dimanche 19 mars 2017

Hassan Nasrallah : l'Axe de la Résistance triomphe en Syrie, Israël panique

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 18 mars 2017, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Fatima al-Zahra (as), journée de la femme
 
Section politique du discours
 
 
 

Transcription :
 
Aujourd'hui, ou (plutôt) ces jours-ci sont de fait une occasion (particulière), à savoir que les événements en Syrie et la guerre menée contre la Syrie sont entrés dans leur septième année. C'est-à-dire que six ans se sont écoulés, avec tout ce qu'ils contiennent en fait de souffrances, guerres, complots, confrontations et sacrifices de vies humaines. Avec la fin de la sixième année et le début de la septième, nous nous devons de nous arrêter brièvement, en cette occasion, car elle nous concerne également en premier lieu.
 
Tous ceux qui se sont réunis dans les premiers mois du début des événements il y a six ans en fait de forces étatiques, de grandes puissances, de pays régionaux qui se sont réunis, 140, 130 ou 120 pays, sous le nom des « Amis de la Syrie » et qui ont comploté, faisant tout ce qu'ils pouvaient (contre la Syrie). Ils ont parié sur leur capacité à s'emparer de la Syrie en 2 ou 3 mois en 2011. Aujourd'hui, avec la fin de la 6e année, ils sont face à une vérité sanglante et douloureuse, à savoir la déroute, l'échec. Après 6 ans, ces grands pays puissants et importants du monde et de la région en arrivent à un échec, un échec cuisant dans la réalisation de leurs objectifs.
 
Durant 6 ans, des dizaines de milliards de dollars d'argent arabe  - la Turquie n'a pas dépensé d'argent, la France et le Royaume-Uni n'ont pas dépensé d'argent. Tout l'argent qui a financé la guerre en Syrie est de l'argent arabe. Cet argent aurait pu faire disparaitre la pauvreté du monde arabe. Il aurait pu faire sortir la Somalie de la famine, et le Yémen de la famine. Il aurait pu (re)construire les maisons des Palestiniens à Gaza. Il aurait pu raffermir les Palestiniens à Bayt-al-Maqdis (Maison du Sanctuaire / Jérusalem). Cet argent aurait pu garantir des centaines de milliers d'occasions d'emploi des jeunes arabes au chômage. Il aurait pu mettre fin à l'illettrisme de centaines de millions, malheureusement, des dizaines de millions d'hommes et de femmes dans le monde arabe qui sont illettrés. Pas un seul dollar n'a été dépensé pour ces problèmes, mais des dizaines de milliards de dollars d'argent arabe ont été dépensés pour la guerre en Syrie, contre la Syrie, son régime, son Etat, son armée et son peuple, et contre l'Axe de la Résistance en son sein.
 
Et des dizaines, des centaines de milliers de tonnes d'armes et de munitions (y ont été envoyés). Et ils sont venus de tous les coins du monde avec des dizaines de milliers de combattants, blancs, noirs, bruns, rouges, jaunes, tout ce que vous voulez. Ils n'ont laissé (de côté) aucune couleur, aucune langue, aucune race, des confins du monde entier, ils ont ramené des combattants. Les Américains, leurs alliés, les comploteurs ont financé et facilité (l'envoi de combattants) et ont amené des dizaines de milliers de combattants pour qu'ils combattent en Syrie afin de réaliser un objectif clair et précis : faire tomber la Syrie, la faire sortir de l'Axe de la Résistance et en prendre le contrôle. Prendre le contrôle de ses décisions, de sa souveraineté, de son peuple et de ses choix sur son territoire, et de sa place stratégique sur la Mer Méditerranée (entre l'Asie) et l'Europe, et de sa position stratégique dans la lutte contre l'ennemi israélien. 
 
Aujourd'hui, le résultat est clair : échec, déroute et recul.
 
