dimanche 29 janvier 2017

La Russie en Syrie : Superbe documentaire sur les soldats tchétchènes à Alep (VOSTFR)

Tandis que les aboyeurs et moralisateurs patentés font leur office et versent des larmes de crocodile sur le drame syrien qu'ils ont façonné de leurs propres mains, continuant à imposer un blocus criminel à la Syrie et à soutenir les « égorgeurs modérés », la Russie repousse efficacement le terrorisme aux côtés de la Syrie et de ses alliés et envoie ses propres soldats pour assurer la sécurité des Syriens et leur apporter une aide critique refusée par l'Occident. La présence de 400 soldats tchétchènes à Alep (dont les médias ne parlent plus depuis sa libération), qui fait écho à l'engagement du Président de la République de Tchétchénie Ramzan Kadyrov à mettre ses forces au service de la Russie de Vladimir Poutine dans le monde entier, nous réconcilie avec le concept perverti d'intervention militaire humanitaire en nous montrant son visage authentique. La France en particulier, dont les soldats ne semblent bons qu'à soutenir les dictateurs africains, violer des enfants en Centrafrique ou assassiner des ressortissants français au Moyen-Orient, pourrait en tirer des leçons.

Sayed Hasan



samedi 28 janvier 2017

Tulsi Gabbard, élue démocrate : aucune différence entre les rebelles syriens « modérés » et les terroristes



« Le peuple syrien veut désespérément la paix »



Par Tulsi Gabbard, élue démocrate à la Chambre des représentants des Etats-Unis, vétéran de la guerre dIrak, de retour de Syrie.


Le 24 janvier 2017








Tandis que Washington se préparait pour l’inauguration du Président Donald Trump, j’ai consacré la semaine dernière à une mission d’enquête en Syrie et au Liban pour voir et entendre directement le peuple syrien. Leurs vies ont été consumées par une guerre horrible qui a tué des centaines de milliers de Syriens et a forcé des millions à fuir leur patrie en quête de paix.


C’est maintenant plus clair que jamais : cette guerre visant à un changement de régime ne sert pas l’intérêt de l’Amérique, et n’est certainement pas dans l’intérêt du peuple syrien.



 Nous avons rencontré ces enfants dans un refuge à Alep, leurs familles ayant fui la partie Est de la ville. La seule chose que ces enfants veulent, la seule chose que tous ceux que j’ai rencontrés veulent, c’est la paix. Beaucoup de ces enfants n’ont connu que la guerre. Leurs familles n’ont pas de souhait plus cher que de rentrer chez eux, et de revenir à la vie qu’ils connaissaient avant le début de la guerre visant à renverser le gouvernement. C’est tout ce qu’ils veulent.


J’ai voyagé à travers Damas et Alep, écoutant des Syriens de différentes parties du pays. J’ai rencontré des familles déplacées de la partie orientale d’Alep, de Raqqa, de Zabadani, de Lattaquié et de la périphérie de Damas. J’ai rencontré des leaders de l’opposition syrienne qui ont mené des manifestations en 2011, des veuves et des enfants d’hommes qui luttent pour le gouvernement et des veuves de ceux qui luttent contre le gouvernement. J’ai rencontré le Président du Liban nouvellement élu [Michel] Aoun et le Premier ministre [Rafik] Hariri, l’ambassadeur américain au Liban Elizabeth Richard, le Président syrien Assad, le grand Mufti Hassoun, l’archevêque Denys Antoine Chahda de l’Église catholique syrienne d’Alep, des chefs religieux musulmans et chrétiens, des travailleurs humanitaires, des intellectuels, des étudiants, des petits propriétaires, et plus encore.


Leur message au peuple américain était puissant et cohérent : il n’y a aucune différence entre les rebelles « modérés » et Al-Qaïda (al-Nusra) ou Daech – ce sont tous les mêmes. Il s’agit d’une guerre entre des terroristes sous le commandement de groupes comme Daech et Al-Qaïda et le gouvernement syrien. Ils appellent instamment les États-Unis et d’autres pays à arrêter de soutenir ceux qui détruisent la Syrie et son peuple.


J’ai entendu ce message encore et encore de ceux qui ont souffert et ont survécu à des horreurs inexprimables. Ils m’ont demandé de partager leur voix avec le monde; des voix frustrées qui n’ont pas été entendues en raison de faux rapports unilatéraux et biaisés faisant la promotion d’un récit qui soutient cette guerre de changement de régime au détriment des vies syriennes.


