vendredi 17 novembre 2017

Stop aux persécutions infligées à Norman Finkelstein !

Source: http://www.europalestine.com/spip.php?article13578&lang=fr


Le Professeur américain Norman Finkelstein, qui a perdu son poste à l’université pour avoir défendu la cause palestinienne, se trouve désormais agressé, humilié et menacé de prison pour avoir pris la défense d’un de ses anciens étudiants face à des avocats requins, qui nagent en eau trouble. Il passe en procès le 3 novembre prochain. Signons la pétition adressée à la présidente du tribunal de New York.






Plus de 15.000 personnes, dont Silvia CATTORI, Olivia ZEMOR, Bruno GUIGUE, Charles GLASS, Sara ROY, Mihalis YANNAKAKIS, Alice WALKER, Khaled ABOU EL FADL & Grace SONG, Lee SWANSON, Alfred DE ZAYAS, and Mouin RABBANI, ont signé une pétition adressée à Janet DiFiore, présidente des juges de l’Etat de New York, pour réclamer la relaxe du Pr. Norman Finkelstein.

Nous avons exposé cette affaire dans notre article du 29 septembre dernier :
http://www.europalestine.com/spip.php?article13486

Norman Finkelstein, libéré sous caution, doit comparaître le 13 décembre devant la cour criminelle de New York et risque jusqu’à deux ans de prison pour sa mise en cause de ces deux avocats, Michael Chetkof et Allyson Burger, qui essaient de soutirer un maximum d’argent à son ancien étudiant, le Dr Baldeo, et maintenant à lui-même.

Il décrit dans cette vidéo, la manière dont il a été kidnappé à son domicile le 9 octobre dernier, et brutalisé par la police suite à son intervention auprès de ces deux avocats :




Nous appelons à signer la pétition pour sa relaxe et la fin de ce harcèlement contre cet universitaire, historien et auteur de livres — qui n’ont certes pas plu au lobby israélien (comme "L"Industrie de l’Holocauste", dans lequel il dénonce l’instrumentalisation aux Etats-Unis du génocide des juifs, lui qui appartient à une famille de déportés, victimes de ce génocide.)

Pétition : https://www.change.org/p/janet-difiore-chief-judge-of-the-state-of-new-york-norman-g-finkelstein-must-walk-free

CAPJPO-EuroPalestine

jeudi 16 novembre 2017

Hassan Nasrallah: are Saudi Arabia and Israel preparing a war against Hezbollah?

Speech of Hezbollah Secretary General, Sayed Hassan Nasrallah, on November 5th, 2017, after the resignation of Lebanon’s Prime Minister Saad Hariri 




Transcript: 

[…] My speech tonight will be devoted exclusively to this point (the resignation of Prime Minister Saad Hariri). In order not to begin by analysis or not simply rely on (disputable) analyzes, I want to start with (well-established) facts and data. Facts known by all ministers of the current government, that they heard directly from him, the head of government, and especially the ministers who gathered at the Council of Ministers responsible for implementing the (new) election law. 

What I will say now is (already) widespread in the media, but I want to stress it because our ministers have also heard directly and witnessed the whole process I am about to describe. And that is why we consider this as data, facts, and not an analysis made by far. 

You know that a few days ago, a Saudi official spoke and made long and acrimonious statements against Lebanon and Hezbollah, and spoke about hunting Hezbollah from the government and denied the intention to bring down the government. He made threats, solemn promises, vituperation, ranting, and it was then said that the head of the (Lebanese) government was quickly summoned to Saudi Arabia. And it is absolutely reliable information because he has canceled all his appointments and went to Saudi Arabia. The whole country – the leaders, ministers, political forces – were awaiting the outcome of this visit. I mean the first visit, and not the second, during which he announced his resignation. And everyone was awaiting the result. 

Of course, during that first visit, everyone expected that pressure be exerted on Prime Minister Saad Hariri for him to resign and thus bring down the government. But when the Prime Minister returned from Saudi Arabia, and the Minister’s Council met, as well as the various ministerial committees, along with all the guests who met him, this is something certain and known to all, he said to all, and he also announced it in different ways, that Saudi Arabia supported the stability and security in Lebanon, the maintaining of the current government and dialogue among the Lebanese, and more, that he had obtained promises of very substantial subsidies, that they were prepared to set a fourth Paris Conference, and that we would get further aid for the Lebanese army. He said all this (many times and to different people, publicly and privately). He was comfortable, enthusiastic, and his behavior showed it clearly, and he announced for Monday or Tuesday a meeting of the Ministerial Committee responsible for implementing the (new) election law. 

Then again, the Prime Minister traveled to Saudi Arabia, and he announced his resignation from there. This is (indisputable) data. 

Naturally, you have seen the announcement of his resignation, its form. First, the news was broadcast by the (official Saudi) channel Al-Arabiya, and not by Future Movement’s (Saad Hariri's party) channel or by the Lebanese official channels. And secondly, the statement was recorded by Al-Arabiya channel, and other channels have only rebroadcasted it. The form of the statement, how this statement was read (laboriously and without any conviction from a printed paper), its content and scope, that you all saw, I will return to it shortly.  

mardi 14 novembre 2017

Norman Finkelstein vs Michael Chetkof et Allyson Burger : mise à jour

Par Norman Finkelstein 

Source : http://normanfinkelstein.com/2017/11/04/michael-chetkof-allyson-burger-the-truth-shall-set-us-free/

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


Ma comparution devant la Cour a été reportée au 13 décembre 2017.

Ce serait une négligence morale de ma part de ne pas utiliser cette occasion pour remercier tous ceux qui m'ont soutenu. 

Aux plus de 15 000 signataires de ma pétition, je dis: MERCI! JE VOUS REMERCIE! JE VOUS REMERCIE! 

Un mot spécial de gratitude à Maren, Mary, Denis, Salah, Sana, Sanjeev, Shannon. 

