samedi 15 juillet 2017

Hassan Nasrallah : Sistani et Khamenei ont joué un rôle décisif dans la libération de Mossoul

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 11 juillet 2017, après la libération de Mossoul

Source : https://www.mediarelations-lb.org/article.php?id=14699&cid=94


Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


Transcription : 

[…] Ce qui s’est produit en Irak et à Mossoul ne touche pas seulement à l’avenir de l’Irak et du peuple irakien, mais concerne en profondeur et avec force l’avenir des peuples et des pays de la région, et l’avenir de la Communauté (islamique) dans son ensemble.

Nous commençons donc par le premier point. Il ne fait aucun doute que la victoire proclamée hier (le 10/07) par le chef du gouvernement irakien et Commandant en chef des forces armées irakiennes, le Dr Haydar al-Ibadi, dans la ville de Mossoul, entouré des responsables militaires et sécuritaires, est une victoire très grande et très importante, cela ne fait aucun doute. Maintenant, même si certains veulent amoindrir son importance, son ampleur, son caractère majeur, il ne fait aucun doute que c’est une victoire très grande et très importante, qui vient dans un contexte de progression et de cumul : un certain nombre de victoires se sont cumulées et ont mené à cette victoire en particulier dans la ville de Mossoul, avec la particularité et l’importance qu’a Mossoul.

Elle vient dans un contexte de progression et de cumul de victoires des Irakiens contre Daech et le terrorisme, à Diyala, Salah-el-Din, Anbar et d’autres provinces irakiennes, ce qui nous ramène aux premiers jours, dont nous allons parler un peu en résumé pour en tirer les leçons, les premiers jours des affrontements très violents et âpres qui se sont produits entre les Irakiens et les forces irakiennes d’un côté et Daech (de l’autre), et la progression très large et très rapide de Daech qui s’est emparé de plusieurs provinces irakiennes jusqu’à parvenir aux abords de la capitale Bagdad. Il y a 3 ans, on se rappelle tous ce déferlement très large, très rapide et très violent.

Il ne fait aucun doute que l’affliction était très grande pour les Irakiens, qui se sont retrouvés face à une sédition dans laquelle l’adulte perd ses forces, le jeune voit ses cheveux blanchir et le croyant oeuvre ardument de toutes ses forces jusqu’à ce qu’il rencontre son Seigneur (Sermon de l’Imam Ali). Il y eut un état de confusion et d’étourdissement généralisés, et un sentiment d’impuissance, de paralysie et de désespoir très répandu. L’ampleur de ce qui s’est produit était vraiment colossale, bien trop grande pour qu’on puisse s’en remettre facilement.

La fatwa de l’autorité religieuse (chiite) a été publiée rapidement dans la Sainte ville de Najaf (où se trouve le tombeau de l’Imam Ali), la fatwa de Son Eminence le Grand Ayatollah Marja’ religieux, Sayed Ali Sistani (première autorité religieuse du monde chiite, dans lequel un Marja’ est un exemple et comme un représentant du Prophète), Dieu le préserve, rendant la défense et le djihad obligatoires (mobilisation générale jusqu’à la victoire) à tout individu pouvant porter les armes et combattre, et rendant obligatoire de faire face à Daech avec toute la force (requise). Et il a stipulé que cette responsabilité s’étendait à tous, et que celui qui était tué dans cette défense, dans cette bataille et dans cette confrontation serait un martyr dans la voie de Dieu le Très-Haut et l’Exalté.

C’est de là qu’il faut commencer notre propos, car la fatwa des autorités religieuses (chiites) et leur appel historique à ce moment lancé à tous les Irakiens est la pierre angulaire et le point de départ décisif de cette belle conclusion et de cette grande victoire. Ce point tournant, cette entrée, cette porte, cette source (constituent le facteur décisif).

Eh bien, pourquoi... Certains (nous) disent peut-être que nous essayons de donner à cette fatwa et à cette prise de position de l’autorité religieuse (Marja’iya) cette importance énorme et capitale. Cette fatwa et cette prise de position historique, qu’ont-elles entraîné ?

Premièrement, elles ont sorti les Irakiens et tout le monde de la confusion, de l’étourdissement, de la paralysie. (Avant cette fatwa, ils ne savaient pas) quoi faire, comment réagir. Combattre, ne pas combattre ? Quelle était la bonne attitude, la position juste (du point de vue religieux) ? Car en fin de compte, on parle de combat, d’épanchement de sang, de tuer et d’être tué (donc on ne peut pas agir à la légère). De manière certaine, la fatwa a tranché cette question de manière décisive et a mis fin à la confusion et à la paralysie en ce qui concerne la prise de position (juste), leur disant qu’il ont le devoir et l’obligation de combattre, de défendre, de faire face. Cela a tranché (la question) de manière décisive. Voyez donc, (ce n’est que) quelques phrases courtes, et quel a été leur impact historique.

Deuxièmement, elle a clairement identifié l’ennemi, de manière décisive : l’ennemi est Daech, qui s’appelait au début l’Etat Islamique en Irak et au Levant, au sujet duquel certains ont été dupes et ont cru que c’était un mouvement islamique ou une révolution islamique. Certains milieux ont accueili Daech chaleureusement et l’ont considéré comme partie prenante du Printemps arabe et des révolutions populaires, et ils l’ont acclamé, applaudi, soutenu et assisté. (Mais) la fatwa de l’autorité religieuse (Marja’iya) est venue déclarer que c’était lui l’ennemi qu’il fallait combattre, et que le djihad contre lui était un djihad sur la voie de Dieu, et que celui qui était tué dans ce combat serait un martyr dans la voie de Dieu le Très-Haut et l’Exalté. (Cette fatwa) a donc déterminé l’identité de l’ennemi et de la menace qu’il fallait confronter.

