la mort », où des indigènes étaient jetés depuis des avions militaires au milieu de la mer, se noyaient et devenaient des « disparus ».

Cette méthode meurtrière était une spécialité dont la France s’enorgueillissait tellement que les autorités coloniales françaises en Algérie continuèrent à y recourir plusieurs années plus tard, pendant la bataille d’Alger en 1956-57. Dans le cas de l’Algérie, les parachutistes Français ont décidé de perfectionner cette méthode lorsque des cadavres d’Algériens ont commencé à refaire surface, exposant cette pratique. La modification consistait à attacher des blocs de béton aux pieds des victimes pour s’assurer qu’ils coulent définitivement (les généraux argentins soutenus par les Etats-Unis trouveront cela très utile dans leurs efforts pour réprimer la résistance à leur dictature à la fin des années 1970).

Ce ne sont pas des méthodes de torture ad hoc que les Français ont élaborées sur place, mais des cruautés bien conçues et bien rodées. Dans l’Algérie du 19e siècle, le général Saint-Arnaud brûlait les révolutionnaires algériens dans des grottes et ses soldats violaient les femmes algériennes, comme le feront les soldats Français tout au long de la révolution algérienne, des années 1950 au début des années 1960.

Les estimations des morts causées par les Français s’élèvent à un million de Vietnamiens et un million d’Algériens. Quant à Madagascar, on estime que plus de 100 000 personnes ont été tuées par les Français. Ce ne sont là que quelques exemples de la barbarie coloniale française dans certaines colonies, et en aucun cas une liste exhaustive. Le colonialisme français, sous le titre grandiose de « mission civilisatrice », a clairement échoué à civiliser, avant tout, les Français eux-mêmes. La « mission », semblerait-il, reste inaccomplie !

Catholicisme laïque

La question de la façon dont les Français sont perçus ne se limite pas seulement à l’Histoire, mais reste pertinente dans le présent. Tandis que l’assimilation des indigènes aux coutumes du Français colonisateur a été le noyau du programme colonial français, cette philosophie est venue hanter les Français après qu’ils se soient partiellement retirés des colonies pour constater que les immigrants africains, arabes et indochinois, entre autres, n’étaient pas « assimilables » aux usages des « Français ». Il semble que seuls les immigrants allemands, russes, espagnols, italiens et certainement hongrois en France puissent être maintenant assimilés à la société française, mais pas les immigrés plus basanés et surtout non-chrétiens.

Le massacre des Algériens Français commis par la police française en octobre 1961, qui s’inspirait clairement de la spécialité des « vols de la mort » de l’armée française en Algérie et à Madagascar, a entraîné la mort de plus de 200 manifestants musulmans (certaines estimations vont jusqu’à 400) qui furent abattus ou jetés dans la Seine.

Il a fallu attendre 1998 pour que le gouvernement français catholique[2] reconnaisse enfin que la police a tué à peine 40 des 200 à 400 musulmans Français assassinés. Les victimes du gouvernement français catholique considèrent ces actes barbares et cruels comme une des principales caractéristiques de la culture catholique française, voire comme une définition de celle-ci. Et non seulement n’est-ce pas une vue propre aux musulmans Français (les autorités coloniales françaises ont inventé la catégorie des « Français musulmans » dans l’Algérie du 19e siècle afin d’imposer légalement aux Algériens de renoncer à la « loi islamique », y compris la polygamie, pour pouvoir accéder à la pleine citoyenneté française), mais les Juifs Français eux-mêmes ont également compris l’antisémitisme catholique français comme un élément central de la culture catholique française.

lundi 11 janvier 2016

Nimr al-Nimr, symbole de la résistance à l'oppression et de la liberté d'expression

Suite à mon article sur l’exécution de Nimr al-Nimr et les tensions entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, je publie un extrait d’un discours de Cheikh Nimr al-Nimr datant du 7 octobre 2011. Prononcé avant la prière rituelle du vendredi, il comprend deux sections, l’une religieuse et l’autre politique, une disposition traditionnelle chez les chiites depuis la Révolution Islamique de l’Imam Khomeini.