J’ai entendu des témoignages sur la façon dont les manifestations pacifiques contre le gouvernement qui ont débuté en 2011 ont été rapidement prises en main par des groupes de djihadistes wahhabites comme Al-Qaïda (al-Nusra) qui étaient financés et soutenus par l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar, les États-Unis et d’autres. Ils ont exploité les manifestants pacifiques, occupé leurs communautés, et tué et torturé les Syriens qui ne voulaient pas coopérer avec eux dans leur lutte pour renverser le gouvernement.


J’ai rencontré une fille musulmane de Zabadani qui a été enlevée, battue maintes fois et violée en 2012, alors qu’elle n’avait que 14 ans, par les « groupes rebelles » qui étaient en colère contre son père, un éleveur de moutons, qui refusait de leur donner son argent. Elle a regardé avec horreur les hommes masqués assassiner son père dans leur salon, vidant tous leurs chargeurs sur lui.


J’ai rencontré un garçon qui a été kidnappé en marchant dans la rue pour acheter du pain pour sa famille. Il a été torturé, soumis au waterboarding, électrocuté, placé sur une croix et fouetté, tout ça parce qu’il refusait d’aider les « rebelles » – il leur a dit qu’il voulait seulement aller à l’école. Voilà comment les « rebelles » traitent le peuple syrien qui ne coopère pas avec eux ou dont la religion n’est pas acceptable pour eux.


Bien qu’opposés au gouvernement Assad, l’opposition politique a fermement affirmé son rejet catégorique de l’utilisation de la violence pour amener des réformes. Ils soutiennent que si les djihadistes wahhabites, alimentés par des gouvernements étrangers, réussissent à renverser l’État syrien, cela détruirait la Syrie et sa longue histoire d’une société séculaire et pluraliste où les peuples de toutes les religions ont vécu pacifiquement côte à côte. Bien que cette opposition politique continue à demander des réformes, ils sont catégoriques sur le fait que tant que des gouvernements étrangers mèneront une guerre de changement de régime par procuration contre la Syrie en utilisant des groupes terroristes djihadistes, ils se tiendront aux côtés de l’Etat syrien en œuvrant pacifiquement pour une Syrie plus forte pour tous les Syriens.


Au départ, je n’avais pas l’intention de rencontrer Assad, mais quand j’en ai eu l’occasion, j’ai pensé qu’il était important de la saisir. Je pense que nous devrions être prêts à rencontrer n’importe qui s’il y a une chance que cela puisse aider à mettre un terme à cette guerre qui cause tant de souffrances au peuple syrien.




J’ai rencontré ces femmes remarquabes de Barzi, dont beaucoup ont des maris ou des membres de leur famille qui se battent avec al-Nusra / al-Qaeda, ou avec l’armée syrienne. Quand ils viennent dans ce centre communal, tout cela est laissé de côté tandis qu’ils passent du temps avec de nouveaux amis, apprennent différentes compétences comme la couture, planifiant leur avenir. Elles ne se connaissaient pas avant de venir à ce centre communal dont la mission est d’autonomiser ces femmes, et maintenant ce sont des « sœurs » partageant ensemble le rire et les larmes.


Je retourne à Washington DC avec une résolution encore plus grande pour mettre fin à notre guerre illégale pour renverser le gouvernement syrien. De l’Irak à la Libye et maintenant en Syrie, les États-Unis ont mené des guerres de changement de régime, entraînant chacune des souffrances inimaginables, des pertes de vie dévastatrices et le renforcement de groupes comme al-Qaïda et Daech.


J’appelle le Congrès et la nouvelle administration à répondre immédiatement aux griefs du peuple syrien et à soutenir la loi sur l’arrêt du soutien aux terroristes. Nous devons arrêter de soutenir directement et indirectement les terroristes – directement en fournissant directement des armes, de l’entraînement et du soutien logistique aux groupes rebelles affiliés à al-Qaïda et à Daech ; et indirectement via l’Arabie Saoudite, les Etats du Golfe et la Turquie, qui, à leur tour, soutiennent ces groupes terroristes. Nous devons mettre fin à notre guerre visant à renverser le gouvernement syrien et concentrer notre attention pour vaincre al-Qaïda et Daech.


Les États-Unis doivent cesser de soutenir les terroristes qui détruisent la Syrie et son peuple. Les États-Unis et les autres pays alimentant cette guerre doivent cesser immédiatement. Nous devons permettre au peuple syrien d’essayer de se remettre de cette terrible guerre.