Eh bien, laissez-moi vous rappeler un peu, en ce début de la 7e année, le début de la première année. Nous ne nions pas qu'une partie des gens voulaient vraiment des réformes et changer quelques réalités en Syrie. Mais ce qui est rentré (sur la scène) avec force et a changé tout cela sont les forces takfiries qui ont été ramenées de tous les coins du monde, et qui ont refusé le dialogue politique dès les premières semaines. Elles ont refusé toute issue politique, toute discussion, et leurs choix étaient définitifs : elles sont allées vers la confrontation armée sanglante, générale et totale. Elles ont formulé des slogans sectaires et ravivé les querelles d'école (religieuses), et elles ont levé le voile sur leurs objectifs et leur hostilité envers la Résistance dès les premières semaines.
 
Eh bien, qui a ramené l'organisation Al-Qaïda ? Lorsqu'ils sont arrivés en Syrie, quel était leur nom ? L'Etat Islamique en Irak. Ils ont ensuite ajouté « et dans le Levant » (Syrie). Ensuite, ils se sont divisés, les membres de l'Etat Islamique en Irak et au Levant se sont divisés. Il y a eu deux factions : Daech et le Front Al-Nosra. Mais en vérité, ils appartiennent tous à Al-Qaïda, qui est inscrite par les Américains sur la liste des organisations terroristes, de même que pour le Conseil de Sécurité de l'ONU, pour l'Arabie Saoudite et pour l'Europe. C'est eux qui ont ramené des dizaines de milliers de combattants, qu'ils considèrent eux-mêmes comme terroristes, ils leur ont donné de l'argent, des armes, ils leur ont ouvert les frontières et les ont amenés en Syrie. Ils reconnaissent qu'ils ont eux-mêmes créé (ces groupes), qu'ils ont créé Daech pour combattre la Résistance et l'Axe de la Résistance.
 

Hassan Nasrallah : the Resistance Axis Triumphs, Israel panics

Speech by Hezbollah Secretary General Sayed Hassan Nasrallah on March 18, 2017, on the occasion of the anniversary of the birth of Fatima al-Zahra (as), Women's Day

Extract of the Political Section of the Speech



Transcript :

Today, or (rather) these days are actually a (special) opportunity, namely that the events in Syria and the war waged against Syria have entered their seventh year. That is to say, six years have passed, with all that they contain in terms of sufferings, wars, conspiracies, confrontations and sacrifices of human lives. With the end of the sixth year and the beginning of the seventh, we must stop briefly on this occasion, because it concerns us also in the first place.

All those who met in the first few months of the beginning of the events six years ago of state forces, great powers, regional countries, 140, 130 or 120 countries that have gathered under the name of “Friends Of Syria” and who plotted, doing everything they could (against Syria). They bet on their ability to seize Syria in 2 or 3 months in 2011. Today, with the end of the 6th year, they face a bloody and painful truth, namely rout and failure. After six years, these powerful and important countries of the world and the region have failed, a bitter failure, in achieving their goals.

For six years, tens of billions of dollars of Arab money - Turkey did not spend money, France and the United Kingdom did not spend money. All the money that financed the war in Syria is Arab money. This money could have eliminated the poverty of the Arab world. It could have brought Somalia out of famine and Yemen as well. It could have (re)built the houses of the Palestinians in Gaza. It could have strengthened the Palestinians at Bayt-al-Maqdis (Sanctuary House / Jerusalem). This money could have guaranteed hundreds of thousands of job opportunities for unemployed Arab youth. It could have ended the illiteracy of hundreds of millions, unfortunately, tens of millions of men and women in the Arab world who are illiterate. Not a single dollar has been spent on these problems, but tens of billions of dollars of Arab money have been spent on the war in Syria, against Syria, its regime, its state, its army and its people, and against the Resistance Axis within it.

And tens, hundreds of thousands of tons of weapons and ammunition (were sent there). And they came from all over the world with tens of thousands of fighters, white, black, brown, red, yellow, whatever you want. They have left no side, no color, no tongue, no race, they have brought fighters from every spot of the whole world. The Americans, their allies, the plotters funded and facilitated (sending fighters) and brought tens of thousands of fighters to fight in Syria to achieve a clear and precise goal: to bring down Syria, to get it out of the Resistance Axis and take control of it. To take control of its decisions, its sovereignty, its people and its choices on its territory, and its strategic position on the Mediterranean Sea (between Asia) and Europe, and its strategic position in the struggle against the Israeli enemy.