Cet extrait se situe à la transition entre ces deux sections, et en plus d’apporter des informations précises sur le « Printemps arabe » en Arabie Saoudite – soumis à un embargo politico-médiatique depuis 2011 –, il permet de voir comment la religion peut être non pas un vecteur d’oppression et d’arriération, mais bien un instrument de libération et d’émancipation des peuples, conception avec laquelle l’Occident n’est pas forcément familier.

La dénonciation politique de la religion en tant qu’instance de domination réactionnaire, inculquant la résignation aux peuples face au pouvoir politique temporel en échange d’hypothétiques récompenses éternelles, était combattue par Marx, farouchement athée, mais également par Rousseau, Robespierre et Jaurès, dont la pensée s’inspirait largement – et explicitement – de sources religieuses.
Par sa dénonciation virulente, éloquente et courageuse d’un régime barbare qui compte parmi les plus tyranniques au monde (mais ne laisse pas d’être un allié stratégique de Washington, Londres et Paris) et son combat pacifique pour la liberté et la dignité, qui n’étaient certes pas de vains mots pour lui, Nimr al-Nimr est incontestablement un martyr de la lutte pour l’auto-détermination des peuples et la liberté d’expression. Loin de l’étouffer et de l’éteindre, son exécution ne fera que donner un plus grand écho à sa voix.

Sayed Hasan




Transcription :

[…]

Ces soldats, ces officiers, ces journalistes, ces écrivains, tous ces gens-là sont des valets de ce régime tyrannique. Ils vendent leur religion au tyran contre les profits du monde d’ici-bas : ils tuent, écrivent [des mensonges], versent le sang, etc., en mercenaires. Ce sont les pires créatures de Dieu, les plus viles. Ils vendent leur religion pour des avantages matériels, pour qu’un tyran reste au pouvoir, pour que le tyran jouisse et se délecte dans l’oppression du peuple. Ces gens-là, quel est leur destin ? Le Feu de l’Enfer, éternellement ! Ce sont les pires créatures de Dieu.

Eh bien, nous, dans de telles conditions et face à de tels événements, face à ces plumes mercenaires, face à ces langues calomniatrices et à ces âmes perverties, nous devrions nous taire ? Proclamer la vérité est un devoir impérieux. Car lorsque nous sommes confrontés à une volonté et des actions agressives visant à frapper la société, à commettre des actes criminels contre la société, tuer les citoyens, les arrêter, les terroriser, lorsque nous sommes confrontés à un pouvoir oppresseur déterminé à écraser l’aspiration des citoyens à la liberté et à la dignité, lorsque des écrits, etc., soutiennent ces actions et machinations des oppresseurs, le silence est un péché.

Le Prophète (paix et bénédictions de Dieu sur lui et sa famille) a dit : « Rester silencieux lorsque proclamer la vérité est obligatoire est une innovation (péché mortel). » Lorsqu’il y a une nécessité impérieuse de s’exprimer, faute de quoi l’honneur des gens serait violé, leur sang versé, et que les croyants se verraient agressés, alors il devient un devoir (religieux) de proclamer la vérité et de dénoncer le mensonge et les manipulations, les révélant pour ce qu’ils sont. 

Le Prophète (paix et bénédictions de Dieu sur sa famille) a déclaré : « Lorsque les innovations apparaissent... » 

Certains demanderont où voit-on des innovations ? L’oppresseur est un innovateur, et la pire des innovations est l’oppression de l’oppresseur. Car qu’est-ce que l’innovation ? C’est quelque chose qui revêt (frauduleusement) l’habit de la religion. Un despote qui s’arroge une légitimité religieuse, c’est là la plus grande des innovations. La plus grande des innovations est qu’un tyran s’habille des vêtements de la religion, et qu’il se considère comme le dépositaire de l’autorité divine auprès des hommes et des croyants. C’est la plus grande des innovations !

