samedi 31 décembre 2016

Réponse de Vladimir Poutine aux mesures de Barack Obama

Dans ces deux extraits, Vladimir Poutine répond à l'expulsion de 35 diplomates russes des Etats-Unis, aux nouvelles sanctions et à la campagne de dénonciation d'une supposée intervention du Kremlin dans les élections américaines. Le fait que le rapport des services de renseignements américains sur le piratage des e-mails du Parti Démocrate commence par une mise en garde selon laquelle « Ce rapport est fourni 'tel quel' uniquement à des fins d'information. Le Département de la Sécurité Intérieure n'apporte aucune garantie de quelque nature que ce soit quant aux informations contenues dans ce document », et que les incriminations de la Russie y sont exclusivement attribuées au gouvernement américain, sans être endossées par ledit rapport, semble assez révélateur. Quoi qu'il en soit, cet incident donne un aperçu éloquent de la diplomatie américaine et de la diplomatie russe.

Déclaration du Président russe

Le 30 décembre 2016



Nous considérons les récentes mesures hostiles prises par l'administration américaine sortante comme provocatrices et visant à affaiblir davantage les relations entre la Russie et les États-Unis. Cela va à l'encontre des intérêts fondamentaux tant du peuple russe que du peuple américain. Compte tenu des responsabilités mondiales de la Russie et des États-Unis en matière de sécurité, cela nuit également aux relations internationales dans leur ensemble.

Conformément à la pratique internationale, la Russie a toutes les raisons de répondre par des mesures similaires. Bien que nous ayons le droit de répondre, nous ne recourrons pas à une diplomatie «de cuisine » irresponsable, mais planifierons nos démarches additionnelles visant à rétablir les relations entre la Russie et les États-Unis selon les politiques de l'administration Trump.

Les diplomates qui rentrent en Russie passeront les vacances du Nouvel An avec leurs familles et leurs amis. Nous ne créerons aucun problème pour les diplomates américains. Nous n'expulserons personne. Nous n'empêcherons pas leurs familles et leurs enfants de profiter de leurs sites de vacances traditionnels pendant les congés du Nouvel An. En outre, j'invite tous les enfants des diplomates américains accrédités en Russie à assister aux festivités du Nouvel An et des fêtes de Noël pour les enfants au Kremlin.

Il est regrettable que l'administration Obama mette fin à son mandat de cette manière. Néanmoins, je présente mes vœux de Nouvel An au Président Obama et à sa famille.

Je présente également mes vœux au Président élu Donald Trump et au peuple américain.Je vous souhaite à tous bonheur et prospérité.

Conférence de presse annuelle de Vladimir Poutine

Le 23 décembre 2016







[...] Yevgeny Primakov : Yevgeny Primakov, Mezhdunarodnoye Obozrenie [Revue internationale], Rossiya 24, VGTRK.

Monsieur le Président, le monde traverse actuellement une période de mutation fondamentale. Nous avons vu l'expression de la volonté populaire, lorsque les peuples votent contre les vieux concepts politiques et les anciennes élites. La Grande-Bretagne a voté pour quitter l'Union européenne, bien qu'il reste à voir comment le Brexit va se dérouler. Beaucoup disent que Trump a gagné parce que les gens ont voté, entre autres choses, contre l'ancien ordre établi, les gens qu’ils ont plus qu’assez de voir au pouvoir.

Avez-vous discuté de ces changements avec vos collègues ? À quoi ressemblera le nouveau paysage mondial ? Vous souvenez-vous de ce que vous avez dit à l'Assemblée générale lorsque l'ONU a célébré son 70e anniversaire ? Vous avez dit : « Comprenez-vous ce que vous avez fait ? » Où vont les choses? Nous sommes toujours bloqués dans une confrontation. Vous avez mentionné les échanges au sujet de qui a l'armée la plus forte. Lors de sa conférence de presse d'adieu, Barack Obama, qui est encore votre collègue, a déclaré que 37% des Républicains sympathisent avec vous et qu’à entendre cela, Ronald Reagan se serait retourné dans sa tombe.

Vladimir Poutine : En entendant quoi ?

Yevgeny Primakov : Que 37% des électeurs Républicains sympathisaient avec vous.

Vladimir Poutine : Vraiment ?

Yevgeny Primakov : Oui. Et que si Ronald Reagan savait une telle chose, il se retournerait dans sa tombe.Soit dit en passant, en tant qu’électeurs, nous apprécions beaucoup votre pouvoir [supposé] et le fait de savoir que votre influence s’étend jusqu'à Ronald Reagan. Nos collègues occidentaux nous disent souvent que vous avez le pouvoir de manipuler le monde, de désigner des présidents et d'intervenir dans les élections ici et là. Qu’est-ce que cela fait d’être la personne la plus puissante sur Terre ? Je vous remercie.