Bien que la perspective d'une peine d'emprisonnement soit imminente, j'attends toujours avec impatience l'occasion de rappeler à la barre les horreurs dont j'ai personnellement été témoin ces 17 derniers mois : 

Comment deux avocats-vautours de Long Island ont piégé, fait chanter et terrorisé un immigrant sans le sou qui a réussi. 

Comment ces avocats-vautours ont-ils laissé le Dr Rudolph Baldeo sans abri, sans argent et à la limite du suicide.

Comment j'ai supplié et imploré désespérément ces avocats-vautours d'accepter un règlement juste et équitable. 

Comment ces avocats-vautours n'ont pas voulu se considérer rassasiés autrement qu'avec la dernière bouchée de chair de la carcasse du docteur Baldeo.

Comment ces avocats-vautours m'ont ensuite chargé d'accusations fabriquées, frivoles et forgées de toutes pièces [visant à m'intimider et me faire taire]. 

Quel que soit mon sort, je n'aurai aucun regret. 

Le Dr Baldeo a été crucifié en plein jour. 

C'était mon devoir de prendre sa défense. 

Peu importe où et comment je finirai, le procès-verbal indélébile de ma déposition hantera toujours Michael Chetkof et Allyson Burger, les suivant comme une ombre noire de leurs mauvaises actions. 

N'oubliez pas de signer et de partager les pétitions! 


lundi 13 novembre 2017

Hassan Nasrallah : Saad Hariri et le Liban, otages de l’Arabie Saoudite ?

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 5 novembre 2017, suite à la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri 





Transcription :  

[…] Mon discours de ce soir sera exclusivement consacré à ce point (la démission du Premier ministre Saad Hariri). Afin de ne pas commencer directement par des analyses ou pour ne pas nous baser simplement sur des analyses (sujettes à discussion), je veux commencer par des faits et des données (avérés). Des faits connus par tous les ministres du gouvernement actuel, qu'ils ont entendu directement de lui, du chef du gouvernement, et en particulier les ministres qui sont réunis au Conseil des ministres chargé de faire appliquer la (nouvelle) loi électorale. 

Ce que je vais dire maintenant a (déjà) été répandu dans les médias, mais je souhaite le souligner car nos ministres l'ont également entendu directement et ont assisté à tout ce processus dont je vais parler au début. Et c'est pourquoi nous considérons cela comme des données, des faits, et non pas une analyse formulée de loin. 

Vous savez qu'il y a quelques jours, un responsable saoudien s'est exprimé et a fait des déclarations longues et acerbes contre le Liban et le Hezbollah, et a parlé de chasser le Hezbollah du gouvernement et a nié l'intention de faire tomber le gouvernement. Il a fait des menaces, des promesses solennelles, des vitupérations, des rodomontades, et il a alors été dit que le chef du gouvernement (libanais) avait été appelé rapidement en Arabie Saoudite. Et c'est une information absolument sûre, car il a annulé tous ses rendez-vous et s'est rendu en Arabie Saoudite.  

Tout le pays – les dirigeants, les ministres, les forces politiques - attendaient le résultat de cette visite. Je parle de la première visite, et non de la deuxième durant laquelle il a annoncé sa démission. Et tout le monde en attendait donc le résultat. Bien sûr, tout le monde s'attendait, durant cette première visite, à ce que des pressions soient exercées sur le Premier ministre Saad Hariri pour qu'il remette sa démission et fasse ainsi chuter le gouvernement. 

Mais lorsque le chef du gouvernement est revenu d'Arabie Saoudite, et que le Conseil des ministres s'est réuni, ainsi que les différents comités ministériels, ainsi que tous les invités qui l'ont rencontré, c'est là quelque chose de certain et connu de tous qu'il a dit à tous, et qu'il a également annoncé, de différentes manières, que l'Arabie Saoudite soutient la stabilité et la sécurité au Liban, le maintien du gouvernement actuel et du dialogue entre les Libanais, et plus encore, qu'il avait obtenu des promesses d'aides très conséquentes, qu'on allait se préparer ensemble à une quatrième Conférence de Paris, et qu'on allait obtenir de nouvelles aides pour l'armée libanaise. 

Il a déclaré tout cela (à maintes reprises et à différents interlocuteurs, publics et privés). Il était à l'aise, enthousiaste, et son comportement le manifestait clairement, et il avait annoncé pour lundi ou mardi une réunion du Comité ministériel chargé de faire appliquer la (nouvelle) loi électorale.  

Puis à nouveau, le chef du gouvernement a voyagé en Arabie Saoudite, et il a annoncé sa démission depuis là-bas. Ce sont des données (incontestables). 

dimanche 12 novembre 2017

La démission de Saad Hariri, une manoeuvre saoudienne (Robert Fisk)



Edité par Fausto Giudice pour Tlaxcala


Lorsque l’avion de Saad Hariri a atterri à Riyad le 3 novembre au soir, la première chose qu’il a vue a été un groupe de policiers saoudiens entourant l’avion. Quand ils sont montés à bord, ils ont confisqué son téléphone portable et ceux de ses gardes du corps. C’est ainsi que le Premier ministre du Liban a été réduit au silence. 

Ce fut un moment dramatique en phase avec le drame d’opérette joué à travers l’Arabie saoudite la semaine dernière : l’assignation à résidence de 11 princes – dont l’immensément riche Al Walid ben Talal –, quatre ministres et des dizaines d’autres anciens laquais du gouvernement, sans mentionner le gel de jusqu’à 1 700 comptes bancaires. La « Nuit des longs couteaux » du Prince héritier Mohamed ben Salman a effectivement commencé de nuit, quelques heures seulement après l’arrivée de Hariri à Riyad. Que manigance donc le Prince héritier ?