Today, the result is clear: failure, defeat and retreat.

Well, let me remind you a bit, at the beginning of the 7th year, about the beginning of the first year. We do not deny that some of the people really wanted reforms and changed some realities in Syria. But what came (on the scene) with force and changed all that are the takfiri forces that were brought from all over the world, and who refused political dialogue in the first weeks. They refused any political outcome, any discussion, and their choices were definitive: they went to the bloody, general and total military confrontation. They have formulated sectarian slogans and revived (religious) school quarrels, and have lifted the veil on their objectives and their hostility towards the Resistance in the first weeks.

Well, who brought the al-Qaeda organization? When they arrived in Syria, what was their name? The Islamic State in Iraq. They then added “and in the Levant” (Syria). Then they divided, the members of the Islamic State in Iraq and the Levant divided. There were two factions: Daesh and the Al-Nosra Front. But in truth, they all belong to al-Qaeda, which is listed by the Americans on the list of terrorist organizations, as well as by the UN Security Council, by Saudi Arabia and by Europe. They brought tens of thousands of fighters, whom they regarded as terrorists themselves, gave them money and weapons, opened borders and brought them to Syria. They recognize that they themselves created (these groups), that they created Daesh to fight the Resistance and the Resistance Axis.

Today, the situation is different. I do not want to dwell on this point, and I will just focus on the new elements.

I want to remind you first of all that in the first year, the question did not require much political understanding, and that there was no need to make predictions and wait (and see). Anyone who had studied contemporary experiences in Afghanistan and elsewhere could reach the following conclusion, as I told them in the first months, I addressed the Al-Qaeda organization and the Islamic State in Iraq and the Levant, Daesh and the Al-Nosra Front who separated from it, and I said to them: “All of you of all nationalities, you were brought to Syria to gather you there, you were brought to Syria - now, anyone can check this out from 6 years ago - you were brought to Syria to gather you there and use you as combatants to achieve the American-Israeli goals in the region and when you will be pressed to the end, whether you have won or lost, you will be liquidated. We collect you (en masse) in order to liquidate you after having used you. You have been used... - and that is why I called them initially to be careful and wake up, and not to turn into wood and fuel for the fire lit by America and Israel as well as some regional countries, against whom they also plot, and who will pay the price. But sectarianism, foolishness, ignorance and stupidity have given them no opportunity (of lucidity).

They thought they were very smart, they believed that they were instrumentalizing America, Turkey, Saudi Arabia and the countries of the world and the West so that they’d allow them to implement their own project in Syria. And they wrote all that in their strategic projects. And that was the pinnacle of stupidity.

dimanche 12 mars 2017

Hassan Nasrallah : la fin de l'illusion des deux Etats annonce la libération de la Palestine

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 16 février 2017, à l'occasion de la commémoration annuelle des dirigeants martyrs (VOSTFR)



Transcription : 

Eh bien, le deuxième point est la question israélienne du point de vue palestinien. 

Que se passe-t-il actuellement ? Israël poursuit le processus de judaïsation au maximum. La judaïsation d'Al-Quds (Jérusalem), l'expulsion de ses habitants, (la construction de) davantage de résidences et de colonies pour modifier son identité et la séparer de la Cisjordanie, jusqu'à l'interdiction de l'appel à la prière, projet du gouvernement de Netanyahu adopté par la Knesset, jusqu'à la loi légalisant le vol de terres palestiniennes en Cisjordanie, avec en cours la construction de milliers de résidences en Cisjordanie, la continuation quotidienne des assassinats, des arrestations et des démolitions de maisons, la destruction des champs, et maintenant, avec Trump, l'évocation du déplacement de l'ambassade américaine de Tel-Aviv vers Al-Quds (Jérusalem). L'importance de ce point serait la confirmation d'Al-Quds comme capitale éternelle de cette entité usurpatrice. 