Vladimir Poutine : J'ai évoqué cette question à plusieurs reprises. Si vous voulez m'entendre encore une fois, je peux me répéter. L'administration américaine actuelle et les dirigeants du Parti Démocrate essaient de faire porter la responsabilité de tous leurs échecs sur des facteurs extérieurs. J'ai quelques questions et réflexions à cet égard.Nous savons que le Parti Démocrate a non seulement perdu l'élection présidentielle, mais aussi le Sénat, où les Républicains ont la majorité, et le Congrès, dont les Républicains ont également le contrôle. Serions-nous, ou suis-je également responsable de cela ? Nous avons peut-être célébré cela sur les « vestiges d'une chapelle du XVIIe siècle », mais est-ce nous qui avons détruit la chapelle, comme dit le proverbe ? En réalité, il en va tout autrement. Tout cela montre que l'administration actuelle est confrontée à des problèmes à l'échelle du système, comme je l'ai dit lors de la rencontre du Club Valdaï.

Il me semble qu'il y a un fossé entre la vision de l'élite sur ce qui est bon et mauvais et celle de ce que nous aurions jadis appelé les grandes masses populaires. Je ne considère pas le soutien d’une grande partie des électeurs Républicains pour le Président russe comme un soutien personnel pour moi, mais dans ce cas, je le vois plutôt comme une indication qu'une partie substantielle du peuple américain partage notre point de vue sur l'organisation mondiale, sur ce que nous devrions faire, et sur les menaces et défis communs auxquels nous sommes confrontés. Il est bon qu'il y ait des gens qui sympathisent avec notre point de vue sur les valeurs traditionnelles parce qu’elles constituent un bon fondement pour construire des relations entre deux pays aussi puissants que la Russie et les États-Unis, pour les construire sur la base de la sympathie mutuelle entre nos peuples.

Il vaudrait mieux qu’ils ne citent pas le nom de leurs anciens hommes d'État à la légère, bien sûr. Je ne suis pas si sûr quant à qui pourrait se retourner dans sa tombe en ce moment. Il me semble que Reagan serait heureux de voir les gens de son parti gagner partout, et accueillerait positivement la victoire du nouveau Président élu si apte à comprendre l'humeur du public, et qui a pris précisément cette direction et est allé de l’avant jusqu’à la fin, même lorsque personne, sauf nous, ne croyait qu’il puisse gagner. (Applaudissements).

Les grands Démocrates de l'histoire américaine se retourneraient probablement dans leurs tombes. Roosevelt le ferait certainement parce qu'il était un homme d'État exceptionnel dans l'histoire américaine et mondiale, qui a su unifier la nation même pendant les années les plus sombres de la Grande Dépression, à la fin des années 1930 et pendant la Seconde Guerre mondiale. L'administration actuelle, quant à elle, divise très clairement la nation. L'appel aux grands électeurs de ne pas voter pour l'un ou l'autre des candidats, et dans ce cas, de ne pas voter pour le Président élu, était tout simplement un pas vers la division de la nation. Deux grands électeurs ont décidé de ne pas voter pour Trump, et quatre pour Clinton, et ici aussi ils ont perdu. Ils perdent sur tous les fronts et cherchent des boucs émissaires sur qui jeter le blâme. Je pense que c'est un affront à leur propre dignité. Il est important de savoir perdre gracieusement.

Mais mon véritable espoir est que nous puissions bâtir des relations professionnelles et constructives avec le nouveau Président et également avec les futurs dirigeants du Parti Démocrate, parce que c'est dans l’intérêt des deux pays et des deux peuples. […]

dimanche 25 décembre 2016

Hassan Nasrallah s'exprime sur la bataille d'Alep

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 23 décembre 2016  (VOSTFR)

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr






Transcription :


Déroulement de la bataille d'Alep (1/3)

Nous allons parler un peu d'Alep et de la situation générale en Syrie, et consacrer du temps à ce sujet car cela fait longtemps que nous n'avons pas parlé de la Syrie et que nous n'évoquons que la situation interne au Liban. De même, sur la question syrienne, sur Alep et les derniers événements, j'ai plusieurs points à adresser.

Premier point : tout le monde a évidemment suivi les informations durant les derniers mois, les événements, offensives, guerres, combats, etc. à Alep. Mais si on considère la situation dans son ensemble, dans une perspective générale depuis le cœur du terrain, je veux vous dire ainsi qu'aux téléspectateurs que ce qui s'est passé à Alep durant les 3-4 derniers mois est une véritable guerre, l'une des guerres les plus violentes en Syrie et même dans la région depuis des années. Ce qui s'est passé n'était nullement quelque chose de commun, en aucun cas.

Les pays qui soutiennent les groupes armés ont fait venir des dizaines de milliers de combattants. Les batailles qui se déroulaient à Alep-Ouest et au Sud avec ces groupes armés n'étaient pas seulement contre l'opposition syrienne. Il y avait des nombres considérables de Turcs, d'Ouzbeks, de Tadjiks, de Tchétchènes et (d'autres) peuples d'Asie Centrale qui combattaient. Des dizaines de milliers de combattants ont participé aux batailles de ces derniers mois, parmi lesquels des centaines de kamikazes qui se sont fait exploser. Dans chaque affrontement, il n'y avait pas seulement 1 ou 2 kamikazes, mais bien 10 ou 20 de manière simultanée. Bien sûr, je ne parle pas de kamikazes avec des ceintures d'explosifs. Ils montaient dans des véhicules avec 3, 4, 5 tonnes (d'explosifs), et ils fonçaient sur les lignes de front ou les premiers bâtiments où se trouvaient l'armée syrienne ou les autres combattants (alliés).