Pour le dire clairement, il étrangle tous ses rivaux et, comme le craignent les Libanais, il essaie de détruire le gouvernement de Beyrouth, de chasser le Hezbollah chiite du gouvernement et de relancer une guerre civile au Liban. Cela ne marchera pas, car les Libanais – bien que moins riches – sont beaucoup plus malins que les Saoudiens. Tous les groupes politiques du pays, y compris le Hezbollah, n’exigent qu’une seule chose : le retour de Hariri. Quant à l’Arabie saoudite, ceux qui ont dit que la révolution arabe arrivera un jour à Riyad – non pas via une minorité chiite montante, mais via une guerre au sein de la famille royale sunnite wahhabite – regardent les événements de la semaine passée avec stupéfaction.

Mais revenons à Hariri. Le vendredi 3 novembre, il participait à une réunion du cabinet à Beyrouth. Puis il a reçu un coup de téléphone l’appelant auprès du roi Salman d’Arabie Saoudite. Hariri, qui, comme son père assassiné Rafiq, a la double nationalité saoudienne et libanaise, est parti immédiatement. On ne dit pas non à un roi, même si on l’a vu quelques jours plus tôt, comme l’avait fait Hariri. Et surtout quand le royaume doit à la compagnie « Oger » de Hariri 9 milliards de dollars, car tel est l’état de fait communément répandu dans ce qu'on appelle maintenant « l’Arabie Saoudite à court de liquidités » [selon d’autres sources, ce serait Hariri qui serait lourdement endetté envers l’Arabie Saoudite et au bord de la faillite]. 

Mais des choses plus extraordinaires devaient venir. De manière totalement imprévisible et au choc total des ministres libanais, Hariri, lisant un texte écrit, a annoncé samedi sur la chaîne de télévision Al-Arabiya – les lecteurs peuvent deviner quel royaume du Golfe la possède – qu’il démissionnait de son poste de Premier ministre du Liban. Il y a eu des menaces contre sa vie, a-t-il dit – bien que les services de sécurité à Beyrouth n’en aient eu nulle connaissance –, le Hezbollah devait être désarmé et partout où l’Iran interférait au Moyen-Orient, le chaos régnait. 

Indépendamment du fait que le Hezbollah ne peut pas être désarmé sans une autre guerre civile – l’armée libanaise est-elle supposée les attaquer alors que les chiites sont la plus grande communauté du pays (beaucoup d’entre eux servant dans l’armée) ? C’étaient des mots que Hariri n’avait jamais utilisés auparavant. En d’autres termes, ils n’avaient pas été écrits par lui. Comme quelqu’un qui le connaît bien a dit cette semaine, « ce n’était pas lui qui parlait ». En d’autres termes, les Saoudiens avaient ordonné au Premier ministre libanais de démissionner et de lire à haute voix la déclaration de son propre départ depuis Riyad.

Je devrais ajouter, bien sûr, que la femme et la famille de Hariri sont à Riyad, donc même s’il retournait à Beyrouth, il laisserait des otages derrière lui. Ainsi, après une semaine de cette farce politique scandaleuse, on parle même à Beyrouth de demander au frère aîné de Saad Hariri, Bahaa, de siéger au cabinet. Mais qu’en est-il de Saad lui-même ? Certaines personnes ont pu le joindre par téléphone à son domicile de Riyad, mais il n’a dit que quelques mots. « Il dit ‘Je reviendrai’ ou ‘Je vais bien’, c’est tout, seulement ces mots, ce qui ne lui ressemble pas du tout », dit quelqu’un qui sait de quoi il parle. Et si Hariri revenait ? Affirmerait-il que sa démission lui avait été imposée ? Les Saoudiens oseront-ils prendre ce risque ?

En toute certitude, Hariri n’avait pas prévu ce qui lui est arrivé. En effet, il avait des réunions prévues à Beyrouth le lundi suivant – avec le FMI, la Banque mondiale et une série de discussions sur l’amélioration de la qualité de l’eau : pas exactement l’action d’un homme qui a prévu de démissionner de son poste de Premier ministre. Cependant, les mots qu’il a lus – rédigés pour lui – sont entièrement en phase avec les discours du prince héritier Mohamed ben Salman et avec le Président US fou qui parle de l’Iran avec la même colère, comme le fait le Secrétaire US à la Défense.

Bien sûr, la vraie question est de savoir exactement ce qui se passe en Arabie Saoudite même, car le prince héritier a brisé à jamais le grand compromis qui existe dans le royaume : entre la famille royale et le clergé, et entre les tribus. C’était toujours le socle sur lequel le pays tenait ou tombait. Et Mohamed ben Salman a maintenant rompu cela. Il est en train de liquider ses ennemis – les arrestations, cela va sans dire, sont censées faire partie d’une «campagne anti-corruption », un dispositif que les dictateurs arabes ont toujours utilisé pour écraser leurs opposants politiques.


Il n'y aura pas de plaintes de Washington ou de Londres, dont le désir de profiter du dépeçage  de la compagnie pétrolière Saudi Aramco (un autre projet du prince héritier) étouffera toute vélléité de protestation ou de mise en garde. Et compte tenu du ridicule compte-rendu des récents discours du prince héritier dans le New York Times, je soupçonne que même ce vieil organe de presse ne sera pas inquiété par le coup d'État saoudien [même chose pour L'Immonde et la presse française mainstream dans son ensemble]. Car c'est bien de ça qu’il s’agit. MBS a dégommé le ministre de l'Intérieur plus tôt cette année et maintenant il se débarrasse du pouvoir financier de ses adversaires.

Mais les hommes impitoyables peuvent aussi être humbles. Hariri a été autorisé à voir le roi - la raison originale pour laquelle il croyait qu'il se rendait à Riyad - et a même rendu visite cette semaine au prince héritier des Émirats Arabes Unis, un pays allié des Saoudiens qui l'empêcherait de sauter sur un vol à destination de Beyrouth. Mais pourquoi diable Hariri aurait-il voulu aller aux Émirats ? Pour prouver qu'il était encore libre de voyager alors qu'il ne peut même pas retourner dans le pays qu'il est censé gouverner ?