Je vous remercie,


Tulsi


vendredi 27 janvier 2017

Hassan Nasrallah : le chaos au Moyen-Orient ne sauvera pas Israël

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 27 décembre 2016, à l'occasion des funérailles du Cheikh Abd-al-Nasser al Jabri, dignitaire sunnite libanais

Depuis le « Printemps arabe », la question palestinienne semble avoir largement disparu des préoccupations politiques et médiatiques tant en Occident qu'en Orient, si bien que des folliculaires comme Eric Zemmour peuvent voir là un triomphe pour Israël. Mais selon Hassan Nasrallah, autorisé à penser et à exprimer son opinion, c'est prendre ses désirs pour la réalité. Le Hezbollah, qui a porté le premier coup d'arrêt à Daech en 2013 avec son intervention en Syrie, garde en permanence un œil rivé sur Israël (et précisément sur le Golan et la Galilée), considéré comme la source première des maux qui frappent le Moyen-Orient, et propose une analyse très différente de la situation.

En rappelant notamment que l'agression israélienne contre le Liban en 1982 a entraîné la création du mouvement de Résistance qui infligea à Israël deux premières défaites historiques, en 2000 et en 2006, Hassan Nasrallah soutient au contraire que les guerres fratricides qui ravagent le Moyen-Orient, téléguidées de l'extérieur, sont vouées à l'échec et profiteront ultimement à l'Axe de la Résistance (Iran-Syrie-Hezbollah, voire Irak-Yémen et au-delà) et à la cause palestinienne, qui constituent les principales cibles de cette guerre par procuration visant à obtenir ce que les agressions américano-israéliennes directes depuis 2003 ont échoué à réaliser.

D'ores et déjà, force est de reconnaître que l'Iran, la Syrie et le Hezbollah, ennemis implacables d'Israël engagés dans une alliance stratégique avec la Russie, sortiront renforcés de cette guerre, ce qui affaiblira notablement les alliés traditionnels de l'Occident qui ont pris fait et cause, plus ou moins ouvertement, pour les factions terroristes (Arabie Saoudite, Israël). 


Et si la politique de colonisation israélienne, qui constitue un crime de guerre voire un crime contre l'humanité selon le droit international et l'ONU, a effectivement rendu toute idée de solution à deux Etats caduque, il est bien possible que ce soit la pérennité d'un Etat juif (et certainement pas démocratique) qui ait été irrémédiablement compromise. Non pas parce qu'il s'agit de la « terre d'Allah » incessible à des infidèles, M. Zemmour (affirmation combien grotesque et scandaleuse), mais parce que selon toutes les lois écrites et non écrites, il s'agit de terre palestinienne interdite aux occupants, quelle que soit leur pays d'origine, leur race ou leur religion. Une agression coloniale n'est une guerre de religion ou de civilisation que dans la parole de ses thuriféraires, qui, pour reprendre le mot de Coluche, plutôt que de débiter de pareilles inepties, devraient bien être autorisés à [se taire].

Sayed Hasan

 


Transcription :

[...] Nous espérons que ce genre d'expérience [de rapprochement interconfessionnel] se répandra dans les autres pays arabes et musulmans.

Aujourd'hui, en ces temps (troublés), nous avons plus besoin que jamais de Cheikh Abd-al-Nasser Jabri, de ses semblables, de sa pensée, de sa voie, de son âme, de sa sincérité, de sa fraternité, car notre monde islamique fait actuellement face à un phénomène très dangereux, à savoir l'extrémisme affranchi de toute limite, que ce soit dans certains milieux sunnites ou certains milieux chiites.

Lorsque nous considérons le phénomène takfiri et le mouvement takfiri, nous voyons que, même avant l'an 2000, avant les années 1990, ils existaient déjà, mais seulement dans certains cadres, dans certains pays, dans certains milieux, et ne s'affirmaient pas comme ils le font à présent. Les takfiris, que ce soit sur les plans idéologique, médiatique, politique ou de terrain, affirment maintenant leurs positions sans limite et sans restriction, et ont poussé les choses jusqu'à leur dernière extrémité. Et c'est quelque chose de très dangereux.

Dans la lutte contre le takfirisme aujourd'hui, on ne fait plus seulement face au takfir (accusation d'apostasie), mais ça va jusqu'au meurtre, aux massacres, aux égorgements, à la prise de captifs (de guerre), aux décapitations, au dépècement (des cadavres), aux crucifixions, etc. Eh bien, c'est là la situation la plus dangereuse à laquelle la communauté islamique puisse arriver. Et c'est ce que nous vivons maintenant.

Et de même, dans certains milieux chiites, malheureusement, certains courants que Son Eminence Sayed Ali Khamenei caractérise comme le chiisme londonien, ou chiisme britannique, qui adoptent eux aussi le travers du takfir (accusation d'apostasie), de l'accusation de trahison, et des insultes contre toutes les sanctités et tous les symboles, et de fait, pas seulement contre les sanctités et symboles de nos frères sunnites, mais même contre ceux des chiites - les savants, les autorités, les plus éminents symboles de science et de vertu.