Imaginez-vous donc, à partir de ces scènes de kamikazes attaquant par vagues avec des tonnes d'explosifs, ce qu'a été l'ampleur de la résistance (des alliés). Des centaines de fanatiques qui ne commettent pas d'attentat-suicide mais attaquent de manière suicidaire. Des armes tactiques, des capacités et des sommes considérables, des tanks, des blindés, des véhicules armés... De l'argent illimité, de la propagande continue... Ainsi, ce qui s'est déroulé à Alep, pour que l'image soit claire pour tous, est une bataille continue, quotidienne, des combats d'une violence extrême, sur lesquels ont parié tous les pays qui soutiennent le projet adverse, bâtissant leurs rêves et illusions.

samedi 24 décembre 2016

Hollande fut le pantin absolu


Par Ramin Mazaheri


Le 2 décembre 2016

Source : http://thesaker.is/hollande-was-the-ultimate-patsy

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr



Le monde peut maintenant dire « A plus, François Hollande, on t’aura à peine connu. »

Hollande, après tout, était un politicien de niveau purement national lorsqu’il a remporté l’élection. Sa plus grande réalisation était d’avoir dirigé le Parti socialiste pendant 11 ans, jusqu’à ce que son ex-compagne Ségolène Royal perde contre Nicolas Sarkozy en 2008.

Les points communs entre Hollande et l'ancienne première dame américaine Hillary Clinton vont bien plus loin que le fait d’avoir un Président pour partenaire (presque, dans le cas de Royal). Tant Hollande que Clinton étaient des créations du « Parti », de même qu’Hillary était le choix du Parti 4 ans plus tôt, en 2008, mais elle a perdu face à un sénateur du Midwest méconnu et beau parleur [Obama].

Mais on peut au moins dire que le monde avait vu Hillary en action, alors qu’Hollande n'avait jamais occupé de poste ministériel majeur ni un quelconque poste international. En plus de diriger le Parti socialiste, il était surtout connu pour être le maire de Tulle, 15 396 habitants.

Mais en 2012, Hollande a été le choix du parti, pour en fin de compte entrer dans l'histoire comme un pantin.

À l'échelle nationale, il a été sacrifié sur l'autel du Parti dominant. Cela n'a certainement pas commencé avec sa récente abdication, mais dure depuis qu'il a accepté l'austérité.

Au niveau international, Hollande était un pantin pour trois groupes: les richissimes et insatiables 1%, la force centripète basée à Bruxelles et la troïka européenne. Ces pouvoirs interconnectés contrôlaient Hollande aussi efficacement que n'importe quelle marionnette, même si le Président français a plus de pouvoir exécutif que tout autre dirigeant occidental.

Il est le Président le plus impopulaire de l’histoire, et il a reconnu sa défaite avant même de se présenter à la réélection – il n'aurait jamais pu être ne serait-ce que prétendant. C'est vraiment un exploit rare dans les démocraties occidentales : au moins, le non-élu Gerald Ford [vice-Président de Nixon, Président après sa démission] peut dire qu'il a essayé de gagner en 1976, mais a été battu.

Hollande aurait dû prévoir que ce serait le prix à payer... si son plan directeur était de faire immédiatement un revirement à 180 degrés et d’instaurer l'austérité jusqu'à son extrémité amère.

Il ne devait pas nécessairement en être ainsi : après quelques années d'austérité, lorsque les taux d'emprunt de la France ont atteint des niveaux historiquement bas, il aurait pu dire que la « fée de la confiance » de la haute finance avait été apaisée. Les dieux de la haute finance ont prêté à la France à moins de 1% depuis 2012 (ils prêtent actuellement à un taux d'intérêt de référence de 0,75%).

Mais Hollande a recouru à la règle arbitraire de Bruxelles refusant des déficits budgétaires de plus de 3% pour faire passer un budget d'austérité chaque année, en plus du budget annuel final de Sarkozy. Hollande n’a rejeté les dictats de Bruxelles qu’à la toute fin, citant la nécessité de plus grandes dépenses de sécurité (militaire) dans le sillage de l'hystérie anti-terroriste.

Cela a-t-il marché ? Eh bien, cela a bien marché pour les riches : les dividendes sur actions ont atteint un record européen au deuxième trimestre de 2014. Mais ce n'était pas assez pour les amener à soulager l'échec de l'austérité.

Hormis les actionnaires, cela a-t-il fonctionné pour quiconque ? Bien sûr que non, et c'est bien cela le néolibéralisme, après tout. Le chômage a continué de grimper à des niveaux record (plus de 10%), les inégalités se sont creusées, la pauvreté a atteint de nouveaux sommets, la croissance économique est restée à des niveaux de récession, et la liste continue. Le néolibéralisme, comme le savent tous ceux qui sont attentifs, ne tient pas compte des faits ni des résultats pour servir la ferveur de ses adhérents.