L'abandon américain de la solution à deux Etats a une signification pour nous en tant que Résistance. Mais cette solution représentait le seul espoir pour la voie des négociations et pour ceux qui croient en cette voie. Les Américains, Trump a dit hier qu'ils ne feraient pas pression sur Israël. Laissons les Palestiniens négocier directement et s'entendre (avec Israël). Qu'est-ce que cela veut dire ? « Débrouillez-vous et bonne chance. » 

Israël, sans pression américaine, sans pression internationale, sans pression arabe, sans aucune pression, ces sionistes-là, avec leur culture, leurs ambitions, leurs appétits, leur mépris et leur arrogance, ceux-là donneraient-ils (d'eux-mêmes) aux Palestiniens ne seraient-ce que des miettes via des négociations ? Voilà ce que cela signifie (« Débrouillez-vous »).

Aujourd'hui, après ce qui est apparu de la rencontre entre Netanyahu et Trump, véritablement, je n'exagère pas en disant qu'hier, a été annoncée de façon quasi officielle la mort de la voie des négociations. C'est un acte de décès. Cette question est terminée. Pour les Israéliens, l'Etat palestinien n'existe pas (et ne pourra jamais exister). Dans les conférences (tenues en Israël) au début de l'année dont je viens de vous parler, dans lesquelles se sont exprimés des ministres, des généraux, des personnalités, etc., dans tous leur discours, il n'y a aucune mention d'un quelconque Etat palestinien, inexistant et inconcevable pour eux. 

Il y a quelques années, nous disions (déjà), et je rappelle aujourd'hui ce que nous disions. Le projet israélien pour la Palestine et pour les Palestiniens est : prenez Gaza – bien sûr, cette Gaza qui doit rester assiégée, sans port, sans aéroport, sans frontière –, mais prenez Gaza, car elle constituait un objet de scandale pour les sionistes. Quant au reste de la Palestine, il est pour les sionistes. Le maximum qui puisse être cédé en Cisjordanie est une autonomie administrative contrôlée, limitée et discontinue qui va maintenant être coupée par des milliers de résidences et c'est la fin de la question. Les Palestiniens de la diaspora (réfugiés) devront être nationalisés ou émigrer. Ils devront prendre la nationalité au Liban, en Syrie, en Jordanie, partout où ils sont, ou émigrer où ils pourront. Et c'est aujourd'hui répandu dans le monde, on propose des nationalités aux Palestiniens pour qu'ils partent. Voilà le maximum que puisse concéder Israël. Une autonomie administrative limitée et discontinue en Cisjordanie. Hier également, les Israéliens eux-mêmes, les analystes israéliens eux-mêmes parlent des dernières étapes du règlement définitif de la cause palestinienne. Et il se peut qu'il n'y ait pas d'exagération en la matière, malheureusement. 

Eh bien, aujourd'hui, maintenant que le principe et la base de résolution de l'initiative de paix arabe de 2002, reposant sur l'idée de deux Etats, maintenant que cette base est terminée, qu’elle a été supprimée, rejetée, que disent les dirigeants arabes, les régimes arabes, les gouvernements arabes, l'Union des pays arabes ? Les auteurs de l'initiative de paix qui ont dit (en guise de menace) que la proposition est sur la table mais qu'elle n'y restera pas longtemps ? Pourquoi donc, est-ce qu'elle est toujours sur la table ? A-t-elle encore une quelconque existence de toute façon ? Qui la reconnaît donc ? 

Il est naturel que les Israéliens en arrivent à l'étape où ils disent qu'ils assistent aux derniers instants de la cause palestinienne qu'ils s'apprêtent à liquider. Car Israël, malgré tout ce qu'Obama a fait pour eux, dit maintenant que Trump est mieux. Eh bien, quant aux Arabes, aux pays arabes, où est la pression arabe ? Au contraire, (on voit) une précipitation vers les relations avec Israël sous la table et par-dessus la table, sans hésitation, une normalisation arabe et des pays du Golfe (des relations avec Israël), à l'exception de quelques pays arabes, une normalisation, des délégations (israéliennes) au Bahreïn et dans certains pays arabes, et ils dansent, ils chantent, ils brandissent des épées, et au Bahreïn, ils n'hésitent même pas, ces sionistes, à déclarer « Nous détruirons la mosquée (al-Aqsa) et (re)bâtirons le temple », et tous ces Arabes qui sont assis à leurs côtés et dansent avec eux, ces Bahreïnis qui sont bien sûr proches du pouvoir, ces ignorants imbéciles, ne comprennent même pas ce qu'ils disent. Et selon moi, même s'ils avaient compris, ça ne changerait rien, car il n'y a plus rien qui ait la moindre valeur aux yeux de ces régimes (arabes) et de leurs partisans.