Aujourd'hui, lorsque l'on voit que tous les moyens sont fournis à ces deux courants, le courant du takfir, de la monstruosité, de l'extrémisme, des imprécations, des injures, des accusations de trahison et autres, des égorgements, des meurtres... Tous les médias sont mis à leur disposition. Quant aux chaînes de la Résistance, on les supprime d'Arabsat, de Nilesat et des satellites européens. Mais les chaines de la sédition, comme Al-Wisal, Safa, Fadak, etc., se voient ouvrir toutes les portes du monde.

Ce qui se passe donc, chers frères et sœurs, chers savants, n'est pas une coïncidence, ce n'est pas dû à de la négligence. Mais il y a des pays, des services de renseignement, des bureaux d'étude qui œuvrent nuit et jour, et ont découvert que la nation islamique et les peuples musulmans se sont réveillés, dressés et ont pris des positions claires face à l'hégémonie américaine arrogante sur les pays musulmans et sur notre région, et qu'elle a pris une position claire et décisive, basée également sur l'enthousiasme dû aux victoires de la Résistance face à Israël, et ils ont conclu que cette communauté islamique doit être livrée aux luttes fratricides, et qu'il fallait absolument combattre cet éveil populaire qui gronde dans les pays arabes, surtout dans les pays arabes et dans tous les pays islamiques de manière générale, que nous avons vu se lever il y a quelques années, et que le seul moyen était de détourner toutes ces masses vers la sédition et la discorde.

Et qu'est-ce qui est plus à même de servir le projet arrogant sioniste de division, de frappe et de partition, de déplacer la lutte de son terrain véritable et juste vers d'autres terrains, sinon le courant du takfir et de la monstruosité ?

Aujourd'hui, plus que jamais, nous devons assumer notre responsabilité, comme l'a fait le regretté Cheikh Abd-al-Nasser [Jabri]. Nous devons d'un côté isoler et assiéger ces gens-là, leur faire face, les faire taire, et d'un autre côté, nous devons œuvrer à plus de convergence, de rapprochement, d'entraide, de fraternité, d'unité, de co-intégration, car l'objectif de ces takfiris et de ces extrémistes et de leurs maîtres américains et sionistes est que nous nous disloquions, que nous nous éloignions les uns des autres, que nous restions chacun dans notre coin.

Notre insistance pour le rapprochement, la rencontre, l'action conjointe et les cadres communs sur les plans du savoir, de la politique et de la résistance constitue la meilleure réponse et le meilleur défi, et même le meilleur accomplissement à travers lequel nous puissions comprendre l'échec du projet adverse.

mardi 24 janvier 2017

Bachar Ja'fari à la conférence d'Astana : l'Occident a fait du terrorisme une arme politique



La conférence d’Astana pour la paix en Syrie, organisée sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie, a commencé lundi 23 janvier à Astana, capitale du Kazakhstan promue capitale internationale de la diplomatie, avec une présence occidentale purement ornementale en la personne de l’ambassadeur américain, invité à l’initiative de la Russie en guise de main tendue à la nouvelle administration US. Celle-ci a maintes fois affirmé faire de la lutte contre Daech, création d’Obama et Clinton selon l’aveu de Trump, une priorité absolue, et renoncer à la politique de déstabilisation et d’ingérence désastreuse de son prédécesseur. L’intervention de Bachar Ja’fari, représentant de la Syrie à l’ONU et à Astana, nouvelle capitale diplomatique mondiale, est intégralement transcrite ci-dessous.

Contrairement à la déclaration de la délégation syrienne, sobre, conciliante et mesurée au point de ne désigner nommément aucune entité ennemie sinon Daech et al-Nosra, et considérant « L’Armée de l’Islam » comme un interlocuteur légitime (bien qu’elle soit également terroriste, elle ne fut nullement caractérisée comme telle, une issue lui étant proposée conformément à la politique de réconciliation nationale du gouvernement syrien), la délégation de « l’opposition syrienne armée » n’a omis aucune hostilité : propos sectaires, clivants et belliqueux, accusations grandiloquentes et épithètes flétrissantes à destination exclusive du régime syrien et de ses alliés, amalgamés au terrorisme, prétention à représenter le peuple syrien dans son ensemble et refus de reconnaître la légitimité de la délégation officielle syrienne, négation de toute ingérence étrangère hormis la Russie  l’Iran et le Hezbollah, exigence de l’extension du cessez-le-feu à toute la Syrie et à toutes les factions combattantes (y compris Daech et àl-Nosra) et du départ de Bachar al-Assad comme des préliminaires indispensables, accusation de violations du cessez-le-feu par les forces syriennes et alliées – jusqu’à Wadi Barada, d'où les terroristes ont empoisonné les sources d’eau potable de 4 millions de résidents de Damas et de ses environs (ce qui de fait cautionne cet acte) et d'où le gouvernement veut les déloger, dénonciation d’un expansionnisme iranien dans tout le Moyen-Orient, etc. On comprend plus aisément la réaction de Bachar Ja’fari, dénonçant un amateurisme voire une tentative de sabotage de la conférence orchestrée de l’extérieur.