Et le peuple méprisait Hollande. Une cote d'approbation de seulement 4% est pratiquement inégalée par quelqu'un qui n'a pas été forcé de quitter la présidence ou déposé par un coup d'État.

Mais Hollande l'a fait de toute façon, et s’éclipse maintenant dans l'infamie. À moins d’avoir une famille vraiment grande à Tulle, il ne peut probablement pas même être réélu là-bas.

vendredi 23 décembre 2016

Yves Calvi : « Nous participons à la naissance des djihadistes et assassins de demain »

Éric Dénécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, dénonce la désinformation sur la Syrie et le Yémen dans les médias français, ainsi que les conséquences dramatiques de ces mensonges (21 décembre 2016, LCI)


Transcription :
 
Eric Dénécé : Un autre point me paraît tout à fait important de signaler, c'est ce qui se passe à Alep en ce moment. Parce que là, on est à mon sens sur une falsification de l'information qui est énorme. Bien sûr qu'il y a une guerre civile en Syrie, bien sûr que la situation est inadmissible. Ceci dit, ça ne concerne que 30% d'Alep, ça concerne soit des civils qui sont pris en otage par des djihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu'ils soutiennent ces mêmes djihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie.
 
Yves Calvi : On se fait rouler dans la farine avec Alep ?
 
Eric Dénécé : On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas des victimes innocentes qui périssent mais j'insiste sur ce point...
 
Yves Calvi : Il y a bien une ville qui est détruite quand même.
 
Eric Dénécé : Non. Il y a un tiers du quartier d'Alep, seulement un tiers, qui sont victimes des bombardements, et j'insiste, c'est un tiers de la ville dans lequel des djihadistes dangereux sont présents. Et ce sont ces djihadistes qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens, tirent sur le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais. On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd'hui au Yémen où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, où des sites archéologiques sont détruits. Un de nos contacts qui est rentré du terrain l'autre jour nous disait la chose suivante : il nous disait qu'en Syrie, il y a des tas d'endroits où les choses se passent bien. C'est vrai qu'on peut aller dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, les gens de Damas vont passer l'été dans des bungalows  à Lattaquié au bord de la mer...
 
Yves Calvi : Je rappelle que c'est une situation qu'on a connue notamment au Liban.
 
Eric Dénécé : Voilà, donc le pays n'est pas à feu et à sang. Au Yémen, c'est totalement différent, il n'y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, dans lequel des combats n'aient pas lieu, et on ne parle pas de cela. Il y a un autre point que je voudrais évoquer, c'est que nous avons eu dans les années 90, dans une ancienne colonie française, le Congo, une guerre civile qui a fait 400 000 morts sur 4 millions d'habitants, c'est-à-dire 10% de la population. On n'en parle pas non plus. Donc aujourd'hui, le focus qui est mis sur la Syrie d'une part et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité, ce qui ne veut pas dire qu'on défende Bachar al-Assad, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d'extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd'hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d'Alep est une motivation pour passer à l'action.
 
Yves Calvi : Comment expliquez-vous justement cette situation, ce manque de lucidité ? En l'occurrence, ce que vous êtes en train de nous expliquer l'a été à ma surprise aussi en partie très largement par les invités de l'émission que nous avons consacrée la semaine dernière à Alep, donc...
 
Eric Dénécé : Je pense qu'il y a une stratégie...
 
Yves Calvi : ...je vous le dis franchement, je m'inquiétais tout simplement d'être en train de faire une émission révisionniste sur ce qui est en train de se passer au même moment et qui tire des larmes au monde entier...
 
Eric Dénécé : Par exemple, ce qui est très frappant, on voit la communauté syrienne en France et dans d'autres pays européens qui est absolument scandalisée de voir la façon dont les médias présentent la situation. Alors je pense que nos médias en France (et je suis obligé de rester un peu général) sont un peu suivistes du mainstream médiatique qui est impulsé et imposé par les médias anglo-saxons et par les médias arabes qui, eux, ont intérêt à présenter la situation en Syrie comme quelque chose d'absolument scandaleux. Et comme toujours, 300 000 morts dans cette guerre, 5 ans de guerre civile, c'est quelque chose d'horrible. Il y a à peu près 90 000 militaires qui ont été tués, il y a à peu près 60-70 000 personnes soutenant le régime ou en tout cas neutres qui ont été massacrées, on nous présente les faits comme si Bachar avait tué 90% de la population, ce qui est inexact, ce qui ne veut pas dire que ce soit un saint.
 
Yves Calvi : C'est extrêmement grave ce que vous nous dites, parce que ça veut dire que nous participons d'une façon ou d'une autre à la naissance des djihadistes et des assassins de demain.
 