Les Saoudiens peuvent retenir le Premier ministre libanais en otage, mais leur plan apparent de renverser le gouvernement de Beyrouth s’est glorieusement retourné contre eux. Loin de briser le gouvernement et de jeter les ministres du Hezbollah aux chiens, la nation libanaise s’est soudainement réveillée à l'union – contre les Saoudiens. 

Le gouvernement libanais a annoncé qu’il n’acceptait pas la déclaration de démission que Saad Hariri a été obligé de lire à Riyad, et des hashtags sont apparus dans plusieurs rues de Beyrouth proclamant « Kul’na Saad » – « Nous sommes tous Saad ». Même les musulmans sunnites du Liban sont furieux contre leurs homologues sunnites d’Arabie Saoudite.

Le Président français Macron a été le premier à se rendre à Riyad, faisant un détour alors qu’il se dirigeait vers Dubaï, pour demander au prince héritier Mohamed ben Salman, âgé de 32 ans, de savoir ce qu’il était en train de faire. Presque toute la réunion de deux heures a été consacrée aux raisons pour lesquelles Hariri a été détenu – ou contraint, ou kidnappé ou pris en otage ou traité comme un invité d’honneur  (faites votre choix) - en Arabie Saoudite. Pour le gouvernement libanais – et pour plusieurs dizaines de milliers de Libanais –, la décision saoudienne de présenter à Hariri une lettre de démission à lire sur la chaîne de télévision Al-Arabiya constituait une insulte nationale.

Le Liban traverse toujours la plus grande crise depuis sa dernière grande crise. Mais cette fois, c'est pour de vrai.

jeudi 9 novembre 2017

Karbala : pourquoi vous n’avez jamais entendu parler du plus grand pèlerinage au monde



Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr


Cet article est consacré au pèlerinage annuel de 'Arbaeen effectué en ce moment même par les chi’ites à Karbala, en Irak, où l’Imam Hussein, petit-fils chéri du Prophète de l’Islam vénéré par tous les musulmans, a été décapité avec les siens pour avoir refusé de faire allégeance au calife illégitime et despotique Yazid b. Mu'awiya, qui bafouait les valeurs islamiques. L’auteur y décrit le caractère spectaculaire de cette procession, qui culminera le 10 novembre 2017, et dans laquelle des millions de personnes bravent chaque année la menace terroriste de l’Etat Islamique pour qui les chi’ites sont la cible de prédilection.

Les racines historiques et idéologiques de l’Etat Islamique, dont la barbarie frappe avant tout les musulmans et foule aux pieds les principes les plus élémentaires de l’Islam, se retrouvent déjà à Karbala, il y a quatorze siècles, lorsque l’armée d’un calife usurpateur a massacré la famille du Prophète tout en se revendiquant de l’Islam.

Ce n’est ni le Hajj musulman [pèlerinage à La Mecque], ni la Kumbh Mela hindoue. Désigné comme le « Arbaeen » [le quarantième jour], c’est le plus grand rassemblement au monde et vous n’en avez probablement jamais entendu parler ! Non seulement cette congrégation dépasse-t-elle le nombre de visiteurs à la Mecque (par un facteur de cinq, en fait), mais elle est encore plus importante que la Kumbh Mela, puisque cette dernière n’est commémorée que tous les trois ans. En bref, Arbaeen éclipse tous les autres rallyes de la planète, atteignant les vingt millions de participants l’an dernier. Cela représente une proportion impressionnante de 60% de toute la population d’Irak, et leur nombre est en augmentation année après année.

De Karbala à l’Etat Islamique : pourquoi vous n’avez jamais entendu parler du plus grand pèlerinage au monde
Procession des pèlerins en direction de Karbala



Surtout, Arbaeen est unique parce qu’il se déroule contre un arrière-fond de scènes géopolitiques chaotiques et dangereuses. Daech – alias « État islamique » – considère les chiites comme des ennemis mortels, si bien que rien n’exaspère le groupe terroriste plus que la vue des pèlerins chiites rassemblés pour leur plus grande démonstration de foi.

Il y a une autre particularité de Arbaeen. Bien que ce soit un exercice spirituel typiquement chiite, des sunnites, et même des chrétiens, des Yézidis, des Zoroastriens et des Sabéens prennent part à la fois au pèlerinage et au service des dévots. Cela est remarquable compte tenu de la nature exclusive des rituels religieux, et cela ne peut signifier qu’une chose : les peuples, indépendamment de leur couleur ou de leur croyance, considèrent Hussein comme un symbole universel de la liberté et de la compassion, sans frontières et méta-religieux.

La raison pour laquelle vous n’en ayez jamais entendu parler est probablement liée au fait que la presse s’intéresse plus aux tabloïds négatifs, sanglants et sensationnalistes qu’aux récits positifs et inspirants, surtout lorsqu’il s’agit de l’Islam. Si quelques centaines de manifestants opposés à l’immigration défilent dans les rues de Londres (ou de Paris), ils feront les gros titres. Un même niveau de temps d’antenne est accordé à une marche en faveur de la démocratie à Hong Kong ou à un rassemblement anti-Poutine en Russie. Mais un rassemblement de vingt millions de personnes, s’élevant en défi manifeste contre la terreur et l’injustice, ne parvient pas même à apparaître sur le bandeau défilant au bas des chaînes d’informations télévisées ! Un embargo médiatique non officiel est imposé sur cet événement gigantesque, bien que cette histoire possède tous les éléments critiques d’un reportage à succès : les chiffres effarants, la signification politique, le message révolutionnaire, le contexte tendu, ainsi que l’originalité. Mais quand une telle histoire parvient à franchir la hache éditoriale des grands médias, elle crée une onde de choc et touche toutes les catégories de populations.