La conférence se clôturera mardi 24 janvier. Son succès – elle vise à consolider le cessez-le feu pour toutes les factions combattantes, hormis Daech et al-Nosra, exclues de facto – dépendra des négociations en coulisses entre les sponsors régionaux et internationaux du djihadisme et les alliés de la Syrie. Mais quoi qu’il arrive, sur le terrain, l’avancée du régime face aux groupes terroristes se poursuivra, de même que le processus de reconstruction qui est déjà en cours.

Sayed Hasan




Transcription :


Bachar Ja’fari : Cher ami le Ministre des Affaires Etrangères de la République amie du Kazakhstan, Kheirat Abd-al-Rahmanov, je te remercie vivement de ta déclaration d'ouverture que nous avons écoutée très attentivement.

Et permets-moi  d'adresser également des salutations particulières au Président de la République amie du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, pour nous avoir accueillis dans votre belle capitale d'Astana.

Honorables assistants,

Je commence cette déclaration d'ouverture en adressant mes plus vifs remerciements au Président, au gouvernement et au peuple de la République amie du Kazakhstan pour votre accueil dans votre beau pays qui est lié à la nation syrienne par les empreintes de l'histoire et leurs accomplissements que le temps n'efface pas, et dont l'espace témoigne. Voici le tombeau du Grand Baybars et le mausolée d'al-Farabi, et bien d'autres encore qui reposent en terre syrienne, (grâce auxquels) les distances géographiques ont été réduites et des ponts d'amitié ont été bâtis entre deux peuples et deux pays.

Messieurs,

Votre belle capitale d'Astana accueille cette réunion syro-syrienne, conformément à la diplomatie kazakhe de médiation et d'ouverture, et fruit des efforts communs de plusieurs partis, surtout les amis, la Fédération de Russie et la République Islamique d'Iran, dans le but d'implémenter la décision de faire cesser les hostilités dans toutes les contrées de notre pays bien-aimé, la Syrie - à l'exception des régions dans lesquelles se trouvent les groupes de Daech et du Front al-Nosra et les autres organisations armées qui ont refusé de se joindre à l'accord de cessez-le-feu et de participer à cette rencontre.

(Cette rencontre) aspire également à pouvoir semer la confiance dans la possibilité d'une action commune en tant que Syriens pour faire face à la guerre terroriste imposée à notre pays, la Syrie.

Messieurs,

Cette rencontre est le fruit des efforts de Son Eminence le Président Poutine, et après des années d'une guerre imposée à la Syrie, et qu'on veut caractériser de manière simplificatrice comme la crise syrienne.

Cette rencontre est et doit être syro-syrienne par excellence pour discuter de la façon d'en sortir avec une décision nationale commune qui met fin à cette situation anormale et dangereuse qui prévaut.

Toutefois, une évaluation objective des dimensions de cette guerre par les chercheurs, les analystes, et les politiques met clairement en évidence que c'est un déni de la vérité et de la réalité que commettent certains  en insistant pour considérer la guerre terroriste internationale menée contre la Syrie comme une crise intra-syrienne, ou en prétendant qu'il s'agit d'une guerre civile.

Les hordes terroristes takfiries ont été acheminées depuis les quatre coins du monde, organisées, entraînées, armées et financées, transportées à travers nos frontières avec les pays voisins, et poussées à verser le sang syrien et à justifier leur terrorisme obscurantiste en se prétendant « opposition syrienne modérée » génétiquement modifiée, selon un agenda préparé à l'avance.

Tout cela décrit fidèlement (la vérité de) la scène et confirme que bien des choses qui se sont passées dans nos pays ont été fomentées et téléguidées par des puissances étrangères, pour des agendas visant à l'ingérence dans nos affaires internes et des projets diaboliques qui n'ont aucune relation, ni de près ni de loin, avec les aspirations et les espoirs du peuple syrien.

Et la preuve de la véracité de ce que nous disons, Messieurs, se trouve dans ce qu'a déclaré dernièrement le Secrétaire d'Etat américain sortant John Kerry, à savoir que l'expansion de Daech en Syrie avant l'intervention de la Russie et son assistance (directe) à Damas pour combattre l'organisation allait contraindre le gouvernement syrien à négocier avec Washington. Et cela confirme de manière explicite le fait que l'administration américaine sortante et ses alliés régionaux et mondiaux ont instrumentalisé le terrorisme comme une arme politique pour détruire des pays indépendants et pour leur imposer son hégémonie et réaliser ses objectifs.