« Lorsque les innovations apparaissent dans ma Communauté, que le savant expose son savoir, et s’il ne le fait pas, la malédiction de Dieu est sur lui. » (Hadith du Prophète) Et si, au contraire, le savant ajoute l’innovation à l’innovation et défend le tyran... Que Dieu nous en préserve !

C’était là une introduction sur (les péchés) que peut causer la langue (calomnies, impostures...). Poursuivons notre propos.

Le Ministre de l’Intérieur a publié un communiqué menaçant, mensonger, manipulateur et falsificateur, qui s’inscrivait clairement dans les déclarations et rencontres précédentes indiquant que l’Etat et le gouvernement s’apprêtaient à commettre un massacre dans ce pays, mais ce projet a échoué grâce à la réponse appropriée de la jeunesse qui est revenue à la sagesse et à la raison. Ils avaient longuement préparé leur complot, car durant la journée, avant même les événements de la nuit, ils ont lancé l’accusation d’ingérence étrangère. Tous les faits, toutes les déclarations télévisées sont disponibles pour confirmer qu’il s’agissait d’une provocation planifiée. Ils avaient tout préparé pour pousser les gens à la réaction et perpétrer un massacre, pour répandre le sang, terroriser le peuple. Ils ont donc publié leur communiqué. Appliquons maintenant nos principes.

dimanche 10 janvier 2016

Imam Khomeini : La Mecque est usurpée par des ennemis de l'Islam (VOSTFR)




Transcription : 

J'ai vécu tant de choses, telles la guerre et bien d'autres, mais sur ce point, ma patience est à bout. La Sainte Mosquée (à La Mecque) a été usurpée par ces individus, et il en a été ainsi depuis le début. Qui sont-ils pour s'arroger le titre de Gardiens des Deux Saintes Mosquées ? Qui les a nommés Gardiens des Deux Saintes Mosquées ? De quel droit ont-ils changé le nom d'un Etat Islamique du Hijaz en Royaume d'Arabie Saoudite ? Quelle est la raison de ce changement ?

Tous les musulmans sont prêts à se sacrifier pour La Mecque, c'est le lieu que tous les Prophètes ont servi. Mais aujourd'hui, il est souillé par un tas d'incroyants qui ne savent pas quoi en faire pas plus qu'ils ne sont capables de connaitre ou comprendre les devoirs (religieux) qui en découlent pour eux. La honte et le déshonneur seront sur tous les musulmans du monde s'ils restent passifs et silencieux face à la violation de la mosquée la plus sacrée du monde. (Les Saoud)  se verront porter un coup fatal par les musulmans, croyants et par le peuple du Hijaz. Les musulmans ne resteront pas passifs face à cela.

vendredi 8 janvier 2016

Execution of Nimr al-Nimr, Saudi Arabia and Iran: religious or political conflicts?




By Sayed Hasan

Translated from French by Jenny Bright


“Since our birth, we are subjected to oppression, intimidation, persecution and terror, so that even the walls frightened us. Even the walls! Is there anybody who has not suffered injustice and oppression in this country? I am over 50 years old, that's half a century. Since I was born, I never felt safe in this country, in no part of it, since my childhood. We are continually accused, threatened and attacked from all sides... Our chests will stay bare against your bullets and our hands will remain empty (unarmed), but our hearts will remain full of faith... We have only one alternative: to live on this land as free and dignified men, or be buried with honours (after martyrdom)... We will never cease to denounce your oppression and claim our rights.”
Nimr al-Nimr, 7 October 2011.