Parmi les innombrables personnes inspirées par cet événement, il y a un jeune homme australien que j’ai rencontré il y a plusieurs années, et qui s’était converti à l’Islam. Évidemment, personne ne prend à la légère une telle décision qui change notre vie, et en réponse à ma demande, il m’a informé que tout avait commencé en 2003. Un soir, alors qu’il regardait les informations, son attention a été attirée par des scènes de millions de personnes affluant vers une ville sainte appelée Karbala, et entonnant le nom d’un homme dont il n’avait jamais entendu parler : « Hussein ». Pour la première fois depuis des décennies, dans un événement télévisé à l’échelle mondiale, le monde a pu avoir un aperçu de la ferveur religieuse auparavant interdite en Irak.

Une fois le régime baas sunnite renversé, les téléspectateurs occidentaux étaient impatients de voir comment les Irakiens allaient répondre à une nouvelle ère libérée de la persécution dictatoriale. La « République de la peur » s’était écroulée et le génie s’était échappé de la bouteille de façon irréversible. Ce jeune homme se souvient de s’être alors demandé : « Où se trouve Karbala, et pourquoi tout le monde va dans cette direction ? Qui est donc ce Hussein qui pousse ainsi les gens à défier tous les obstacles et les probabilités [d’attentat] et à sortir pour pleurer sa mort quatorze siècles après qu’elle soit survenue ? »

Ce qu’il vit dans ce reportage de 60 secondes lui parut tout particulièrement émouvant car les images étaient telles qu’il n’en avait jamais vues. Un sentiment fervent de communauté transformait les pèlerins humains en limaille de fer, s’essaimant en une masse de plus en plus compacte à mesure qu’ils se rapprochaient de ce qui pourrait être décrit comme le champ magnétique irrésistible de Hussein. « Si vous voulez voir une religion vivante, qui respire, pleine de ferveur et de vitalité, venez à Karbala » conclut-il.

Comment un homme qui a été tué il y a 1334 ans pourrait-il être si vivant et avoir une présence si palpable aujourd’hui, au point de pousser des millions de personnes à soutenir sa cause, et à considérer son sort comme le leur ? Les gens sont peu susceptibles de se laisser entraîner dans un différend (surtout s’il a eu lieu dans des temps anciens), à moins d’avoir un intérêt personnel dans l’affaire. Mais d’un autre côté, si vous avez le sentiment qu’une personne s’est engagée dans un combat pour votre droit à la liberté, votre droit à être traité avec justice et votre droit à une vie digne, vous pourrez considérer que vous avez un intérêt direct dans sa cause, et ressentir de l’empathie avec elle au point où la conversion à ses croyances ne serait pas une possibilité très lointaine.

Procession des pèlerins devant le mausolée de l'Imam Hussein à Karbala

La tragédie ultime

Hussein, le petit-fils du prophète Mohamed, est vénéré par les musulmans comme le « Prince des Martyrs ». Il a été tué à Karbala en un jour qui a été désigné comme ‘Achoura – le dixième jour du mois islamique de Muharram – car il refusait de prêter serment d’allégeance au calife corrompu et tyrannique, Yazid.

Avec sa famille et ses compagnons [72 personnes], il fut encerclé dans le désert par une armée de 30 000 hommes, assiégé jusqu’à ce qu’il manque cruellement de nourriture et d’eau, puis décapité de la manière la plus macabre, un récit épique et captivant rapporté sur les chaires chaque année depuis le jour où il a été tué. Leurs corps ont été mutilés. Dans les mots de l’historien anglais Edward Gibbon, « [Même] dans une époque et un climat lointains, la scène tragique de la mort de Hussein réveillera la sympathie du lecteur le plus froid. »

Les musulmans chiites ont depuis ce jour pleuré la mort de Hussein, en particulier durant le jour de ‘Achoura, puis, 40 jours plus tard, durant le Arbaeen. Quarante jours est la durée habituelle du deuil dans beaucoup de traditions musulmanes. Cette année, Arbaeen tombe le vendredi 10 Novembre 2017.

evening_of_ashoora
Ce magnifique tableau est une fresque des derniers instants de la tragédie de Karbala, après la mort et la décapitation des derniers combattants. On y voit le deuil des rescapées de la famille de Hussein face au massacre de leurs proches (dont un enfant et un nouveau-né, et l'Imam Hussein lui-même, atrocement mutilé). Seuls les femmes et les enfants ont été épargnés et mis en captivité, puis soumis à une marche forcée vers Damas, où Zaynab, la sœur de Hussein, ainsi que le fils de Hussein, l’Imam Ali « Zayn al Abidine » (« la parure des dévots », le 4e Imam du chi’isme, qui était alors gravement malade), prononceront des discours fameux face au tyran Yazid. Pour rappel, l'intervention du Hezbollah en Syrie avait initialement été cantonnée à la protection du mausolée de Zaynab à Damas, que les terroristes de l'Etat Islamique menaçaient de détruire, ce qui aurait pu entraîner une guerre sectaire sunnites-chiites.

Longue marche


J’ai voyagé à Karbala, mon propre foyer ancestral, afin de pouvoir découvrir par moi-même pourquoi cette ville est si enivrante. Ce que j’ai vu m’a prouvé que même l’angle le plus large de l’objectif de la meilleure caméra reste trop étroit pour capturer l’esprit de ce rassemblement tumultueux, mais paisible.

Une avalanche d’hommes, de femmes et d’enfants, mais plus visiblement de femmes voilées de noir, remplit l’œil d’un bout de l’horizon à l’autre. Les foules étaient tellement énormes qu’elles causaient un encombrement sur des centaines de kilomètres.