Messieurs,

Le gouvernement de la République Arabe Syrienne n'a épargné aucun effort depuis le début de la guerre terroriste internationale contre notre pays, la Syrie, pour trouver une issue politique (au conflit), et elle a prouvé cette disposition à maintes reprises, poussée dans cette voie par son souci de mettre fin à l'épanchement du sang syrien, de restaurer la sécurité et la stabilité et d'accomplir la volonté du peuple syrien.

Le gouvernement syrien a œuvré efficacement, avec ses partenaires russe et iranien, à libérer la ville d'Alep du terrorisme, parvenant à un accord sur la cessation des hostilités.

Ce qu'espère la République Arabe Syrienne de cette rencontre, est la confirmation prolongée du cessez-le-feu pour une durée déterminée, durant laquelle les organisations signataires disposées à se diriger vers la réconciliation nationale et à participer au processus politique seront séparées des organisations terroristes Daech et al-Nosra et des autres groupes qui leur sont liés, dans l'espoir de combiner tous nos efforts dans la lutte contre le terrorisme, conformément aux demandes de notre peuple

Ce qu'il faut absolument réaliser est la fermeture de la frontière syro-turque pour faire tarir les sources du terrorisme. Nous aurons ainsi ouvert la voie à une solution politique pour la guerre avec la participation du spectre syrien le plus large possible. 

Nous sommes donc tous appelés, Messieurs, à œuvrer ensemble pour fortifier la nation contre l'épidémie de trahison au profit de forces extérieures qui n'apporte à tous les Syriens que le malheur et l'hostilité, et contre l'action en faveur d'agendas subversifs, destructeurs et terroristes.

Les Syriens sont capables, par eux-mêmes, de surmonter leurs différends et bâtir les ponts du dialogue constructif qui permettra à la nation de se redresser dans la majesté et l'honneur. Car la paix, Messieurs, avant de naître dans les conférences (internationales), doit d'abord naître dans nos consciences et nos cœurs. Et plus ceux d'entre nous qui y croiront grandiront en nombre, plus nous nous rapprocherons de la voie de la réconciliation et de la franchise nationales.

Messieurs,

Les forces et courants politiques patriotiques syriens sont unanimes, tant du côté du gouvernement que de l'opposition, de même que les résolutions du Conseil de sécurité relatives à l'évolution de la situation en Syrie, de même que les réunions du dialogue intra-syrien et les réunions consultatives, tous sont unanimes pour respecter la souveraineté de la République Arabe Syrienne, son indépendance, l'intégrité de ses territoires et l'unité de son territoire et de son peuple, et le refus de considérer toute concession sur ces points, et le refus de toute forme d'ingérence extérieure dans les affaires internes syriennes, de manière directe ou indirecte.

De sorte que ce soient les Syriens seulement qui déterminent l'avenir de leur pays par les voies démocratiques, à travers les urnes et la possession du droit exclusif de choisir la forme de leur système politique.

La Syrie que nous aimons est celle de la diversité sous toutes ses formes et manifestations, la patrie en laquelle croient les Syriens, avec les fondements et les bases de leur Etat indépendant, démocratique et séculier, qui repose sur le pluralisme politique, la primauté du droit et l'indépendance de la justice, l'égalité en droits et en devoirs des citoyens, la protection de l'unité nationale et des libertés publiques, la garantie de la diversité culturelle et sociale de toutes les composantes de la société syrienne, et le maintien de l'action des institutions de l'Etat et de toutes ses installations, d'oeuvrer à l'amélioration de leurs performances et à la protection de l'infrastructure et des biens publics et privés.

En conclusion, Messieurs, notre peuple sanctifie la vie et honore la paix et la sécurité, et il rejette le terrorisme, quelle que soit son origine et quelles que soient ses motivations. Aujourd'hui, parmi nous, seul l'ignorant s'entête à comprendre la situation qui nous brûle tous par une lecture sectaire ou partisane qui justifie le terrorisme et lui confère une valeur idéologique, et qui constitue une offense à notre rôle et à notre histoire pour la civilisation et l'humanité. Soyons donc tous à la hauteur de la responsabilité qui pèse sur nos épaules pour préserver le sang des Syriens et réaliser les aspirations du peuple syrien qui a le droit unique et exclusif de déterminer lui-même son avenir et de définir la forme de son système politique, loin de toute ingérence étrangère.

Je vous remercie, Messieurs.

Réaction de Bachar Ja’fari à la déclaration de Mohammad Allouche, représentant « L’Armée de l’Islam »

Merci, Monsieur le Président. Merci de me donner l'occasion de parler à nouveau. Je vous rassure tous, je n'ai pas l'intention de faire une seconde déclaration. Je souhaite seulement faire quelques remarques, à la lumière des déclarations que nous avons entendues.