Eric Dénécé : De deux façons : en étant toujours en relation avec des Etats qui encouragent directement ou indirectement le djihadisme - par le wahhabisme notamment, l'Arabie Saoudite et le Qatar -, et de l'autre côté, sur ce qui se passe aujourd'hui à Alep, le fait de mettre le focus en montrant à tort que les pauvres populations islamistes de ces quelques quartiers d'Alep sont des victimes de l'Occident, eh bien on redonne du carburant à ceux qui dans nos banlieues ou à l'étranger considèrent que le peuple arabe dans le monde est victime de l'ostracisme occidental, et ça les pousse à passer à l'action.
 
Yves Calvi : Et on a aussi des attentats sur le sol français.
 
Voir l'interview complète :


"There were no green buses in Gaza" : Former UK ambassador to Syria debunks Aleppo propaganda (BBC)


BBC Radio Interview with former UK Ambassador to Syria, Robert Ford, December 21st, 2016

Source:  http://www.bbc.co.uk/programmes/b08558fk (33,34 to 39,54)


Transcript:

Presenter : Peter Ford was the UK's Ambassador to Syria from 2003 to 2006. Peter Ford, do you think it's time for a re-think?

Ford : Absolutely. It's way overdue. We have clung for too long to the illusion that the so-called 'moderate opposition' would overcome Assad. Surely now, with the Government's recovery of Aleppo, the veils should fall from our eyes and we should look reality in the face: Assad is not going to be removed by force of arms or at the negotiating table. What Britain should do now is three things: we should stop supporting a failed and divided opposition; we should start to try to help the people of Syria by lifting sanctions; and we should be working with the Russians on an overdue political settlement.

Presenter : But the political settlement as we know for many leaders in the Western World does not include Assad in its calculations. Boris Johnson for example, the Foreign Secretary, in September of this year saying he can have no part in the future government of Syria because as long as Assad is in power in Damascus, there will be no Syria to govern. Downing Street [the home of the UK's Prime Minister] saying just earlier this month "the barbaric cruelty shown by the Syrian regime forces shows that President Bashar Assad (sic) has no place in the country's future.

Ford : Yes, but this is absurd. It's quite absurd. Assad is in control of over 80% now of the populated area of Syria. There is no reason why, in the months to come, he and his forces will not take the remaining 10, 15 and eventually 20%. He will then be in total control of the country. Of course there will be remaining groups who are not happy, after which, in the whole of recorded history has there ever been a protracted civil conflict like this that left everybody happy under one ruler? There is no Syrian [Nelson] Mandela. There is no leader. Could we even put a name to one opposition leader who would step into Assad's shoes? It's absurd. It's grotesque. It shows that Boris Johnson and Theresa May have lost grip on reality. Now Donald Trump is coming in and if he carries out what he said he'll carry out he will normalise relations with Russia, he will prioritise the fight against ISIS in Syria, and he will stop working for the overthrow of Assad. When are we going to smell the coffee?

L'ancien ambassadeur UK en Syrie sur Alep : « Il n'y avait pas de bus d'évacuation à Gaza »


Interview de Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie, le 21 décembre 2016 (BBC Radio 4)



Transcription :

Journaliste : Durant les dernières heures, l’évacuation d’Alep a repris sous de fortes neiges. L’ONU confirme que les bus ont recommencé à circuler, transportant les gens à l’extérieur de la partie Est d’Alep. Les forces gouvernementales syriennes sont à l’arrêt, dans l’attente d’avancer vers la dernière enclave rebelle, scellant ainsi la plus grande victoire du Président Assad à ce jour dans cette guerre. Cela signifie-t-il qu’il est temps pour le Royaume-Uni de reconsidérer son soutien continu pour la soi-disant « opposition armée modérée » au Président Assad ? Doit-il reconsidérer sa perspective selon laquelle le Président Assad ne doit jouer aucun rôle dans le futur de la Syrie ? Peter Ford fut l’ambassadeur britannique en Syrie de 2003 à 2006. Peter Ford, pensez-vous qu’il est temps de reconsidérer les choses ?

Peter Ford : Absolument, il serait grand temps. Nous nous sommes accrochés bien trop longtemps à l’illusion selon laquelle la soi-disant opposition modérée allait vaincre Assad. C’est maintenant évident avec la reconquête d’Alep par le gouvernement, il faut cesser de nous voiler la face et nous devrions regarder la réalité telle qu’elle est : Assad ne sera pas renversé par la force des armes ni à la table des négociations. Le Royaume-Uni doit à présent faire trois choses. 1/ Nous devons cesser de soutenir une opposition en déroute et divisée. 2/ Nous devons commencer à venir en aide au peuple syrien en levant les sanctions. 3/ Nous devons travailler avec les Russes sur un règlement politique de la situation qui aurait dû se produire il y a longtemps déjà.  

Journaliste : Mais comme nous le savons, pour beaucoup de dirigeants occidentaux, le règlement politique de la situation ne laisse pas de place à Assad. Boris Johnson, le Secrétaire d’Etat des Affaires Etrangères, a déclaré au mois de septembre dernier qu’il ne peut jouer aucun rôle dans le futur gouvernement de la nouvelle Syrie car tant qu’Assad sera au pouvoir à Damas, il n’y aura pas de Syrie à gouverner. Downing Street [le cabinet du Premier Ministre] a déclaré plus tôt ce mois-ci que la cruauté barbare dont ont fait preuve les forces du régime syrien démontrent que le Président Bachar Assad (sic) n’a aucune place dans le futur du pays.