Les 500 kilomètres de distance entre la ville portuaire méridionale de Bassora et Karbala constituent déjà un long voyage en voiture, mais c’est un périple incroyablement difficile à pied. Il faut deux semaines complètes aux pèlerins pour réaliser ce parcours. Des gens de tous les groupes d’âge crapahutent sous le soleil brûlant pendant la journée, et dans un froid glacial durant la nuit. Ils voyagent à travers un terrain accidenté, sur des routes inégales, à travers des bastions terroristes et des marais dangereux, et sans même l’équipement de voyage ou les commodités les plus élémentaires, les pèlerins emportant peu de choses à part leur amour ardent pour « le Maître » Hussein. Drapeaux et bannières leur rappellent, à eux et au monde entier, l’objet de leur voyage :

O mon âme, tu es sans valeur après Hussein.
Ma vie et ma mort sont une seule et même chose,
S’ils me prennent pour un fou, peu importe !

Ce message reprend des vers récités par Abbas, le demi-frère de Hussein et son fidèle lieutenant – également tué durant la bataille de Karbala en l’an 680 de notre ère –, alors qu’il essayait d’aller chercher de l’eau pour ses neveux et nièces qui souffraient terriblement de la soif. Les conditions de sécurité actuelles étant dans l’état catastrophique qui fait de l’Irak le premier titre des informations dans le monde, personne ne doute que cette affirmation est authentique dans toutes les significations.

Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant du thé aux pèlerins)
Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant du thé aux pèlerins)


Déjeuner gratuit… et même dîner et petit déjeuner !

Une des parties du pèlerinage qui laissera chaque visiteur perplexe est le spectacle de milliers de tentes avec des cuisines de fortune mises en place par les villageois qui avoisinent le parcours des pèlerins. Les tentes (appelées « mawkeb ») sont des lieux où les pèlerins reçoivent pratiquement tout ce dont ils ont besoin. Repas chauds, espaces pour se reposer, appels internationaux gratuits pour rassurer des parents anxieux, couches pour bébés, etc., pratiquement tous les équipements dont peuvent avoir besoin les pèlerins sont fournis gratuitement. De fait, les pèlerins n’ont pas besoin de transporter quoi que ce soit sur ce parcours de 500 kilomètres, sauf les vêtements qu’ils portent.

Plus intrigante est la façon dont les pèlerins sont invités à manger et à boire. Les personnes qui organisent les « mawkeb » interceptent les pèlerins sur leur chemin et les prient instamment d’accepter leurs offres, qui incluent souvent une suite complète de services dignes de rois : on vous propose d’abord un massage des pieds, puis on vous offre un délicieux repas chaud, et vous êtes invités à vous reposer tandis que vos vêtements sont lavés et repassés, puis vous sont restitués après votre sieste. Tout cela gratuitement, bien entendu.

A titre de comparaison, considérez ceci : à la suite du tremblement de terre en Haïti, et avec la sympathie et le soutien du monde entier, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a annoncé la livraison d’un demi-million de repas au plus haut degré de ses efforts de secours. L’armée des Etats-Unis a lancé l’opération Réponse unifiée, réunissant les ressources massives de divers organismes fédéraux et annonçant que dans les cinq mois suivants la catastrophe humanitaire, 4,9 millions de repas avaient été livrés aux Haïtiens. Maintenant, comparez cela avec plus de 50 millions de repas par jour pendant Arbaeen, ce qui équivaut à environ 700 millions de repas pour la durée du pèlerinage, le tout financé non pas par l’Organisation des Nations Unies ou des organisations caritatives internationales, mais par des travailleurs et des agriculteurs pauvres qui se serrent la ceinture pour pouvoir nourrir les pèlerins et peuvent économiser durant toute l’année afin que les besoins des visiteurs soient satisfaits. Tout, y compris la sécurité, est assuré principalement par des volontaires, dont les combattants ont un œil sur Daech et un autre sur la protection du parcours des pèlerins. « Pour savoir ce que l’Islam enseigne, dit un organisateur de mawkeb, ne regardez pas les actions de quelques centaines de terroristes barbares, mais les sacrifices altruistes dont font preuve des millions de pèlerins pour Arbaeen. »

De fait, Arbaeen devrait être répertorié dans le Livre Guinness des records dans plusieurs catégories : le plus grand rassemblement annuel, la plus longue table à manger en continu, le plus grand nombre de personnes nourries gratuitement, le plus grand groupe de bénévoles participant à un seul événement, le tout sous la menace imminente des attentats-suicides.

Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant de la nourriture aux pèlerins) 
Un « mawkeb » sur le chemin de la procession (ici, servant de la nourriture aux pèlerins)

Dévotion inégalée

Le seul fait de contempler ces multitudes est à couper le souffle. Ce qui rend cette scène plus spectaculaire encore est que tandis que les conditions de sécurité se détériorent, de plus en plus de personnes sont prêtes à défier les menaces terroristes et à participer à cette marche en guise de protestation. Ainsi, le pèlerinage n’est pas un simple exercice religieux, mais une affirmation courageuse de résistance. Des vidéos mises en ligne montrent des kamikazes se faire exploser au milieu des pèlerins, avec pour seule conséquence des foules qui se font toujours plus nombreuses, et chantent à l’unisson :

Les horribles attentats à la bombe qui se produisent toute l’année, en ciblant principalement des pèlerins chiites et en prenant d’innombrables vies, illustrent les dangers auxquels sont confrontés les chiites vivant en Irak, et l’insécurité qui continue de gangréner le pays. Pourtant, la menace imminente de mort ne semble pas dissuader les gens – jeunes et vieux, Irakiens et étrangers – d’entreprendre le voyage dangereux vers la ville sainte.

Il n’est pas facile pour un étranger de comprendre ce qui inspire les pèlerins. On voit des femmes transportant des enfants dans leurs bras, des vieillards en fauteuil roulant, des gens sur des béquilles, et des personnes âgées aveugles tenant des bâtons de marche. J’ai rencontré un père qui avait parcouru tout le chemin depuis Bassora avec son garçon handicapé. Cet enfant de 12 ans avait une paralysie cérébrale et ne pouvait pas marcher sans aide. Ainsi, durant une partie de la marche, le père avait placé les pieds du garçon sur les siens et marchait avec lui en le tenant par les aisselles. C’est le genre d’histoire à partir desquelles des films oscarisés sont réalisés, mais il semble qu’Hollywood soit plus intéressé par les héros de comics que par ceux de la vie réelle dont les super-pouvoirs sont le courage et le dévouement.