Hassan Nasrallah on Israel, Hezbollah and the End of the Peace Process



Speech by Hezbollah Secretary General Sayed Hassan Nasrallah, on 16 February 2017, on the occasion of the annual commemoration of the martyr leaders (ENG SUB)

Part one : Why Israel Fears a War against Hezbollah


Part two : The End of the Two-States Illusion Announces the Liberation of Palestine



Transcript :

Dear brothers and sisters, for this annual commemoration of Hezbollah's martyred leaders, we always make sure that the main theme of our speech is that which relates to the Israeli enemy. Let me address it in two aspects: first, the Lebanese aspect, and secondly, the Palestinian aspect.

In Lebanon, as regards the Israeli issue, during the last weeks and months, we have heard many Israeli statements, analyzes and assessments. Similarly, a number of conferences were organized, especially at the beginning of the new Gregorian year. We also heard new estimates, Israeli statements on the strategic situation of the region, and in these conferences, Presidents, ministers, generals, personalities, professors spoke. Much of what has been said before and after has been published.

In summary - I am talking about the essential point, not to dwell on the considerations that led to this conclusion - it is the continuous intimidation against Lebanon, the evocation of a third war on Lebanon, the scenarios of this war and what Israel will do in Lebanon during the Third Lebanon War. And everything you want in terms of statements, speeches, declarations, threats, intimidations, and so on. I want to dwell a bit on this.

Of course, the Israeli position, even at the level of the assessment of the situation, is developing with regard to Lebanon and Hezbollah in particular: for example, they speak of the “strategic threat”, the “essential threat” , the “main threat”. This year, they raised us and put us in first position.

Of course, it is a matter of pride for Hezbollah, but it is a dangerous sign from the strategic point of view. When Israel considers that the Arab countries pose no threat, that the Arab armies are no longer a threat, that the only threat is the Syrian army, but that its rank has diminished due to its monopoly and exhaustion in the (Syrian) war. And in all this atmosphere, Hezbollah finds itself in the first position.

And Iran, which is several hundred kilometers away from occupied Palestine, is in second position and Palestinian resistance is in third place. This is as far as Lebanon is concerned.

These threats and intimidations are of course not new. It has always seemed that there is an Israeli objective of continuously pressuring the Lebanese people and the people of Lebanon and especially on the (popular) basis of the Resistance in Lebanon. Enormous and continuous pressure on the nerves, on morale, to keep us in a situation (of continuous pressure), with constant threats of war (Israeli) against Lebanon pronounced by this or that personality. And recently, after Trump's arrival in the US Presidency, these analyzes and assessments come back again and again.

Of course, I do not want to challenge or confirm the seriousness of these remarks, but I invite the Lebanese people, the inhabitants of Lebanon and all the residents of Lebanon, because all are concerned with this issue, whether they are permanent residents, refugees or displaced persons, Palestinians or Syrians, (I call) all the people who are on Lebanese territory to consider this question in this aspect, with this conscience:

samedi 11 mars 2017

La révolution syrienne qui n'existait pas



Par Stephen Gowans, le 22 octobre 2016

Source : What’s Left

Traduction : Le Saker Francophone

Il y a un shibboleth [en hébreu, un signe de reconnaissance verbal, selon Wikipedia, NdT] dans certains cercles, voulant, comme Eric Draitser l’a écrit dans un article récent de CounterPunch, que le soulèvement en Syrie « a commencé en réponse à la politique néolibérale et à la brutalité du gouvernement » et que « le contenu révolutionnaire du camp révolutionnaire en Syrie a été marginalisé par un méli-mélo de djihadistes financés par les Saoudiens et les Qataris ». Cette théorie semble, pour autant que je le sache, être basée sur un argument par assertion, pas sur une preuve.