Peter Ford : Oui, mais c’est absurde. C’est vraiment absurde. Assad contrôle maintenant plus de 80% des zones habitées de Syrie. Il n’y a aucune raison pour que dans les mois à venir, lui et ses forces ne reprennent pas les 10, 15 voire 20% restants. Il sera alors le maître absolu du pays. Bien sûr, il y aura toujours des groupes mécontents de la situation. Mais dans toute l’histoire écrite de l’humanité, y a-t-il eu une seule guerre civile d’une telle durée après laquelle tout le monde ait été satisfait d’un dirigeant ? Il n’y a pas de [Nelson] Mandela syrien. Il n’y a aucun [autre] dirigeant. Pouvez-vous me nommer ne serait-ce qu’un chef de l’opposition qui pourrait assumer le rôle d’Assad ? C’est absurde. C’est grotesque. Boris Johnson et Theresa May ont perdu contact avec la réalité. Donald Trump va prendre la relève, et s’il fait ce qu’il a annoncé, il va normaliser les relations avec la Russie, donner la priorité à la lutte contre Daech en Syrie et cesser d’œuvrer au renversement d’Assad. Quand allons-nous nous réveiller ?

mercredi 21 décembre 2016

Bachar Ja’fari : des officiers US, israélien et du Golfe essayent de fuir Alep-Est (VOSTFR)


Conférence de presse de Bachar Ja'fari, représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, le 19 décembre 2016, suite au Conseil de Sécurité

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr/  
  




Transcription : 

Bachar Ja'fari : Bonjour à tous. Je tiens à faire la déclaration suivante après l'adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution 2328 : l'insistance de la France et du Royaume-Uni pour présenter et adopter [à huis-clos] une telle résolution ne constitue qu'un nouvel épisode de la propagande continue contre la Syrie et son combat contre le terrorisme. Nous respectons les résolutions du Conseil de Sécurité, mais nous sommes conscients du but véritable de leurs efforts qui consiste à protéger les terroristes - je vais vous expliquer pourquoi dans un instant - et non le peuple syrien.  Surtout après que la situation soit devenue claire et qu'Alep ait été libérée des groupes terroristes.
Je voudrais partager avec vous (cette information) : en ce moment même, les derniers terroristes dans certains districts d'Alep-Est évacuent leurs bastions, et ce soir même, Alep sera nettoyée. Le gouvernement syrien ne s'oppose pas à l'adoption de toute résolution qui respecte le droit humanitaire international, et (garantit) la protection des civils, ou vise à fournir aux civils une assistance médicale ou alimentaire, ou de protéger les installations médicales et éducatives. 

Nous précisons cela car le gouvernement syrien, jusqu'à présent, fournit 80% de l'assistance humanitaire apportée à l'ensemble de notre peuple dans toute la Syrie, et en particulier aux civils qui sont toujours - espérons que ce soir, il n'y aura plus de civils - dans certains districts d'Alep-Est. L'ONU ne fait pas son travail correctement. Pour être concret, ces tâches constituent le devoir essentiel du gouvernement syrien envers ses citoyens, et il les a menées à bien durant les cinq dernières années.

Nous nous opposons aux tentatives de certains Etats membres de préparer et soumettre, sous une couverture humanitaire, des résolutions insidieuses formulées en termes vagues et en phrases alambiquées qui ont plus d'une interprétation, avec l'intention d'exploiter ces résolutions dans des objectifs inavouables, à savoir légitimiser l'interférence étrangère et le renversement par la force d'un gouvernement légitime, ou même l'emploi de la force militaire. Ce genre de résolutions peut avoir beaucoup d'objectifs autres que les visées humanitaires annoncées. Nous nous souvenons tous de ce qu'ils ont fait à l'Irak, à la Libye et à d'autres pays, et (toujours) sous la couverture d'objectifs humanitaires. En Libye, ils voulaient (censément) protéger les civils : ils ont entièrement détruit le pays et transformé la Libye en plaque tournante internationale du terrorisme. L'Irak... il est inutile d'en parler. 

Le gouvernement syrien, dans le cadre de son action humanitaire, a accueilli plus de 100 000 civils venus des districts d'Alep-Est entre le 26 novembre et le 14 décembre. De plus, le gouvernement a répondu à tous les besoins de ces civils, y compris l'assistance médicale. Il est nécessaire de souligner que le gouvernement syrien a fourni 80%, comme je l'ai dit, de la nourriture et de l'assistance d'urgence à ces familles, tandis que les organisations des Nations Unies n'en ont fourni que 20%, à peine 20%. Le gouvernement syrien exige à cet égard que les agences des Nations Unies jouent leur rôle et aident les habitants syriens d'Alep. Qu'ils les aident par des actes, et non par des paroles.