Un fidèle handicapé sur le chemin du pèlerinage 
Un fidèle handicapé sur le chemin du pèlerinage

Le Dôme d’or de Hussein

Les visiteurs du sanctuaire de Hussein et de son frère Abbas ne sont pas motivées par la seule émotion. Ils pleurent au souvenir de sa mort atroce, et, ce faisant, réaffirment leur engagement en faveur de ses idéaux.

La première chose que les pèlerins font après avoir atteint son sanctuaire est de réciter la Ziyara, un texte sacré qui rappelle le statut de Hussein. Ils commencent cette récitation en appelant Hussein l’ « héritier » d’Adam, de Noé, d’Abraham, de Moïse et de Jésus. Il y a quelque chose de profond dans cette proclamation. Elle montre que le message de Hussein, un message de vérité, de justice et d’amour pour l’opprimé, est considéré comme une extension inséparable de tous les prophètes divinement nommés.

Les gens ne vont pas à Karbala pour s’émerveiller devant le paysage de la ville – luxuriant de palmiers-dattiers –, pour admirer la beauté architecturale du mausolée, pour faire des achats, se divertir, ou visiter des sites historiques anciens. Ils y vont pour pleurer. Pour faire leur deuil et ressentir l’aura angélique de Hussein. Ils entrent dans le sanctuaire sacré en pleurant et en se lamentant sur le plus grand acte de sacrifice de l’histoire.

Fidèles autour du tombeau de l'Imam Hussein, à l'intérieur du mausolée 
Fidèles autour du tombeau de l'Imam Hussein, à l'intérieur du mausolée

C’est comme si chaque individu avait établi une relation personnelle avec cet homme qu’il n’a jamais vu. Ils lui parlent et l’appellent par son nom ; ils saisissent les cloisons de son tombeau ; ils embrassent le sol conduisant au sanctuaire ; ils touchent ses murs et ses portes de la même manière qu’on touche le visage d’un ami perdu depuis longtemps. C’est une vision pittoresque aux proportions épiques. Ce qui motive ces gens est quelque chose qui nécessite une compréhension de la nature et du statut de l’Imam Hussein et de la relation spirituelle que ceux qui ont appris à le connaître ont développée avec sa légende vivante.

Si le monde comprenait Hussein, son message et son sacrifice, il commencerait à comprendre les racines anciennes de Daech [l’Etat Islamique] et son credo de mort et de destruction. C’est il y a des siècles, à Karbala, que l’humanité a assisté à la genèse de monstruosités insensées, incarnées dans les assassins de Hussein. Ce fut le combat des ténèbres les plus obscures contre la lumière brillante et absolue, de l’exhibition de vice contre l’archétype de vertu, ce qui explique la puissance du spectre de Hussein aujourd’hui. Sa présence est primordialement tissée dans toutes les facettes de la vie des pèlerins. Sa légende encourage, inspire, et se fait le champion du changement pour un monde meilleur, et aucun black-out médiatique ne pourra éteindre sa lumière.

« Qui est donc ce Hussein ? » Pour des centaines de millions de ses partisans, une question si profonde, qui peut inciter les gens à renoncer à leur religion pour une autre, ne peut recevoir de réponse qu’après un pèlerinage à pied au sanctuaire de Hussein.

Le « Dôme d'or », mausolée de l'Imam Hussein 
Le « Dôme d'or », mausolée de l'Imam Hussein


Pour approfondir :

vendredi 27 octobre 2017

Aidez Norman Finkelstein à rester en liberté ! Il est menacé de prison

Le Professeur Norman Finkelstein relate son arrestation du octobre 2017


Signez la pétition en soutien au Professeur Finkelstein : https://www.change.org/p/janet-difiore-chief-judge-of-the-state-of-new-york-norman-g-finkelstein-must-walk-free (lire la version française : http://sayed7asan.blogspot.co.uk/2017/10/le-harcelement-judiciaire-contre-norman.html)

Ecrivez au DA (Procureur de la République) du Comté de Nassau pour protester contre son inculpation et empêcher son emprisonnement (lettre-type : http://sayed7asan.blogspot.com/2017/10/en-soutien-au-professeur-norman.html ; formulaire en ligne : http://www.nassauda.org/FormCenter/Contact-4/Contact-Us-43) ou appelez-le au +1 516-571-2100

Vous pouvez également écrire aux avocats-vautours Michael Chetkof et Allyson Burger : scrlaw@scrllp.com; mchetkof@scrllp.com; adburger@scrllp.com 

Pour plus d'informations sur cette affaire, visitez le site http://www.normanfinkelstein.com (en Français, voyez http://www.sayed7asan.blogspot.fr)

STOP AU HARCELEMENT JUDICIAIRE CONTRE NORMAN FINKELSTEIN !

Pétition adressée à Janet Di Fiore, Juge Suprême de l’Etat de New York, et Madeline Singas, Procureur du Comté de Nassau

Par le Comité 'Défendez Norman Finkelstein'

Source: https://www.change.org/p/janet-difiore-chief-judge-of-the-state-of-new-york-norman-g-finkelstein-must-walk-free 

Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr


 

Le Professeur Norman G. Finkelstein a subi une injustice flagrante et reste gravement menacé à ce jour. 

Pourquoi ? Parce qu’il a encore une fois confronté – et publiquement dénoncé – certaines personnes puissantes qui s’attaquent aux faibles et aux vulnérables. 

Pour avoir œuvré pour une paix juste au Proche-Orient, Norman Finkelstein a perdu son poste universitaire.