Monsieur le Président, nous avons veillé, dans notre déclaration d'ouverture, à être positifs (constructifs) et ouverts d'esprit et de cœur, à nous conformer à l'atmosphère d'optimisme, et à respecter les importants efforts consentis par la Fédération de Russie et la République Islamique d'Iran, ainsi que le gouvernement ami du Kazakhstan pour garantir le succès de cette conférence.

Et c'est pourquoi nous avons comprimé nos blessures saignantes et nous n'avons cité (aucun ennemi) nommément, comme vous l'avez remarqué. 

Et je veux déclarer que la délégation de la République Arabe Syrienne est tenue à une lecture politique précise de la direction et des objectifs de cette conférence, et que nous n'avons participé à aucun jeu provocateur visant à l'échec de la conférence d'Astana.

Malgré cela, il apparaît que la délégation des groupes terroristes armés, qui a lu une déclaration que lui ont préparée ses employeurs, n'a pas été à la hauteur de ces efforts (consentis). Elle a présenté une analyse fallacieuse de la situation, et a ignoré toute sagesse et tout esprit pacificateur. 

Monsieur le Président,

Nous avons compris des garants russe et iranien, du représentant des Nations Unies et de l'Etat qui nous accueille que la déclaration de la délégation des groupes armés, qui a accepté l'accord de cessation des hostilités, respecterait les limites des négociations diplomatiques, mais nous avons été stupéfaits d'entendre une déclaration provocatrice, non réaliste, sans aucun lien avec cette conférence.

Une déclaration qui ne respecte pas l'intelligence des personnes présentes, emplie de mensonges, et d'offenses contre les symboles de la souveraineté nationale. Une déclaration qui ne respecte ni les fondements ni les orientations qui organisent le cadre et l'atmosphère de cette conférence d'Astana.

C'est une déclaration irresponsable, qui n'est pas animée de bonnes intentions.

Merci, Monsieur le Président.

samedi 21 janvier 2017

Syrie : Casques Blancs, le masque de la terreur

Les fameux Casques Blancs, dont un responsable a été reçu en grande pompe à l'Elysée par François Hollande (mais refoulé à l'entrée des Etats-Unis pour ses liens avec des organisations terroristes), nominés pour le Prix Nobel de la Paix, et prochainement adaptés à Hollywood par George Clooney, sont-ils les héros des temps modernes que nous présente la presse française et occidentale ou les dignes épigones des tueurs du Bataclan ?

Sayed Hasan


mardi 17 janvier 2017

Combien de députés britanniques (et français) travaillent pour Israël ?



Cet article concerne la Grande-Bretagne, mais un pays qui organise une conférence pour la paix en Palestine et décommande les Palestiniens, dont la capitale arbore le drapeau israélien, dont le candidat socialiste à la présidentielle se targue d’être « éternellement lié à Israël, quand même ! », où la Ligue de Défense Juive, classée organisation terroriste par Washington et Tel-Aviv, peut jouer les vigilantes (et les vigiles) en toute impunité (fi des promesses gouvernementales de démanteler la miliceMeyer Habib veille au grain), où un Président de région finance la colonisation israélienne avec l’argent public, et où la dénonciation de l’influence du premier lobby américain (l’AIPAC, ouvertement sioniste) équivaut à un arrêt de mort politique (liste non exhaustive) devrait certainement se poser la question : des élus français feraient-ils passer les intérêts d’Israël et leurs intérêts personnels avant ceux de la France ? Et qu’en est-il des médias ? La France reste-t-elle le pays des droits de l’homme ou le pays collaborationniste par excellence ?

Voir, en fin d’article, la liste interminable des « Amis Français d’Israël » où gauche et droite rivalisent de servilité : votre élu en fait-il partie ? N’hésitez pas à l’en féliciter :
les valeurs racistes, colonialistes et suprématistes se perdent, et les criminels de guerre et criminels contre lhumanité sont par trop décriés. Heureusement que des hommes et femmes courageux savent reconnaître le mérite et portent haut nos couleurs. Mention spéciale pour le Front de Gauche François Asensi, Député-maire de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui conjugue la vice-présidence du groupe France-Palestine avec celle du groupe d’Amitié France-Israël. Comme disait l’autre, « Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent. »




Sayed Hasan




Al Jazeera doit être félicitée pour une enquête clandestine exposant quelque chose que la plupart d’entre nous aurions probablement pu deviner : que certains membres du personnel de l’ambassade d’Israël au Royaume-Uni – ne faisons pas les vierges effarouchées, des agents du Mossad – travaillent avec des militants et de hauts responsables politiques des Partis conservateur et travailliste afin de subvertir leurs propres partis de l’intérieur, et réorienter la politique étrangère britannique pour qu’elle profite aux intérêts d’Israël au lieu des intérêts britanniques.