The Western media and the Arab world have widely reported the execution by beheading of Shi'a cleric Nimr Baqer al-Nimr and 46 other Saudi – mostly Sunnis – accused of terrorism and/or sedition. They also emphasized the virulent reactions of the Shiite world, from Sayed Ali Khamenei, Supreme Leader of the Islamic Republic of Iran, to Sayed Hassan Nasrallah, the Secretary General of Hezbollah (who went as far as talking of a death certificate for the dynastic rule of the Saud), via that of Sayed Ali Sistani, the highest religious authority of Iraq. Even if it was hardly mentioned, other bodies, movements and personalities have condemned the execution, in Iraq, in Pakistan, in India, in Yemen, in Bahrain and in Lebanon, including the Iraqi Council of Fatwas (Sunni), the Palestinian PFLP and human rights organisations Amnesty International and Human Rights Watch.
The emphasis was focused on the sectarian nature of the event, often seen in the context of a “growing gap” between Sunnis and Shiites, especially between Saudi Arabia, birthplace of Islam and the “heart” of Sunnism, and Iran, the spiritual heart of Shiism, in an apparent power struggle for domination of the Middle East. The age old conflict between “Sunnis” or “loyalists” of the “School of the Caliphs” (Companions who led the Muslim world after the death of the Prophet) on the one hand, and the “Shiites” or “supporters” of the “School of the Household” (Imams of the lineage of the Prophet, figures of the “opposition”) on the other hand, is very often presented as the key for understanding the ruthless struggles and wars that have torn the region. And this until the US-Saudi coalition which has been devastating for 9 months Zaydi Yemen – a minority branch of Shiism –, and the fight against Daesh which a “traditional” alliance would be opposed to (North America and Europe combined with Saudi Arabia and other Sunni Gulf oil monarchies) and an “orthodox” alliance (Shiite Iran, Iraq and Hezbollah, Alawite Syria – another minority branch of Shiism – and Russia).
But these analyses, overly simplistic, reflect a misunderstanding of the history of the Arab-Muslim world and the geopolitics of the Middle East, and are based on fallacious assumptions that do not withstand scrutiny. And, tellingly, they do not even pose the necessary questions, namely, as we are talking about the execution of an important religious figure, those of the alleged, suspected and/or probable motivations of that act, moreover in such a context, as Nimr al-Nimr had been imprisoned since July 2012 and sentenced to death for over a year.
So who was Nimr al-Nimr? He was indeed a Shiite religious figure (a “Sheikh”), who had followed a theological curriculum in Iran and Syria before returning to preach in his home province of Qatif, in Saudi Arabia. But first of all, it must be emphasized that the sole qualifier of “religious” is insufficient to describe Nimr al-Nimr, as secularism does not reign in the Muslim World, with many major political figures being clerics (Hassan al-Banna, Sayed Qutb, Ruhullah Khomeini, Hassan Nasrallah, etc.), especially after (successful) Western efforts to marginalise and/or destroy secular leaders and States (Nasser's Egypt, Saddam Hussein's Iraq , Gaddafi's Libya, Bashar al-Assad's  Syria), with the results we are familiar with. Nimr al-Nimr must certainly be regarded as a religious preacher, but also, undeniably, as a major political figure of the opposition, very popular among the youth, and having an influence way beyond his sect and his country, thanks to his charisma and his courage against the flagrant injustices of Saudi society.

jeudi 7 janvier 2016

Lettre ouverte à tous les jeunes musulmans


L’adversité est le meilleur moyen de triompher

Par Ramzy Baroud, le 31 décembre 2015
Ramzy Baroud

Source : CounterPunch
Traduit par Diane, vérifié par Ludovic, relu par Literato pour le Saker Francophone




Lorsque j’étais petit garçon, je rêvais de renaître hors de la misère du camp de réfugiés de Gaza, à une autre époque et en un autre lieu, où il n’y aurait pas de soldats, pas d’occupation militaire, pas de camps de concentration et pas de corvée quotidienne – mon père luttant pour notre survie et ma mère s’efforçant de compenser l’humiliation de la vie par son amour constant.

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Lorsque j’ai grandi et que j’ai reconsidéré mes fantasmes d’enfant, je suis arrivé à une conclusion tout à fait différente : si je le devais, je recommencerais tout à l'identique, je ne changerais pas mon passé, ou du moins j’essaierais. J’embrasserais chaque instant, je revivrais chaque larme, chaque perte et je chérirais chaque triomphe, même modeste.