Le gouvernement syrien a accepté d'évacuer les groupes armés illégaux et leurs familles d'Alep. De nombreuses personnes appartenant aux prétendues familles des terroristes ont quitté les bus qui les transportaient vers l'extérieur d'Alep pour rejoindre l'Armée Arabe de la République de Syrie et les zones contrôlées par le gouvernement. De nombreux membres de leurs propres familles ont décidé d'eux-mêmes de quitter les bus et les ont quittés, et nous avons les images, les vidéos, Youtube, Whatsapp, tout ce que vous voulez, ce qui prouve et corrobore ce dont nous parlons. Cela est très révélateur, Mesdames, Messieurs.

Cependant, les groupes terroristes armés ont à maintes reprises violé les termes de cet accord, en essayant d'emmener un certain nombre de prisonniers et de dépouilles de martyrs (de l'Armée syrienne) avec eux, ou de partir avec leurs armes à moyenne portée. Selon l'accord conclu avec eux, les terroristes devaient quitter leurs bastions en emportant seulement leurs armes légères, et sans emmener aucun otage avec eux, aucun corps de martyr. Ils n'ont pas respecté ces clauses de l'accord et ont emporté leurs armes à moyenne portée et de nombreux soldats et civils syriens kidnappés avec eux, ainsi qu'un grand nombre de dépouilles de martyrs. Telle est la raison pour laquelle toute l'opération a été arrêtée hier.

Malgré tout cela, le gouvernement syrien reste prêt à évacuer les groupes armés illégaux restants, dans les dernières poches terroristes d'Alep-Est, et il a préparé hier un convoi pour évacuer 3750 terroristes et leurs familles. 

Malheureusement, certains Etats membres du Conseil de Sécurité et les médias dominants continuent à défendre et à soutenir l'opposition syrienne armée génétiquement modifiée, qui est par définition modérée, tout en fermant les yeux sur leurs crimes, comme l'incendie des bus d'évacuation hier. J'imagine que vous êtes au courant. Les médias vous ont dit que les terroristes n'ont brûlé que 5 bus. Non, ce n'est pas vrai. Ils ont brûlé 25 bus, et ont pris leurs chauffeurs en otages. Et ils en ont tué 3. Et ils ont utilisé une fillette de 7 ans pour commettre un attentat suicide. 7 ans. Une fillette kamikaze. Contre un poste de police à Damas il y a deux jours. J'imagine que vous êtes aussi au courant de cela. Mais la France et d'autres pays membres, et le Conseil lui-même, n'ont pas prononcé le moindre mot de condamnation contre ces attaques terroristes contre les bus d'évacuation qui devaient évacuer les malades et les blessés de Kafraya et Alfou'a. Ils n'ont pas dit un seul mot sur cette fillette de 7 ans envoyée commettre un attentat-suicide, activé par télécommande depuis l'extérieur du poste de police. Ces Messieurs à l'intérieur n'ont pas pu trouver le temps pour émettre une condamnation.

dimanche 18 décembre 2016

Bashar al-Assad's message to Syrians after the liberation of Aleppo

December 15th, 2016

Source: https://www.youtube.com/watch?v=tC3W22sy2vs
Translation: http://sayed7asan.blogspot.fr


Transcript :

What happened in Aleppo can be described as follows: time and History are linked,but people don't remember time, they remember History. And time turns into History when the great events around the world decide to turn time into History.

We say before the birth of our Master Jesus Christ, and after his birth. We say before the revelation to our Master the Prophet of God, and after the Revelation. History is not the same before and after these major events. We differentiate the world political situation before the fall of the Soviet Union and after, as well for the two World Wars, etc.

I think that after the liberation of Aleppo, we will talk about the situation in Syria and in the world as different before the liberation of Aleppo, and after its liberation. Here, time turned into History. Aleppo turned time into History. The people of Aleppo by its resistance, the Syrian Arab Army by its courage and sacrifices, and all the Syrian citizens who stood by Aleppo, their country and homeland, all those that stood by truth.

History itself is being drawn, bigger than all the congratulations that we could address, people are glad all over the world, and this happiness and these congratulations are all around the social networks. I will not repeat these congratulations, but stress that what happens is the Book of History, being written by every Syrian. This book is not written from today, but has been written since 6 years, when the war on Syria started.

samedi 17 décembre 2016

Message de Bachar al-Assad aux Syriens après la libération d'Alep


Le 15 décembre 2016

Source : https://www.youtube.com/watch?v=tC3W22sy2vs

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr



Transcription : 

Ce qui se passe à Alep peut être décrit ainsi : le temps et l'Histoire sont liés, mais on ne se souvient pas du temps, on se souvient de l'Histoire. Et le temps se transforme en Histoire lorsque les grands événements mondiaux décident de transformer le temps en Histoire.

Nous disons avant la naissance du maître Jésus-Christ et après sa naissance. Nous disons avant la Révélation à notre maître le Prophète de Dieu, et après la Révélation. L'Histoire n'est pas la même avant et après (ces événements marquants). Nous distinguons la situation politique (mondiale) avant la chute de l'Union soviétique et après, de même pour les deux guerres mondiales, etc.