On ne peut pas vraiment blâmer Israël pour cela. La plupart des Etats promeuvent leurs intérêts du mieux qu’ils peuvent. Mais on peut et doit exposer et faire honte aux politiciens britanniques qui collaborent avec Israël pour nuire davantage à la démocratie représentative de la Grande-Bretagne.

Ce n’est pas comme si ces personnes ne pouvaient pas être facilement identifiées. Ils annoncent même ce qu’ils vont faire. Ils sont membres du groupe parlementaire des Amis conservateurs d’Israël et des Amis travaillistes d’Israël. Ils dominent les deux partis du Parlement, mais surtout les conservateurs. Selon les chiffres des Amis conservateurs d’Israël, 80% des députés conservateurs appartiennent au groupe des Amis d’Israël du parti.

Jadis, personne n’aurait hésité à appeler les politiciens britanniques agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, et obtenant très probablement des avantages financiers pour le faire, des « traîtres ». Et pourtant, comme le montrent les vidéos secrètement filmées par Al Jazeera, les espions israéliens comme Shai Masot peuvent facilement rencontrer et conspirer avec le proche assistant d’un ministre conservateur pour discuter de la meilleure façon de « faire tomber » le ministre adjoint des Affaires étrangères, Alan Duncan, à cause de ses critiques contre les colonies illégales d’Israël dans les territoires occupés. Maria Strizzolo, l’assistante du ministre de l’éducation Robert Halfon, suggère de façonner un « petit scandale » pour porter préjudice à Duncan.

Masot et les services de renseignement d’Israël ne peuvent pas influencer la politique étrangère britannique à travers le parti d’opposition travailliste, mais cela ne les empêche pas d’avoir aussi un vif intérêt pour les députés travaillistes. Masot est filmé en train de parler au Président des Amis travaillistes d’Israël, Joan Ryan, à propos de « beaucoup d’argent » – plus d’un million de livres sterling – qu’il a reçu du gouvernement israélien pour envoyer encore une autre brochette de députés travaillistes dans un voyage tous frais payés en Israël, où ils seront choyés, cajolés, et apprêtés par de hauts fonctionnaires israéliens pour qu’ils adoptent des positions pro-israéliennes encore plus extrêmes. Les Amis travaillistes d’Israël sont connus pour envoyer la plus grande proportion de députés en Israël dans ces genres de voyages.

Est-ce que cela a un effet sur la politique intérieure britannique ? Vous pouvez le parier ! Israël n’est pas un organisme de bienfaisance.

Un grand nombre de ceux qui ont rendu misérable la vie du leader travailliste Jeremy Corbyn font partie des Amis travaillistes d’Israël. Ce sont les mêmes députés qui ont fait tout un tapage sur une prétendue « crise d’antisémitisme » dans le parti travailliste – basée sur zéro preuve tangible – depuis que Corbyn est devenu le chef du parti. Suivaient-ils alors ce que leur dictait leur conscience ? Craignaient-ils vraiment qu’une épidémie d’antisémitisme ait soudainement frappé leur parti ? Ou jouaient-ils une politique profondément cynique pour évincer un leader qui soutient la justice pour le peuple palestinien et est considéré par le gouvernement de droite d’Israël, qui n’a aucun intérêt à faire la paix avec les Palestiniens, comme de mauvaises nouvelles pour Israël ?

L’enquête menée par Al Jazeera n’a pas encore été diffusée, et nous ne pouvons donc nous baser que sur les extraits publiés jusqu’à présent, soit par Al Jazeera elle-même, soit d’autres fuites de l’enquête fournies par le Mail dimanche.

Il vaut la peine d’écouter un ministre conservateur du gouvernement de David Cameron, qui nous a récemment quittés, qui s’exprime anonymement dans le Mail dimanche. Il/Elle nous avertit d’un double coup dur pour la politique du Royaume-Uni causé par Israël et ses partisans britanniques – et qui commence à se rapprocher des dommages causés au système politique des États-Unis par Israël.

Le gouvernement britannique biaise sa politique étrangère pour éviter de contrarier les donateurs juifs, dit-il/elle. Les députés, quant à eux, agissent comme des agents d’une puissance étrangère – à leur insu, suppose-t-il/elle généreusement – plutôt que des représentants du peuple britannique. Oubliez le droit international, ces politiciens ne promeuvent pas même les intérêts britanniques.

Voici ce que le/la ministre écrit :

La politique étrangère britannique est soumise à l’influence israélienne au cœur de notre politique, et les personnes en autorité ont ignoré ce qui se passe.