Lorsque nous sommes jeunes, nos aînés échouent souvent à nous dire que nous ne devrions pas craindre la souffrance et les difficultés ; que rien ne peut être aussi stimulant pour la croissance de l’identité de quelqu’un, pour le sentiment d’avoir un but dans la vie et la libération de l’esprit humain que la lutte contre l’injustice. C’est vrai, on ne devrait jamais intérioriser la servitude ni porter sa condition de victime comme si c’était une médaille ; car le moindre acte de résistance à la pauvreté, à la guerre ou à l’injustice, quelle qu’elle soit, est le premier critère et le plus essentiel pour préparer quelqu’un à une existence plus riche de sens et à une vie meilleure.

Je dis cela parce que je comprends ce que beaucoup d’entre vous doivent vivre. Ma génération d’habitants des camps de réfugiés en a fait l’expérience dans son expression la plus violente que vous puissiez imaginer. Ce sont des années difficiles et exigeantes pour la plus grande partie de l’humanité, mais d’autant plus pour vous, jeunes musulmans, en particulier. Entre le racisme des politiciens et des partis américains et européens, le sentiment anti-musulman qui s’étend dans la plus grande partie du monde, propagé par des individus égoïstes aux projets sinistres, jouant sur les peurs et l’ignorance des gens, et la violence et la contre-violence infligées par des groupes qui se définissent eux-mêmes comme des musulmans, vous vous retrouvez enfermés dans une prison de stéréotypes, de discours de haine des médias et de violence, visés, étiquetés et, de manière imméritée, craints.

La plupart d’entre vous êtes nés ou ont grandi dans ce confinement social et politique et vous ne vous souvenez pas d’un moment particulier dans votre passé où la vie était relativement normale, où vous n’étiez pas le bouc émissaire pratique pour beaucoup de ce qui avait mal tourné dans le monde. En fait, sciemment ou non, vos caractères ont été façonnés par cette réalité pénalisante, où vous subsistez entre accès de colère contre la maltraitance que vous subissez et tentatives désespérées de vous défendre, de vous débrouiller pour votre famille et de défendre votre communauté, votre culture et votre religion.

Plus important, vous continuez à lutter, au quotidien, pour développer un sentiment d’appartenance, de citoyenneté dans des sociétés où vous vous sentez souvent rejetés et exclus. Ils demandent votre assimilation, et pourtant vous repoussent chaque fois que vous vous rapprochez. C’est apparemment une tâche impossible, je sais.

Et peu importe ce que vous faites, vous n’avez pas encore ouvert une brèche dans la représentation injuste de qui vous êtes et des nobles valeurs que défend votre religion. Leur racisme semble croître, et toutes les flèches de leur haine persistante pointent l’Islam, malgré vos tentatives passionnées de les convaincre du contraire.

En fait, vous avez de la peine à comprendre pourquoi l’Islam, en effet, fait partie de ce débat au premier chef. L’Islam n’a jamais invité les États-Unis à entrer en guerre au Moyen-Orient, à changer vos civilisations et à tourmenter des musulmans en d’autres endroits du globe.

L’Islam n’a jamais été consulté lorsque Guantánamo a été construit pour servir de goulag en dehors des règles de protection des droits humains et du droit international.

L’Islam est à peine un sujet de discussion alors que les parties belligérantes, prônant des agendas politiques entièrement voués à leurs propres intérêts, se battent pour l’avenir de la Syrie, de l’Irak, du Yémen ou de l’Afghanistan, et ainsi de suite.

L’Islam n’était pas le problème lorsque la Palestine a été envahie par les milices sionistes, avec l’aide des Britanniques et, plus tard, des Américains, transformant la Terre sainte en un champ de bataille pendant la plus grande partie du siècle dernier. Les répercussions de cet acte ont scellé le destin de la région, la faisant passer d’une paix relative à la guerre et aux conflits perpétuels et répugnants.