Aujourd’hui, pour avoir défendu un ancien étudiant en détresse, il a subi des violences policières et risque jusqu’à deux ans de prison du fait d’accusations fallacieuses. 

Nous, signataires de cette pétition, cherchons à protéger de cette peine injustifiée cet homme de grand courage et de la plus haute intégrité. 

Bien qu’il se batte pour la vérité et la justice dans une arène différente cette fois-ci, nous sommes là pour le soutenir. 

Ayant été témoin de l’injustice flagrante dont a été victime le Docteur Rudolph Baldeo du fait de deux avocats sans scrupules, Norman Finkelstein a entrepris dexposer publiquement les tactiques qu’ils ont utilisées pour terroriser, rabaisser, calomnier, ruiner et dépouiller son ami. 

Cette parodie de justice a eu lieu à Long Island. 

Il n’a pas fallu longtemps avant que la police de Long Island manifestement aux ordres s’en prenne à Norman Finkelstein – à Brooklyn même, où il vit. 

Sans aucune justification, ils l’ont enlevé de son appartement en pleine nuit, l’ont brutalisé et l’ont jeté en prison à deux reprises, afin de l’intimider et de le faire taire.

Norman Finkelstein est actuellement en liberté sous caution, mais il doit comparaitre à nouveau devant la justice pénale le vendredi 3 novembre 2017. 

Si ces avocats sans scrupules (et au bras long) parviennent à leurs fins, il sera à tout le moins emprisonné sur la base d’accusations mensongères forgées de toutes pièces de « harcèlement aggravé », alors qu’il n’a fait qu’exercer son droit constitutionnel de dénonciation sur Internet et distribuer des tracts durant une matinée.

La réalité est que Norman Finkelstein a été soumis à des violences policières et menacé d’une longue peine de prison pour une seule chose : il a eu l’audace d’exposer au monde entier les procédés indignes de deux avocats de New York, Michael Chetkof et Allyson Burger.

Nous, signataires de cette pétition, exigeons que l’attaque physique, psychologique et « judiciaire » contre Norman Finkelstein prenne fin.

Plus de kidnappings à son domicile ! Plus de violences ! Plus d’illégalité ! Nous voulons la justice.

Toutes les poursuites doivent cesser, et Norman Finkelstein doit pleinement recouvrer sa liberté !

Norman Finkelstein, un intellectuel de renommée mondiale, a consacré toute sa vie adulte à rendre le monde meilleur – voyez par exemple les félicitations et éloges qu’a reçu son ouvrage magistral intitulé Gaza : enquête sur son martyre, aux presses de l’Université de Californie. 

Le Dr Baldeo a consacré sa vie à soigner son prochain. Il est devenu un pédiatre aux États-Unis et a fait du bénévolat dans de nombreuses missions humanitaires à travers le monde, notamment en Palestine.

« La différence entre vous et moi », a un jour asséné le Dr. Baldeo aux deux avocats-vautours qui s’en prennent à lui, « c’est que je sauve des vies, alors que vous les détruisez. »

Quant à Norman Finkelstein, il a déclaré : « J’ai déjà passé deux nuits très désagréables en prison et menotté à cause de ces avocats-rapaces. Je suis sceptique quant à ma capacité à supporter une longue peine de prison. Je suis trop âgé (64 ans), trop fatigué, et l’environnement d'une prison me sera trop étranger. Mais je n’arrêtais pas de me dire : ‘Si mon mère et ma mère ont pu passer cinq ans dans les camps d’Hitler, jespère pouvoir survivre à cette prison merdique de Long Island.’ »

Alors que Finkelstein et le Dr Baldeo méritent notre admiration pour leurs services rendus à l’humanité, les avocats qui veulent pervertir le cours de la justice – et s’enrichir sur le dos de leurs victimes – ne méritent que notre mépris.

Nous, signataires de cette pétition, exigeons que le Juge qui décidera du sort du Professeur Finkelstein le 13 décembre le déclare libre car il n’a commis aucun crime. 

Le Procureur de District doit enquêter sur les abus manifestes à l’encontre des droits du Professeur Finkelstein, demander des comptes à tous les responsables et mettre en place des mesures pour empêcher que de tels abus puissent se reproduire. 

Le Juge suprême de l’Etat de New York doit faire en sorte que justice soit faite.

Les premiers signataires de cette pétition sont : Silvia CATTORI, Olivia ZEMOR, Bruno GUIGUE, Paul LARUDEE, Denis RANCOURT, Charles GLASS, Sara ROY, Mihalis YANNAKAKIS, Alice WALKER, Khaled ABOU EL FADL & Grace SONG, Lee SWANSON, Alfred DE ZAYAS et Mouin RABBANI.

Signez la pétition ici : https://www.change.org/p/janet-difiore-chief-judge-of-the-state-of-new-york-norman-g-finkelstein-must-walk-free

NOTES

* Pour une synthèse sur l’affaire Finkelstein-Baldeo / Chetkof-Burger, voir cet article de Mary Serumaga : http://sayed7asan.blogspot.co.uk/2017/10/et-les-droits-des-hommes-corruption.html

Voir également les articles de Norman Finkelstein publiés sur son site www.normanfinkelstein.com et traduits en français sur www.sayed7asan.blogspot.fr

* Une vidéo de Norman Finkelstein décrivant son arrestation le 9 octobre 2017 est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=I45KeZ8Zjds


* Pour signer la propre pétition du Professeur Finkelstein en soutien au Dr Baldeo, voyez ici : https://www.change.org/p/supreme-court-appellate-division-disbar-michael-chetkof-and￾allyson-burger-for-perjury-and-blackmail-750c9ecc-9119-44c4-9bda-cdce30abd24e (traduite en français ici : http://sayed7asan.blogspot.com/2017/09/petition-en-soutien-norman-finkelstein.html)

* Pour le prochain livre de Norman Finkelstein, voyez ici : 
https://www.ucpress.edu/book.php?isbn=9780520295711