Selon moi, après la libération d'Alep, on parlera de la situation en Syrie et également dans le monde comme distincte avant la libération d'Alep et après cette libération. Ici, le temps s'est transformé en Histoire. Alep transforme le temps en Histoire. Le peuple d'Alep par sa résistance, l'Armée Arabe Syrienne par son courage et ses sacrifices, et tous les citoyens syriens qui se sont tenus aux côtés d'Alep, de leur pays et de leur patrie, tous ceux qui se sont tenus aux côtés de la vérité.

C'est là l'Histoire même qui se dessine, plus grande que toutes les félicitations qu'on pourrait adresser, et le monde entier s'en félicite, et tous les réseaux sociaux font transparaitre cette joie et ces félicitations. Je ne vais pas répéter ces félicitations, mais souligner que ce qui se passe est le Livre de l'Histoire, qu'écrit tout citoyen syrien. Ce Livre ne s'écrit pas depuis aujourd'hui, mais depuis bientôt 6 ans lorsque la guerre contre la Syrie a commencé.

Hassan Nasrallah : voeux aux musulmans et aux chrétiens (VOSTFR)


Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 9 décembre 2016

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr/



Transcription : 

[...]



Avant de commencer mon propos, je me dois d'évoquer les fêtes et occasions grandioses prochaines. Dans quelques jours [12-17 Rabi' al Awal / 12-17 Décembre], on célèbrera l'anniversaire de la naissance du Sceau des Prophètes, le plus éminent des Prophètes de Dieu, Muhammad b. Abdallah, paix et bénédictions de Dieu sur lui et sa famille, puis quelques jours après, on célèbrera la naissance bénie de notre maitre le Messie [Jésus-Christ], la paix de Dieu sur lui.

En ces deux occasions grandioses, je m'adresse à tous les musulmans et à tous les chrétiens, pour les féliciter en ces jours de fête, et je demande à Dieu que ces deux fêtes et occasions prochaines annoncent la naissance de situations et de conditions nouvelles qui apporteront leurs bienfaits à tous en tous domaines. 
Il ne fait aucun doute que les musulmans et les chrétiens, ensemble dans cette région, pendant des décennies et surtout durant ces dernières années, font face à des défis, que ce soit sur les plans de la civilisation ou de l'existence, en commençant par la Palestine, où la présence chrétienne a été ciblée (par l'occupant sioniste), et qui cible aujourd'hui le reste des Palestiniens, musulmans et chrétiens, ainsi que les lieux saints de l'Islam et du christianisme qui sont toujours menacés, jusqu'à l'interdiction de l'appel à la prière, à quoi ont dû faire face les musulmans et les chrétiens en Palestine (occupée), tant dans les mosquées que dans les églises, et c'est ce qui est l'objectif (pour l'occupant).

Jusqu'en Irak, en Syrie, au Nigéria, dans tout lieu de la région où la civilisation islamique et chrétienne est présente et menacée, les églises et les mosquées, les vestiges historiques, tout cet héritage civilisationnel, en plus (des menaces) sur la présence humaine, (des attaques) contre la vie, l'honneur et les biens, exposés aux deux grandes menaces dans la région, la menace israélienne en Palestine et dans la région, ainsi que la menace takfirie, au sujet desquelles il est apparu, durant les dernières années, que les Etats-Unis, malheureusement, ainsi que certains pays occidentaux, les protègent et les soutiennent, les financent et les assistent, et c'est ce qu'a reconnu le Président américain élu M. (Donald) Trump depuis un an durant la campagné présidentielle et avant lui, Joe Biden, le vice-président des Etats-Unis, l'avait reconnu lui aussi, et les e-mails d'Hillary Clinton [publiés par Wikileaks] l'ont bien démontré, de même que les aveux des grands responsables sécuritaires, militaires et diplomatiques américains.

Quoi qu'il en soit, nous faisons aujourd'hui face à ce défi, et nous espérons que les fêtes qui arrivent constituent une occasion pour la réconciliation, la rencontre, l'assistance et l'avancement,face à ces menaces existentielles et civilisationnelles. Et il n'y a pas d'autre choix que celui-ci pour préserver notre civilisation commune et notre coexistence et notre dignité à tous.

Il n'y a pas non plus de doute sur le fait que des grands événements se produisent actuellement dans notre région, en Syrie et notamment à Alep, ainsi que les répercussions de la victoire imminente et promise à Alep sur l'ensemble de la guerre en Syrie, et même sur toute la guerre dans la région. De même, ce qui se passe à Mossul, les développements à l'intérieur de la Palestine occupée, au Yémen et dans toute la région, méritent qu'on s'y arrête longuement, mais permettez-moi ce soir, malgré l'importance et le caractère majeur des événements de la région, de laisser cela pour un autre moment, bientôt si Dieu le veut, et les faits seront plus clairs et décisifs encore, et la situation parlera alors d'elle-même, mais je vais ce soir me consacrer à la situation interne au Liban (suite à l'élection du Président Michel Aoun).

[...]