Et troisièmement, elle a fait porter la responsabilité à tous. La fatwa ou l’appel historique de l’autorité religieuse (Marja’iya) ne s’est pas adressée seulement aux chiites. Elle s’est adressée à tous les fils du peuple irakien, à l’ensemble du peuple irakien, dans la diversité de ses appartenances : religieuse, doctrinale, sectaire, raciale, car cette fatwa, bien que sa nature soit religieuse et jurisprudentielle, elle exprime en profondeur la vérité de la prise de position humanitaire, morale et patriote qui s’impose à absolument tout citoyen du peuple irakien. Et c’est pourquoi la responsabilité reposait sur tous et l’appel était lancé à tous.

Et quatrièmement, la fatwa a élevé le plafond de la confrontation avec cette menace et elle a tranché l’aspect de cette confrontation, loin de toute paralysie, de tout échange ou négociation, de tout calcul, de tout temps de débat et de toute recherche de solutions ici et là. Et cette fatwa bénie et majeure est parvenue à réveiller le peuple irakien avec une vitesse fulgurante, et elle l’a sorti de son état de confusion, de paralysie, de détresse et de désespoir. Et la réponse populaire et officielle (à cette fatwa) fut massive.

Cette fatwa a donné un très fort élan et un énorme esprit d’enthousiasme aux officiers et aux membres des forces de sécurité irakiennes, dans toutes ses composantes et dénominations. Et cette fatwa et cet appel ont poussé des centaines de milliers d’Irakiens, jeunes et moins jeunes, à rejoindre les lignes de front et à s’engager volontairement, ce qui a mené à la fondation de(s forces de) la mobilisation populaire (Hachd Cha’bi) irakiennes bénies qui se sont formées dès le début comme la véritable force de l’Irak et le sont toujours, aux côtés des forces armées irakiennes dont elles sont devenues une partie.

C’est pourquoi lorsque nous parlons aujourd’hui de la victoire de Mossoul, et des victoires précédant cette victoire, nous devons commencer de là, de la fatwa de l’autorité religieuse (Marja’iya) et de son appel historique, comme le font tous les dirigeants irakiens dans leurs déclarations et discours, et comme doit le faire toute personne honnête dans le monde s’il considère la situation en Irak ou essaie de la comprendre, de l’analyser ou de la présenter aux gens.

Eh bien, après l’émission de cette fatwa, comme nous l’avons dit, on a assisté à une réponse massive.

Premièrement, de la part du gouvernement irakien de l’époque, qui était dirigé par M. Nouri al-Maliki, et cette réaction a perduré avec force avec le gouvernement qui a été formé ensuite sous la direction du Dr Haydar al-Ibadi. Et toutes les instances dirigeantes ont réagi de cette manière : religieuses, politiques, partis, mouvements et orientations dans leur diversité. Et cette fatwa a reçu un large soutien des autres autorités religieuses en Irak, en Iran et ailleurs dans le monde. Et au sein de l’Irak également, elle a reçu un large soutien des savants sunnites comme des savants chiites. C’est un point très important sur lequel je vais revenir au cours de mon propos. La réaction populaire fut très vive, massive et vraiment bénie.

De même, la position décisive – nous devons nous efforcer d’être factuels et réalistes, nous ne voulons exagérer en rien, mais il faut être justes et impartiaux –, la position décisive est venue de la part de la République Islamique d’Iran, et à sa tête Son Eminence le Guide et Imam Sayed Khamenei, Dieu le préserve, aux côtés des (autres) autorités religieuses, et aux côtés du gouvernement irakien et du peuple irakien, ainsi que la rapidité d’action des hauts dirigeants des Gardiens de la Révolution Islamique par leur présence à Bagdad, et leur disposition permanente et absolue à fournir toute aide ou soutien de la part de la République Islamique.

Tout cela s’est produit, mais le plus important reste la réaction populaire, la présence du peuple (irakien), les familles honorables, les clans de toutes les régions, de toutes les appartenances, ceux qui ont défendu (leur pays) par la prunelle de leurs yeux (leurs enfants en première ligne) les épouses, les enfants, les frères, les jeunes, les bien-aimés (des combattants). C’est là que réside la véritable force, la véritable valeur.

Lorsque cet appel, cette fatwa, cette prise de position trouvent des gens pour y répondre, pour prendre les armes et s’élancer vers les lignes de front, c’est là la force véritable et fondamentale qui a causé ce revirement (le reflux de Daech) et a permis à cette prise de position de prendre corps aux niveaux de l’humain, du moral, de l’éthique, de la patrie et de l’histoire, et par conséquent de façonner ces victoires.

Tout cela s’est produit dans un contexte régional et international au sujet duquel on peut dire au minimum qu’il y avait un abandon régional et international de l’Irak, de son gouvernement et de son peuple, au minimum, et à un niveau plus élevé, plus médian, il faut parler du complot et de la complicité de certaines grandes puissances mondiales et de certaines puissances régionales qui ont joué le rôle de facilitateurs, de fondateurs de Daech, qui l’ont soutenu, financé et lui ont accordé toutes les facilités pour qu’il s’empare de la Syrie et entre en Irak, et ils l’ont accompagné dans sa bataille contre les Irakiens durant les dernières années. […] 

[Suite : l'Irak héroïque, rôle cosmétique des USA]

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