Une revue des articles de presse dans les semaines précédant et suivant immédiatement le déclenchement des émeutes à Daraa à la mi-mars 2011 – généralement considérées comme le début de l’insurrection – n’indique pas que la Syrie était prise d’une fièvre révolutionnaire, ni anti-libérale ou autre. Au contraire, les journalistes du magazine Time et du New York Times parlaient d’un gouvernement jouissant d’un large soutien, de critiques concédant qu’Assad était populaire et de Syriens manifestant peu d’intérêt à protester. En même temps, ils décrivaient les troubles comme une série d’émeutes impliquant des centaines, et non des milliers ou des dizaines de milliers de personnes, guidées par un agenda largement islamiste et présentant un caractère violent.

Le Time rapportait que deux groupes djihadistes qui joueraient plus tard un rôle dirigeant dans l’insurrection, Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham, étaient déjà actifs à la veille des émeutes, tandis qu’à peine trois mois auparavant, des dirigeants des Frères musulmans exprimaient « leur espoir d’une révolte civile en Syrie ». Les Frères musulmans, qui avaient annoncé des décennies auparavant un bain de sang avec le parti Baas au pouvoir en Syrie, s’opposant violemment au caractère laïque du parti, avaient été entraînés dans une lutte à mort avec les nationalistes arabes laïques depuis les années 1960 et s’étaient livrés à des combats de rue avec les partisans du Baas, à partir de la fin des années 1940. (Dans l’une de ces batailles, Hafez al-Assad, le père de l’actuel président, lui-même président de 1970 à 2000, avait reçu un coup de couteau d’un adversaire Frère musulman.) Les chefs de la Confrérie, à partir de 2007, ont souvent rencontré le Département d’État et le Conseil national de sécurité des États-Unis, ainsi que l’Initiative pour un partenariat avec le Moyen-Orient, subventionnée par le gouvernement américain, qui assumait ouvertement un rôle de financement d’organisations visant à renverser les gouvernements à l’étranger – une tâche que la CIA accomplissait auparavant de manière secrète.

Washington avait conspiré pour purger la Syrie de l’influence nationaliste arabe dès la moitié des années 1950, lorsque Kermit Roosevelt, qui a manigancé le renversement du Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh pour avoir nationalisé l’industrie pétrolière de son pays, a comploté avec les services de renseignement britanniques pour inciter les Frères musulmans à renverser un triumvirat de dirigeants arabes nationalistes et communistes à Damas, que Washington et Londres percevaient comme menaçant les intérêts économiques occidentaux au Moyen-Orient.

Washington a fourni des armes aux moudjahidines de la Confrérie dans les années 1980 pour mener une guerre de guérilla contre Hafez al-Assad, que les partisans de la ligne dure à Washington nommaient de « communiste arabe ». Son fils, Bachar, a poursuivi l’engagement des nationalistes arabes pour l’unité (de la nation arabe), l’indépendance et le socialisme (arabe). Ces buts ont guidé l’État syrien – comme ils l’avaient fait pour les États nationalistes arabes de la Libye sous Mouammar Kadhafi et de l’Irak sous Saddam. Ces trois pays étaient visés par Washington pour la même raison : leurs engagements nationalistes arabes s’opposaient fondamentalement à l’agenda étasunien de domination mondiale.

Le refus de Bachar al-Assad de renoncer à l’idéologie nationaliste arabe a consterné Washington, qui s’est plaint de son socialisme, le troisième élément de la sainte trinité des valeurs baasistes. Des plans pour chasser Assad – fondées en partie sur son manquement à adopter le néolibéralisme de Washington – étaient déjà en préparation à Washington en 2003, sinon avant. Si Assad promouvait le néolibéralisme, comme Draitser et d’autres le soutiennent, c’est en quelque sorte à l’insu de Washington et de Wall Street, qui se plaignaient de la Syrie « socialiste » et de la politique économique décidément anti-néolibérale de ce pays.