La même logique peut être appliquée à tout ce qui est allé de travers, et vous vous êtes souvent souvent étonnés vous-mêmes à ce propos. L’Islam n’a pas inventé le colonialisme et l’impérialisme, mais a incité les Asiatiques, les Africains et les Arabes à combattre ce terrible fléau. L’Islam n’a pas inauguré l’époque de l’esclavage de masse, bien que des millions d’esclaves américains et européens aient été eux-mêmes musulmans.

Vous essayez de leur dire tout cela, et vous insistez sur le fait que les goûts des groupes pervers comme ISIS ne sont pas un produit de l’Islam mais un sous-produit de la violence, de la cupidité et des interventions étrangères. Mais ils n’écoutent pas, ripostant avec des versets sélectifs de votre Livre saint, qui étaient conçus pour des contextes et des circonstances historiques spécifiques. Vous partagez même de tels versets du Coran avec tous vos contacts sur les réseaux sociaux : « Celui qui tue une personne, c’est comme s’il avait tué toute l’humanité ; s’il sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé toute l’humanité… » (Sourate 5 ; verset 32), dans l’espoir de faire un peu comprendre le caractère sacré de la vie humaine dans votre religion, mais un changement d’attitude fondamental est encore à venir.

Donc vous désespérez, du moins quelques-uns d’entre vous. Certains de ceux qui vivent dans les pays occidentaux cessent de partager avec d’autres le fait qu’ils sont musulmans, évitant toute discussion qui pourrait entraîner leur mise au ban de sociétés toujours plus intolérantes. Certains de ceux qui vivent dans des pays majoritairement musulmans, malheureusement, luttent contre la haine avec la haine d’eux-mêmes. De toute façon, ils oscillent entre la haine des autres et la haine d’eux-mêmes, la crainte et l’apitoiement sur eux-mêmes, l’apathie forcée, la rage et le dégoût d’eux-mêmes. Avec le temps, un sentiment d’appartenance est devenu inatteignable et, comme moi quand j’étais plus jeune, vous vous demandez comment cela aurait été si vous aviez vécu à une autre époque, dans un autre lieu.

Mais, au milieu de tout cela, il est vital de nous rappeler que les fardeaux de la vie peuvent offrir les meilleurs leçons de croissance personnelle et collective.

Vous devez comprendre qu’il existe encore un groupe de gens à qui ont été évités les procès collectifs de l’histoire : un groupe qui n’a pas souffert des persécutions, du racisme, d’une guerre apparemment perpétuelle, du nettoyage ethnique et de tous les maux contre lesquels les musulmans protestent de bon droit aujourd’hui, de la Syrie à la Palestine jusqu’à l’Amérique de Donald Trump. Cela ne les rend pas okay, mais c’est un rappel important que vos difficultés ne sont pas uniques parmi les nations. C’est le moment de comprendre qu’il pourrait être temps pour vous d’apprendre quelques-unes des leçons les plus précieuses de la vie.

Pour surmonter cette épreuve, vous devez d’abord être tout à fait clairs sur ce que vous êtes ; vous devez être fiers de vos valeurs, de votre identité ; vous ne devez jamais cesser de combattre la haine avec l’amour, de tendre la main, d’éduquer, d’appartenir. Parce que si vous ne le faites pas, alors le racisme gagne et vous perdez cette occasion irremplaçable de croissance individuelle et collective.

Parfois, je plains ceux qui sont nés avec des privilèges : bien qu’ils aient accès à l’argent et aux possibilités matérielles, ils peuvent rarement apprécier le type d’expériences que seules la misère et les souffrances peuvent offrir. Rien ne s’approche de la sagesse née de la douleur.

Et si jamais vous faiblissez, essayez de vous rappeler : Dieu « n’impose à aucune âme une charge plus lourde que celle qu’elle peut porter » (Chapitre 2, verset 286).

Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en matière de médias, auteur de plusieurs livres et fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier ouvrage est My Father Was a Freedom Fighter : Gaza’s Untold Story (Pluto Press, London). Son site : ramzybaroud.net

Voir également :

Lettre de Sayed Ali Khamenei à la jeunesse occidentale suite aux attentats terroristes à Paris

Lettre ouverte aux identitaires et autres « remigrationnistes », par un Français de confession musulmane 

State of emergency: the Gravediggers of the French Republic


By Sayed Hasan

Source : http://sayed7asan.blogspot.fr/2015/12/etat-durgence-les-fossoyeurs-de-la.html
Translated from French by Jenny Bright



“It is the terrorism that threatens our freedom today. It is not the state of emergency. I repeat: the state of emergency does not mean the abandonment of the rule of law. We are fighting terrorism, and we will defeat it, with the arms of the Republic, of democracy, with the strength of our values, our principles and our republican principles of law.” So said the smooth-talking French Interior Minister Bernard Cazeneuve on December 2, 2015 before announcing the results of the “exceptional measures” permitted by the state of emergency, taking care not to specify, for the some 10% of searches that would have led to seizures, detainment and/or legal actions, how many of them were actually related to terrorism. 

It was revealed since that almost all seizures and indictments concerned offenses and crimes very far from planning acts of terror and/or “radical Islam” – such as drug trafficking, banditry, etc., and to date, despite the thousands of wrecked homes, the places of worship desecrated and above all the countless innocent lives left traumatized or even ruined, no “terrorist” has been arrested, nocell” has been dismantled. A resounding failure in all, at least if one considers that this is indeed, first and foremost, about fight against terrorism, which all the same requires a strong dose of credulity.  

In 1990, in his novel Le Bouclage (The Sealing Off), Vladimir Volkoff [1] had already described such methods: impose on a whole “sensitive” neighbourhood a state of siege, intern and file its people and search their homes from top to bottom, on the pretext of an imminent terrorist attack, which will be “heroically” foiled by the elimination of a criminal organization that was under longstanding close surveillance, but which the location and neutralization of will retroactively constitute the official pretext for the entire operation. It will allow the imprisonment of some offenders previously elusive through legal channels, and above all to summon the entire population to the due veneration towards the Nation, Order and Security. A dastardly plot of which the author, a visceral anticommunist and Islamophobe and flatterer of American imperialism, seemingly a supporter of torture, openly monarchist, was a proselyte, but our current government has clearly seen the wider picture and extended its Gestapo measures to the whole territory, in addition to having established them for an absolutely senseless term – and one that is indefinitely renewable.

The fight against the terrorism of Daesh, which our country openly allied itself to in Syria and before that in Libya, is clearly a pretext to restrict the freedoms and force terror on the population, to silence any “dissident” voices, any political or social protest. And of course, Muslims and descendants of immigrants as a whole are a primary target, either to destroy what remains of theirforeign” culture or to woo voters of the far-right National Front. Especially as in order to create a “Sacred Union”, a common enemy can act as a political project, and the more spectacular the acts and measures, the harder it will be for the masses to reflect and consider. All these measures are obviously another attempt of the most discredited government in the history of the French Republic to improve its image, legitimately and irreparably tarnished, but through which we can perceive – and this is the only thing that can reassure us – the convulsive spasms of an agony foreseen to be devastating.
https://1.bp.blogspot.com/-PiZdEfCdQGw/WFUO6gYwmJI/AAAAAAAACaw/oEmHTTfiHiEoRbkUgGnn3iBEf7PWkk6tgCLcB/s1600/Teddijo_dessin_fabius_al-baghdadi_etat_islamique_isis_daesh_al_nosra-1cdd3-f29e4.jpg
“The Al Nosra Front is doing a good job in Syria.” (Laurent Fabius, French Foreign Minister) 
“...It's doing a good job in France too!” (Al-Baghdadi)